jeudi 29 avril 2010

Heureusement il y a Hey Hey My My...




C'est à peine remis de mes désillusions footballistiques du jour que je me penche sur le nouvel album de Hey Hey My My, le bien nommé A Sudden Change Of Mood.

J'avais quitté le duo français à l'issu d'un concert folk "HHMM + Syd Matters" (où ils avaient d'ailleurs tenu la dragée haute à ces derniers), et voilà qu'on les retrouve dans un registre résolument plus rock comme en témoignent le titre et la pochette de l'album : le paisible arc-en-ciel a laissé place à un jumeau tout feu tout flamme !

À quoi est dû ce revirement de bord ? D'abord à l'arrivée d'un troisième membre, un batteur qui a remplacé les boîtes à rythmes et mis son grain de sel dans la composition des morceaux. Mais surtout à une envie de se détacher de cette étiquette "groupe folk", alors qu'ils le disent eux mêmes : "Notre premier album était très proche des démos qu’on avait enregistrées chez nous : on avait des guitares acoustiques parce qu’on ne pouvait pas faire beaucoup de bruit" ! Ce à quoi on peut ajouter leur volonté de faire appel au producteur américain Tony Hoffer (Supergrass, Beck, notamment) pour renforcer le son rock qu'ils recherchaient.











Avec tout ça et ayant beaucoup aimé le premier album, je me retrouve quelque peu désappointé... Désappointement que la chanson inaugurale est loin de dissiper "One voice and one guitar, we are ready for war", le ton est donné et confirmé par un riff de guitare limite punk.

Heureusement (pour moi) tout l'album n'est pas de cet acabit et les douze chansons font finalement miroiter un paysage musical assez varié.
Une partie des chansons est résolument rock comme le très bon Groove Combat ou bien Pool qui ne sont pas sans rappeler Weezer mais attention car on frise parfois le mauvais rock FM avec Oh Lord... Not Fun Anymore part dans tous les sens comme une chanson de Queen à qui elle emprunte les notes de piano. On lorgne parfois vers la new wave et vers The Strokes avec l'étonnant Jazzol.
Mais pas de panique, on retrouve tout de même des chansons qui auraient pu figurer sur le premier album comme le ravissant (oui c'est le mot !) Hopeless Girls ou le duo The Next Bar - You Look All the Same to Me en fin d'album.
Les deux chansons qui s'imposent sur les autres rappellent pour l'une la pop de Phoenix : We're not Meant to Last (lalalalala lalalalala ♪♫) et pour l'autre la dance de Maroon 5 : Go to Hell.

Le dernier morceau résume bien l'évolution du groupe, un bon compromis entre des aspirations folk passées dans les couplets et des refrains qui envoient plus de bois (et en bonus une balade country rigolote comme tout). Contrairement à ce qu'on pourrait croire de prime abord les HHMM ne se sont pas perdus, leur force est d'avoir réussi à garder une unité et une personnalité qui font que cet album se place d'avantage dans la continuité que dans la rupture avec le précédent opus.

We're not meant to last_

Go to Hell_









Sur ce je vais ruminer la défaite lyonnaise...


À la revoyure !

mardi 27 avril 2010

jeudi 22 avril 2010


Revenue des tréfonds de mon mutisme (cette jolie phrase avec du vocabulaire vise à me faire pardonner mon titre lamentable), laissez moi vous parler de John & Jehn.

Au départ, il y a Camille et Nicolas, français (même pas parisiens en plus), amoureux, vaquant à leurs occupations musicales au sein de Asyl pour lui, de Motel pour elle. Ensuite il y a une démo "l'amour ne nous déchirera pas" en 2005 (on y trouve 20LO7, qui reste une des meilleures chansons du duo) qui tombe dans les bonnes oreilles.

Après ils partent à Londres et enregistrent tranquillement leur premier album éponyme (2008). Succès au moins d'estime, tournées en France (les Transmusicales et la Route du Rock entre autres, signe de qualité s'il en est) et en Angleterre, premières partie prestigieuses (The Kills ou Franz Ferdinand pour ne citer qu'eux) et enfin le second album "Time for the devil", sorti il y a quelques semaines.

 

Le premier album avait un son très Lo-Fi qui faisait notamment penser au Velvet, c'était en grande partie attribuable au fait que John et Jehn avait enregistré dans une chambre en jouant eux même de tous les instruments (elle manie le clavier et la guitare, il se charge de la batterie et de la basse). Il ont d'ailleurs longtemps tourné seulement tous les deux, avec en guise de batteur une boîte à rythmes (oui, il y a un coté The Kills chez ces deux là).

