mercredi 27 juillet 2011


"Composer, performer, producer" et... "professor of philosophy", ce sont les "Occupations" de John Maus selon Wikipedia. Ce à quoi on peut sans doute ajouter, sans grands risques, collectionneur de claviers rétro-futuristes sortis tout droit des années 1980... Si on veut être très flatteurs on peut dire que le bonhomme fait du New Order avec la voix de Ian Curtis. Et pour cause, Maus à une voix assez troublante, nappée de brume et agrémentée d'une reverb' gothique à la limite du bon goût.

"Honestly, I though I was making Top40 kinf of stuff". A l'écoute de "We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves" (rien que ça), on réalise que l'Américain s'est un peu fourvoyé... ou du moins s'est trompé de décennie. Entre grandes orgues glaçantes (And the Rain) et requiem morbides (We can break through) l'album semble avoir été enregistré dans les catacombes d'une Église glauque (d'un phare comme le suggère la pochette ?), sous la pluie, en hiver, tout seul. Même si quelques morceaux sont plus sobres et peuvent faire penser à The National (Hey Moon), le son fait tout de même penser à un album de New Wave un peu mal vieilli... Mais comme on peut apprécier New Order aujourd'hui, John Maus réussit un tour de force en rendant cette "presque caricature" assez bluffante une fois dépassée la première impression. Streetlight, Keep Pushing ou encore le dernier morceau Believer, en apothéose, dans le même genre de froid désespoir qu'un Ceremony (la chanson en hommage à la mort de Ian Curtis). Pour les fans du genre.











A la revoyure.

lundi 25 juillet 2011

Peut-être est-ce un peu cliché, là comme ça, d'écrire sur Amy Winehouse juste après l'annonce de sa mort et au moment ou M6 ressort ses vieux reportages sur elle, mais parce que j'aimais vraiment bien ce qu'elle faisait, je me sens un peu obligée.

Amy Winehouse, c'est une voix complètement improbable qui sort d'une toute petite meuf remplie d'addictions diverses, c'est le renouveau de la soul un peu rock'n'roll, et pleine de blues, "la diva du 21ème siècle" d'après Philippe Manœuvre.
Pour moi, son meilleur album est clairement son premier, Frank, sorti en 2003, dont est extraite cette chanson vraiment classe et hors du commun qu'est Take The Box...


Je ne reviendrais pas trop sur son succès de 2007 avec l'album Back To Black, vraiment bon lui aussi. Si on fait un rapide retour en arrière, les plus grands succès français de 2007 sont Christophe Maé, le premier Mika, mais aussi Yannick Noah et Vitaa (sisi)... Et au milieu de tout ça, sort l'ovni Winehouse. Les chœurs sont des hommages 60s, sa voix est unique mais accessible, tout ça quoi. J'approuve complètement.
Bon, certes, elle déconne, elle boit, fume tout ce qu'elle peut, devient violente, bla bla bla. Enfin, tant pis, biensûr que sa mort était prévisible, mais voilà, ça me touche, et je réécoute en boucle tous ses morceaux depuis hier, et j'assume.

Et je suis pour les rediffusions de ses clips jusqu'à pas d'heure, partout et tout le temps !

dimanche 24 juillet 2011

Avec beaucoup de retard et toutes nos excuses de mollesse,
Festival Beauregard, Day Three !
16h15
En ce dimanche 3 juillet, nous n'avons loupé qu'un seul concert (bel effort...), celui de Lull, petit groupe de pop-folk de la région du festival Musilac, à Aix-les-bains...
C'est donc pendant Anna Calvi que nous sommes entrés dans le parc du château de Beauregard. Sa voix douce et grave était plutôt canon, on peut le dire. On n'est pas rentré dans la foule normande parce qu'on voulait rester sur le qui-vive pour Eels une heure après, mais vraiment, c'était joli, assis dans l'herbe.
Très belle voix, très belle guitare, très belle mise en plis. Pas vraiment la claque promise par une bonne partie de la presse musicale, mais c'est tout de même vraiment bon.


17h05
A ce moment précis du dimanche après-midi, on a assisté à un concert de fou, et mes aventures dans les loges me rendent peut-être pas très objective, mais vraiment, Eels, c'était merveilleux. La cohésion parfaite entre tous les membres du groupe se faisait ressentir, même si tous les musiciens ont changé depuis la création du groupe en 1995, par Mark Olivier Everett. C'est à la fois rock'n'roll et un peu électro comme on aime. Fresh Blood et Novocaine for the soul restent évidemment mes préférées, mais j'ai aussi énormément apprécié Mr. E. Beautiful Blues et Saturday Morning.
J'aurais bien tempéré l'enthousiasme aveuglé de Blou, mais rien à dire super concert.


