samedi 24 juillet 2010



Mes velléités ne m’ont pas tuées ; je reviens donc plus fort et déterminé que jamais pour de nouvelles aventures sur JNSPUF! après un épisode comateux où procrastination et grosse glande se côtoyaient dans un marasme manquant cruellement d'enthousiasme. Mais les meilleures choses ont une fin, il faut donc reprendre la mission qui nous a été confiée tels des chevaliers de la table ronde des temps modernes. Et quoi de mieux que de continuer sur ma lancée de décryptage des nouveaux albums des futures têtes d’affiche de Rock en Seine parce que les Normands et leur festival à deux sous ça va cinq minutes (ndlr : frustration). Après Jonsi et LCD Sounsystem et en attendant le 2 août et la sortie du nouveau Arcade Fire, penchons nous donc sur la dernière création du leader de Bloc Party : Kele Okereke. Comme Jonsi, le leader du groupe anglais avait envie de prendre l'air, mais alors que Sigur Ros ne semble pas en danger, Kele a clairement signifié que le groupe était secondaire à ses yeux désormais.

Après un premier album Silent Arm bourré de tube, un A Weekend In the City "décevant" (on connaît bien ici le cap du deuxième album alors on ne leur en a pas voulu...) et un Intimacy hallucinant d'intensité et de noirceur, qui présageait le meilleur pour la suite, on se demandait comment aller évoluer l'esprit torturé du londonien.

Et bien Kele nous a pondu un drôle d'œuf, il quitte les refrains rock percutant dont il avait commencé à s'éloigner avec Intimacy, il n'est plus question de guitares mais de rythmes électroniques, de claviers et plus généralement de CAO musicale. Et en fait il n'aurait (peut-être) pas dû... On va sûrement porter aux nues cet album, louer le virage musical, l'évolution permanente ou je ne sais quoi d'autre, mais le constat est clair, ce The Boxer n'est même pas au niveau de A Weekend In the City. Alors certes, le tube de l'été est peut-être Tenderoni mais bon après c'est un peu le néant...



Kele tente de jouer sur plusieurs registres, des morceaux très crus, rugueux, où les percussions ont la part belle (The Other Side, Walk Talk) ; il s'essaye à l'electro-pop genre Röyksopp (On the Lam) avec un certain succès mais autant écouter un album des Norvégiens... Certaines chansons nous rappellent évidemment Bloc Party mais plutôt période A Weekend In the City (damned!), ce sont sûrement les meilleures (Everything you Wanted, Unholy Thought, Yesterday), c'est sympathique, malheureusement ça nous rend surtout nostalgique. Rise montre bien la voie qu'a choisi d'emprunter Okereke, elle ressemble assez à Signs (Intimacy) mais alors que sa cousine faisait le choix des nappes et des cordes, la chanson de The Boxer va se perdre dans des rythmiques daftpunkesques. Nous ne parlerons pas ici de All the Things I could Never Say : de la soupe ni plus ni moins, ni de Meet in the Middle et son entrée en matière gospel.

Alors c'est certain, quelques titres raviront certainement les "clubbers" mais en dehors de quelques chansons que l'on qualifiera "d'efficaces" à défaut de mieux, c'est décevant pour le leader d'un des meilleurs groupes des années 2000 s'il vous plait Rendez-nous Bloc Party !








Remontons nous le moral avec un extrait du prochain Arcade Fire (et en nous disant que les extraits du nouveau Interpol présagent un album qui va déchirer grave <à suivre>)



A la revoyure.

samedi 17 juillet 2010

On poursuit la suite des aventures beauregardesques avec le day 2, dont la programmation, et ce n'est un secret pour personne, vend quand même beaucoup moins de rêve que le day 1. Déjà, le day 2 traîne quand même quelques boulets de très mauvais goût (Saez pour ne citer que lui), et en plus, il n'y avait même pas de to-do list super amusante à faire pour s'occuper pendant que les mauvais chanteurs vomissent des mauvaises paroles sur de la mauvaise musique. Mais bon ça c'est quand même un peu de notre faute. Mea culpa, comme dirait l'autre.

Beauregard Day 2

Toujours est-il que le démarrage de ce deuxième jour bien sec et bien chaud chez John se fit en grande pompe avec les Friendly Fires. Déchaînés du feu de dieu (mon dieu quel déhanché sexuel!), ils nous ont balancé leur mélange musical des plus surprenants, à la croisée de l'electro, du funk, de la pop et des Talkings Heads. Bon, certes il y avait beaucoup de parties pré-programmées, c'était dommage, mais ça ne gâchait en rien l'enthousiasme débordant que cette musique d'ouverture a généré chez les membres de JNSPUF!. Cela tombait à pic, car je me trouvais alors fortement désappointé par un impératif personnel me privant des concerts des excellents Long Time To Lay A Track et de Nouvelle Vague dont la réputation n'est plus à faire en matière de reprise bossa-nova.