Le second opus a été enregistré dans un studio avec quelques musiciens en renfort, et ils auraient pu y perdre leur fraîcheur et leur côté un peu crade qui était quand même très sympa. Mais non. Parce qu'ils sont très forts et que Time for the Devil est, selon mon humble avis, une réussite. Un disque qui dégage une vraie ambiance, sombre, complexe et sinueuse. Le couple a déclaré avoir voulu parler de dédoublement, de claustrophobie, d'intimité, et on ressent effectivement tout ça. Le tout dégage aussi une vraie énergie et fait souvent monter la pression avant d'exploser.

 

Entre la belle histoire (le couple de jeunes et jolis français qui partent vivre leur musique et leur amour à Londres) et le soin porté aux visuels (le groupe travail en étroite relation avec leur graphiste et ami, et les artworks sont toujours très travaillés, leur premier album était par exemple constitué de deux CD, un John et un Jehn), il serait facile pour eux de tomber dans la pose ou le cliché, mais c'est un album avec une vraie épaisseur que nous propose le duo. Écoutez John & Jehn. Et allez les voir en concert ça déchire.



mardi 20 avril 2010


J'aime bien Kate Nash. J'aime bien sa voix, sa façon de poser les mots, son accent cockney. J'avais bien aimé son premier album comme agréable ensemble de pop-songs légères et comme introduction  à une chanteuse que je trouve assez fascinante. J'avais donc plutôt hâte de voir ce que pouvait donner un second album. Je ne sais pas d'où me vient cette conviction, peut être d'une trop grande étude de la discographie de Radiohead, mais pour moi, une carrière musicale se doit d'être une évolution de disques conceptuels. Je sais pertinemment que c'est stupide, mais je ne peux pas m'empêcher d'attendre un nouveau disque dans l'espoir d'une quelconque "évolution" (voir à ce sujet le nouvel album de Foals qui me ravis en tout point, mais qui ne sera pas chroniqué ici pour l'instant, car comme je l'ai évoqué maintes fois, je suis fétichiste des dates de sortie d'album. Rendez vous le 10 mai donc).

L'intérêt et "l'évolution" majeure de My Best Friend Is You est qu'il est surprenant, même pour des gens connaissant bien Kate Nash. On savait déjà qu'elle cultivait savamment une schizophrénie très amusante, capable de passer de la tuerie art-punk vulgaire à la comptine guimauve cupcakes-flowers en un clin d'oeil, et pourtant on se demande ce que Mansion Song ou I've Got A Secret font dans la tracklist. Non pas qu'elles soit particulièrement nulles, ni particulièrement surprenantes de sa part, mais juste simplement parce qu'elles sont étranges et dérangeantes.

Il est donc très faux de dire que le disque n'offre aucune surprise. Il n'est pas encore l'album de la maturité : plusieurs pistes sont explorées sans grande cohérence générale.  Pour autant, les pop-songs plus classiques de l'album ressortent grandies du contraste avec les pistes les plus expérimentales. Mansion Song et Early Christmas Present sont très drôles l'une à la suite de l'autre. Et puis il y a d'autres contrastes tout aussi amusants : la logorhée absolument géniale de Don't You Want To Share The Guilt qui précède I Just Love You More où toutes les paroles de la chanson tiennent (quasiment) dans le titre.

Plus varié, plus fou, plus révélateur des multiples facettes de Kate Nash, sans pour autant délaisser ce qui fait son succès (les hymnes pop sucrés que Do-Wah-Doo synthétise parfaitement), ce nouvel album  est donc une réussite,  d'autant plus qu'il est porté par une production bien meilleure que celle de son prédécesseur, même si l'on regrette que, comme Paul Epworth sur Made of Bricks, le nouveau producteur ait méticuleusement détruit tout ce qui faisait le charme des premières demos Myspace, pour balancer la réverbération à tout va, ou pire l'instrumentation un peu hasardeuse des fois. Je reste persuadé que tous ces violons n'étaient vraiment pas absolument indispensables. Mais bon.

Et hop deux chansons à écouter en attendant que Greenwood rentre de vacances et que je puisse me reposer un peu :

Kate Nash - Don't You Want To Share The Guilt_
Kate Nash - Early Christmas Present_


mercredi 14 avril 2010


Les Fool's Gold ne sont pas seulement géniaux sur scène et sur CD, ils sont aussi très rigolos. De passage au Cargö à Caen, on leur a posé quelques questions :

JNSPUF! : Comment se passe votre tournée en France ? Est ce que c'est la première fois que vous venez y jouer ?

Amir (Percussionniste/Synthé) : Non, on est déjà venu un peu plus tôt cette année, trois jours à Paris seulement. On savait pas trop à quoi s'attendre, mais au final les gens ont plutôt bien réagi à notre musique, ils étaient prêts à s'ouvrir au genre de musique un peu différent que nous jouons. Et les gens qui nous accueillent sont incroyables. Ils nous donnent des tonnes de fromage, ça nous fait jouer mieux. Le vin nous endort un peu, mais le fromage, c'est génial.