18h10
Le concert de The Kooks était essentiellement un bon gros moment de nostalgie de années lycées, mais on a bien aimé avoir 15 ans again, d'autant plus qu'il faut souligner que les Kooks restent d'excellents musiciens, et assurent bien sur scène. On a pas tellement compris pourquoi ils nous avaient joué la moitié de leur nouvel album inconnu au bataillon, parce que pour mettre l'ambiance, on a vu mieux.
Effectivement, l'ambiance lycéenne était au rendez-vous, mais je n'ai vraiment pas trouvé ça désagréable. Je n'avais pas dansé et sauté comme ça dans un concert depuis longtemps (sans doute les Wombats à Arras en 2008...), et ma foi, c'était plutôt cool. Il y avait, certes, toutes ces adolescentes folles du chanteur, qui couvraient les guitares avec leurs cris aigus, mais on le savait avant d'y aller, ce sont les Kooks, quand même... On aurait bien sûr préféré plus de vieux morceaux, histoire d'y aller à fond dans la nostalgie pré-adolescente.


19h15 - 20h20 - 21h25 : nous ne vous parlerons pas de ces concerts pour plusieurs raisons.
Comme je n'ai rien à foutre ni de Keziah Jones, ni de Zazie, ni de Patrice, je vais en profiter pour parler d'autre chose. J'éprouve beaucoup d'affection pour Beauregard, mais il fait reconnaître que l'ami John ne manque jamais une occasion de s'embourgeoiser. OK, l'herbe est verte et on est dans le parc d'un château.
OK, il y a des bars à huitres, c'est rigolo. OK, les prix des stands nourriture et boisson te ramènent durement aux réalités de ton budget étudiant. Mais il reste une poche de résistance pour le festivalier primaire qui sommeille au fond de chacun d'entre nous. Car s'il n'est pas franchement envisageable de se bourrer la gueule à la bière tiède et cheap (puisqu'à Beauregard, les bières se font fraiches, souvent normandes et donc chères), il reste un dernier endroit où les instincts sauvages ont droit de cité : LA NAVETTE.
Dans un premier temps, grosse déception : alors que l'an dernier la cohue était totale et sanguinaire pour rentrer dans les bus mis à dispositions par l'agglomération caennaise, cette fois çi, horreur : c'est pas la guerre, y'a des barrières. (Impossibilité donc de sauter sur les gens, de doubler tout ce qui bouge et de s'agripper au bus jusqu'à ce qu'il démarre.) Mais, finalement, une dégénérescence salvatrice a redonné progressivement aux navettes leur vrai rôle : une zone de non-droit où les activités pratiquées sont :
a) Boire des bières,
b) chanter des chansons paillardes (dans les battles sales normandie vs bretagne, on fait quoi nous, on est les deux !),
c) le air-vomi, discipline qui surpasse souvent dans son exécution le air guitar.
Et moi, pendant ce temps, je travaillais. Enfin, exactement, je buvais des bières avec Mark Olivier Everett des Eels en regardant les autres membres du groupe jouer au badminton... Parler de Radiohead avec ce mec est plutôt hallucinant quand on y pense. Encore aujourd'hui en y repensant, je n'arrive pas à réaliser comment j'ai pu converser tout naturellement un peu moins de deux heures avec ce type. Pétasse.
J'ai également pu observer Keziah Jones faisant une merveilleuse battle de Air Guitar sans musique, avec Gunther Love (ou visiblement sa doublure, selon les propos d'un des prétendants au titre de Champion du monde de Air Guitar 2011... Info ou intox ?). Bref, tout cela confirme vraiment le caractère exceptionnel d'un boulot comme celui-ci, animation et jeux des artistes...


22h40
Après cette large plage horaire de pose-tes-fesses-dans-l'herbe-admire-le-paysage-achète-toi-un-sandwich-biodégradable-et-reprend-une-bière-normande (et cette parenthèse de première nécessité), arrivait la tête d'affiche de la dernière soirée, les Anglais d'Archive. Leur concert était comme on peut l'imaginer, immense et sombre, alternant passages surpuissants et mélodies en apesanteurs. Un bon compromis entre Mogwai, Massive Attack et Radiohead.


00h35
Et pour conclure ces trois jours de festival, les Ting Tings nous ont joué leurs tubes tapageurs, et le public a soulevé la poussière une dernière fois.
Rien de bien exceptionnel dans ce concert, mais c'était agréable de terminer Beauregard joyeusement...
Mine de rien, une des rares occasions de danser comme des décérébrées sur de la musique putassière. C'est toujours mieux de finir avec une anglaise blonde en short.


