jeudi 31 décembre 2009

JNSPUF! est heureux de vous présenter son Top 20 des vidéos qui ont marqué 2009, Top 20 qui n'est pas classé parce que les classements c'est tellement [trouve ici un adjectif qui dénigre notre société du chiffre et de la performance.]

Pâte à modeler. (Directed by Allison Schulnik)


Le trou dans son gilet.


Porte.


Gloire.


Phallus pour micro.


You know Beaudelaire, I like your hair.


Péplum.


Pologne.


Comme mon pépé.


Pour adultes.


J'encule aussi les fermetures éclair.


Train du bonheur.


Caca.



Toulouse


Last night was WILD.


We don't.


Déchirures.


Persistance rétinienne.


Epaulettes transparentes.


Depuis la Mano Negra, on craignait pour le rock français, mais pas besoin d'attendre que Bertrand Cantat ait le droit de chanter des chansons :

(Puisqu'en cette fin de décennie, notre blank generation a besoin de certitudes.)



Marion & Cassius.

[Edit de Cassius :

Allez les amis, maintenant on arrête de déprimer avec le froid, on se réjouit, et on se roule tous ensemble dans la neige avec ces deux chansons en B.O. :

Friendly Ghosts - Harlem
Battles On - The Ghost Is Dancing.

Parce que j'aime les fantômes et le punk rock américain de lover.]

dimanche 27 décembre 2009

On le sait, il y a un nombre incalculable d'injustices dans le monde. Les inégalités de salaires, les conditions économiques déplorables des pays du Sud ou encore la composition du gouvernement actuel en sont de bons exemples.

Quadricolor en est peut être un plus grand encore. Quadricolor, ce sont quatre niçois qui ont choisi de se servir de leur culture classique pour revisiter leurs influences personnelles, influences plus proches elles de ce qui est susceptible de nous intéresser, à savoir les Strokes, Grizzly Bear, Late Of The Pier, et pleins d'autres groupes sympathiques.

Injustice donc, car on ne peut être que stupéfait par le décalage entre le nombre de visionnage de leurs vidéos et les exceptionnelles reprises qu'ils nous montrent. Il faut donc absolument regarder ces vidéos, devenir fan de ces 4 jeunes gens, voir leur vouer un culte, bien qu'ils n'aient pour l'instant que très peu de compos propres. Ils devraient surement devenir bientôt très très connus. J'adore avoir l'illusion de sentir le buzz venir. Mais bon peut être que non après tout, je n'en sais rien, je n'ai absolument aucun flair pour ça, mais en tout cas, un aussi bon groupe français, ca méritait d'être souligné. Et de consacrer 3.14 à cette cover d'Heartbeat de Late Of The Pier ci jointe qui me laisse littéralement pantois. Les choeurs à partir de 00.50, c'est juste exceptionnel et ça excuse toutes les private joke du monde.




Et si vous avez réussi à reprendre votre souffle, il y a celle-ci qui est surement aussi impressionante et peut être d'un peu meilleure qualité.



Et sinon, dans l'idée je ne suis pas contre l'assistanat, mais vous pouvez quand même aller chercher par vous même sur Youtube, ils ont fait de milliers d'autre reprises toutes plus géniales les unes que les autres (Animal Collective, Grizzly Bear, et autres).

Sur ce, la tradition m'impose de vous balancer encore deux autres chansons sympathiques, et il se trouve qu'en l'occurence, en electro qui tache il me reste ça :

FM Belfast - Synthia

Egyptian Hip Hop - Rad Pitt

vendredi 25 décembre 2009



Si ce blog n'était pas un projet commun, je pourrais dresser un inventaire des tenues qu'endosse Casablancas et comparer le rendu (ce qui nous mènerait sans doute vers de fabuleux débats sur le fait qu'alors que chacun était persuadé que le marcel était durablement réhabilité, Julian est beaucoup moins avantagé que lorsqu'il revêt un perfecto épaulé sans manches). Néanmoins, il faut parfois savoir faire preuve de retenue. Il serait d'autant plus malvenu de ma part de pourrir tout le monde alors que je n'ai toujours pas entamé ma mission graphique qui fera de JNSPUF! un endroit charmant qui ravira vos jolis z'yeux chaque fois que vous les poserais dessus.
Joyeux Noël.

mercredi 23 décembre 2009

L'Episode Secret : Liberté. (j'écris ton nom).

La review de très bon concert, nous l'avons déjà évoqué, se mange froid. Or, la température extérieure actuelle me rappelle que malgré tout ce qu'on peut dire, les doigts c'est assez utile dans la vie et qu'éviter qu'ils tombent sur la neige constitue en soi un objectif relativement compliqué à atteindre aujourd'hui. (la transition va être violente).

C'est pourquoi le concert de Franz Ferdinand au Liberté avec les deux premières parties que chacun sait était quelque chose d'absolument incroyable avec le recul. Franz Ferdinand, il faut le recontextualiser, est quand même le groupe qui m'a poussé à écouter de l'indie-rock pour la première fois, et à ce titre les accords en strumming de l'intro de Jacqueline sont tout simplement mes premiers émois de musique respectable. Je les avais déjà vu au Rock Dans Tout Ses Etats un truc comme en 2006, et bien qu'ils aient tout déchiré à cette occasion, je ne connaissais pas suffisamment leur musique, ils n'avaient sorti que leur premier album et le son était vraiment pas génial, d'après les références ultérieures que j'ai pu avoir.

C'était donc un moment de grande musique ainsi qu'un souhait de confirmation de la puissance sonique (n'ayons pas peur des mots) du dernier et excellent album Tonight qu'espérait mon cerveau, fonctionnant en boucles de plus en plus restreintes à l'approche du concert. Il y a eu donc l'entrée dans le Liberté, puis John and Jehn, à savoir des Français vivant à Londres et tout content d'être là et d'avoir une réaction du public démagogiquement qualifiée de "bien meilleure qu'à Paris la veille". Ils ont joué très bien leur rôle de première partie efficace, ont balancé de très bonnes chansons, entre electro ambiant et rock rythmique robotique. Le chant de John et celui de Jehn se marient très bien et comble du hasard, le chanteur a des manières très Kapraniennes.

The Cribs prennent le relai-première-partie alors que le public est déjà bien enthousiaste et entament un set qui ne manque pas d'énergie, et qui a même la gentillesse de comporter l'ex-guitariste des Smiths Johnny Marr comme trophée sur scène, tout en caban mancunien, mais malheureusement, je n'ai toujours pas réussi à percer le mystère qui est mien depuis que j'ai entendu parler des Cribs, mystère qui est le suivant : comment se fait-ce qu'un groupe d'aussi gros branleurs prétentieux se fassent produire par Alex Kapranos, soutenir par le guitariste des Smiths (les Smiths bordel!) et par Kate Nash ?

