dimanche 22 novembre 2009

(Avertissement au lecteur : Comme vous me voyez là, je filerais bien la métaphore de l'épisode de série TV encore pour cette nouvelle review de concert, étant donné le fait que c'est censé être la deuxième saison de JNSPUF! (délocalisée à Rennes pour l'occasion) mais ça inclut de trouver un titre à la con à ce troisième épisode. Milles excuses donc s'il manque d'originalité, mais il s'agit d'un refrain qui est damn god so catchy et qui reste dans la tête.)

Episode 3 - Da!na!na!na!nay! KROYD!

Il y avait un mélange d'excitation et de grandes attentes fondées dans cette deuxième virée de l'année à l'Ubu pour JNSPUF!, en effet, on avait entendu parler des Glasgowiens de Dananananaykroyd (avec 5 "a" sinon c'est pas drôle), on était aussi au courant que les Servant, c'était fini et que Dan Black-le-chanteur avait sorti un album, apparemment très bon, et on était confiant sur la découverte CQFD qu'annonçait cette session Inrocks Indie Club (Bertram Wooster).

Tirant les leçons du passé (c'est à dire l'épisode 2), nous nous somme gentiment pointés à l'Ubu pour 21h, et avons aperçu du coup la dernière chanson de ce cher CQFD à la chanson folk-pop sympathique, ukulélé, refrain Cocoonien, tout ca tout ca. "Ah bon, c'est la fin, ah euh déjà, ah bah ok.".
Petite montée d'adrénaline donc, au fur et à mesure que Dananananaykroyd installe sur la petite scène de l'Ubu un dispositif scénique relativement atypique puisqu'au final tout les instruments sont doubles mis à part la basse. Quatre petits coups de baguette et le déchaînement punk-funk des 6 écossais aux cheveux épanouis et aux pantalons serrés peut commencer. Des cris, des batteries rapides, des changements constants de signature rythmique/tempo, des guitares enchevêtrées& joliment dissonantes : une très grande sympathie se dégage très rapidement de la scène (sauts synchronisés, fréquentes descentes des deux chanteurs dans le public, reprise de Life On Mars de David Bowie à la demande du public, etc.). Mais pour Dananananaykroyd, le gros son bourrin et le punk hardcore, c'est bien gentil, mais ca ne constitue qu'un côté de leur musique autodécrite "fight-pop". Pop donc, car entre deux rythmiques à s'en désosser la colonne vertébrale, on trouve quand même en Ecosse le temps de séparer le public en deux et de faire courir une partie vers l'autre pour se faire des câlins. On est comme ça quand on est jeunes & écossais, on trouve que le punk, c'est mieux avec des poneys quand même.

On ne peut finalement que regretter un public relativement mou (oserais-je critiquer la moyenne d'âge des rangs du fond?), et un groupe qui semble un peu dépité en quittant la scène. "Un rappel ! un rappel ! Allez quoi, soyez sympa, on voit bien que vous attendez backstage là, ah bah non, de la musique d'ambiance, c'est bien aussi.." Bon, on leur a quand même soutiré un autographe et on a pu admirer leur don en matière de ventes de t-shirt.

Après une petite pause au bar, nous reprenons nos esprits, tentons de faire table rase de l'incroyable concert précédent, et repartons vers de nouvelles aventures à la voix plus nasillarde. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Dan Black s'affranchit véritablement de l'univers de Servant, et nous propose une setlist qui emprunte plus à la techno pour les beats destructeurs et au hip hop pour son flow impeccable (oui quand on peut chanter aussi bien, y'a des choses qui passent beaucoup mieux d'un coup) qu'à la pop (trop?) acidulée des Servants. L'ambiance est beaucoup plus intimiste, et Dan Black le souligne dans un français très correct : "J'ay l'ainmpression d'être dans votre salon ! Vous m'apportez du they?". On le sent un peu "floppy" mais on apprécie le côté bricolage de sa boite à rythmes et son application à sampler les beats. Soutenu par un tandem basse/guitare impeccable, Dan Black nous entraîne dans son univers qui a l'air globalement plutôt impressionnant par sa diversité et sa folie, et se fend en rappel (passage obligé) d'une très belle version d'Orchestra des Servants.