End of Beauregard,
à l'année prochaine pour trois fois plus de résumés de festival !

Bonus : On a bien aimé les gentils bénévoles,
+ discuter rock de papa avant Archive (moi mon père il a vu Trust 17 fois).
+ croiser Katerine tout perdu dans le festival
+ tenter de gagner un iPad et récupérer des bonbons pas bons
+ aussi, proposer au groupe, et surtout les navettes air-vomi et Space Mountain
(Nous nous sommes aperçus à nos dépends que parfois les chauffeurs de bus répondent aux provocations. Et qu'ils n'ont aucun scrupule à vous jeter contre les parois du véhicule au péril de votre vie. Derrière leur apparente bonhomie, ces mecs sont des grands malades).

samedi 16 juillet 2011

Le producteur londonien SBTRKT (prononcer "subtract") a commencé assez classiquement par le remix (notamment Radiohead) puis a sorti un maxi en début d'année. C'est maintenant au tour de l'album sobrement intitulé SBTRKT, et c'est drôlement bien.

Le "Right Place" de SBTRKT :



Le bonhomme évolue derrière des masques africains assez effrayants et laisse les autres chanter : pas très original pour un producteur/DJ... Mais les clichés du genre s'arrêtent là puisque SBTRKT nous délivre une pépite à la croisée de beaucoup de chemins : downtempo, dubstep, très influencé par le RnB. Il arrive surtout à transformer ce fourretout en une synthèse très pop, beaucoup plus accessible qu'on pourrait le croire. Comme James Blake l'a fait avant lui, il démocratise brillamment le genre.

BPM très lent et electro minimale rendent les morceaux très fragiles et délicats et paradoxalement assez riches grâce à une production parfaite : avec une mention spéciale pour le choix des voix. Sampha notamment, qui prête sa voix sur pas mal de morceaux et en live quand le boss tape sur sa batterie et bidouille ses boutons. Pas de chansons faibles, un son particulier, des perles pop évidentes, taillées dancefloor, un super disque :











A la revoyure.

lundi 11 juillet 2011

Festival Beauregard Day Two
(rappel : Marion, Blou, Cassius)

17h
Comme d'habitude, incapacité chronique à voir les deux premiers concerts de la journée, car en retard (la faute aux 6 navettes passées devant nous la veille, mais nous reviendrons sur ce sujet sensible). Dommage, vu que Jesus Christ Fashion Barbe me faisait un peu rêver, et que ça semblait intéressant en live. Tant pis, ils sont du coin et je trouverai bien un moyen de les voir un jour ou l'autre. Toujours est-il qu'on arrive avec une bonne heure et demie de retard, et dans mon cas avec des courbatures aux cervicales (les festivals sollicitent beaucoup cette partie du corps trop souvent oubliée : on passe 7 heures à regarder en l'air parce qu'on fait 1m65, on secoue sa tête d'avant en arrière pendant Kasabian et Motörhead, ou de gauche à droite pendant Two Doors Cinéma Club, et après on couine. Amis festivaliers pour cet été voici mon conseil : mobilisez vous et n'hésitez pas à proposer des massages à vos amis pour combattre ce fléau et préserver vos nuques délicates). BREF.
Donc, on est arrivé à temps pour la demie-finale nationale de Air Guitar, à 17h. Honnêtement c'était pas vraiment nécessaire. Dans l'idée c'est chouette mais on était loin du combat au sommet. Et il a été envisagé d'abattre le présentateur, passablement relou malgré quelques éclats : "Elle était venue pour faire un Scrabble et pensait faire un mot contre-triple, elle a fait un Motörhead." et une certaine lucidité : "Le public me dit ta gueule"...


18h05
Le Day Two commençait encore sous le soleil et dans la poussière, mais avec une fraîcheur toute danoise puisque c'est Agnès Obel qui ouvrait le bal pour nos oreilles. Du piano délicat, une voix somptueuse pour un joli vrai premier concert posé. Une belle introduction.
(Mais en fait, Marion et moi étions déjà dans l'enceinte du festival avant Agnès Obel, pour la demie-finale de Air Guitar -voir plus haut-, donc notre introduction à cette journée du samedi n'était pas tout à fait mélodieuse, mais plutôt comique).