La question reste donc en suspens, parce que oui, les deux guitaristes étaient bons, voire très bons, mais Ryan Jarmans et le batteur s'étaient échappés de Sum 41 pour l'occasion, ce qui constitue au mieux un handicap.

Mais bon, cette petite déception ne restera pas bien longtemps gênante car Franz Ferdinand commence à pointer le bout de leur nez du côté de la scène, ce qui ne fait qu'exciter d'avantage un public qui a l'air visiblement de connaître son affaire ce soir là. Ils entrent finalement de manière relativement modeste et lance un Bite Hard tonitruant, qui voit une fosse se mettre à tenter de toucher le plafond du Liberté, tentative vaine il est vrai, mais néanmoins très impressionnante. Le reste du set est tout simplement à la hauteur de l'opener lancé à toute allure, les meilleures chansons n'étant évidemment pas oubliées (Dark Of The Matinee, Take Me Out et autres Do You Want To), les chansons que j'affectionne particulièrement non plus (Outsiders, Can't Stop Feeling, What She Came For, tout simplement le meilleur moment du concert) mais le fan inconditionnel que je suis y trouvera même de véritables pépites à la hauteur du talent des quatre Ecossais (Shopping For Blood, tellement mieux que la classique Van Tango, ou même l'excellente reprise de LCD Soundsystem, All My Friends ainsi qu'une version inédite et belle à pleurer de Jacqueline, absente de la scène depuis des lustres). On aura même droit à un bassiste improvisé dans le public qui connaîtra pour le coup son heure de gloire (ou plus précisément son 3.41 de Michael de gloire) et à un quartet de batterie magistral. Ils ont fait bien plus que je pouvais espérer, ont livré un concert tout simplement parfait d'un bout à l'autre et ont même fait au delà de ce qu'on pouvait demander, à l'image de Take Me Out, qui comme décrite très justement par Pitchfork, réalise bien plus que la majeure partie des chansons d'indie-rock classique, le ralentissement funk opérant comme un dépassement supérieur des codes musicaux, une forme de ralliement quasi-universel.

Sur ces considérations hautement objectives et très professionnelles, je vous laisse, je vais écouter Julian Casablancas qui nous chante une chanson de Noël et Lily Allen, parce que j'aimais ce qu'elle faisait quand ses paroles n'étaient pas vidée de son sens espiègle (genre Fuck You).

Julian Casablancas - I Wish It Was Christmas Today

Lily Allen - Littlest Things


Ah et puis Joyeux Noël à vous les amis, avec tous les bons sentiments et les clichés que ça draine.

mardi 15 décembre 2009

Episode 5 : Trans musicale toi même (suite et fin).

Après ces deux parenthèses en forme d'interviews de groupes chouettes, effectuons un petit retour en arrière sur le pourquoi du comment j'ai aimé les Transmusicales pour la première fois :


Vendredi o4 décembre
Je suis allé voir comme prévu La terre tremble !!! à l'Ubu et je dois dire que c'était relativement conceptuel, il faisait une chaleur incroyable (peut être due aux gens qui sautaient en gros trench coat, bien que cela ne constitue qu'une hypothèse) et la musique agressait un peu. Avis aux futurs amateurs naïfs comme moi : les dissonnances ne sont pas occasionnelle comme on peut le croire à la première écoute : les guitares ne sont en fait jamais harmonisées. Donc bon, il y a un moment où j'ai arrêté les frais et je suis parti, même si je dois reconnaître que certains passages étaient très très bons et que le jeu de batterie ressemble à mort aux Dodos (à savoir un style assez percussif qui utilise beaucoup le côté de la caisse claire pour être trop précis) et qu'ils dégagaient une bonne énergie (le karma, les ondes d'énergies positives tout ca).

Donc je suis arrivé alors que le concert de Poor boy avait commencé et au final c'était assez comme je l'avais imaginé, il a fait de très belles choses, des choses assez lyriques dans le style d'Arcade Fire et des choses plus directes. Après il y avait des fois où le contact avec le public n'avait pas l'air simple mais bon c'est peut être tout simplement qu'il n'était pas assez connu.

Ensuite il y avait TV Glory qui jouait et là j'ai commencé à vraiment être content, parce que TV Glory ne sont pas très connus non plus mais ils devraient, ils font vraiment une bonne musique dansante, de l'electro-rock qui me fait très plaisir. Je sautais d'ailleurs partout alors que la salle commençait presque à danser, c'est dire comment j'étais dans mon élément. Ils ont fait Havoc Arise en rappel, donc normal, ça a tout déchiré et le public était déchaîné (y'en a même un qui a levé la main à un moment).

Ensuite je me suis retiré de l'espace-temps pour pouvoir dormir 14h en 1h (ahah. non j'aurais aimé.), en vrai j'ai couru pour aller assister au concert des We Are Enfant Terrible au 29 (ma deuxième maison pendant les Trans, je vous dis). C'était assez mortel, l'electro-punk avec des sons 8-bit, y'a pas à dire c'est vraiment bien. Comme vous l'avez peut être compris j'avais l'interview des Russian Sextoys une demie heure après donc j'ai pas non plus fait de vieux os, je suis allé leur poser des questions bidons et je suis revenu illico pour assister à leur concert. Y'avait une très bonne ambiance et j'ai adoré tout leurs morceaux même s'ils ont eu quelques problèmes avec le batteur/le son. Vous pouvez même d'ailleurs faire vos gros tarés et aller lire la review chroniquée par mes soins sur le site des Bars en Trans et admirer la photo prise par mon non-soin aussi !

Samedi o5 décembre
Après c'était le samedi et ça s'annonçait encore plus fou, avec les West Indies Desire qui sont quand même très très bon (surtout vocalement je dois dire), Music Is Not Fun et Skip The Use pour la dernière soirée des Bars en Trans mais surtout la dernière soirée au 29 (triste).

