dimanche 30 janvier 2011

Croyez le ou non, en tant que webzine rennais, nous n'avions encore jamais eu l'occasion d'interviewer les Popopopops. On a donc profité de leur concert à l'Ubu en compagnie des Wankin' Noodles, de Success, de Florian Mona et à l'occasion des 10 ans de l'association Human'Hora pour leur poser quelques questions.


JNSPUF! :  Ok, donc pour commencer, est-ce que chaque membre du groupe pourrait en présenter un autre et nous expliquer pourquoi c'est bien qu'il fasse partie des Popopopops ?

Victor (Chant, claviers) : Trop mignon la question.

Guillaume (Batterie) : Simon Carpentier, notre bassiste adoré que je regarde dans les yeux en ce moment même si ca voit pas. Il aime bien faire des courbettes en jouant de la basse, c'est pour ça que je trouve ça bien qu'il fasse partie des Popopopops.

JNSPUF! : Ouais classique.

Guillaume : Non mais des courbettes façon XVIIe siècle, c'est ça Simon XVIIe ? J'ai pas fait fac d'histoire en fait. C'est un garçon très organisé. Non mais c'est vrai ! C'est aussi le seul à avoir un appart' du coup on va souvent chez lui. C'est un mec qui gagne à être connu.

Simon (Basse) : Bon moi je vais présenter Guillaume, le batteur, très proche de moi puisqu'on forme la partie rythmique basse-batterie. C'est le conseiller juridique et stylistique du groupe. Jamais j'achète quelque chose sans lui avoir demandé.

Guillaume : D'ailleurs à propos, il faut que je te montre un truc que j'ai repéré.

Simon : Voilà, il est déjà en train de m'en parler. Oui je l'enlève ma capuche, je l'enlève. Dès que j'achète des fringues je passe par lui, et s'il aime pas c'est rédhibitoire.

Vincent (Guitare) : Bon donc moi je vais présenter Victor Solf. Solf qui se prononce Zolf à la française et Solf à l'allemande. 

Victor : Non c'est l'inverse.

Vincent : Ok, mais bon, il est un peu allemand donc on dit Zolf. Victor, Victor que dire de lui ? Victor le chanteur, Victor amant, Victor parolier, Victor écrivain, Victor la voix du groupe, le leader charismatique, Victor le grand. 

Guillaume : C'est pas vrai, c'est Simon le parolier, mais Victor l'incarnation des paroles. (nous désignant la coupe de cheveux de Victor) Victor, le wesh depuis peu.

Vincent : Victor précurseur, Victor introspection, réglementation, juridiction et annulation des fois.

Simon : Victor lunatique, Victor étrange mais Victor doux et affectueux parfois.

(Bruit étrange de Victor pour nous montrer sa sympathie)

Simon : Voilà.

Victor : Et moi je vais terminer par Vincent, guitariste d'abord mais avant tout un ami.

Vincent : Je suis super content de savoir que je suis d'abord guitariste avant d'être ton ami.

Victor : C'est le casse-cou du groupe, il aime prendre des risques, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Il est radical, sans concession, quand il est ami avec quelqu'un, c'est quelque chose d'important, je l'ai compris avant hier. (Gros regard entendu) Vincent c'est avant tout des valeurs : protéger les autres, le courage avant tout. Il a sauvé Simon de la noyade.

JNSPUF! : On dirait vraiment un documentaire animalier tout ça. Quelqu'un pourrait-il présenter le cinquième membre qui vous a malheureusement abandonné ?

Guillaume : Simon tu as de l'inspiration ?

Simon : Le 5e membre c'était Léonard.  On est très tristes qu'il soit parti, on pensait vraiment partager toute cette histoire avec lui, ça nous a fait un choc de voir qu'il nous quittait, ça a rompu un équilibre musical. On a du retravailler une partie de notre répertoire pour l'adapter, certaines chansons ont mis longtemps avant de sonner à nouveau correctement en live. On retrouve cet équilibre depuis quelques mois.

JNSPUF! : Comment est-ce que vous décririez l'évolution musicale que vous avez suivi depuis vos morceaux rock plutôt basiques comme Dance Tonight vers des choses plus recherchées comme Gunshot par exemple ?

Simon : Je pense que c'est lié au fait qu'on consacre plus de temps à notre musique désormais, et donc on a naturellement envie de complexifier nos morceaux, ça me paraît assez logique. A un moment, on répétait à peine deux fois par semaine, et donc on avait envie de s'amuser avant tout et de pas se prendre la tête, alors que maintenant on est beaucoup plus perfectionnistes et exigeants vis-à-vis de nos compositions. Et plus ça va, plus on a la pression de composer des morceaux aussi biens que ceux qu'on a pu faire par le passé. On a aussi changé beaucoup notre technique de composition. Avant on apportait une base et on travaillait tous ensemble sur cette base, mais ça prenait énormément de temps pour aboutir à quelque chose de satisfaisant pour tout le monde, les morceaux changeait plusieurs dizaines de fois avant de se fixer définitivement, et depuis peu on essaye de faire plus de chansons et chacun essaye d'en mener une jusqu'au bout, comme ça on en a plus, et on peut choisir au final lesquelles garder !

JNSPUF! : Le morceau dont vous êtes le plus fiers ?

Vincent : Plus le temps passe moins je sais, mais je dirais quand même It's A Sign, la plus rock de nos dernières compositions. Elle est vite devenue ce qu'elle est actuellement, et c'est ce qui fait son charme je trouve.