18h55
Suivaient les Franco-Suédois de Herman Düne, première vraie grosse claque surprise du festival, avec des compositions antifolk/americana relevée d'une pointe de rock bluesy pour le live, soit un excellent moment, visiblement partagé. Leur dernier album va définitivement venir faire un tour dans notre mp3, et on vous en reparle rapidement. Big up pour la peluche et les visuels, big down pour les solos de guitare un poil systématiques.
Que rajouter de plus sur cet excellent concert des Herman Düne, à part peut-être le pouvoir charismatique des deux membres du groupe... En plus, quand on y pense, ils sont amis avec Jon Hamm, l'interprète de Don Draper dans l’excellentissime série culte Mad Men, puisqu'on peut le voir dans le clip de Tell Me Something I Don't Know... Malheureusement, pas de jeux de plein air avec ces deux musiciens : ils allaient boire du Ricard dans le Tour Bus, avant de reprendre la route pour le Calvi On The Rocks deux jours plus tard...
Il était prévisible que ce soit merveilleux. C'était mieux que ça. Sobre sur scène mais avec une présence pas possible. Pour moi, meilleur moment du festival, depuis je n'écoute plus qu'eux.


20h
Pour Morcheeba mea culpa, j'ai cédé aux tentations du parc et écouté mollement allongée sur l'herbe, un peu comme nous tous, le concert qui était pourtant vraiment bon. Avec la chanteuse en mode gourou à traine rouge, super classe dans le vent. Il y a eu tout au long du festival un courant d'air à l'avant de la scène qui donnait un effet "vent dans les cheveux" classe-américaine du meilleur effet.

Vers 20h30 pendant Morcheeba
Ensuite, au restau bénévole on a mangé des saucisses-moules-chips-frites, un menu consistant et équilibré, rapidement, histoire d'être bien placé pour Cold War Kids (ou pour aller consciencieusement travailler -s'allongersurunechaiselongueàcôtédesloges-).  
21h05 
On a pas tout aimé (l'absence de piano sur Hang Me Up To Dry, ça craint sérieusement du boudin, et un léger sentiment d'alcool mou qui flottait dans le groupe) mais l'ambiance était plutôt bonne, les chansons du dernier album pas aussi exécrables que je l'avais imaginé, et le bassiste vraiment amusant. Ils ont passé leur temps à se frapper les uns les autres sur scène, par contre. Une passion étrange, et un peu perturbante.
Début de concert super bordélique : problèmes de son, musiciens à l'ouest, chansons du dernier album... Puis, grosse montée en puissance sur la fin. De plus en plus désarticulés et désorientés, voire complètement foldingues. Le bassiste, niveau "j'ai pris des produits, je suis incapable de contrôler les mouvements de mes yeux, mais je ne lâche pas ma basse" supplante celui de The XX l'an dernier, pourtant perché bien haut. Du coup, les trois dernières chansons issues du premier album étaient épiques, et pour tout dire absolument géniales. St John en clôture c'était de la pure folie.


De 21h à 00h dans les loges
Pendant ce temps, à l'accueil des artistes... La chanteuse de Morcheeba n'aurait vraiment pas dû opter pour ce leggins vinyle couplé avec ce qui semblait être une tunique classieuse de loin, mais qui finalement s'avérait plutôt être un Tshirt décathlon découpé et plissé. J'aurais aimé voir les barbes des ZZ Top de près, mais ces capricieux avaient demandé une loge à l'écart... Les artistes de ce samedi soir n'étaient pas vraiment tournés vers le jeu ludique, mais plutôt sur la boisson, à l'instar des Da Brasilians : de bons vrais normands, à un pack de bières chacun avant leur concert (voire deux ou trois pour ce petit claviériste heureux de vivre). Mais n'empêche, comme j'ai pu voir leur concert plus tard, je peux affirmer que c'est de la bombe, même s'ils sont ivres. Les chœurs ont des airs de Fleet Foxes/Gush, planant à souhait, doux et joli... 
Mais puisque les artistes ne voulaient pas jouer, j'ai papoté et fait un peu d'animation avec les enfants V.I.P, filles et fils de la bourgeoisie normande et parisienne... Un autre monde. Ainsi,Timothé, 11 ans, a pu me raconter toute l'affaire DSK à sa façon, avant de me confier que si ses parents voulaient qu'il soit avocat plus tard, il préférait "faire du skate et élever des chevaux" comme plan d'avenir. 