JNSPUF! : En parlant de réaction à votre musique, qu'est ce que vous pensez de votre musique ? Vous vous sentez plus proche de la pop ou plutôt de la world music ?

Lewis (Guitare) : Sûrement quelque part entre les deux. C'est pas exactement de la world music, on est beaucoup influencé par ça, mais on essaye de contrebalancer avec d'autres influences.

JNSPUF! : C'est aussi ce que j'avais pensé.

Lewis : En fait, ce serait à toi de répondre aux questions alors plutôt. (rires)

JNSPUF! : J'avais quand même besoin de votre point de vue parce que à chaque fois vous êtes présentés comme les frères musicaux de groupes comme Vampire Weekend, etc. Vous vous sentez influencés par eux ?

Lewis : Par Vampire Weekend ? Oh non, pas du tout. On jouait de la musique bien avant eux.

JNSPUF! : Ok, et donc vos vraies influences, si c'est pas Vampire Weekend ?

Lewis : Pleins de trucs, de vraies musiques africaines, genre de la musique du Mali, du Congo. Mais aussi beaucoup les Beach Boys. Pour le côté pop de la chose.

JNSPUF! : Vous pourriez dire une phrase amusante en français ?

Amir : J'ai appris un truc avant de partir pour la France, au cas où : "Je voudrais aller à la salle de bain." Et je connais une autre phrase parce qu'on a joué hier soir à Paris pour les Black Sessions sur France Inter. On avait réécrit les paroles de Surprise Hotel en français et je les avais apprises phonétiquement : "J'ai construit un hôtel surprise, tu m'a laissé sur la scène, pourquoi ?".  Mais c'est pas vraiment très marrant, en fait.

JNSPUF! : Et à propos de cette chanson justement, c'est quoi votre Surprise Hotel ?

Amir : En fait c'est Luke qui écrit les chansons mais je comprend quand même les paroles parce que je viens d'Israël et que parle aussi hébreu. C'est une sorte de chanson d'amour pour série nulle à la base. Si jamais Dolly (ndlr : aucune idée de l'identité de cette personne mais sûrement pas la brebis clonée) décidait d'écrire une chanson d'amour, ca serait Surprise Hotel. Il y a un tas de trucs bizarres dedans : ça parle de gens nus, de climatisation, de piscine, de bad boys donnant de la nourriture bizarre. C'est une chanson très bizarre, mais aussi très drôle à chanter tous les soirs. Elle est très sentimentale, mais aussi très légère. Un peu comme l'amour en général, amusant mais aussi très effrayant parfois. (ndlr : la preuve ici)

JNSPUF! : Et est ce que tout le monde peut comprendre les paroles ?

Amir : Non, non, seulement le chanteur et moi. Vous connaissez une phrase amusante en hébreu ?

JNSPUF! : Euh non, et vous ?

Amir : J'ai pas d'idée là mais je peux vous apprendre à chanter Surprise Hotel avec nous si vous voulez.

JNSPUF! : Ouais, pourquoi pas.

Amir : Le refrain ça fait : "Banit Malon Afta'a" et ça veut dire "J'ai construit un hôtel surprise." Vous avez intérêt à chanter avec nous. Ou alors à nous lancer des chaussettes. On aime les chaussettes cool. On acceptera toujours des chaussettes.

vendredi 9 avril 2010

L'heure est grave : le libellé découverte est en déperdition. Pourtant c'est pas faute d'écouter des nouveaux groupes. Mais rien qui vaille la peine que l'on se batte pour faire connaître, parce que bon on est mainstream quand même à JNSPUF (même si on se soigne).

Alors je me suis dit qu'il vaudrait le coup d'aller faire un tour du côté de la Manche où on reste bloqués jusqu'à nouvel ordre (comprendre la France). Le problème est qu'ils sont soit nuls, soit très peu connus. Ou du moins c'est l'idée la plus répandue, qui se comprend une fois qu'on a cité dans la même phrase les Shades et Quadricolor. Bref, il y a comme un genre de discrimination pas joli joli à l'égard de la "scène française" (rien que le nom du truc me donne envie de me jeter par la fenêtre par exemple), qu'on ne juge pas suffisamment crédible, et incapable de faire aussi bien voire mieux que les britanniques, les américains et les suédois.