Victor : Moi ce serait Circle je pense.

Simon : Moi c'est This Is It, je sais pas si tu la connais, on la joue plus, c'est une vieille chanson, personne ne l'aime mais moi je l'adore.

Guillaume : Moi je sais pas, celle que j'apprécie en live c'est... Suspense ! Gunshots, je l'aime vraiment beaucoup.

JNSPUF! : Le morceau que vous jouez depuis le plus longtemps sur scène, c'est Dance Tonight ?

Tous : Ouais, c'est ça.

Vincent : C'est notre première composition, et c'est une des seules qu'on continue de jouer, c'est la seule qui a été commercialisée, donc on se force à continuer à la jouer tant qu'on a pas autre chose à proposer aux gens.

JNSPUF! : Et ça vous fait chier un peu non ?

Simon : Y'a toute une période où ca nous embêtait de la jouer, mais depuis qu'on l'a retravaillé pour la jouer à 4, et qu'on a rajouté une fin plus dansante c'est mieux. C'est une des chansons qui marchent le mieux en live, c'est pas évident de la retirer.

Vincent : Disons qu'elle a un rôle dans un set, on peut pas se permettre de l'enlever pour l'instant.

JNSPUF! : C'est quoi un bon concert pour vous ? Est-ce que vous passez du temps à travailler votre live ?

Simon : On a misé tout sur le live l'an dernier surtout, on le travaillait vraiment beaucoup.

Victor : On composait pour le live même.

Simon : Depuis cette année, on est dans une autre optique, on commence à aborder l'approche studio de la musique où tu peux te permettre de faire des choses plus lentes, mais étant donné qu'on a toujours pas d'album, le live reste très important pour nous c'est clair.

Guillaume : Après pour répondre à ta question, un bon concert pour moi, c'est quand tu vois que le public est pas trop dedans au début, il nous prend pour des branleurs parce qu'on est jeune, tout ça, mais où tu sens quand même que l'a priori change au fur et à mesure et puis quand il termine le concert avec le sourire au final, ça c'est génial.

Vincent : Par opposition à un concert où le public est fou dès le début et où tu te demandes si finalement c'est vraiment parce que ce que tu fais est bien.

Victor : On aime bien convaincre.

Simon : En live parfois, tu peux prendre du plaisir à jouer avec le groupe même si y'a pas d'ambiance, alors que des fois tu peux pas trop aimer du point de vue de la scène mais prendre du plaisir parce que l'ambiance est géniale. C'est les deux façons d'apprécier un concert pour moi.

Guillaume : Dans les deux cas t'écoutes de la bonne musique, donc c'est normal.

JNSPUF! : Du coup vous en êtes où dans votre premier album ?

Vincent : En tout on doit avoir entre 20 et 25 chansons, donc normalement suffisamment pour sortir un premier album, mais dans les nouvelles qu'on a écrites, il y a un travail d'arrangement à faire vu qu'on compte bien les mettre dans l'album. Et puis entre nous qui sommes pas tout à fait prêts pour les enregistrer et puis les maisons de disque qui sont intéressées sans pour autant se lancer, c'est un processus qui prend du temps. On est surement dans une dernière phase, mais il manque encore un petit déclic pour lancer la chose.

Simon : On est clairement dans cette optique d'enregistrement maintenant, quand on se voit c'est pour préparer notre album. On espère que ça va se faire avant l'été.

JNSPUF! : Est-ce que c'est pas difficile du coup vu que vous écrivez depuis assez longtemps de trouver une cohérence dans tous ces morceaux pour en faire un bon album ?

Vincent : C'est clairement ça le risque, de sortir l'album trop tard et de se retrouver avec limite un best-of de nos chansons.

JNSPUF! : J'avais lu que les styles qui vous influencez le plus, c'était le math-rock, la pop des années 80 et la new-wave, est-ce que c'est valable selon vous ?

(Débat acharné pour savoir si la new-wave, c'est la même chose que la pop des années 80)

Victor : On écoute beaucoup de musiques à synthé.

Guillaume : Wham notamment.

Simon : Depuis peu, on se met à écouter tous un peu la même chose mais à la base c'est vrai qu'on a pas du tout les mêmes goûts musicaux. Globalement, ces trois styles nous permettent de nous entendre à peu près tous.

Guillaume : On se contente pas d'écouter la musique des années 80, on passe beaucoup de temps à découvrir ce qui se fait aujourd'hui.

Vincent : Mais après c'est des tendances qui reviennent aussi beaucoup aujourd'hui, donc finalement les deux se rejoignent.

JNSPUF! : Ce que je voulais savoir, c'était comprendre ce qui vous intéressait dans ces styles musicaux, pourquoi vous vous êtes dit : "Tiens ça pourrait être sympa de mettre ça dans notre musique."

Vincent : On aime bien en général le goût des musiques assez riches, pas forcément complexes, mais où on trouve beaucoup de choses dedans, les chansons que tu peux écouter et ré-écouter en boucle en découvrant de nouvelles choses à chaque fois. C'est des choses que tu trouves dans le math-rock ou le rock de Foals notamment, qui sont des choses très énergiques en général mais aussi très riches. Malheureusement, on peut plus trop la jouer à la Foals depuis que Léonard est parti.

