dimanche 26 juin 2011

À croire que je deviens fou... Pour la première fois un 10/10 a fait son apparition dans les pages de JNSPUF! Pas que je sois opposé au principe, si Kid A sortait demain je pense que je pourrais être tenté. Mais ce qui m'inquiète le plus c'est que je suis totalement hermétique à cet album pour ne pas dire rebuté, et qu'en conséquence j'ai surtout peur de passer à côté de quelque chose d'inoubliable. Surtout quand on voit le salut quasi-unanime de la critique autour de la musique de Wu Lyf. Et je ne parle pas ici de tout ce qui tourne autour, ni du fait que ce soit un premier album (il n'empêche Pablo Honey est très mauvais), je suis d'accord avec Cassius sur ce point : je suis faché uniquement avec leur musique et même un élément particulier de celle-ci.

Et encore, je vous épargne mes doutes sur le cas Battles et mon plaidoyer sur le dernier single de Coldplay sinon je me mets à dos toute la blogosphère.
Pour revenir à Wu Lyf, je suis incapable d'écouter plus de trois chansons de suite. Pourtant pas mal de choses devraient me séduire, Dieu sait que je suis attiré par le côté "énergie noire", par tous ces groupes que l'on surcharge d'oxymore mêlant lumière et obscurité, ayant vigoureusement défendu l'année dernière PVT ou These New Puritans. Mais vraiment là c'est trop, je n'y arrive pas. On reproche souvent un manque de cohérence aux groupes, ici on ne pourra pas opposer ce défaut à Wu Lyf tant ils semblent déjà avoir trouver leur "son", mais est-il pour autant révolutionnaire ? Et au-delà de cette bande-son, pas déplaisante au final et qui ne mérite à mon sens ni critique, ni éloge enflammé, mon gros problème c'est cette voix... J'avais déjà ressenti ce malaise avec Strawberry Jam des pourtant excellents Animal Collective, on ne peut pas dire que le chanteur chante, car il crie. Pas un peu, pas des cris de rockeur, des cris de douleur, d'arracheur de dents. Je cite l'interview des Inrocks : "Une nuit la police fait une descente dans une église. Des voisins ont entendu des cris inhumains, une agression sauvage sans doute. C'était juste Ellery qui chantait". J'aurais pu appeler... Ellery a le droit et même le devoir de chanter son désespoir mais pas de crier. Dès les premières secondes d'écoute je me suis dit "pourvu que ce ne soit que l'intro", mais non, pendant tout l'album ces hurlements. On égorge ce pauvre Ellery pendant 48 minutes. Insupportable et je m'étonne que personne n'en parle, qu'ils fassent la Une de Magicrpm et des Inrocks et qu'on ne retienne qu'un "chant éraflé" sans insister sur ces "hurlements d'écorchés".

Alors voilà j'ai exorcisé le mal, puis j'ai écouté Deserter's Songs de Mercury Rev pour me rappeler que la grâce ça existe et que je préfère les gens qui pleurent aux gens qui crient.

À la revoyure.

mercredi 22 juin 2011

L Y F.

0 antidote(s)
Par où approcher Wu Lyf ? Par leur modèle économique particulier, l'aspect total de leur oeuvre artistique, leur manière de repolitiser la musique, la notion de collectif et de démarche participative, leur dénomination géniale heavy pop, ce nouveau style musical lourd/léger ?

On va quand même éviter de s'embarquer trop loin, et regarder le tout à travers le prisme de la musique, comme incarnation de toutes les facettes d'un groupe pour le moins original.


De la part de ce collectif mancunien, on ne peut que saluer leur tentative de réintroduction du militantisme et d'un univers poétique et singulier dans un monde austère et désabusé. Je vois Wu Lyf comme une réponse positive aux XX d'il y a deux ans, le minimalisme détruit et reconstruit. L'intérêt de ce disque provient pour moi de tous les bons sentiments qu'il sait susciter. On peut leur contester certains choix artistiques, faire un blocage sur la voix ridée et reconnaissable entre milles du chanteur, critiquer leur fougue flamboyante, dénoncer la hype violente qui s'apprête sans doute à les dévorer tout cru, mais on ne peut pas fondamentalement détester Wu Lyf. 

