Si je vous dis folk lumineuse, choeurs aériens et bal(l)ades dans la campagne, il est probable qu'à cette occasion, vous ne manquiez pas de mentionner le dernier album des Fleet Foxes. Certes, mais si j'ajoute à la liste des grosses guitares blues, noisy en diable, là vous me regardez avec un air circonspect et vous aurez raison.
Car non mes amis, l'heure n'est pas à nos réjouissants bûcherons pour l'instant, mais bien à un autre groupe à visée tout aussi intemporelle : les excellents Glaswegiens d'Haight Ashbury. Le quartier hippie de San Francisco donne son nom à un groupe qui aurait tout aussi bien pu s'appeler LSD Power, ou Woodstock For The Win. On a donc face à nous un grand disque de psyché-folk d'inspirations sixties. Jusque là rien de bien folichon me direz vous.
Mais là où ce trio est très fort, c'est lorsqu'il ajoute aux choeurs célestes noyées dans un écho surréel une seconde ambiance, beaucoup moins enfantine pour compléter ce mélange audacieux. Une ambiance faite de voix suave et de guitares saturées, d'aucun parle de croisement entre the Mamas & the Papas et Jesus & Mary Chain, j'y vois une porte secrète entre Warpaint et les Kills.
Et s'il faut quelques temps pour se frayer un chemin dans les méandres sinueux de ce disque un peu fou, l'album contient de toute évidence de vraies tubes en puissance (Freeman Town, Mothers Ruin, Don't Let Your Music Die) dotés de refrains et de mélodies qui dépassent le cadre du simple joueur de guitare champêtre. Beaucoup de fausses pistes pour cet album malin qui ne s'assagit (Sympathetic Strings, Million Man March) que pour mieux nous surprendre.
On regrettera toutefois une production de ce disque pas toujours au top (c'est le problème des hippies, ils forcent toujours un peu trop sur la reverb), et un disque qui dure pratiquement une heure, donc forcément niveau concision et clarté du propos, c'est pas toujours ça non plus. Se trouver une identité sonique aussi forte dès le premier album étant déjà une vraie réussite, on ne blâmera pas trop Here In The Golden Rays.


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Ici en fait c'est un texte caché. C'est un peu comme une chanson cachée, tu sais pas trop pourquoi c'est caché et tu sais pas à quoi ça sert, mais c'est plutôt sympa. Et puis au moins, cette bonne parole sert de récompenses aux aventureux prêts à braver la tempête et poster un commentaire.
Bonus maxi inédit : "Il est plus facile d'attraper les oreillons par contagion qu'un moustique au lasso par occasion et par surprise." (P.Dac)