Simon : C'est pour ça que le côté pop en live nous plaît, parce que ça permet d'apprécier le live pour l'immédiateté et la facilité d'accès malgré tout, et ensuite chez toi tu peux redécouvrir d'autres choses que t'avais pas spécialement entendu pendant le concert.

JNSPUF! : C'est Foals qui vous a initié au math-rock ?

Vincent : Non pas uniquement.

Guillaume : En fait, c'est surtout Vincent qui écoute du math-rock, moi j'en écoute très peu.

Victor : Moi je voulais juste dire que par contre j'ai remarqué qu'il y avait une nouvelle influence qui s'était glissée dans le groupe sans trop qu'on s'en rende compte j'ai l'impression, c'est des rythmes hip-hop.

Simon : Ouais, c'est vrai. J'écoute beaucoup de hip-hop, j'ai adoré le dernier album de Kanye West par exemple.

Vincent : Mais c'est un truc qui nous arrive souvent en fait. C'était la même chose pour les guitares cleans jouées aiguës et étouffées qu'on avait intégré sans trop y réfléchir à force d'assimiler la musique de Foals. Et c'est la même chose pour les beat hip-hop qu'a amené Simon.

Victor : On essaye vraiment de se laisser libre d'aller vers tous les styles, notamment It's A Sign où s'il y avait pas quelques nuances pop electro, on aurait été proche de l'énergie brute  du garage-rock. Mais on s'interdit jamais de faire des chansons plus violentes, ou plus pop comme Julian ou Voices.

Simon : On teste beaucoup en live, ça nous permet de voir ce qui fonctionne bien comme style, et puis on sait de toute manière que ca reste notre musique, puisque c'est nous qui jouons tous ensembles, donc on a pas vraiment d'inquiétude de ce côté là. Ca nous permet de commencer à réfléchir à la direction qu'on prendra pour notre album.

JNSPUF! : C'est quoi la question qu'on vous pose trop ?

Guillaume : "D'où vient votre nom ?".

Simon : "Présentez vous."

Vincent : Non, la question un peu bateau, c'est : "Comment vous vous êtes rencontrés ?". C'est pas idiot comme question, mais on a mis la réponse sur le Myspace pour qu'on arrête de nous demander, ça apporte pas grand chose je trouve.

Simon : Y'a pas mal de gens qui font des interviews sans poser une seule question vraiment musicale, c'est une des premières fois où on a l'occasion de parler un peu de musique, et c'est plutôt bien quand même.

JNSPUF! : Ouais, des trucs pas personnalisés quoi.

Vincent : Ca dépend, certaines interviews sont personnalisées mais différement genre "Si vous étiez un fruit vous seriez quoi ?"

Guillaume : C'est marrant quand même.

Vincent : Ouais un peu ça va, mais à un moment tu te demandes quand même ce que tu fous là. Disons que c'est bien quand le journaliste s'intéresse un peu à ce qu'on fait quand même.

JNSPUF! : A l'inverse, c'est quoi la question qu'on vous pose pas assez ?

Guillaume : "C'est quoi la question qu'on vous pose pas assez ?".

Simon : On a vraiment hâte que les gens nous posent des questions sur notre album quand il sera sorti en fait.

Victor : La question qu'on nous pose pas assez, c'est "Pourquoi vous avez choisi cet artwork pour votre album ?".

Simon : Les gens nous posent assez peu de questions sur les paroles aussi. Genre pourquoi Julian par exemple ?

JNSPUF! : Et alors pourquoi Julian ?

Vincent : Parceque Julian Casablancas, à la base ca vient de ça clairement.

Simon : Non, pas que ! Bon ok, si en fait.

JNSPUF! : Le mot de la fin ?

Simon & Victor : "This is the end my frieeend, the onlyyyy end."

Vincent : Foals.

Simon : Une fois une fille nous a dit "Et sinon vous écoutez quoi à part Foals et The Whitest Boy Alive ?". Là on s'est dit qu'on allait devoir changer nos réponses.

Victor : Espérons que le concert de ce soir soit bien, et qu'on puisse envoyer pleins de fauteuils au Maroc.


vendredi 28 janvier 2011

Klaxons + Is Tropical @ Le Cargö 21.01.11


Cassius. A événement particulier, circonstances exceptionnelles. Voir les Klaxons à Caen, capitale normande que nous avons quitté il y a plus de deux ans constitue en soi quelque chose d'assez exceptionnel.  Le meldois et moi-même étions donc chacun à un bout du public, ce qui donne l'occasion de faire (une fois n'est pas coutume) un live-report croisé. Bon avec une semaine de retard, mais c'est quand même ça.

Greenwood. Même si la pilule Surfing the Void n'est toujours pas bien passée, les Klaxons restaient encore sur ma liste de concerts à voir, au point de s'expatrier dans la capitale normande pour le week-end. Leur dernier opus a en effet le mérite de contenir quelques morceaux tubesques, qui ajoutés à  ceux de Myths of the Near Future promettaient de belles choses. Leur dernier EP Landmarks of Lunacy m'avait tout de même réconcilié avec les Anglais, sûrement plus éloigné de ce que voulait la méchante maison de disque, et j'étais curieux de voir ce que Wildeflowers ou Marble Fields pourraient donner en live. 