22h10 

Aaron, on s'en fout. (faux, ils ont l'air gentils avec leurs musiciens, et en live à Rennes ils étaient grave bien, et je suis sûre que dans l'ambiance ça pouvait être bien mais moi je travaillais dans les loges alors bon). A la place, on buvait des bières trop chères ( 2€50 le demi et 2€ le gobelet consigné. Ouais, le choc. Le prix d'un café en terrasse à St Malo quoi ! )  

23h15
Je continue mon récit épique seule, puisque nos deux bénévoles travaillaient ce soir là... 
La prestation de Concrete Knives a plus que confirmé tout le bien que je pensais d'eux après les transmusicales. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils sont de plus en plus forts ces normands. La chanteuse est un genre d'ersatz de Karen O sautillante en pantalon patte d'ef taille haute. Et pour une fois on est pas dans le cas habituel de la chanteuse charismatique qui fait son show avec un groupe de musicos taciturnes au fond de la scène. Puisqu'ici, tout les membres du groupe sautent partout (big up au mec en short vert), et quand il y a une chanson dans laquelle la chanteuse ne sert à rien, elle va se cacher en coulisse. Je vous les recommande chaudement.


00h05
Bon alors les ZZ Top... Mouais, bah c'est kitsch. Avec des images très moches projetées sur un écran très grand (des clés à molettes en 3D qui volent... Mais pourquoi ?) et des potiches en body à plumes. En plus il s'est chuchoté que c'était du playback (C'est mon papa qui me l'a dit, ouais ouais...). 


01h25
Bien entendu, pendant Stromae, nous avons bu d'autres bières dans l'herbe, mais on aurait réellement pu aller danser avec les gens, moi je finissais tout juste de travailler, et même s'il a recommencé huit fois sa chanson phare, c'était quand même un peu drôle et j'avais envie d'y aller. En plus, je crois qu'il est cool en vrai ! Je n'ai pas eu la chance de le croiser dans les loges, pourtant j'avais parié que je ferais une pétanque avec lui...


2h30, Cassius revient du parking
Un final plutôt amusant avec les St-Lois de Da Brasilians, programmés après toutes les têtes d'affiches, mais qui ne se sont pas démontés et ont fait dansé gentiment le public sur leur sunshine pop très chouette (oui, ça implique de chanter en cœur entre garçons et de jouer du ukulélé. Si tu es une fille, tu risques de perdre des neurones sur ce coup là, mais ça vaut le coup.) Je commence à penser sincèrement qu'au moins la moitié des gens de St-Lô jouent dans un groupe de rock (et ont une bonne descente), et que sous ces airs de bourgade normande renfrognée se cache en vérité une métropole à hipsters, prête à envahir l'East End londonien à tout moment. La théorie du compLô en fait. (poudoum poumpoumpoum tchi).

End of Day Two !

dimanche 10 juillet 2011

Pendant que certains membres de la troupe (Greenwood pour ne pas le citer) se la coulait douce dans le Nord à enchaîner têtes d'affiches sur têtes d'affiches, une autre partie de JNSPUF! privilégiait notre douce et chère patrie accueillante, la Normandie. Beauregard (ce festival qui avait deux bars à huitres, et oui), est un peu le passage obligé du début de l'été depuis maintenant 3 ans. C'est donc tout guillerets que nous envisagions les-dits trois jours de musique et de bière tout près de chez nous. Et, il faut le dire, John B. (icône mystérieuse et fictive du festival) nous a encore une fois emballé. 
Récit de péripéties festivalières à trois voix !

La programmation du festival n'était pas particulièrement exceptionnelle, avec des grosses machines en tête d'affiche un peu partout, (ZZ Top, Motörhead...), mais présentait des groupes suffisamment attirants et variés sur les trois jours pour que l'on puisse s'amuser quand même.
Si Marion assistait au festival en tant que spectateur, Blou (normande exilée à Rennes comme les autres) avait, elle, le grade qui fait rêver de bénévole accueil artiste responsable animation. Cassius quant à lui, s'assurait une grande classe en gilet jaune de sécurité, en tant que bénévole sur le parking (idéal pour caser toutes vos blagues pourries la place de Garou dans un parking, les manœuvres de Philippe, mais aussi pour chopper des maxis coups de soleil).

Grâçe à ce code couleur ingénieux, et maintenant que les personnages sont présentés, voici notre Review Schizophrène !




Day One


20h05 :
Le festival a commencé pour nous avec la performance de Katerine, fidèle à lui même en provocateur absurde. La capacité de ce mec à faire des tubes à partir de rien est assez impressionnante, et on a bien rigolé quand même, mais bon, on attendait pas grand chose non plus. Les costumes étaient sympas, les chorés ridicules à souhait et le public était de bonne humeur, mais Musique d'ordinateur en concert, c'était pas tellement possible.
Mais siii, Philippe Katerine c'est possible, sous le soleil normand, vêtu d'une minijupe en sky blanc verni (lui, pas moi), avec ses choristes drôles et le public qui lance des bananes... J'aime bien commencer un festival par ça, parce que Philippe il est gentil. Et puis dans les loges après, il avait un petit peignoir zébré, seyant à souhait, et il avait l'air tout perdu. Je suis sûre qu'il pensait secrètement à son futur enfant à lui et à Julie Depardieu. Cet enfant aura une moustache sèche et des cheveux gras, comme son papa. J'en suis la première étonnée, mais il s'est avéré que je connaissais par cœur les paroles de la plupart des chansons, et que bien que je ne cautionne pas tout à fait son look (qu'il porte une jupe plus courte que la mienne, je valide, mais les collants bicolores c'est so 2009), je suis à fond pour la Musique d'Ordinateur.