Pour suivre, il y avait I Arkle qui avait l'air très sympa vu de loin, mais un peu moins que la verte pelouse qui attire inexorablement les fesses du festivalier telles les sirènes odysséennes les plus tentatrices. Les fesses loupant par là peut être l'occasion de découvrir un groupe décrit comme très prometteur. Grosse flemme 1-Saint-Lô capitale du rock 0.

L'objectif majeur de cette pause détente restait de pouvoir bien se placer pour voir Editors, à la musique froide, immédiate et urgente, et aux fans nombreux et assez agressifs. Leur concert présente un parallèle assez flagrant avec le concert de Ghinzu de la veille : une excellente ambiance, des compositions ultra-rodées, un jeu de scène très cold-wave, et deux trois fautes de parcours ("noooon, pas la ballade au piano!"). Le troisième album n'est pas aussi creux qu'il m'avait semblé lors de son écoute rapide, mais le premier reste indétrônable (mention spéciale à Munich et Bullets, of course).

Après, il y avait comme un énorme trou dans la programmation qui nous a laissé le temps de nous délecter de nourriture assez étrange (un genre de hot-dog merguez avec du fromage et des tomates dedans pour les uns, et des pâtes à la sauce non identifiée pour d'autres). Le fond sonore était presque potable au début (Tété) puis très nul ensuite, et on a du parler fort et manger bruyamment pour couvrir le punk inutile de Saez. Je suis quand même aller voir Brigitte Fontaine, pour le lol, mais c'était pas tout à fait aussi drôle que je l'imaginais. Sa voix est à peu près aussi agréable qu'une paille de fer qui frotte contre un couteau, et elle a eu besoin de s'asseoir à la deuxième chanson. Moi j'ai eu besoin de partir à ce moment. 

Ensuite vient le moment attendu par tous les pré-pubères et par les enfants aux parents irresponsables (4 ans, est-ce un âge raisonnable pour un concert à plus de 100dB ? Nous en avons conclu que non.), soit le concert de Mika. La performance de cet anglo-libanais ayant déjà coûté l'indie-cred de l'excellent Tea-Zine, il nous semblait important d'aller constater l'ampleur du phénomène. Et il faut bien l'avouer, même quand on veut détester, on a beaucoup de mal. On connaît la plupart de ses mégatubes aux refrains dévastateurs et qui collent au cerveau une journée durant sans même avoir eu besoin d'écouter le CD, on peut passer des heures à détailler chaque morceau du décor, et on ne peut que s'amuser devant une telle démonstration d'euphorie et d'exagération (chaussure géante, etc.). Comme on y pouvait s'y attendre donc, l'ambiance était très bonne, le jeu de scène au delà du souhaitable, et la performance du groupe sans aucun défaut. Je m'interroge juste sur l'univers régressif du monsieur : jusqu'à quand est-il possible et souhaitable de faire jouer l'innocence de l'enfance en guise d'inspiration ? Parce que le côté grand guignol du show m'a sévèrement ennuyé, voir donné la nausée.


Par la suite j'ai profité du fait que la moitié du festival parte faire dodo (eh oui, il était déjà minuit passé, attention les enfants!), pour m'avancer jusqu'au deuxième rang et profiter du concert de La Roux (mon mètre 92 laisse généralement le premier rang aux fans hardcore, question de principe et de survie personnelle). Un show ultra-hype avec un décor ultra-stylisé, des looks à la pointe de la mode (l'amulette argentée et le jogging à paillette ne se porte qu'au 48e degré, il faut le savoir), pour des compositions ultra-glamour 80s sur fond de sentimentalisme androgyne : j'aurais du détester ce concert. Mais non. Je ne trouve rien à redire, tellement les morceaux étaient puissants, novateurs, imparables, et personnels. J'ai inversé ce qui pouvait être perçu comme une overdose de mauvais goût (cf. les mimiques affectées d'Elly pendant les chansons) pour en faire un concert qui m'a indéniablement marqué sur ces deux jours de festival. Ou comment finir en beauté.

lundi 12 juillet 2010

Tel un démon surgi de l'enfer, vous avez vu ressurgir ces dernières semaines la satanique procrastination qui fait échouer au moins 80% des projets de JNSPUF! visant à conquérir le monde, incluant donc le projet de vous présenter le deuxième jour du festival de Beauregard et celui moins avouable d'en faire une review magistrale et hilarante au possible.