C. En première partie, Is Tropical ouvre la soirée et c'est avec un plaisir non dissimulé que je retrouve mon gros coup de coeur des dernières Transmusicales. Leur univers est particulier, leur musique tout autant, et alterne la pop lo-fi radieuse, le dance-punk agressif et l'electro la plus sombre, le tout avec un sens de la déconstruction assez fascinant.  La batterie est notamment absolument incroyable. On sent l'ambiance se réchauffer au fur et à mesure des titres, même si certains semblent assez perplexes face au minimalisme des mélodies dont font preuve les Londoniens. Tant pis pour eux.

 G. Pour ma part, avec leurs masques et leurs tubes en devenir, efficaces à souhait, ces gars là ont un avenir tout tracé. Ils ont donc bien lancé la soirée auprès d'un public caennais un peu jeune à mon goût (sans vouloir faire le vieux con). Il faut dire que je découvrais le Cargo et que les plus de vingt ans restent apparemment en terrasse.

C. Oui c'est vrai, le public caennais est très jeune, un peu foufou sur les bords, et parfois c'est insupportable. Mais en l'occurence, c'était appréciable d'avoir de la folie pour un concert pareil.

G. ILS ont donc fini par arriver et là je ne saurais même plus dire par quoi ils ont commencé  ni ce qui c'est passé ensuite parce que je me suis retrouvé trimballé d'un bout de la salle à l'autre sans pouvoir suivre grand chose. Il faut noter que les caennais se déplacent non pas verticalement mais horizontalement pour exprimer leur joie. Donc au bout de quelques chansons d'adaptation j'ai commencé à écouter avec un peu plus d'attention. Il faut dire qu'entre temps il y avait eu l'immanquable Golden Skans aussi bon en live qu'on peut l'imaginer et que j'étais désormais dans les premiers rangs et plus au milieu de la salle. Finalement à peu près tous les tubes y sont passé, Surfing the Void m'a marqué, Flashover et Magick c'était aussi rock qu'on peut l'imaginer et Echoes aussi "from the other world" qu'on peut l'imaginer. Petite déception, je ne peux pas être catégorique, Cassius pourra peut être confirmé, mais je ne crois pas qu'ils aient joué de chanson du dernier EP... Je ne sais pas combien de temps ça a duré, pas beaucoup plus d'une heure je pense, un peu court, mais bon avec les Klaxons It's not Over Yet comme le rappel nous l'a annoncé. 

C. Pour ma part, je suis vite rentré dans le live, il faut dire qu'Atlantis To Interzone niveau introduction, on fait difficilement mieux, et qu'enchaîner avec Flashover, ma préférée du dernier album, m'a vraiment mis de bonne humeur. Comme Greenwood, je reste aussi assez perplexe sur la pratique du pogo à tout va pour ce concert, mais bon, je pense que c'est surement à ranger du côté de l'excès d'alcool. Le reste du concert n'est qu'enchaînement de très bons morceaux, indubitablement taillés pour les foules, avec quelques passages plus lents (notamment Twin Flames) et quelques chansons  un peu plates qui montrent malgré tout les limites de Surfing The Void (Venusia n'est pas franchement transcendante, avouons le). Ils n'ont pas joué de morceaux de leur dernier EP, je confirme et c'est vrai que c'est dommage, mais honnêtement pas sur que le public aurait suivi. Alors que pour le coup, pendant l'heure et quelques qu'a duré le concert, on a vraiment vu le public s'amuser et les Klaxons aussi à provoquer la folie.


G. Le deuxième chanteur fait 1m20 et il faut avouer que ça m'a cassé un peu le mythe.

C. Le côté triste chez Klaxons c'est qu'ils font de la bonne musique de stade malheureusement trop inaccessible pour pouvoir effectivement remplir un stade.

mercredi 26 janvier 2011

samedi 22 janvier 2011

Ca faisait assez longtemps qu'on avait envie de voir qui se cachait derrière la musique folle d'Is Tropical située quelque part entre le dance-punk lo-fi, la pop shoegaze et l'electro qui tabasse. Quand on débarque dans les loges du Cargö pour leur poser nos questions, on les rencontre en pleine séance de coiffure. Joggings dragons, amulettes de toutes sortes, et t-shirt home made, on les imagine déjà drôles et fous. Gagné.


JNSPUF! : Pour commencer, est ce que vous pourriez présenter chacun un membre du groupe et nous expliquer pourquoi c’est bien qu’il fasse partie d’Is Tropical ?



Dom (Batterie) : Classe la question !



Simon (Guitare, voix, synthé) : Dom c’est le batteur et l’électronicien du groupe, il gère les samples et la programmation en général et c’est bien qu’il fasse partie du groupe parce qu’il me fait sourire.



Dom (Batterie) : Gary aime jouer de la guitare et il chante bien, et c’est bien qu’il soit dans le groupe parce qu’il arrive toujours à me faire rire.

Gary (Guitare, basse, synthé, voix) : Et le dernier c’est Simon, il joue pas vraiment d’instrument mais c’est le gars le plus cool du groupe.



JNSPUF! : Vous semblez influencé par beaucoup de choses différentes, ce qui est une tendance assez récurrente dans la musique aujourd’hui, du coup est-ce que vous considérez que l’idée de genres est quelque chose de dépassé ou cela reste pertinent pour décrire votre musique et la musique en général ?



Simon : Je pense que l’idée de rock moderne est quelque chose qui est vraiment en train de disparaître, les fans de rock sont de plus en plus ouverts à beaucoup de nouvelles choses maintenant.