21h10
On enchaîne donc avec Kasabian, une bonne grosse ambiance méritée pour un concert vraiment excellent. Ils ont beau être extrêmement prétentieux et avoir des passions vraiment peu enviables, leur setlist est parfaite, leur sens du live est certain et leur concert est maîtrisé d'un bout à l'autre. On a eu droit à une très bonne nouvelle chanson, intitulée Velociraptor si je ne me trompe pas, qui laisse présager de bonnes choses pour le successeur de West Ryder Pauper Lunatic Asylum.
Grosse tuerie. Même si, il va vraiment falloir arrêter avec Oasis à un moment (oui Tom Meijan, je fais référence à tes lunettes, ta coupe de cheveux et ta veste en jean assortie à ton jean. Stop.). Le meilleur concert du weekend dans la catégorie saute-sur-place, hurle et mange de la poussière. Même si ça implique de louper le groupe suivant parce que tu es occupée à exprimer ta joie malgré une extinction de voix temporaire, retrouver tes amis avec qui tu avais rendez-vous sous le gros arbre à gauche de la scène (comme 120 autres personnes) et trouver le bar à eau, parcqu'il fait chaud.


22H30
Sur la petite scène (petite scène qui était en fait la grande scène des années précédentes) jouait ensuite Deus, un groupe de rock belge, qui aurait pu nous permettre d'écouler nos toutes dernières blagues qu'on avait pas pu caser l'an dernier au concert de Ghinzu, parce qu'en fait c'était quand même un univers très sombre assez similiaire, bien que Deus soit un groupe sans doute un tantinet plus exigeant, expérimental et post-rock. A la place du coup, on a fait les supers blagues évoquées en introduction dans un talkie-walkie.



23h35
Au concert de Motörhead, comme sur le parking, on a mordu la poussière. Au sens littéral.
Le plan initial était de s'asseoir dans l'herbe et de regarder sur le grand écran le concert à une distance prudente. Mais on ne se refait pas, et il s'avère que dans son contexte (une foule de mecs avec des tee-shirts noirs), Motörhead, c'est mortel. J'assume à mort, j'ai levé les poings et secoué la tête. Limite j'ai pas trouvé le son assez fort, et ouais.


00h55
Concernant Two Door Cinema Club, leur concert était bien meilleur que celui de Rock En Seine l'an dernier, et on est vraiment contents qu'ils aient réussis à se dé-guindés un peu, et à faire preuve de plus de folie sur scène. Leur setlist est toujours aussi efficaces, et les tubes nombreux. Leurs nouvelles chansons ont l'air d'avoir du mal à se renouveler par contre.
L'avantage de mon overdose de Two Door Cinema Club d'il y a quelques mois, c'est que j'avais oublié combien c'était super. Efficace à tout les coups, mais loin d'être simpliste, c'est le genre de concert où, à chaque morceau, tu trouves que c'est ton préféré.

Du côté de l'accueil des artistes, mon travail de 21h à minuit m'a, certes, privé de Kasabian, Deus et Motörhead, ok. MAIS, le job le plus génial du monde m'a aussi permis de disputer une partie de badminton avec les Two Door Cinema Club. En fait, ce sont des gens normaux, pas si beaux et classes que ça, plutôt drôles, habiles du volant mais surtout bons musiciens... J'ai pu ensuite apprécier leur concert, en ayant des flashs de ce petit chanteur roux qui court dans l'herbe avec une raquette en plastique...





2h00 :

Et à la fin, c'était Birdy Nam Nam, que je ne connaissais que de nom et dont on n'attendait donc pas grand chose. J'avoue avoir été un peu scotchée devant le grand écran en essayant de comprendre comment ils faisaient de la musique avec les machines devant lesquelles ils étaient. Théoriquement, c'est de la musique pour danser, mais en fait c'est vachement bien à regarder (surtout quand on est fatigué d'avoir joué avec les Two Door), et les grands écrans prennent alors un autre intérêt que quand ils sont juste là pour montrer que lechanteurilestbeaumêmeencontreplongée, ou que les filles du premier rang ont dessiné des cœurs au marqueur sur leurs seins.