Les West Indies Desire, j'ai peu de choses à rajouter, des voix vraiment parfaites, un très bon instrumental funk-rock, ces gars iront loin, je le sens. Music Is Not Fun sont déjà assez loin avec leur premier album qui est cool et tout mais sont surtout très sympa à voir en concert. On peut peut-être leur reprocher de forcer trop la dose sur l'Angleterre, parce que bon les amplis Orange, une chanson sur les Essex girls, une autre sur Big Ben, une autre sur Londres, une autre sur la sauce HP, ça fait beaucoup c'est vrai, mais c'est pas moi que ca va déranger, c'est clair. Les refrains catchy à reprendre en choeur qu'ils souhaitent à tout prix dans leurs chansons, c'était plutôt réussi et ca a créé une ambiance vraiment bon enfant, si l'on peut appeler bon enfant un bar frôlant le 50°C avec un mélange bière+sueur qui s'évapore au dessus de la foule (impressionnant d'ailleurs). J'ai pas pu voir Skip The Use, malheureusement parce qu'il paraît selon les dires de Mademoiselle-je-ne-poste-pas-sur-JNSPUF-je-sais-pas-écrire-je-dessine-à-la-place-ah-mais-non-non-plus que c'était un excellent concert et que pour le coup, s'ils ne parviennent pas à se faire connaître avec leur jeu de scène aussi puissant, ça tiendrait du miracle. Moi à la place j'ai vu Darabi. Et c'était nul, genre electro qui sert de musique dans les magasins de fringues, tu sais le concept-store bizarre où y'a trois chaussures en 37 accrochés sur des murs blancs. Oui, bon voilà donc ça, mais en mauvais.

Sinon, dans la vie je suis devenu fan des Kabeedies, je vous en parlerais en long en large et en travers bientôt parce que croyez moi ça vaut le coup, mais en attendant écoutez ces chansons là :
Darabi - Eazy Snippet (parce que quand même c'est drôle quand on y regarde à deux fois)

(Et la review de Franz Ferdinand + John and Jehn + The Cribs arrivera sûrement en épisode caché de cette deuxième saison avant la fin de l'année, donc restez accordés comme on dit au Québec !)

mercredi 9 décembre 2009

La review des concerts de folie dont j'ai été témoin attendra encore un peu, parce que là je me sens dans l'ambiance interview de groupes chouettes, donc on enchaîne avec les Music Is Not Fun qui ont joué au 1929 avant Skip The Use vendredi dernier, et ça envoyait du paté comme on dit vulgairement. Here it goes :

JNSPUF! : Hey les Music Is Not Fun, vous vivez comment le fait de venir jouer pour les Bars en Trans, vous aviez déjà joué pour ce festival avant ?

Lucas (batterie) : C'est la première fois pour nous qu'on vient jouer pour ce festival et aussi la première fois qu'on joue à Rennes, dans l'ensemble on trouve ca vraiment cool et fou, le public réagit vachement à nos chansons, connaît les paroles, etc. Vraiment cool.

JNSPUF! : Vous voyez ce concert comme un moyen de se faire connaître ou simplement comme un concert comme les autres ?

Guillaume (guitare, chant) On voit pas ça exclusivement comme un moyen de se faire connaître, c'est clair qu'on fait ça aussi beaucoup pour s'éclater sinon on en serait pas là mais après c'est vrai que c'est pas non plus un concert comme les autres, c'est l'année de la parution de notre album, on espère que ca nous permettra de continuer à se faire connaître.

JNSPUF! : Vous êtes allés voir d'autres concerts aux Bars en Trans ?

Lucas : Euh non en fait on est arrivé de Lyon et à la bourre comme d'hab' et on est déçu d'avoir loupé Kid Bombardos, on les aime bien, Howard Hughes des Coming Soon ou Cécile Hercule, on aurait aimé les voir aussi.

JNSPUF! : Et au delà, vos influences pour composer le disque ?

Guillaume : Les Beatles beaucoup, mais de manière plus générale on peut dire que le disque est inspiré par l'Angleterre, pas seulement la musique mais aussi la culture, la nourriture, la mentalité anglaise.

Lucas : Pas qu'on ait quelque chose contre le français hein, on aime beaucoup Miossec et Gainsbourg, mais c'est vrai que sur ce disque c'est l'Angleterre qui nous a inspiré. Après peut être que notre 2e disque sera en français, on va déjà sortir Rendez-vous français en suite à notre premier album (British Rendez-vous).

JNSPUF! : Et s'il fallait quand même des noms de groupes/artistes :

Guillaume : Blur, Britney Spears, Dr Dre, les groupes qui parviennent à faire des tubes, à capter ce qu'on tente de faire, créer des mélodies qui restent dans la tête que les gens peuvent chanter ou jouer après.

JNSPUF! : Si ca peut vous faire plaisir, tout les gens à la sortie du concert chantait Do you like my ! Shoes !

Lucas (petit sourire) : Ouais, bah on a réussi un truc sur ce coup là alors.


JNSPUF! : Personnellement, en entendant vos chansons, ca m'a évoqué directement les Libertines, vous ne les citez pas comme une influence ?

Guillaume : C'est pas vraiment une référence mais on nous le dit beaucoup, c'est vraiment pas par mimétisme, je crois que c'est juste parce que c'est la période qui veut ça, le retour du punk et de l'indie rock. Dès que tu pars dans cette optique là, tu sonnes forcément comme eux, qui ont quand même annoncé ce retour.

JNSPUF! : Lily Allen, Kate Nash, c'est vos "Essex Girls" ?

Guillaume : Euh non pas trop, on aime bien, mais les Essex Girls c'est les filles décolorées, un peu vulgaire, qui viennent de la campagne, et qui sortent en ville, finissent toujours complètement bourrées, le décor classique de pub anglais.

JNSPUF! : C'est quoi la question qu'on vous pose trop ?

Guillaume : Quel est notre âge. Beaucoup trop.

JNSPUF! : Pas assez ?

Lucas : Si je préfère Richard Anthony ou France Gall.

JNSPUF! : Et alors ?

Lucas : France Gall a une voix magnifique. Richard Anthony a fait des reprises des Beatles qui sont un peu borderline, pas mal, mais bon c'est les Beatles quoi.

JNSPUF! : Pour finir, on peut savoir ce que vous écoutez en ce moment ?

Lucas : Brendon Benson, le gars qui a joué avec les Raconteurs. C'est cool. The Ronettes aussi c'est trop bien.

Guillaume : Jay-Z, Empire State of Mind, j'aime pas ce gars mais là encore c'est une putain de chanson.

Sinon, vous pouvez toujours écouter ça :

The XX - Heart Missed A Beat

Poor Boy - Untitled Son

dimanche 6 décembre 2009

On a pu interviewer les Russian Sextoys grâce à la sympathie de Pierre, le bassiste/chanteur, et des Bars en Trans. Merci !


JNSPUF! : Bon pour commencer j'imagine qu'en tant que groupe rennais, vous aviez déjà joué plusieurs fois au 1929, mais ça vous fait quoi de jouer pendant les Bars en Trans ? Vous aviez déjà joué pour ce festival avant ?

Pete (basse/chant) : Ben nous, c'est quand même la quatrième fois qu'on joue au 29 cette année mais pour le coup c'est la première fois qu'on joue aux Bars en Trans. On est content mais on appréhende un peu, ce serait bête de se planter.

Gauthier (guitare) : Moi j'ai déjà joué plusieurs fois aux Bars en Trans mais avec d'autres groupes.