Dom : Et du coup ça rend l’idée de genres beaucoup plus important, parce que plus les goûts de gens deviennent larges en matière de musique et plus ils ont besoin de définir exactement ce qu’ils aiment. Je pense aussi qu’écouter beaucoup de choses différentes permet vraiment de savoir ce qui te plaît le plus au final.



JNSPUF! : Vous concernant, est-ce que vous travaillez véritablement ce mélange de genres en essayant d’éviter un style spécifique ?



Simon : Oui vraiment.

Dom : On essaye d’éviter le style «opéra». Celui là ne nous attire pas vraiment.


Gary : Disons qu’on a pas envie d’être catégorisé «indie» juste à cause de notre look et de nos guitares, du coup on se retrouve parfois à changer d'instrument un riff ou un pont qui sonne vraiment indie, pour éviter cet écueil là justement.



Simon : Ca sonne tout de suite beaucoup moins indie quand tu joues une partie de guitare au synthé.



JNSPUF! : C’est pour cette raison que vous utilisez beaucoup de sons un peu lo-fi notamment au niveau des guitares et des voix ? C’est quelque chose par quoi vous avez commencé et que vous avez gardé ensuite ?


Gary : C’est juste notre façon d’enregistrer, on utilise pas de logiciels chers pour obtenir un son impeccable, on se contente du micro basique et de nos ordinateurs en général.


Dom : Ca nous intéresse beaucoup ce genre d’enregistrement parce que ca te permet de capter les sons qu’il y a autour de toi quand tu enregistres. Par exemple, ca nous arrive d’enregistrer un morceau lorsque la télé est allumée, et dès que tu t’arrêtes de jouer, c’est là que le meilleur moment de l’enregistrement survient, ce petit moment de blanc où soudainemenent le son de la télé comble le vide, c’est quelque chose de très intéressant.



Simon : En écoutant bien, on entend distinctement le son de la télé sur certaines de nos chansons.



JNSPUF! : Lesquelles ?



Simon : Sur l’album qui va paraître, il y a une chanson qui s’appelle «Zombie», et tu peux entendre une présentatrice qui donne les informations du jour de l’enregistrement ! C’est cool non ?

Gary : La vérité c’est qu’on adore regarder la télé, c’est très difficile d’arrêter de la regarder tout le temps.



JNSPUF! : J’ai lu que vous étiez des gros fans de X-Factor.


Gary : Ouais c’est vrai, on adore X-Factor, CSI, ou Love Joy aussi.



Dom : Love Joy c’est génial, et ça aussi c’est un vrai truc qui mélange tous les genres. C’est un mix entre du policier, du mélodrame et il y a même un petit côté antique dedans !


JNSPUF! : Ca vous inspire pour écrire des paroles peut être du coup ?



Dom : Non, pas Love Joy.



Simon : Mais CSI oui pas mal, il y a de bonnes musiques dedans.



Dom : La dernière fois, ils ont passé Ratatat, c’était cool, vous connaissez Ratatat ?



JNSPUF! : Oui c’est génial !

Gary : C’est notre objectif ultime dès que notre album sort, faire passer un des titres dans CSI.



JNSPUF! : Vous avez l’air de faire beaucoup d’efforts pour développer une identité visuelle assez forte autour du groupe, est-ce le cas ?


Gary : Oui, on fait tous nos artworks nous même.



Simon : C’est important pour nous de garder le contrôle sur tout ce qu’on peut faire, on veut que tout ce qui nous concerne nous plaise à 100%. Souvent sur scène, on projette des vidéos qu’on trouve proches de notre musique, et on s’amuse à synchroniser le tout avec la musique, une explosion pour un break de batterie, etc.



Dom : On aime beaucoup utiliser des vieux films, come Adam Curtis de la BBC, qui utilise toujours des vieilles images d’archives pour faire ses montages c’est super. On a jamais testé encore mais je pense qu’on tentera un jour de reprendre des images d’archives comme lui.



JNSPUF! : C’est aussi par soucis d'esthétisme que vous portez des masques sur scène ?

Gary : Disons que c’est plus pour prendre vraiment conscience de ce que faire un concert signifie, pour nous c’est vraiment une performance, un spectacle.



Simon : Et puis on aime l’idée des masques, c’est quelque chose d’universel et de très ancien à la fois, ça a un côté mystique qui nous plaît beaucoup, mais en même temps toutes les cultures ont utilisés les masques à un moment ou un autre, avec des significations différentes à chaque fois.



Dom : Dans des temps anciens, les vieilles civilisations avaient des tonnes de rituels autour de ça, et c’est quelque chose qu’on aimerait retrouver, l’idée de jouer pour un dieu païen ancien, c’est cool non ? C’est vraiment différent quand tu joues avec un masque, tu prend conscience de tout un tas de choses.



JNSPUF! : C'est vrai que vous jouez beaucoup aussi avec les symboles, vous arborez souvent des croix, des étoiles, des peace and love, et autres. Est-ce aussi pour développer ce côté mystique ?



Dom : On porte tous ces trucs parce qu’on est un peu superstitieux.



JNSPUF! : C’est quelque chose que vous partagez avec les Klaxons non ?



Dom : Oui, mais eux sont vraiment très spirituels. Avec Jamie, on fait 33 tours sur nous même avant un concert.



Simon : Ca sert à quoi ?