End of Day One !

vendredi 8 juillet 2011

Le clip du nouveau single de The Horrors vient de sortir, et non seulement il est très très beau, mais en plus ils se sont quand même sacrément assagis, nos horreurs préférées. On fera pas les passéistes/fans hardcore, on aime ce nouveau style, bien qu'ils perdent en originalité, c'est indéniable. Il y a même une ressemblance avec le We Are Young des Juveniles, c'est fortuit mais amusant.


jeudi 7 juillet 2011

Le Main Square festival a pris la place de Rock-en-Seine cette année et au vu de la programmation assez moyenne du festival de Saint Cloud, on n'était pas perdant dans l'affaire... Gros weekend en perspective donc, avec en points d'orgues les concerts d'Arcade Fire et de Coldplay ; on y était, on vous raconte :

Day One :


Le premier jour était le moins alléchant sur le papier, mais avec le pass trois-jours et pour quelques euros de plus, on avait le droit à un superbe bracelet Coca-Cola, alors on a craqué... Pas grand-chose d'inoubliable en effet, hormis la prestation de Tame Impala (dont on a déjà parlé en bien ici). Après quelques morceaux de Jenny and Johnny assis dans l'herbe (premier jour oblige) le groupe de Perth, aux membres étonnement jeunes et apparemment sous l'emprise de substances illicites (au point que le bassiste avait clairement l'air autiste) délivre un set original entre remix de leurs propres morceaux et reprises étonnantes (Gainsbourg, Massive Attack). Une festivalière australienne conclura assez justement "They're so psychedelic, I love them !". A part ça on retiendra le concert de Queens of the Stone Age, sans surprise et efficace mais on oubliera par contre très vite l'horrible live de Linkin Park (qu'on a quitté au bout de 30minutes) qui verse désormais dans la très mauvaise (euro)pop. Cette première journée, c'était finalement surtout la découverte du site de la citadelle puisque le festival n'a plus lieu sur la Grande Place. La délocalisation ne règle pas les problèmes d'exigüité : bien moins de place qu'à Saint-Cloud pour plus de 100 000 spectateurs. Mais surtout un sol en terre battue pour la Grande Scène qui se soulevait en nuages de poussière au moindre frémissement du public... N'espérez pas faire la sieste à l'ombre d'un arbre : pas de place, pas d'arbres, pas d'ombre.

Day Two :



Le gros morceau du weekend, LA journée marathon avec tellement de choix que The Shoes, TDCC ou encore Kasabian ont subi la triste loi de la concurrence... Après les réjouissants Everything Everything sur la Green Room en amuse-bouche, devaient suivre quatre concerts et plus de huit heures passées devant la Grande Scène, dans la poussière, sous le soleil brûlant du Nord-pas-de-Calais... avec ce fol objectif (finalement atteint) d'être bien placé pour Arcade Fire. Après le "rock de stade" de White Lies, le déferlement de tubes de Kaiser Chiefs et le live aviné de The National (Matt Berninger a vidé une bouteille de "vin wouge" - avec l'accent et a fini dans la foule) c'était donc au tour d'Arcade Fire de remonter sur scène (ils avaient déjà accompagné leurs copains de The National sur plusieurs titres) pour ce qui s'annonçait comme le meilleur moment du weekend. On les avait vu l'année dernière à Rock en Seine et malgré un concert amputé d'une demi-heure à cause de la pluie, on était reparti subjugués par les Canadiens. Ce fut moins le cas cette fois, avec une première partie de concert sans ambiance malgré l'artillerie lourde (Ready to Start, No Cars Go...) et une deuxième heure finalement beaucoup plus animée (après un habile changement de place, en usant des coudes vers une partie de la foule bien plus enthousiaste). Ils n'ont pas atteint la qualité de leur prestation de Saint-Cloud : la faute sûrement au public, au nuage de poussière recouvrant le devant du parterre et au fait que la nuit n'était pas encore tombée. La journée s'est terminée (enfin!) en fanfare par une avalanche de tubes de la part de Moby. Le temps de filer dormir quelques heures à Lille, on était déjà de retour pour le dimanche.