De l'orgue suprême qui introduit l'excellente ouverture L Y F, jusqu'au roulement de batterie final d'Heavy Pop, je n'ai pas décroché un instant. Le fait est suffisamment rare pour être mentionné. Les chansons s'enchaînent parfaitement, les ambiances alternent sans que l'on puisse dénoter de vraies incohérences. Pop lunaire fantastique, rapprochements avec les univers mortifères de Salem (Such A Sad Puppy Dog), on ne quitte jamais cette guitare mélodique et claire, cet orgue immédiat et profond et cette ambiance paradoxale d'espoir perdu dans un univers désenchanté qui accompagne les meilleurs moments de Neon Bible d'Arcade Fire. (Je ne sais pas si la coïncidence des enregistrements dans des églises est fortuite).  Le disque comporte de vrais cris du coeur, sincères, brisés mais justes, comme sur Spitting Blood, Concrete Gold ou Heavy Pop. En résumé, Go Tell Fire To The Mountain est le disque ultime pour danser sur les ruines.

Ce disque n'est pourtant pas aussi original que l'on pourrait le penser, parce que même si Wu Lyf force l'admiration et les superlatifs, on y retrouve les tendances sonores les plus actuelles, les guitares cristallines que Foals usent depuis bientôt 5 ans, les percussions tribales de l'afropop (Local Natives, Vampire Weekend, and co.) et les claviers vieillis bien évidemment. Mais si le son n'est pas totalement nouveau, il y a quand même une sacré différence dans la manière de jouer de ces sonorités, une exigence et une sincérité artistique qui ne peuvent qu'impressionner. L'intransigeance et le lyrisme de Go Tell Fire To The Moutain ne peuvent avoir qu'un seul effet : diviser les gens entre défenseurs acharnés (et enchantés) et cyniques désabusés. Go Tell Fire To The Moutain est tout simplement ce qu'un disque parfait signifie pour moi.



mardi 21 juin 2011

Un extrait/teaser de leur live session "From the Basement" (et avec deux batteurs).

lundi 20 juin 2011

A la longue liste des groupes signant leur come-back en 2011, on ajoutera donc Clap Your Hands Say Yeah! qui nous avait pondu un deuxième album au mieux expérimental, au pire tout simplement mauvais il y a 4 ans de cela. Clap Your Hands Say Yeah! qui sont de retour pour un single un peu plus lisse (c'est les violons qui font ça, je pense) mais qui retrouve de l'insouciance et de l'amateurisme du premier album, une insouciance qui fait penser à The Pains Of Being Pure At Heart en plus nasillard (forcément). Une fois qu'on aura pris le temps d'écouter bien le nouveau WU LYF, Native To d'Is Tropical, de réécouter plusieurs fois le nouveau disque de Battles, des Kills et de Lykke Li, on sera ravis d'écouter voir s'ils ont réussi à sauver les meubles cette fois ci ou s'il faut les oublier définitivement.

samedi 18 juin 2011

On ne parle pas souvent d'électro dans ces pages (en tout cas pas sans le "-pop" qu'on aime y ajouter), alors essayons de réparer cette faute surtout quand un grand disque sort et surtout si c'est un petit frenchie. Avec son deuxième album Rising Doom, Mondkopf remplit toutes ces conditions, c'est donc le cobaye du jour. Le français revient pour un album plus sombre, aux beats qui savent se faire tranchants sans pour autant nuire à des harmonies souvent ensorcelantes.



Mondkopf littéralement "tête de lune" en Allemand rend justice à son patronyme avec ce qu'on nomme dans la course effrénée au qualificatif de "l'électro-spatiale". Et c'est vrai que cet album pourrait servir de bande-son à un Space opera aux allures un peu glauques. Comme si le rythme martial de ces nouveaux morceaux avait besoin de la galaxie toute entière pour exprimer sa violence sourde et s'émanciper des facilités de l'électro-atmosphérique.

Mondkopf arrive à rendre subtils et hypnotiques les beats surpuissants, les transforme en parenthèses cernées par la délicatesse d'un piano (Day of Anger) ou d'un passage en apesanteur (Where the Gods Fall). L'ambiance est parfois claustrophobe, parsemée de sons d'engins électroniques et de plaintes malsaines (Girls Don't cry partII). On est d'ailleurs parfois assez proche de l'ambiance que Crystal Castles arrive à mettre en place.

Mais au-delà de cette obscurité galactique, des comètes étincelantes jaillissent, des fulgurances sous forme d'aurores boréales soniques (Intrus) qui transpercent ce grand trou noir qu'est Rising Doom. C'est dans cet exercice que le français excelle et les deux derniers morceaux en sont la preuve : des envolées grandioses comme des tempêtes solaires. Mondkopf peuple ses morceaux de puissances occultes, inquiétantes, qui font de cet album une grande fresque galactique.