Dom : C’est censé te donner une forme d’énergie très ancienne, quelque chose comme ça. La dernière fois qu’on a essayé ça, le concert était très bien, donc je continue de le faire juste au cas où. Si tu es très fort, tu peux devenir le Grand Maître du Tour sur Toi Même et là tu dois tourner 99 fois, mais ça donne franchement le tournis.



JNSPUF! : En parlant de ça, qu’est ce que vous considérez être un bon concert ?

Gary : Je pense que tout est lié au public, tu peux donner le meilleur concert du monde, si le public te regarde juste sans rien comprendre, il se passe rien d’intéressant.



Simon : C’est difficile quand le public ne te connaît pas encore, mais ça fait partie du jeu, du défi à relever. C’est sans doute plus intéressant comme ça.



JNSPUF! : Comment est-ce que vous vous êtes retrouvé à travailler avec Kitsuné ?



Gary : Ils nous ont contacté et ils faisaient partie de notre liste de labels avec qui on avait songé travailler.



JNSPUF! : Vous avez vraiment une liste ? Il y avait qui d’autres comme labels ?



Gary : C’est plus une liste qu’on a faite oralement et... (Regard insistant de Simon) Non, il y a seulement Kitsuné sur la liste.



Dom : C’est les meilleurs.



Simon : C’était eux ou rien. Non, plus sérieusement, on est très content de travailler avec eux, on a le sentiment que notre univers artistique peut s’intégrer au leur sans avoir à changer quoi que ce soit du notre, et c’était la priorité quand nous étions à la recherche d’un label : ne pas avoir à faire de compromis !



JNSPUF! : Pourquoi est-ce que vous ne jouez jamais la première partie acoustique de When O' When sur scène ?



Gary : Parce que cette partie est beaucoup trop lente, Simon n’arrive pas à jouer aussi lentement. Pour l’enregistrement, on a juste utilisé le logiciel pour ralentir la piste.



Dom : Le truc, c’est qu’on est pas Radiohead, il faut qu’on fasse bouger notre public, et faire plus de deux minutes calmes, c’est encore un peu risqué. Mais on finira par la jouer cette partie.



JNSPUF! : Ca serait bien parce que la progression est intéressante dans cette chanson je trouve.



Dom : Notre manager est d’accord avec toi, alors que je crois qu’on va devoir acheter un métronome pour aider Simon.



JNSPUF! : Vous pouvez nous parler un peu de cette chanson d’ailleurs ?



Gary : En gros, c’est à propos d’un cours d’histoire raconté dans le désordre.



Simon : Si tu te sers des paroles de la chanson pour réviser, tu te tapes un F, c’est sur.



JNSPUF! : Comment est-ce que vous choisissez les chansons pour lesquelles vous écrivez des paroles ?



Simon : Ca dépend vraiment mais dans l’ensemble c’est tout simplement quand on juge que c’est nécessaire d’ajouter des paroles.



Gary : A l’origine Tan Man avait des paroles, mais on les a retiré, on trouvait que ça changeait trop le sens de la chanson, c’était plus du tout la même chose avec.



JNSPUF! : Comment est-ce que vous composez vos chansons ?



Simon : C’est un processus qui varie vraiment beaucoup. Des fois, on se pose avec la guitare acoustique et on écrit toutes les paroles d’une traite, et parfois on compose spontanément en répétant tous les trois.



Gary : La dernière fois qu’on a composé des chansons tous ensembles, quelque chose de complètement stupide nous est arrivé, on avait composé environ 5 ou 6 chansons tous ensembles, et d’un coup on s’est rendu compte que tous ces morceaux étaient écrits dans la même tonalité, c’était la même progression d’accords, etc. Du coup on a pris les meilleures parties de chaque et on a recomposé un morceau qui compilait toutes ces idées différentes qu’on avait eu ensemble.



Dom : Des fois c’est encore plus étrange parce que la composition se fait d’abord sur l’ordinateur, et c’est souvent la personne qui ne connaît rien de l’instrument qui compose un riff pour cet instrument. Je me suis retrouvé à devoir apprendre des parties de batterie composées par Gary qui étaient absolument injouables par un vrai batteur.



Gary : Et à l’inverse, il faut voir les riffs de basse que Dom me compose parfois, c’est absolument dingue !



JNSPUF! : Ca explique pourquoi vos parties de batterie sont toujours aussi étranges !



Dom : Oui voilà !



JNSPUF! : C’est quoi la question qu’on vous pose trop souvent ?



Simon : Pourquoi est-ce qu’on porte des masques. Tout le temps.



Dom : On doit être genre à 9 fois les questions sur les masques contre 1 fois pour toutes les autres questions.



Gary : Après c’est vrai que c’est normal que les gens nous posent la question, c’est quelque chose d’assez inhabituel pour un groupe de porter des masques.



Simon : Mais les gens finiront par se lasser de nous poser la question une fois que la vraie réponse aura circulé un peu.



Dom : La dernière fois que quelqu’un a posé la question, je lui ai répondu que c’était parce qu’on voulait se déguiser en Storm Trooper mais qu’on avait écrit à George Lucas qui n’était pas d’accord. Et donc on avait eu seulement le droit de porter ces masques là.



JNSPUF! : A l’inverse, c’est quoi la question qu’on ne vous pose pas assez ?



Simon : Les journalistes nous posent parfois des bonnes questions, ca arrive ! La dernière fois on avait eu quelle musique écoutez vous quand vous faites l’amour, c’était assez drôle !