Day Three :


Tenir deux jours comme samedi s'avérait difficile, alors on a privilégié l'essentiel, en préférant parfois une tartiflette à la saucisse douteuse et des churros à la bière... Elbow a fait une belle prestation sur la Grande Scène avec l'immanquable One Day Like This scandé en cœur pour finir. PJ Harvey et Portishead, pas inoubliable, voire très long quand tu te retrouves coincé dans une foule compacte... Mais on ne leur en veut pas parce que c'est pas l'archétype du "groupe de festival". 23h30 a fini par arriver et Coldplay avec ; feu d'artifice au sens propre comme au figuré, gros ballons de baudruches multicolores et papillons en papier... Setlist millimétrée avec plusieurs nouveaux titres dont les très sympa Heart Like Heaven et Charlie Brown mais surtout tous les morceaux "mythiques" : Yellow, The Scientist, Fix You Clocks, Viva la Vida sont venus couronner cette édition 2011 du Main Square Festival. Extrait :



Malgré une programmation exceptionnelle, on n'y retournera sûrement pas si le site reste tel quel... Il y a même des chances qu'on retourne faire un tour à Rock-en-Seine pour la saison 2012 des festivals, hâte !

À la revoyure.

dimanche 3 juillet 2011

Après un premier album très électro et pas totalement convaincant, malgré quelques morceaux summer-dancefloor comme Extraball ou Tonight que tout le monde a entendu, Yuksek prend une nouvelle envergure (en témoigne la pochette !) avec Living on the Edge of Time et peut envisager de devenir le nouveau représentant de la French Touch' mais côté électro-pop (on reprend vite les mauvaises habitudes...).


En s'éloignant de l'électro pure-et-dure et en lorgnant fortement vers Phoenix et beaucoup moins vers Daft Punk, le Rémois s'aventure du côté "grand public" (en tout cas "un plus grand public"...). Il avait d'ailleurs entretenu le mystère en sortant son single On the Train sous le pseudo "Mega Mystery Band".

Living on the Edge of Time est un album pour l'été, tout sauf prise de tête, "anti-Battles", facile à écouter, aux refrains accrocheurs, sans pour autant tomber dans le superficiel ou se heurter au cliché Poney Poney Run Run. Yuksek n'a pas totalement abandonné l'électro (pas de guitares à l'horizon) mais le glissement vers la pop est vraiment perceptible. Il a trouvé le juste équilibre entre ses racines électro et ce réel talent qu'il a pour créer de petites perles pop(ulaires).

Il enchaine les tubes de l'été comme on enfile des perles sur un collier : Always on the Run, On a Train, The Edge (imparable), Miracle... en utilisant ce qui fonctionne toujours et qui a été labellisé French Touch' : les chorales, les voix enfants (à outrance!) les claviers... même s'il faut remarquer qu'il chante lui-mêmes sur tous les titres. On notera tout de même quelques morceaux moins immédiats mais également très réussis : la balade sans prétention To See You Smile et Say a Word m'ont curieusement fait penser aux TV On the Radio ; alors que les sonorités hip-hop de Dead or Alive apportent un peu de fraicheur après ce déferlement pyrotechnique.

Un album sans morceaux faibles, assez cohérent, qui a choisi sa voie et qui assume sa légèreté avec réussite. Machine à tubes, Yuksek passe le cap du deuxième album avec une certaine réussite.









À la revoyure.

vendredi 1 juillet 2011

A bien y réfléchir, je ne pense pas qu'il soit possible de trouver un artiste plus en accord avec sa maison de disque que Is Tropical chez Kitsuné. Ce Native To qui nous est tombé dessus il y a trois petites semaines porte haut les couleurs de l'excellente maison de disque franco-japonaise qui nous plaît beaucoup.



Ce premier disque d'Is Tropical est plaisant car relativement conforme à l'image que l'on se faisait d'eux (d'une part), et qu'en plus il est conforme à l'idée que l'on se fait d'un debut album en 2011. Par cela j'entends un disque imparfait mais léger, un vrai disque qui a le mérite de présenter une cohérence évidente dans la diversité et de se servir des premières demos pour perfectionner leur identité sonore.  Pas évident pour un groupe qu'on dit adepte du "dance-punk lo-fi" (oui tout ça).  Les fans de la première heure reconnaîtront sur l'ensemble de l'album le "son" Is Tropical, où le très  lisse et le synthétique côtoie le cradingue et le bordélique.

Car Native To est avant tout un disque du contraste. Contraste d'ambiance tout d'abord, entre la pop solaire et l'electro la plus agressive (Land Of Nod). Contraste également entre les rythmes tribaux et les déhanchements punk-funk les plus inventifs. Contraste d'instruments ensuite, puisqu'on retrouve des morceaux entièrement électroniques (Lies) et des morceaux entièrement électriques. Contraste dans le traitement du son enfin puisque le très lo-fi (I'll Take My Chances) précède parfois le très bien produit (The Greeks). Mais ces distinctions restent très réductrices car tous ces contrastes sont uniformisées par des mélodies légères et/ou rythmées et un esprit très do it yourself qui font de ce disque un vrai recueil cohérent de singles en puissance. Intelligents les singles.