À la revoyure.

jeudi 16 juin 2011

Une découverte intimiste pour ce soir. Un trio parisien qui dispose tout juste de 3 excellentes compositions, filmées live façon Blogothèque dans une ambiance cosy, avec lumières tamisées dans leur studio. Une originalité assez marquante se dégage, dans un univers en demie-teinte, proche de The National version teenage, ou encore d'Everything Everything pour la folie créatrice latente. La complexité des compositions reste malgré tout subtile et efficace. 7 chansons sont prévues, et il faut avouer qu'on a hâte de voir ce que réserve la suite pour Air Bag One.



mardi 14 juin 2011

Après 4 longues années d'absence, Battles est de retour. Entre temps le groupe et son leader se sont séparés, ils ont composé une excellente chanson pour Twilight (oui, pareil), et nous ont mis l'eau à la bouche avec leur superbe single/vidéo dont on vous avait un peu parlé ici. On est tout content de les retrouver, en forme comme jamais.


Car sans comparer avec le prédécesseur, l'halluciné Mirrorred, on peut dire que l'on retrouve la folie de Battles dès les premiers instants de l'album. A peine deux minutes d'introduction sur Africastle, et la batterie de John Stanier explose dans un groove monstrueux bien que complètement improbable. L'album enchaîne sur le très bon single Ice Cream, chose étonnante pour un groupe de la trempe de Battles, de proposer un single relativement accessible comme celui ci. La machine est lancée et ne s'arrêtera pas avant la fin.

La précision millimétrée des New-Yorkais associée à cette science de la dissonance calculée créent les vrais chefs d'oeuvre du disque, à l'image de Futura ou White Electric, deux morceaux immenses et puissants (surtout Futura, il faut le dire). Sur d'autres morceaux, les mélodies se font extraterrestres, à mi-chemin entre la naïveté enfantine et le psychédélisme le plus délirant (Inchworm, Sweetie & Shag).

Mais comme son prédécesseur, Gloss Drop varie les structures et propose également des chansons  plus directes, loin de constructions post-rock alambiquées pour lesquelles ils sont connus et reconnus. Ainsi, on y trouve des chansons plus courtes qui n'en sont pas moins ambitieuses et extrêmement originales (Dominican Fade, Toddler). Bien évidemment, ce disque plus que n'importe quel autre nécessite un certain nombre d'écoutes avant de se laisser pleinement apprécier. Certaines chansons restent parfois complètement hermétiques, même au bout de dizaines d'écoutes. Je n'arrive toujours pas à écouter ni My Machines, ni Rolls Bayce.

Malgré cela, la grande force de Battles réside avant tout dans cette capacité à s'approprier tous les codes des genres musicaux, les détourner, les vider de leur sens pour construire et détruire des rythmiques à la manière d'une machine hypnotique capable de groover à l'infini. Mais Gloss Drop ne serait qu'un objet ennuyeux et prétentieux si Battles ne réussissait pas l'exploit de faire passer l'un des disques le plus expérimental de l'année pour un vrai objet pop amusant et dansant.

samedi 11 juin 2011

Amis rennais et moins rennais, vous vous souvenez peut être qu'on vous avait vachement parlé des Russian Sextoys et (un peu) des Wankin' Noodles ?


On a une super nouvelle pour vous. C'est sans doute la meilleure chose qui pouvait se passer, les deux groupes ont fusionnés partiellement pour donner lieu à un nouveau groupe très intéressant : Juveniles. Très intéressant, car j'aime énormément leur tout nouveau et premier EP.  Du post-punk rigolard des Russian Sextoys, il ne reste qu'une batterie légèrement discoïde, et une basse extrêmement mélodique, mais on ne regrette pas vraiment, au vue de l'évolution musicale impressionnante. L'EP forme un ensemble beaucoup plus cohérent, extrêmement bien produit, varié, avec une influence 80s indéniable mais qui lorgne plus du côté des groupes respectables que du mauvais goût kitsch. Les voix sont également très travaillées, sans négliger des mélodies simples et accrocheuses.