JNSPUF! : Et alors ?



Gary : Des pop-songs majoritairement.



Dom : Moi c’était les 30 secondes les plus expérimentales d’une chanson.



Simon : On a une amie qui est journaliste aussi et qui tape toujours dans Google : «Meilleure question à poser à un groupe». C’est difficile de trouver des bonnes questions à poser, même pour nous. A partir du moment où les questions montrent un minimum que le journaliste s’intéresse au groupe, ça nous va. On a souvent des journalistes qui montrent clairement qu’ils n’en ont rien à foutre de parler avec nous et c’est un peu dommage.



Gary : Une fois, un journaliste est venu nous interviewer en pensant qu’on était les Mystery Jets, donc il a commencé à nous demander nos prénoms, a réalisé son erreur, et s’est barré sans autre forme de procès. C’était moyen quand même.



Dom : Il s’est même pas excusé.



(Ils nous montrent tout fiers la maquette d’OVNI qu’ils ont acheté en cadeau aux Klaxons et qui a une voiture-télécommande)



JNSPUF! : Pour finir, est-ce que vous pensez qu’il y a une forme de nouvelle scène qui se développe en ce moment à Londres ou en tout cas des nouveaux groupes que vous aimeriez partager ?



Dom : Il y a énormément de groupes qui sont en train de monter en ce moment à Londres un peu tous au même moment, et comme on peut plus vraiment faire de distinction de genres, j’imagine que c’est ce qu’on appelle maintenant une scène, tous ces nouveaux groupes. 



Simon : On fait pas la même chose qu’eux, mais on connaît bien New Young Pony Club, Good Shoes et Mystery Jets notamment. On les aime beaucoup, mais c’est vrai que leur public et le nôtre sont un peu différents. Récemment on a fait une tournée avec Egyptian Hip Hop et c’était vraiment génial, parce que leur musique a l’air d’être assez proche de ce qui plaît à notre public et vice versa.



JNSPUF! : On dit pourtant que le public de Londres et celui de Manchester ont un peu de mal à se mélanger.



Simon : Les journalistes disent beaucoup de choses, ils aimeraient bien séparer le Nord du Sud, nous faire nous détester.



Gary : Les journalistes aiment penser que tous les groupes d’une ville détestent ceux qui ne sont pas de la même ville qu’eux. Ils trouvent ça peut être plus intéressant.



Simon : Ca marchait bien à l’époque de la britpop, le combat Blur/Oasis, c’était très vendeur, mais la vérité c’est qu’on fait pas de la musique genre (imitation intranscriptible de l’accent londonien) et eux (imitation intranscriptible de l’accent mancunien). On fait pas de la musique instrinsèquement londonienne et eux ne font pas de musique intrinsèquement mancunienne.

vendredi 21 janvier 2011



(L'article est signé Cassius mais tout le mérite de cette sympathique découverte revient à Greenwood)

dimanche 16 janvier 2011

(dixit le chanteur Kevin Parker)



2011 arrive, pleine de promesses, mais avant de regarder de l'avant tachons de jeter un petit coup d'oeil dans le rétroviseur et de se pencher sur ce qui a échappé à nous et à nos tops de fin d'année, surtout si comme moi, vous avez toujours six bons mois de retard sur the truc hype à écouter. Cassius revenait dans son dernier article sur le fameux mouvement que j'avais qualifié (grosse inspiration sur le moment) de post-psychedelico-sidérale pop et le groupe d'aujourd'hui rentre parfaitement dans cette catégorie. Let's talk 'bout le premier album de Tame Impala, Innerspeaker.





Tame Impala vient de l'autre bout du monde, mais plus que la distance géographique c'est un écart temporel qui nous sépare de ces australiens. Il semblerait qu'une faille spatio-temporelle se soit ouverte sur la côte ouest, du côté de Perth et que Tame Impala ait débarqué tout droit des 60ies à bord d'une DeLoerane, c'est l'explication la plus réaliste que j'ai trouvé après à vous de voir. Dans tous les cas grosse révélation avec cet album, pour moi il représente ce qu'aurait été la suite logique (et rêvée...) d'Oracular Spectacular des MGMT. Simple coïncidence ? Il se trouve que c'est Dave Fridmann (accessoirement bassiste de Mercury Rev) qui a produit les deux albums...

C'est donc une pop intemporellement psychédélique que nous livre Tame Impala, pleine d'explosion aquatico-florale, c'est à la fois frais et aussi aride que le bush australien. La voix de Kevin Parker trainante, hantée vient se poser sur des harmonies pleines de dissonances. Les guitares un peu crade viennent salir à souhait des nuages pop bien trop propres. Les accélérations fulgurantes explosent comme des bulles de savons pour laisser leur place à des passages aérien voire interstellaires ! On pense à MGMT donc, mais aussi à Animal Collective bien sur ou à des Grizzly Bear pop un peu sous acide notamment sur Lucidity ("Lucidity come back to me") avec un concept-clip assez fun...

Le clip et l'explication :



Un album parfois sombre, menaçant, grondant, souvent lumineux mais toujours plein de grâce, l'année commence sur une très bonne note...








Expectation : Hymne à la guitare triomphante...



Solitude is Bliss : Très marqué MGMT, feu d'artifice pop et voix en écho...