Il était clair que le public était donc majoritairement venu pour voir Dan Black, (fans connaissant les paroles, etc.) mais bon du coup, je suis un peu triste pour les Dananananaykroyd qui étaient vraiment géniaux et qui avaient quand même carrément plus la patate en plus d'une technique musicale hautement plus complexe. Tant pis, je continuerais de les aduler en espérant les revoir dans un contexte un peu plus punk et avoir droit à un peu plus de calins (subtilisé par le gros con de devant, si tu nous lis, SMB!!).

Useful links :
Bertram Wooster
Dananananaykroyd
Dan Black

En ce moment, j'aime bien écouter ça :
Atlas Sound - Walkabout (ft. Noah Lennox)
Harlem Shakes - Strictly Game

vendredi 20 novembre 2009

Episode 1 : My first time in l'Ubu.

L'heure est enfin venu de parler du (fantastique) concert de Peter, Bjorn & John à l'Ubu le 17/10 (il y a donc déjà fort fort longtemps). Fort enthousiasmés par la musique de ces 3 suédois, nous avions décidé, pour notre première visite rennaise à l'Ubu (haut lieu de la culture indie avec notamment les fréquents Inrocks Indie Club et les très bons concerts d'Operator Please& Foals) de nous tenir à l'horaire de début de concert indiqué, à savoir 20h. Grands naïfs que nous sommes.

Ce n'est donc en vérité qu'aux alentours de 21h qu'Ex-Lovers, un sympathique collectif pop londonien, montent sur scène et que la moitié de l'Ubu tombe d'un coup amoureux de la choriste. C'est également au même instant que le chanteur se révèle à nous sous les traits d'un Peter Doherty propre et maigre (un genre d'idéal masculin selon Marion). La musique ne casse pas des briques mais est tout de même très plaisante et cela mène même à un rappel de première partie, que le groupe exécute avec une charmante modestie.

Peter, Bjorn&John prennent ensuite le relais, et contrairement à l'impression d'une musique un peu private joke entre potes que laissait le CD, leur jeu de scène est au contraire dynamique, barré et original, mais surtout leur bonne humeur est formidablement bien transmise au public.
La scène se partage en trois : un guitariste sautillant dans l'esprit du chanteur des Hives, un bassiste on ne peut plus cool et un percussionniste sympathique doublé du batteur d'Ex-Lovers pour l'excellente chanson Young Folks.

La setlist est pleine de tubes en puissance, chorus à reprendre en choeur et de sympathie très communicative (les géniales Nothing To Worry About, Amsterdam & Objects Of My Affection notamment). Les chansons sont très variées, d'une pop rock enthousiaste à des ballades plus sombres en passant par des beats dopés à l'electro et des voix vocodées, mais sans que l'on puisse constater de véritable baisse de niveau. Le concert s'achève après deux rappels (!) dont une sympathique reprise d'une chanson inconnue d'un groupe inconnu et nous laisse fort enthousiastes quand aux futurs concerts à l'Ubu et aux performances à venir de ces Suédois.
Qui a dit que les premières fois étaient toujours foireuses?

Cassius&Marion

Useful links :
Ex-Lovers
Peter, Bjorn & John

Stuff to listen right here, right now (?) :
The Feelies - Moscow Nights
Animal Collective - Also Frightened



samedi 7 novembre 2009

Très cher visiteur,
Bienvenue à toi dans la saison 2 de JNSPUF! qui, nous l'espérons, sera plus complète que la saison 1 précédente qui était légèrement en mode grève des scénaristes à Hollywood. Mais à nouvelle vie, nouvelle base. La nôtre se situe dans la charmante ville bretonne et comme :
1. A Rennes, il y a des concerts
2. Nous allons voir les concerts
3. Nous pouvons donc PARLER des concerts que nous avons vu.

Théoriquement l'épisode 1 de cette nouvelle saison devrait être le concert de Peter, Bjorn&John (c'était bien) mais comme on crée de la complexité dans la narration, on entame directement l'épisode 2 (du rythme! du rythme!) qui ne sera pas en allemand sous titré (bien que la projection du Ruban Blanc de Michael Haneke ait fortement traumatisé Cassius).

Episode 2 : Plantons le décor (featuring le Jardin Moderne).