Fred (guitare/synthé) : Oui mais toi t'es chiant, on peut pas faire 5m sans que tu croises quelqu'un que tu connais.

JNSPUF! : Et en général vous trouvez ça plutôt inspirant d'habiter sur Rennes, vous vous sentez proche d'une "scène rennaise" ?

Pete : Oui carrément, là je vis depuis 2 ans à Rennes, avant j'habitais sur Caen, et y'avait vraiment pas grand chose, même si maintenant, ils se bougent un peu, le Cargö tout les trucs pour les Chocolate Donuts. C'est cool. Mais bon, tout ça pour dire qu'ici, c'est quand même mieux pour faire de la musique.

JNSPUF! : Vous comptez aller voir d'autres groupes aux Bars en Trans ?

Fred & Gauthier : Sinner Sinners et I Arkle qui sont des potes à nous.

Pete : We Are Enfant Terrible qui jouent avant nous, même si à cause de toi on loupe une bonne partie du concert.

JNSPUF! : Désolé. Moi aussi j'aurais bien aimé les voir.

Pete : Non, mais c'est pas grave, t'inquiètes.

JNSPUF! : Bon, maintenant c'est l'heure de la question qui me titille depuis que j'ai découvert votre musique : la chanson "Fuck Radiohead" a juste était écrite pour la provoc' ou vous n'aimez vraiment pas Radiohead ?

(Petits airs entendus entre les membres) Pete : Bon, en fait le truc c'est pas du tout qu'on aime pas Radiohead, d'ailleurs j'ai même au moins 10 albums d'eux dans mes chiottes, et puis le duo Kid A-Amnesiac, on est vraiment fan, mais le message c'est surtout de dire que la musique compliquée nous emmerde.

Gauthier : Après, Radiohead, c'est clairement pas le truc le plus compliqué en musique. On aurait pu dire aussi "Fuck Battles" tu vois, ça le fait. (ndlr : le chanteur m'a avoué après être fan d'Arcade Fire, et d'avoir le disque de Battles, comme quoi, ils sont un peu hypocrites quand même).

Pete : Oui, en fait c'était surtout parce que mon coloc' est genre fan absolu de Radiohead et donc c'était pour le faire chier.

JNSPUF! : C'est vrai que ça marche plutôt bien, les gens démarrent au quart de tour quand on critique Radiohead.

Fred : Ca nous a vraiment scotché le nombre de gens qui ont pris cette chanson au premier degré. Les gens pensent "gros cons" dès qu'il voit le titre de la chanson, c'est drôle.

Pete : D'ailleurs, on attend toujours la réponse de Radiohead, "Fuck The Russian Sextoys".

JNSPUF! : Ils avaient déjà fait une reprise de Wonderwall, pour se foutre de la gueule d'Oasis, donc vous pouvez toujours espérer. Bon et au delà de ça, quels groupes/styles vous influencent le plus ?

Pete (du tac au tac) : Yeah Yeah Yeahs, leur punk minimal et leurs guitares ultra-simples mais hyper efficaces, Karen O en général. Le post-punk, Joy Division.

Gauthier : Gang Of Four, pas mal. Foals aussi, on est assez fan. The Rapture, Death From Above 1979.

Pete : Moving Units, on aime tout chez eux, leurs voix, la partie de basse mélodique.

Fred : White Rose Movements, c'est bien aussi.

Pete : Et puis Cocoon, grosse influence.

Fred : Quoi?

Pete : Mais non, je décoon.

JNSPUF! : Héhé.

Fred : 'Tain, c'est bien une blague de normand ça.

Pete : Non, mais plus sérieusement, j'ai pleins de groupes de merde que j'écoute et que j'ai honte d'écouter. Note pas les noms, ça va nous créer des emmerdes.

Gauthier : Ah ouais, ça me rappelle un pote qui sortait avec une fille pas très présentable, il m'avait sorti une fois: "Tu vois, c'est un peu comme ta vieille mobylette, t'as honte d'être dessus et qu'on te voit avec, mais putain ce que c'est confortable !".

JNSPUF! : C'est quoi la question qu'on vous pose trop souvent ?

Pete : Pourquoi les Russian Sextoys, pourquoi Fuck Radiohead, surtout.

Gauthier : En même temps, quand tu appelles ta chanson Fuck Radiohead, il faut s'attendre à ce que les gens te posent la question.

JNSPUF! : Et celles qu'on ne vous pose jamais ?

Pete : Comment va ta mère ? Savoir si j'aime bien les chats, ou me demander le tirant des cordes de ma basse.

JNSPUF! : Et alors?

Pete : Je sais pas. Ah oui, et puis un truc de geek hyper pointu, genre : "Ca te fait pas chier que l'impédance de ta tête d'ampli soit pas la même que celle de ton ampli ?"

JNSPUF! : Et tu lui répondrais quoi ?

Pete : Bah si, mais honnêtement, j'ai pas le choix.

("Changement de plateau dans 2 minutes les gars !" Ok bon fin alors.)

Sinon, vous n'échapperez pas à mes deux nouvelles découvertes musicales (merci les Trans !) :
West Indies Desire - Velvet Goodbye
TV Glory - Havoc Arise


[Et la review générale de ce que j'ai vu après le 3 décembre arrive bientôt les amis !]

vendredi 4 décembre 2009

Episode 4 : Où il sera question de bière, de pisse et de vomi (ça fait envie je sais).

Ami lecteur, tu dois savoir avant de me lire que je dois être à l'Ubu dans moins d'une heure pour le concert de La terre tremble !!! (sympa), mais bon, je tenais quand même à te mettre au courant de mes pérégrinations musicales depuis mercredi. Et puis, avec Marion, on s'est dit que ça pourrait être sympa de te parler de pourquoi les Trans/Bars en trans, c'est bien. Donc on va faire dans l'ordre chronologique, à savoir ce que j'ai vu/raté, ce qui était bien et ensuite ce que je vais voir et pourquoi c'est important d'y aller aussi.


John & Jehn, The Cribs, Franz Ferdinand, samedi dernier au Liberté, c'était absolument fantastique, je dirais même complètement AWESOME (adjectif suprême) (sauf pour les Cribs) et on va en parler bientôt dans un article super long et détaillé et tout, parcequ'on va pas se limiter à trois pauvres lignes et que la review de très bon concert est un plat qui se mange froid.