Alors, l'idée c'est de commencer par écouter ma découverte du jour, qui s'appelle Appletop, qui vient du PACA, et qui est quand même une bonne grosse claque dans la tronche. Il n'y pas chez eux ce petit côté agaçant qu'on trouve souvent chez les Français, l'impression de forcer le trait, un manque de naturel criant dans le songwriting, parfois du à l'anglais hésitant, mais pas que malheureusement.
Toujours est-il qu'écouter O M A R ou firekids #1, c'est comme écouter The Drums défoncer leurs planches de surf, déclarer la guerre des gangs mancunienne sur la montagne Sainte-Victoire. Le contraste est génial, jouissif même.


Les angevins Misty Socks se débarrassent eux de leurs tics de frenchies énervants par un échappatoire plus fréquent, un genre d'hédonisme dance plutôt facile, mais très rafraîchissant. Peu de groupes aujourd'hui peuvent se targuer d'un chorus imparable comme celui de Pavement. Pas mieux que les Anglais mais au moins aussi bien.


Concrete Knives nous annonce en guise de single un Time For Disco pas tout à fait dans l'ère du temps (sauf pour mes voisins restés bloqués dans les années 80) qui résume l'univers  de ce groupe également français et le vivant également bien. Des sonorités proches de l'orgue Hammond emblématique du reggae des 70s croise aussi bien des rythmiques pop minimales des 00s que des harmonies 60s. Si on y ajoute des guitares dans la lignée britpop 90s, on a fait le revival des courants chouettes du XXe siècle mais on a surtout découvert des morceaux très doux et optimistes comme les vacances de printemps. 

Bon et Greenwood, t'es gentil, je sais que tu vas lire ça, donc tu m'explique ce que tu trouves au nouvel album de Foals. Et merci Ouest France pour les belles photos.

lundi 5 avril 2010


“ Pardonnez-moi mon père car j’ai péché... “ J’ai effectivement délaissé quelque peu JNSPUF ces derniers temps pour des raisons scolaires et cela contre ma volonté. Libéré de ces obligations peu réjouissantes je me replonge dans la sphère musicale pour vous parler ce soir d’un album qui commence à dater et qui n’a pas fait grand bruit à sa sortie : Wave If You’re Really There des Wave Machines. Ça fait beaucoup de vagues pour un groupe qui n’en a pas fait plus que ça l’été dernier...

Si, comme moi, vous en avez assez des synthés et des rythmes africains (surtout des percussions en fait parce que les claviers c’est cool quand même), que le dernier Vampire Weekend avec un peu de recul était surtout décevant et que le prochain Foals en fait... (je m’arrête sinon je vais me faire taper sur les doigts par le patron...). Enfin bref, un peu de pop ça fait quand même du bien, surtout quand elle nous vient d’Angleterre et plus précisément de Liverpool où tout n’est pas gris, triste et pluvieux, même quand ça va pas fort du côté d'Anfield.

Tout commence par quelques notes cristallines et une voix (qui l’est tout autant) qui répète inlassablement “ You say the stupidest thing “ : une vague de fraîcheur.
On enchaîne directement avec le tube pop de l’album I Go I Go I Go, le titre veut tout dire, on pourrait fredonner la chanson sans l’avoir entendu... Rien de très original, des couplets un peu creux, un refrain qui reste dans la tête dès la première écoute mais c’est la chanson que l’on retient le plus facilement, pas très éloignée du côté musique de pub de Two Door Cinema Club ou de The Feeling.

Et puis arrive Keep The Light On et son groove de folie : cette chanson est superbe, elle trace son chemin mine de rien : plus on l’écoute plus on l’aime. Un peu de subtilité et de calme dans ce monde survitaminé de la pop actuelle. Avec une jolie choré' en prime :




Avec Punk Spirit on passe à une balade pop classique un peu passe-partout et justement, on se réjouit que le groupe ne retrouve plus son “punk spirit“.
Les deux petites bombes que sont The Greatest Escape We Ever Made et The Line renouent avec des sonorités plus electro et se rapprochent de Metronomy.
Wave If You’re Really There quant à elle, met un peu de temps à démarrer mais finit en fanfare avec une voix très douce et très agréable.
Après quoi I Joined A Union part dans tous les sens et alterne le pire et le meilleur, la voix parfois un peu (sur)aiguë sait laisser sa place à de beaux moment de lyrisme au milieu de la chanson.
Carry Me Back To My Home sent le MGMT à plein nez mais arrive à rivaliser avec les meilleurs chansons de ces derniers : c’est l’autre “meilleure chanson de l’album“.
Enfin Dead Houses nous emmène sur d’autres voies prometteuses que (j’espère) le groupe empruntera peut-être sur son prochain album : on est plus proche des Notwist.

En bref que du bon et les références en témoignent, à la croisée de la pop, de l’electro voire donc de choses plus proches de la pop-alternative de Neon Golden, Wave Machine nous délivre une petite pépite qui s’écoute sur la durée. À défaut de l’avoir appréciée l’été dernier au bord de votre piscine, tâchez de le faire cet été...