Du groove lifté apaisé (We Are Young) au post-rock puissant (Avant-Garde Is French For Bullshit) en passant par des uppercuts parfaits (Night Nights, Promise), Juveniles semble à l'aise sur tous les formats pour nous faire danser/rêver à coup de nappes planantes, de pads euphorisants, de flanger et de guitares tranchantes. Les plus vieux penseront à New Order et Joy Division, les plus jeunes à Cut Copy pour cette façon de revisiter les années 80 en y apportant une discrète touche de modernité. 5 titres, 5 réussites.

Pour les rennais, le concert de Juveniles, ça se passe le 17 juin au Chantier, et pour les autres vous pouvez télécharger leur EP pour gratuit à cette adresse voilà voilà.




jeudi 9 juin 2011

On a au moins une bonne nouvelle à vous communiquer : les festivals approchent à grand pas !  Mais en raison de mauvaises programmations, de tarifs décourageants, de bug d'organisation, vous n'avez toujours pas réussi à vous décider si vous partiez loin dans des endroits chers ou si vous vous sentiez incapables de résister à l'appel du terroir ? JNSPUF!, dans sa grande bonté (et avec tout son savoir-faire HTML) vous aide à y voir plus clair !

Le guide partiel et partial des festivals par JNSPUF!


Comment c'est-y qu'on fait ce machin là ?
Vous cliquez tout simplement sur les jolis boutons, et ensuite vous reportez les petites lettres dans la case d'en bas, et, suivant vos réponses, vous lisez le petit texte qui vous correspond !

1. Où aimeriez vous partir cet été ?

Dans le sud (à dire avec l'accent) (a)
En Allemagne (b)
En Bretagne (c)
EN BRETAGNE ! (d)
Au nord ouest (e)
Au nord ouest, assez proche quand même de celui d'avant (f)
Camembert. (g)
Au nord (h)
A Paris (i)
Loin (j)

2. Votre festival idéal se déroule :

A la plage (c)
Dans une villa (a)
Sur une île (j)
Sur une presqu’île (b)
Dans un parc plein de verdure (e)
Dans un parc un peu plus poussiéreux (i)
Dans des fortifications moyen-âgeuses (h)
Dans la boue (f)
Dans un champ désert (d)
Dans une ferme, à la campagne (g)

3. Niveau financier, vous êtes :

Pauvre (j)
Très pauvre (a)
Vraiment très pauvre (g)
Un peu pauvre, mais ça va quand même (f)
Mon papa, il a un jet privé et des fois il m’emmène faire un tour avec (i)
Prêt(e) à dépenser sans compter pour la musique (même si votre banquier, lui il compte) (c)
Pas spécialement attaché à votre deuxième rein (b)
Une Rolex (h)
Des places VIP (e)
Bénévole (d)

4. Quels sont les groupes que vous souhaiteriez le plus voir en concert cet été ?

Arcade Fire, Arctic Monkeys (b)
Des groupes où on peut faire des pogos dessus (g)
C’est mieux de se baigner avec qui à votre avis ? Washed Out ou Dirty Beaches ? (a)
Metronomy, Hyphen Hyphen (j)
C’est quoi qui va mieux avec mes talons et mes Wayfarer ? (i)
The Kills, Battles (c)
Digitalism, Eddy Mitchell, Dub Inc (f)
Kasabian, ZZ Top, Archive (e)
Coldplay, Tame Impala (h)
Les quoi ? (d)

5. En festival c'est impensable pour vous de croiser :

Des gens sobres (g)
Des gens qui sont venus pour voir des petits groupes. Woah la honte. (d)
Votre maman (h)
Des drogués (e)
Des gens qui ne savent pas qui est WU LYF (a)
Des gens que vous connaissez (j)
Des fans de David Guetta (c)
Un rayon de soleil (f)
Des provinciaux qui sentent mauvais (i)
Un chien (b)

Ecrivez les petites lettres correspondantes à vos 5 réponses ici :




Si vous avez un maximum de e, f et g :
Félicitations ! Vous êtes un vrai normand, et votre truc, c'est le camembert, les pogos velus, la boue, et la musique (dans cet ordre là). Vous risquez de nous croiser souvent cet été parce que nous aussi on sera aux Papillons de Nuit et à Beauregard, bien évidemment. Mais surtout, on ne loupera pas Calvadose de Rock, parce que c'est tout petit, pas cher, qu'ils ont pas de vrai site internet, et qu'ils ont programmé Quadricolor ET Skip The Use cette année. Voilà !