Laetitia Sheriff, mercredi soir au 1929, c'était très sympathique, un peu dans le style de Final Fantasy (le musicien), à savoir looper, auto-harmonisation, do it yourself, mais en plus dissonant et barré. C'était quand même un poil monotone, ce qui est très dommage parceque les rares fois où c'était bien rythmé, c'était vraiment génial. Sinon le même soir, il y avait We Only Said et ça par contre, c'était vraiment, vraiment bien, un très bon mélange entre Foals et Mogwai pour les parties les plus post-rock, des bons changements de rythme, une voix qui laisse un peu à désirer mais bon les choeurs pouvaient pas faire leur boulot (problèmes techniques) donc on pardonne, surtout qu'au final, ca collait plutôt bien avec l'esprit des chansons.

Hier soir, je suis allé aux Trans, les Trans, voir The Whitest Boy Alive au Liberté, le truc que j'attendais peut être le plus de ces quatre jours de folie, et bien j'ai pas été déçu (enfin si mais c'est pas de leur faute s'ils ont joué que 5 chansons). Ils sont justes trop géniaux, trop timides mais avec plein de bonne volonté et le public était vraiment sympa, je l'avais imaginé beaucoup moins cool. Donc c'était bien, et ah oui ils ont fait Island et 1517 à la suite, donc respect. C'était vraiment trop fort, et en plus le batteur quand il est content, il ressemble à Sheldon qui sourit, donc ça fait peur et c'est drôle en même temps. Sinon après il y avait V.V. Brown mais c'était vraiment pas mon truc, enfin j'aime pas sa voix, mais l'instrumental avait un petit côté Gossip, donc ça allait quand même. De toute manière, il fallait qu'on aille au 1929 pour voir Howard Hughes, donc on a vu que 3 chansons, et c'était suffisant.

Howard Hughes jouait en fait en première partie, donc suite à une belle inversion dans les programmes j'ai regardé Kid Bombardos et puis après j'ai fait mon gros profiteur et j'ai fait genre "oui carrément, je fais la review de Howard Hughes et oh je suis ennuyé parcequ'on a pas vu le concert" pour pouvoir aller l'interviewer. J'étais passablement fatigué et vraiment pas en mode chanteur-de-Coming Soon-à-50-centimètres-de-toi-en-train-de-te-juger-sur-la-gueule-de -tes-questions, mais dans l'ensemble c'était sympa. J'essayerais de rédiger un truc potable bientôt aussi parcequ'ils ont dit des trucs intéressants et drôles. Y'avait même leur producteur, Ben Lupus et Billy Jet Pilot, donc j'étais content.

Ce qui nous amène à aujourd'hui, avec au programme :
La Terre tremble !!! dans putain une demie heure ! Bon en gros, c'est un croisement entre Foals et les Dodos en plus dissonant donc je vais aller voir ce que ca vaut en live.
Poor Boy ensuite qui a l'air d'être méga varié avec du très bon, et du très bizarre donc pareil à voir ce que ça donne.
TV Glory, ca va dépoter grave, mais ça je le savais déjà, donc je suis content.

Et ce soir les Russian Sextoys deuxième gros concert attendu des Bars en Trans donc je vais faire tout ce que je peux pour aller les interviewer, parcequ'ils ont l'air très drôles.

Sinon dans les jours qui viennent, les West Indies Desires ça va être bien je pense, et puis Music Is Not Fun avec Skip The Use au 1929 (ma deuxième maison), ca aussi ca va être chouette.

Tenez, écoutez ces deux chansons et détendez vous :

Death Cab For Cutie - Pictures In Exhibition

Camera Obscura - Let Me Go Home

dimanche 22 novembre 2009

(Avertissement au lecteur : Comme vous me voyez là, je filerais bien la métaphore de l'épisode de série TV encore pour cette nouvelle review de concert, étant donné le fait que c'est censé être la deuxième saison de JNSPUF! (délocalisée à Rennes pour l'occasion) mais ça inclut de trouver un titre à la con à ce troisième épisode. Milles excuses donc s'il manque d'originalité, mais il s'agit d'un refrain qui est damn god so catchy et qui reste dans la tête.)

Episode 3 - Da!na!na!na!nay! KROYD!

Il y avait un mélange d'excitation et de grandes attentes fondées dans cette deuxième virée de l'année à l'Ubu pour JNSPUF!, en effet, on avait entendu parler des Glasgowiens de Dananananaykroyd (avec 5 "a" sinon c'est pas drôle), on était aussi au courant que les Servant, c'était fini et que Dan Black-le-chanteur avait sorti un album, apparemment très bon, et on était confiant sur la découverte CQFD qu'annonçait cette session Inrocks Indie Club (Bertram Wooster).

Tirant les leçons du passé (c'est à dire l'épisode 2), nous nous somme gentiment pointés à l'Ubu pour 21h, et avons aperçu du coup la dernière chanson de ce cher CQFD à la chanson folk-pop sympathique, ukulélé, refrain Cocoonien, tout ca tout ca. "Ah bon, c'est la fin, ah euh déjà, ah bah ok.".
Petite montée d'adrénaline donc, au fur et à mesure que Dananananaykroyd installe sur la petite scène de l'Ubu un dispositif scénique relativement atypique puisqu'au final tout les instruments sont doubles mis à part la basse. Quatre petits coups de baguette et le déchaînement punk-funk des 6 écossais aux cheveux épanouis et aux pantalons serrés peut commencer. Des cris, des batteries rapides, des changements constants de signature rythmique/tempo, des guitares enchevêtrées& joliment dissonantes : une très grande sympathie se dégage très rapidement de la scène (sauts synchronisés, fréquentes descentes des deux chanteurs dans le public, reprise de Life On Mars de David Bowie à la demande du public, etc.). Mais pour Dananananaykroyd, le gros son bourrin et le punk hardcore, c'est bien gentil, mais ca ne constitue qu'un côté de leur musique autodécrite "fight-pop". Pop donc, car entre deux rythmiques à s'en désosser la colonne vertébrale, on trouve quand même en Ecosse le temps de séparer le public en deux et de faire courir une partie vers l'autre pour se faire des câlins. On est comme ça quand on est jeunes & écossais, on trouve que le punk, c'est mieux avec des poneys quand même.

On ne peut finalement que regretter un public relativement mou (oserais-je critiquer la moyenne d'âge des rangs du fond?), et un groupe qui semble un peu dépité en quittant la scène. "Un rappel ! un rappel ! Allez quoi, soyez sympa, on voit bien que vous attendez backstage là, ah bah non, de la musique d'ambiance, c'est bien aussi.." Bon, on leur a quand même soutiré un autographe et on a pu admirer leur don en matière de ventes de t-shirt.