Rattrapons le temps perdu et au plus vite.

Beauregard Day 1

On attendait beaucoup du premier jour de ce festival, autant en terme de programmation que d'ambiance. La sympathie et la météo clémente de la première édition nous avait en effet laissé des souvenirs très sympathiques, et nous avions hâte de voir ce que pouvait donner l'année 2010 en terme de festival ambiance parc et château hérouvillais.

Comme c'est une review personnelle écrite à la première personne et avec un style très enlevé, je vous le dis tout de bon : je suis arrivé pour Ghinzu. Je n'ai pas vu Trémore, pas vu Kim Novak. C'est mal, je vous donne des conseils que je n'applique pas. On passe à autre chose ?

Oui ? Merci, donc, Ghinzu, groupe qui, malgré sa sur-présence en festival musical, n'avait jamais croisé mon chemin musical. Bonne ambiance, bon jeu de scène, bonnes blagues, bonne humeur, mais surtout assez bonnes compositions construites comme de la prog-pop anglaise (Coldplay et Muse) en bien. Mention spéciale à The Dragster Wave. Et ils sont belges, au cas où ca vous aurait échappé.

64 dollar question, pas de surprise, c'était pas le style de musique dont on rêve pour un deuxième concert à 18h30, et on a choisi l'option posage de fesses sur la verte pelouse.

Rodrigo et Gabriela ont en revanche rassemblé une foule assez nombreuse et malgré une formule parfois un poil répétitive, nous ont toujours autant impressionné par leur technicité guitaristique , leur sens de l'improvisation ainsi que leur sens du rythme et de la mélodie (entre le hard-rock et le latin).

Le minimalisme de The XX nous avait convaincu il y a déjà longtemps et était présenté comme la révélation de l'année ("révélation" est un mot à vomir, vous en conviendrez). Ils partaient de plus avec beaucoup d'avance pour ce concert : un décor superbe, un bassiste à quarante lieues de lui-même, et un morceau spécial pour le début de concert (Intro). Problème majeur : le son était mal réglé, et les infra-sons qui provenaient de la basse et des pads rythmiques étouffaient tout semblant de mélodie sur les premiers morceaux (dont Crystalised bien sur). Pas aussi enthousiasmant qu'on l'aurait souhaité donc, et un peu douloureux, mais quand même pas le live neurasthénique que certaines mauvaises langues ont décrété.


Luke, c'était chouette pour courir après ses années collèges et se rendre compte des capacités du cerveau à ressortir des paroles enfouies depuis plus de 5 ans. Il y avait une bonne ambiance et c'était rigolo de mettre des têtes et un live sur la fameuse pochette de disque avec le cheval (tmtc).

Iggy & The Stooges, ça avait beau être une légende et la raison de la présence d'un tiers du festival, j'ai pas trouvé ça exceptionnel, voire limite usant à force. Peu de variations, un instrumental vraiment trop saturé, et des musiciens assez figés. Il a organisé une mini stage invasion, il y avait des pogos très violent, et j'aime bien sa voix, mais à part ça, je passe (pas taper).
Local Natives faisait une bonne grosse coupure pop dans la programmation rock du reste de la journée, et surtout, nous a amené les ponchos et les moustaches de Californie pour entamer Camera Talk, Wide Eyes, Airplanes et le mythique Sun Hands, conclusion d'un concert dynamique, radieux et bigarré. On veut les revoir le plus vite possible.

En écoutant la musique de Phoenix, on a souvent une impression agréable de lisse, de propre, d'easy-listening, soft-pop, guimauve & co. En concert, plus vraiment. Ca rebondit de partout, ca donne envie de sauter, ca met en avant les refrains imparables et l'habileté des compositions de nos versaillais exportés dans le monde entier. La batterie est d'une précision ahurissante. Ils reprennent de vieilles chansons que je ne connais pas (à mon grand dam), je crois que ça vient de la période United si chère à ce cher Greenwood, mais là aussi, c'est un sans faute pour moi.

Yuksek, c'était sympa sinon, mais autant vous dire que c'est toujours un peu difficile de passer à autre chose après ce qui venait de se passer sur la grande scène.

(Et merci aux photographes officiels de Beauregard pour ces photos qui envoient des paillettes et pleins de belles lumières dans ton coeur.)

vendredi 9 juillet 2010

Rien ne m’enthousiasme en ce moment, d’où mon mutisme ; alors les morceaux tournent inlassablement en mode aléatoire ce matin et inévitablement ÇA arrive, c’est toujours aussi parfait et c’est tout.



Bonnes vacances et à la revoyure...