Si par contre, vous avez un maximum de a, c ou j :
Vos objectifs de l'été sont clairs : le Midi Festival, Calvi on the Rocks et/ou la Route du Rock. Autant vous dire que vous bavez devant les programmations depuis assez longtemps déjà, et que même un exil en Corse ne vous fait pas peur, pour pouvoir voir Foals, Metronomy ou Hyphen Hyphen. Vous êtes plus tarés que nous, qui nous contenterons de la Route du Rock, dont la programmation fait quand même sacrément rêver. Battles, Mogwai, Fleet Foxes, The Kills, Crocodiles, Blonde Redhead et compagnie, on a sacrément hâte. En plus, on a déjà vu Metronomy et Foals. Ah ah ah ah.

Ou un maximum de b ou de i :
Vous êtes chanceux. Vous allez pouvoir voir des groupes cools, dans des endroits cools, pour des tarifs (presque) cools. Donc on vous aime pas, voilà.

Et enfin, si vous avez un maximum de d ou h :
Vous êtes plus embarrassant comme personne. Vous avez sans doute un bon fond, mais vous ne pourrez pas échapper à la réputation de riche mainstreamer qui vous collera à la peau tout l'été. Eh oui, vous pourrez crâner auprès des copains parce que vous allez voir Lou Reed, Supertramp, Tame Impala and co, mais tout le monde se foutra de votre gueule parce qu'on sait tous qu'il y a David Guetta et Pierre Perret aux Vieilles Charrues, hein c'est bon.


vendredi 3 juin 2011

Après quelques teasers assez intriguants, les anglais dévoilent un premier single de l'album à paraître dans l'année. Une fois de plus nous ne sommes collectivement pas d'accord... Donc profitons de cette sortie pour nous déchirer et régler nos comptes sur le sujet...



Réquisitoire :

Je suis pas de mauvaise foi, donc je tente l'expérience : écouter un morceau de Coldplay, plusieurs fois de suite, pour essayer de comprendre pourquoi cette chanson est nulle. Difficile.
Avec ce nouveau single, Coldplay réussit l'exploit de faire encore moins bien qu'avant, sans pour autant nous donner l'impression d'avoir changé quoi que ce soit de la recette romantico-cheesy qu'on leur connaît. Donc c'est toujours les mêmes accords que pour tous les albums précédents, toujours le même son fadasse, toujours la même voix pseudo-triomphante, mais on récupère des vieux claviers bien niaiseux qu'on croyait enterrés quelques part dans les années 80 (merci Peter Allen) et on abandonne toute batterie un tant soit peu rythmée (OK la fin est époustouflante de dynamisme).
Le moment le plus insupportable, c'est le moment où survient le bon gros refrain qu'on sent placé stratégiquement pour optimiser l'usage des briquets dans les stades. On s'énerve un peu pour montrer qu'on est un groupe passionné, parce que quand même sinon c'est chiant, mais au final, c'est chiant quand même. Et merci bien pour les paroles façon emo.
Bref, on trouve déjà plus de vidéos de mecs qui jouent cette nouvelle chanson sur leur super synthé dans leur chambre que de gens qui ont regardé les vidéos de Battles pour la Blogothèque, alors je sais même pas pourquoi je suis encore là à vous parler de ce single dégoulinant. Bon il faut reconnaître quand même que la guitare un peu afro est plutôt sympa (bien qu'extrêmement répétitive), et que la mélodie reste tolérable, passé le haut le coeur qu'on éprouve à la première écoute. Voilà je l'ai dit. Le problème majeur vient surtout du fait qu'on va entendre cette mélodie jusqu'à n'en plus pouvoir dans les prochains mois à venir (qui a dit : "On n'en peut déjà plus !" ? Marion ?). Je déteste Coldplay. Désolé je suis irrécupérable.

Plaidoyer :