Après une petite pause au bar, nous reprenons nos esprits, tentons de faire table rase de l'incroyable concert précédent, et repartons vers de nouvelles aventures à la voix plus nasillarde. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Dan Black s'affranchit véritablement de l'univers de Servant, et nous propose une setlist qui emprunte plus à la techno pour les beats destructeurs et au hip hop pour son flow impeccable (oui quand on peut chanter aussi bien, y'a des choses qui passent beaucoup mieux d'un coup) qu'à la pop (trop?) acidulée des Servants. L'ambiance est beaucoup plus intimiste, et Dan Black le souligne dans un français très correct : "J'ay l'ainmpression d'être dans votre salon ! Vous m'apportez du they?". On le sent un peu "floppy" mais on apprécie le côté bricolage de sa boite à rythmes et son application à sampler les beats. Soutenu par un tandem basse/guitare impeccable, Dan Black nous entraîne dans son univers qui a l'air globalement plutôt impressionnant par sa diversité et sa folie, et se fend en rappel (passage obligé) d'une très belle version d'Orchestra des Servants.

Il était clair que le public était donc majoritairement venu pour voir Dan Black, (fans connaissant les paroles, etc.) mais bon du coup, je suis un peu triste pour les Dananananaykroyd qui étaient vraiment géniaux et qui avaient quand même carrément plus la patate en plus d'une technique musicale hautement plus complexe. Tant pis, je continuerais de les aduler en espérant les revoir dans un contexte un peu plus punk et avoir droit à un peu plus de calins (subtilisé par le gros con de devant, si tu nous lis, SMB!!).

Useful links :
Bertram Wooster
Dananananaykroyd
Dan Black

En ce moment, j'aime bien écouter ça :
Atlas Sound - Walkabout (ft. Noah Lennox)
Harlem Shakes - Strictly Game

vendredi 20 novembre 2009

Episode 1 : My first time in l'Ubu.

L'heure est enfin venu de parler du (fantastique) concert de Peter, Bjorn & John à l'Ubu le 17/10 (il y a donc déjà fort fort longtemps). Fort enthousiasmés par la musique de ces 3 suédois, nous avions décidé, pour notre première visite rennaise à l'Ubu (haut lieu de la culture indie avec notamment les fréquents Inrocks Indie Club et les très bons concerts d'Operator Please& Foals) de nous tenir à l'horaire de début de concert indiqué, à savoir 20h. Grands naïfs que nous sommes.

Ce n'est donc en vérité qu'aux alentours de 21h qu'Ex-Lovers, un sympathique collectif pop londonien, montent sur scène et que la moitié de l'Ubu tombe d'un coup amoureux de la choriste. C'est également au même instant que le chanteur se révèle à nous sous les traits d'un Peter Doherty propre et maigre (un genre d'idéal masculin selon Marion). La musique ne casse pas des briques mais est tout de même très plaisante et cela mène même à un rappel de première partie, que le groupe exécute avec une charmante modestie.

Peter, Bjorn&John prennent ensuite le relais, et contrairement à l'impression d'une musique un peu private joke entre potes que laissait le CD, leur jeu de scène est au contraire dynamique, barré et original, mais surtout leur bonne humeur est formidablement bien transmise au public.
La scène se partage en trois : un guitariste sautillant dans l'esprit du chanteur des Hives, un bassiste on ne peut plus cool et un percussionniste sympathique doublé du batteur d'Ex-Lovers pour l'excellente chanson Young Folks.

La setlist est pleine de tubes en puissance, chorus à reprendre en choeur et de sympathie très communicative (les géniales Nothing To Worry About, Amsterdam & Objects Of My Affection notamment). Les chansons sont très variées, d'une pop rock enthousiaste à des ballades plus sombres en passant par des beats dopés à l'electro et des voix vocodées, mais sans que l'on puisse constater de véritable baisse de niveau. Le concert s'achève après deux rappels (!) dont une sympathique reprise d'une chanson inconnue d'un groupe inconnu et nous laisse fort enthousiastes quand aux futurs concerts à l'Ubu et aux performances à venir de ces Suédois.
Qui a dit que les premières fois étaient toujours foireuses?

Cassius&Marion

Useful links :
Ex-Lovers
Peter, Bjorn & John

Stuff to listen right here, right now (?) :
The Feelies - Moscow Nights
Animal Collective - Also Frightened



samedi 7 novembre 2009

Très cher visiteur,
Bienvenue à toi dans la saison 2 de JNSPUF! qui, nous l'espérons, sera plus complète que la saison 1 précédente qui était légèrement en mode grève des scénaristes à Hollywood. Mais à nouvelle vie, nouvelle base. La nôtre se situe dans la charmante ville bretonne et comme :
1. A Rennes, il y a des concerts
2. Nous allons voir les concerts
3. Nous pouvons donc PARLER des concerts que nous avons vu.

Théoriquement l'épisode 1 de cette nouvelle saison devrait être le concert de Peter, Bjorn&John (c'était bien) mais comme on crée de la complexité dans la narration, on entame directement l'épisode 2 (du rythme! du rythme!) qui ne sera pas en allemand sous titré (bien que la projection du Ruban Blanc de Michael Haneke ait fortement traumatisé Cassius).

Episode 2 : Plantons le décor (featuring le Jardin Moderne).

La soirée du vendredi 7 novembre fut déterminée par la décision inopinée d'aller voir des groupes pas connus dans un lieu lointain et underground. Le **trajet fut fabuleux :** appartement-métro** (sous** la pluie) arrêt de métro-arrêt de bus (sous la pluie)** annonce par la conductrice **de bus que 'si si le terminus c'est bien l**à et pas dans quat**re **arrêts' solitude dans une zone industrielle (sous la pluie) naufrage glorieux et humide sur les rivages du Jardin Moderne.**

L'objectif de la soirée était les Lanskies dont nous gardions un souvenir ému***. Depuis le festival Beauregard, nous avions développé une légère addiction à 'However' ainsi qu'au très classe et sautillant gallois qui tient le micro (la petite boule de poil la plus enthousiasmante que nous ayons vu depuis longtemps). Inutile ne s'étendra pas sur le fait que le bassiste, bon bah voilà quoi, parceque c'est un article commun, mais croyez la, le bassiste, bon bah voilà quoi quand même un peu.

La première partie des Lanskies et de Lala Power (oui. Lala Power.) s'installe : Goldfish Don't Bounce sont angevins, quatre et fringants. De plus, ils ont visiblement écouté ce qu'il fallait pour jouer ce qu'il fallait écouter : Arctic Monkeys, The Strokes, et tout pleins de bonnes choses (comme dans les Super Nanas un peu mais en moins effrayant). Concert très sympathique, des intros et des breaks hautement respectables, ainsi qu'une très digne reprise de 5 Years de David Bowie. On se retrouve malgré nous à bouger d'abord le pied, puis la jambe, puis à tressauter d'une fesse (sale!) et enfin, avouons le, à se dandiner franchement. Se dandiner franchement, certes, mais de manière plutôt discrète car la salle est grande mais le monde peu nombreux.