À oui au fait bonne année, et à la revoyure.

vendredi 14 janvier 2011

Il y a quelques mois de cela, Greenwood avait introduit sa chronique de l'album de Yeasayer sur le thème de la post-psychédélico-sidérale pop. Pas franchement vendeur comme nom de genre,  il avait toutefois le mérite de brasser large en tentant de synthétiser tout ces nouveaux groupes d'influence psychédélique qui avait ressorti du placard les bon vieux synthétiseurs (justement). Animal Collective, Empire Of The Sun, Yeasayer donc et bien entendu MGMT. C'est intéressant d'ailleurs de voir que c'est un phénomène qui semble beaucoup plus fort aux Etats-Unis (à l'exception des tarés anglais de Late Of The Pier, plus proche malgré tout de l'esprit punk que hippie à mon humble avis), comme si la terre des Indiens d'Amérique avait porté ce courant (oui oui). 
Tout ça pour dire que ma découverte de la semaine ne fait pas exception à la règle.


Car c'est bien de New-York que nous viennent NewVillagers, et on retrouve toute cette filiation indie et hippie dès les percussions introductives. De toute manière, des américains qui trimballent leurs synthés dans la jungle tropicale pour un effet groovy irrésistible, c'est quelque chose de plutôt très appréciable. Si on devait réaliser un clip pour vous expliquer notre concept de train du bonheur, on ferait surement quelque chose du style.

samedi 8 janvier 2011

Bon, c'est pas qu'on a commencé à vous délaisser avec 2011 et tout ça, mais un peu quand même. Alors on reprend rapidement le rythme, on rattrape tout le retard accumulé l'an dernier, et on se réjouit de voir tant de nouveautés d'un coup ! Je vous propose donc de commencer 2011 en onze points musicaux (oui c'est subtil et original en plus) :

1. J'arrive vraiment après tout le monde, mais le dernier album de The National est vraiment fantastique. Une petite merveille d'émotions en demi-teintes, de changements délicats d'ambiance, quelque part entre la mélancolie et l'espérance, du rock d'adulte en somme que le disait Greenwood.

2. Un peu pareil niveau retard, l'album de Violens est incroyablement bon. Ils ont su éviter le piège de l'EP excellent et du CD décevant, et ils nous livrent ce fantastique album aux influences indie-pop  et shoegaze façon 80s. C'est beau dès la première écoute, c'est de mieux en mieux au fur et à mesure, c'est fichtrement bien composé, et c'est incroyablement mature. Et il paraît que c'est excellent en live.

3. Suuns qui passe à la Route du Rock hiver et dont on risque par conséquent de vous reparler (très bientôt !), c'est franchement sombre, mais franchement addictif. Pas dès la première écoute, c'est un peu trop torturé pour ça, mais une fois que la combinaison abrasive de l'électronique et l'électrique a fait effet, il est difficile d'écouter autre chose.

4. Les Dodoz, les toulousains extrêmement chouettes, s'apprêtent à ressortir un album qui plaira à tous les amateurs de lolcat (vu la pochette), et de grosses guitares je pense aussi d'après Happy Soldier en ligne sur leur myspace. Toujours les guitares tranchantes, toujours la batterie déchaînée, toujours les rythmes malins mais sans doute avec un résultat mieux maîtrisé, donc que du bon en définitive.

5. Les Strokes et les Kills ont annoncé une date approximative de sortie du 4e opus, et on attend quand même de voir ce que ça va donner. C'est d'ailleurs amusant, parce que les deux groupes ont eu des parcours éclatés ces derniers temps, on espère que les divers side-projects auront permis d'apporter de bonnes chansons et surtout du rock hargneux comme ils savent tous si bien le faire.

6. Si vous voulez pleurer vous pouvez toujours baver devant l'affiche du Benicassim, ou essayer de vendre votre rein sur eBay pour pouvoir y aller.

7. J'aime pas tellement Twin Shadow, ca a l'air de bien marcher et tout, mais c'est vraiment niaiseux et ennuyeux.

8. Par contre, Mecanico, je crois que j'en avais pas parlé, mais c'est à mourir de rire tellement c'est kitsch et sérieux. Que viva la noche, un petit peu.



9. Les Klaxons et Gorillaz ont eu tout les deux la même idée : sortir un mini-album pour Noël, et si je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter l'iPadlbum de Damon Albarn, Landmarks Of Lunacy des Klaxons laisse entrevoir ce qu'aurait pu être Surfing The Void si les choses s'étaient passé autrement. Cet EP est beaucoup plus différent de Myths of The Near Future que ne l'était Surfing The Void avec un ralentissement très net du tempo, et du psychédélisme un peu plus expérimental. Il est clair que si vous n'avez pas été convaincu par Surfing The Void, cet EP vous fera sans doute encore plus détester Klaxons, mais personnellement j'aime beaucoup ces 5 chansons qui font parfois penser à Merriweather Post Pavillion d'Animal Collective (sur l'excellente Wildeflowers notamment). 

10. Petit jeu : quel est le point commun entre ces trois excellentes chansons parues en 2011 ? (Tu peux te faire aider par un adulte si tu veux)

Birds & Drums by The Bewitched Hands

01 The Suburbs

She & Him - I'm Gonna Make It Better

11. Et puis vous vous en fichez sans doute mais c'est notre 100e article, donc merci à vous pour tout votre soutien depuis nos débuts foireux, jusqu'à cet article, bancal lui aussi.