Bon... C'est vrai que Coldplay tend une nouvelle fois le bâton pour se faire battre. Les grincheux qui tapent sur eux depuis X&Y voire A Rush Of Blood to the Head vont se réjouir voire se complaire dans la critique (facile?) de ce nouveau single. Les anglais compilent tout ce qui a fait leur succès mais aussi tout ce qu'on leur reproche : c'est propre, c'est mainstream, c'est emphatique, plus que joyeux, innocent pour ne pas dire niais, ils surfent sur la vague clavier et c'est du déjà vu (assez similaire à Life in Technicolor je trouve) voire du plagiat (même si cette fois c'est assumé : on peut parler de quasi-sample).
En bref, ils font plutôt très bien ce qu'on attend d'eux depuis Viva la Vida... Peut-on pour autant leur jeter la pierre ? Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire à la première écoute, sourire un peu coupable mais finalement assumé : ÇA MARCHE. Alors NON je ne suis pas perplexe et voilà j'aime Coldplay, j'ai du mal à le dire mais rassurez-vous c'est une bonne maladie !
La mélodie est accrocheuse, le son évolue un peu, vers quelque chose de plus électro (I Turn the Music Up ! ) et cette guitare qui fait penser à une cornemuse est plutôt sympa. Ce single c'est de la pop de stade, on le retient dès la première écoute, c'est ce qu'ils font de mieux depuis plusieurs années et la pop de stade c'est bien de temps en temps, surtout dans les stades. Vivement le Mainsquare Festival !
Alors oui, Coldplay a sûrement définitivement préféré U2 à Radiohead mais à choisir j'aime autant que ce soit eux qui vendent des millions de disques. C'est peut-être la goutte qui fait déborder un vase déjà bien rempli pour certains, mais désolé je suis irrécupérable.

PS : Et c'est pas pour autant qu'il faut louper la Blogothèque de Battles !

mercredi 1 juin 2011

Après l'écoute de The English Riviera, on s'était précipité sur les places du concert de Metronomy (Greenwood et Cassius, Marion s'est un peu moins précipité que les autres). On avait pas la même idée en tête, Greenwood se trouvait définitivement convaincu par le troisième album des anglais, Cassius  espérait changer d'avis sur ce disque sacrément mou du genou et entendre un bon morceau de Nights Out. 

Le rendez-vous était donc pris de longue date à l'Antipode, la façon classe de parler de la MJC de Cleunay. Le compte-rendu écrit à quatre mains comportent des passages où on est d'accord de manière générale - passages écrits en police par défaut normal taille standard - et des passages où on est moins d'accord, signifiés à notre lecteur adoré par l'usage extrêmement original du crochet + italique. [Comme ceci.] Si tu es perdu, tu peux te faire aider par un adulte.


La première partie était assuré par les copains de label de Metronomy, les écossais de Django Django qui ont des physiques de suédois et qui font de la musique d'un peu partout dans le monde pour pas dire de la musique du monde... C'est très psyché, ça tape sur toutes les formes de percussions possibles, ça pousse des cris de hiboux, c'est un vrai mélange de country, musique bretonne, techno-macarena qui forme une sorte de pop labellisée Max Havelaar pas totalement convaincante. Certains morceaux s'en sortaient très bien (les excellentes Love's Dart et Wut) d'autres étaient plus intrigants, mais dans l'ensemble, on peut dire que Django Django a bien joué son rôle de première partie : mettre l'ambiance dans la salle avec son univers particulier et dansant.


Après un petit tournoi de ping pong dans l'après-midi (visiblement remporté par Oscar), les Metronomy sont montés sur scène dans une salle assez jeune et surtout chauffée à 40°C... L'ambiance sur scène comme dans la salle est assez bon enfant avec un Jospeh Mount tout sourire et un joli jeu de lumière : chaque membre du groupe ayant une sorte d'énorme pendentif lumineux clignotant autour du cou, l'outil phare de leur live qui est, il faut l'avouer, du plus bel effet. 


Une prestation ultra propre comme on pouvait l'imaginer, qui a alterné morceaux pop du dernier album, tubes électro et instrumentaux survitaminés.  Il faut même souligner la cohérence exemplaire de la setlist et le travail réalisé pour faire jouer les premiers morceaux du groupe par la nouvelle formation plus traditionnelle. La performance est incroyable aux vues de l'éclectisme musical qui caractérise les trois albums du groupe. En parlant de groupe, celui ci a semblé pleinement soudé, les petits regards appuyés des uns aux autres en étant la preuve. Gbenga Adelekan est énergique, Joseph Mount gentil et mignon, Oscar Cash est fou et désarticulé, Anna Prior est déchaînée tout en restant d'une classe inimitable tout du long de la performance. Chapeau. [Chapeau tout particulier pour moi qui n'aime pas forcément plus le dernier album, mais qui reconnaît enfin l'énergie latente de ce nouveau disque.]

Mention spéciale évidente pour l'explosive You Could Easily Have Me et l'immanquable Radio Ladio scandée par tout la salle. [Mention plus personnelle pour The End of You Too, final parfait à mon goût.] On regrettera simplement de ne pas avoir entendu la jolie voix de Anna Prior à la batterie... [Ou pas.]