Vient ensuite Lala Power, quatre longues choses dont le regard flou est cerné de khôl commencent à installer leur matos sur scène. La première impression fut très positive de par la veste du guitariste doublée d'une Gisbon Les Paul de gaucher. Le concert commence : musicalement il y a peu de choses à redire : de très bonnes compositions pysché-rock, des boucles et effets bien gérés, et un ensemble finalement vachement bien, même si on préfère peut être ce qu'il y a sur le Myspace à une version live moite, diluée dans l'alcool et qui avait l'air mieux vécue de l'intérieur.

Puis viennent les Lanskies, toutes Wayfarer dehors, et l'ambiance change radicalement. Les yeux se rallument, les gens s'approchent pour apprécier l'ambiance "intimiste" d'une intro accoustique qui annonce le "crescendo" qui va suivre. En effet, Lewis-le-chanteur relance le public qui se retrouve à bouger et à sourire bêtement. Des rythmiques rock, une batterie très post-punk, et une voix quelque part entre Robert Smith et un Eddie Argos (d'Art Brut) qui aurait pris des cours de chant donne le sentiment d'être malgré tout passé à un niveau supérieur musicalement (avec tout le respect pour les autres groupes). L'effet Lanskies est implacable, en une poignée de chansons, on a déjà envie de sauter sur scène et danser convulsivement comme le chanteur sauf qu'en plus on a l'impression de regarder des potes en train de jouer. Au milieu d'une chanson, on a ainsi droit à leur récit des dérives nantaises de la veille (incluant entre autres un bar gay, un mensonge sur un passé en milieu carcéral, et une moustache).

On ressort complètement euphorique, et ceci malgré la perspective de devoir rentrer de la zone industrielle après le dernier métro, soit à pied. Belle performance donc.

****

*Trêve de salamèque = Trêve de salami à la Mecque puisque de fait les gens qui vont à la Mecque sont musulmans et ne mangent pas de porc. Ceci était un message de la Dictatrice.

**Bafouille.

***Emu = long slam, chaussures lourdes dans le visage, rencontre inopinée de poitrine inconnue au bataillon et de billet de 20€.

****En fait, un mec nous a ramené en stop.


Be quiet, listen, i'm not this kind of person :
Arctic Monkeys - Dance Little Liar

The Whitest Boy Alive - High On The Heels

Cassius&Marion.

dimanche 6 septembre 2009

C'est dingue comment en écoutant Kate Nash, on a envie de ne faire plus que de la musique, de n'écouter qu'elle et de ne parler plus que de musique. Complètement incroyable la manière dont je reviens encore ici. Peut être par désœuvrement, sans doute. Complètement envie de texte incongru, déconstruit et incompréhensible ce soir. Parceque c'est simplement des instants étranges, des moments fugitifs qui passent dans l'air où tout semble suspendu., des minutes qui s'arrachent à la vie et viennent se fixer sur les deux trucs en mousse vissés sur mes oreilles. Ecouter Kate Nash& Laura Dockrill, sa meilleure amie, qui pourrait croire un jour en arriver là. Qui peut se vanter d'être fan d'une chanteuse et de sa meilleure amie? Ou comment découvrir une sorte de double de Kate Nash, une Anglaise déjantée, véritable moulin à parole douée d'un tel accent qu'on jurerait entendre Kate Nash parler à cent à l'heure de Razorlight, Kate Nash, Skins, the Killers, Amy Winehouse et les Klaxons avec des petits clins d'oeils à des paroles de chansons, de vie nocturne à Londres, de poésie aléatoire. Pourquoi autant d'intérêt pour une chose complètement inutile, pour un mp3 d'1.3o about Londonian girls? Why? Complètement fan de la poésie survitaminée de Laura Dockrill, complètement fan du texte de Kate Nash à propos d'elle. Complètement fan de la voix de Kate Nash, criant des choses complètement absurdes, explosant de rire, mélancolique, douce, apaisée, délirante. Complètement complètement fan. Dangereusement.

mardi 23 juin 2009

Ce soir sera une soirée retro ou ne sera pas. Enfin moyen retro quand même, mais c'est simplement qu'il y a des B-sides de Franz Ferdinand qui ne mérite pas de passer comme ça à la trappe. Surtout que les clips, contrairement au déjà-vu de No You Girls, sont en général monstrueusement géniaux, arty (c'est le mot du mois, je préviens), et même poétiques des fois. Je vais pas m'étendre des heures, tellement y'a rien à dire. Ou alors si je vous laisse regarder, et je baratine après.

Le clip de Wine In The Afternoon, qui est en lien pourri et pas intégré directement au blog parceque "l'intégration est désactivée sur demande" et que je t'en foutrais moi des désintégrations sur demande.

So. Maintenant que vous avez vu la lumière, vous comprendrez à quel point il fallait voir cette vidéo et à quel point c'est pas juste qu'elle soit juste une B-side de l'excellente Eleanor Put Your Boots On, au clip au moins aussi génial. Tout est là, le songwriting pop ultime, la voix parfaite, les choeurs au refrain si franz ferdinandesque ("palapalapapa") et les cordes toutes simples, mais juste idéales. Petit up pour la fin qui déraille, j'adore, comme toujours.

(Petit bonus spécial pour les fans de Franz Ferdinand, la fille qui joue c'est aussi celle du clip de L. Wells, autre B-side qui mérite une place sur un album. Eh ouais.)

Sinon, il y aussi Jeremy Fraser en B-side trop bien, même si elle est moins bien, ca reste quand même une très bonne chanson, le genre d'harmonies qui prend qu'au bout de la 2e ou 3e fois et qui finalement reste bloquée pour le reste de la journée (au moins).


vendredi 19 juin 2009


Time Bomb Patchwork
Coming_Soon


Bon, après ça est-ce que j'ai vraiment besoin d'argumenter pourquoi je pense que ce groupe est le plus cool du monde?

mercredi 3 juin 2009

Comme le suspense du titre de l'article vous est insoutenable, et c'est compréhensible, je vous délivre de cette souffrance et vous annonce que j'ai choisi de parler ce soir du duo Clermont-Ferrandois (ou un truc du style) Cocoon. Composé de Mark Daumail et Morgane Imbeaud, ce duo fut créé tout simplement en 2006 par un Mark en manque de claviers et de voix féminine pour ces compositions de pop de chambre (jeu de mot inside). La légende veut même qu'il ait tout d'abord commencé par chanter lui même les chœurs de femme, je vous laisse méditer sur cette idée des plus cocasses.

Toujours est il que le groupe est soutenu pratiquement dès sa formation par les Inrocks qui leur accorde le prix CQFD - Ceux Qu'il Faut Découvrir (ou Démontrer mais on sort du rock'n'roll là) 2007, ce qui va tout de même les propulser un peu quand même, ne soyons pas mesquins. A partir de là, Cocoon sort son premier disque, intitulé "My Friends All Died In A Plane Crash", titre d'un premier degré à faire frémir Boulue, mais qui se vend malgré tout plutôt bien.