La soirée du vendredi 7 novembre fut déterminée par la décision inopinée d'aller voir des groupes pas connus dans un lieu lointain et underground. Le **trajet fut fabuleux :** appartement-métro** (sous** la pluie) arrêt de métro-arrêt de bus (sous la pluie)** annonce par la conductrice **de bus que 'si si le terminus c'est bien l**à et pas dans quat**re **arrêts' solitude dans une zone industrielle (sous la pluie) naufrage glorieux et humide sur les rivages du Jardin Moderne.**

L'objectif de la soirée était les Lanskies dont nous gardions un souvenir ému***. Depuis le festival Beauregard, nous avions développé une légère addiction à 'However' ainsi qu'au très classe et sautillant gallois qui tient le micro (la petite boule de poil la plus enthousiasmante que nous ayons vu depuis longtemps). Inutile ne s'étendra pas sur le fait que le bassiste, bon bah voilà quoi, parceque c'est un article commun, mais croyez la, le bassiste, bon bah voilà quoi quand même un peu.

La première partie des Lanskies et de Lala Power (oui. Lala Power.) s'installe : Goldfish Don't Bounce sont angevins, quatre et fringants. De plus, ils ont visiblement écouté ce qu'il fallait pour jouer ce qu'il fallait écouter : Arctic Monkeys, The Strokes, et tout pleins de bonnes choses (comme dans les Super Nanas un peu mais en moins effrayant). Concert très sympathique, des intros et des breaks hautement respectables, ainsi qu'une très digne reprise de 5 Years de David Bowie. On se retrouve malgré nous à bouger d'abord le pied, puis la jambe, puis à tressauter d'une fesse (sale!) et enfin, avouons le, à se dandiner franchement. Se dandiner franchement, certes, mais de manière plutôt discrète car la salle est grande mais le monde peu nombreux.

Vient ensuite Lala Power, quatre longues choses dont le regard flou est cerné de khôl commencent à installer leur matos sur scène. La première impression fut très positive de par la veste du guitariste doublée d'une Gisbon Les Paul de gaucher. Le concert commence : musicalement il y a peu de choses à redire : de très bonnes compositions pysché-rock, des boucles et effets bien gérés, et un ensemble finalement vachement bien, même si on préfère peut être ce qu'il y a sur le Myspace à une version live moite, diluée dans l'alcool et qui avait l'air mieux vécue de l'intérieur.

Puis viennent les Lanskies, toutes Wayfarer dehors, et l'ambiance change radicalement. Les yeux se rallument, les gens s'approchent pour apprécier l'ambiance "intimiste" d'une intro accoustique qui annonce le "crescendo" qui va suivre. En effet, Lewis-le-chanteur relance le public qui se retrouve à bouger et à sourire bêtement. Des rythmiques rock, une batterie très post-punk, et une voix quelque part entre Robert Smith et un Eddie Argos (d'Art Brut) qui aurait pris des cours de chant donne le sentiment d'être malgré tout passé à un niveau supérieur musicalement (avec tout le respect pour les autres groupes). L'effet Lanskies est implacable, en une poignée de chansons, on a déjà envie de sauter sur scène et danser convulsivement comme le chanteur sauf qu'en plus on a l'impression de regarder des potes en train de jouer. Au milieu d'une chanson, on a ainsi droit à leur récit des dérives nantaises de la veille (incluant entre autres un bar gay, un mensonge sur un passé en milieu carcéral, et une moustache).

On ressort complètement euphorique, et ceci malgré la perspective de devoir rentrer de la zone industrielle après le dernier métro, soit à pied. Belle performance donc.

****

*Trêve de salamèque = Trêve de salami à la Mecque puisque de fait les gens qui vont à la Mecque sont musulmans et ne mangent pas de porc. Ceci était un message de la Dictatrice.

**Bafouille.

***Emu = long slam, chaussures lourdes dans le visage, rencontre inopinée de poitrine inconnue au bataillon et de billet de 20€.

****En fait, un mec nous a ramené en stop.


Be quiet, listen, i'm not this kind of person :
Arctic Monkeys - Dance Little Liar

The Whitest Boy Alive - High On The Heels

Cassius&Marion.