En même temps c'est assez normal, car pour l'avoir acheté et écouté bon nombre de fois et en diverses occasions, cet album de folk intimiste est tout ce qu'il y a de plus simple, la beauté épurée à son comble. Certes, il ne paye pas de mine et on est souvent tenté de passer à côté, mais il rappelle pourtant à quel point faire de la musique peut être simplement efficace, et à quel point un disque peut surprendre, même après plusieurs écoutes, par sa richesse insoupçonnée. Reste à voir ce qu'ils valent en concert, mais a priori, je ne me fais pas de souci pour eux, d'après les quelques vidéos live que j'ai pu voir, ils recréent la magie de leur disque sur scène de manière assez impressionnante.

Ah oui j'ai juste oublié de dire qu'ils étaient méga fans des animaux surtout les pandas et les oiseaux. Et en vidéo je vous met le clip de Chupee, mon hymne au ukulélé depuis au moins deux ans maintenant (tremblotement de nostalgie dans ma voix, tout ca tout ca) :


samedi 30 mai 2009



Hey!

Ayant dédié cette journée à la compréhension des deux chapitres probabilités de mon livre de maths, je ne peut me permettre de m'étendre très longuement ici. Cependant ma volonté ardente de continuer ce fabuleux et ambitieux projet Beauregardesque, je ferais tout de même un geste en vous parlant de The Lanskies.




Ils jouissent d'une notoriété locale, sont de Saint-Lo (et surmontent brillamment ce handicap) et font de la très bonne musique d'inspiration britannique. Interviews et chroniques sont rares sur le web, mais on trouve une charmante biographie ICI. Je conclurais ce point Lanskies en vous disant et vous redisant à quel point However est une très bonne chanson destinée à remuer son derrière et à chanter mal pendant le refrain.

Avant de repartir pour de fabuleuses aventures ou je chercherais à savoir quelle est la probabilité pour que Pierre lance une pièce qui tombe sur pile puis qu'il pioche une chaussette rose dans son tiroir, je me dois de nier à grand cris ce que Cassius insinue dans l'article précédent : j'aime beaucoup The Virgins ! C'est juste que je ne suis pas sure qu'ils fassent beaucoup avancer le Schmilblick mais ce n'est ni ce qu'on leur demande, ni ce à quoi ils prétendent.

mardi 26 mai 2009

Dans la digne lignée de la courageuse Boulue, me voici à vous parler à mon tour d'un groupe présent au festival de BEAUREGARD en juillet prochain. Ceci malgré le fait que je passerais le concours commun de Sciences Po le 3 juillet et que je ne serais donc pas de la partie, mais en revanche je vais au Main Square Festival d'Arras deux jours plus tard, donc pas tellement de gros regrets non plus quoi.
Après cette longue entrée en matière, ma bouillie cérébrale post-concours blanc s'agite quelque peu au moment de choisir un groupe sur lequel il serait possible de déblatérer un peu. Vu que Peter Doherty c'est un peu de la triche et que le seul nom qui me vient d'autre, là comme ça à froid, c'est BB Brunes, je suis obligé de googler la prog' du festival et c'est la révélation de ce soir qui s'impose : The Virgins.

Ca tombe plutôt pas mal, vu que Boulue, à moins de devoir se faire sauver des griffes d'un alligator par les membres du groupe, ne dira jamais grand chose de très sympathique à leur égard, me semble-t-il.
Donc les Virgins, groupe de rock assez classique, avec une basse très présente et mise en avant comme arme ultime sur le dancefloor, des guitares funky, quelques touches de synthé et une voix de lover. Tout le monde connaît Rich Girls et son refrain bubble-gum chiant au possible et c'est pour cette raison principalement que ce groupe commence à m'énerver un petit peu. Présentés comme les nouveaux Strokes, principalement parcequ'ils font du rock et qu'ils sont new yorkais (bonne nouvelle! il existe donc plus d'un groupe de rock new yorkais!), leur premier album est arrivé l'an dernier. Je l'ai acheté, pour voir ce qu'il valait au delà dudit single donc, et franchement c'est étonnemment surprenant. La comparaison avec les Strokes ne tient même pas une seconde, il faudrait que Nick Valensi passe en mode débutant à la guitare et que Julian Casablancas prennent beaucoup d'antidépresseurs pour sonner comme les Virgins (et encore on en serait loin). Donc bref, tout ca pour dire que les Virgins, c'est cool, funky, ca donne envie de danser, ca file la pêche, ca change pas la musique d'un poil, mais il paraît que c'est très bien en concert.

Par contre niveau trucs arty à part la pochette chewing gum, les clips n'existent pas (ou alors dans une dimension parallèle) et leurs interviews sont moyennement drôles. Du coup, je fais mon gros fou, je vous met pas Rich Girls en vidéo mais un live de Teen Lover, peut être ma chanson préférée de l'album. Le chanteur à l'air très con des fois, la vidéo est pourrie et la chanson pas en entier, mais c'est rigolo quand même, non ?

vendredi 22 mai 2009

C'est prise d'un élan de confiance en l'avenir, en moi même et en les autres (oui je suis comme ça moi) que je me suis dit que ce serais cool, avant le festival de BEAUREGARD, de faire un article par groupe et de dire ce qu'on en pense, tout ça tout ça.

Reprise soudainement par la réalité qui dans ce cas précis sous entend le fait que le bac est dans trois semaines, que je suis une grosse feignasse et qu'il y a beaucoup de groupes dans ce festival, je pense qu'on peut considérer que quelques remarques sur quelques groupes serait déjà honorable.

Commençons donc modestement par un rapide point THE DODOZ (avec un Z, parce qu'avec un S c'est vachement bien aussi mais c'est pas le sujet). En effet, il parait évident pour Je ne suis pas une fille (JNSPUF! pour les intimes) de parler des auteurs de Do you like boys (extrait de l'EP DYLB).

Comme ni leur nom ni leur langue chansonesque ne l'indiquent : ils sont de Toulouse et ils le disent tout le temps (parce que les gens de Toulouse ils disent tout le temps qu'ils sont de Toulouse). Le groupe est composé de deux jumeaux et d'un de leur amis qu'il ont rencontré en faisant du skate ainsi que d'une chanteuse/bassiste pouvant être aussi cool qu'énervante quand elle s'y met, car c'est peut être le seul vrai problème chez The Dodoz, c'est que Géraldine (oui elle a un nom pourri, c'est ni sa faute ni la mienne) se met de temps en temps à faire le même bruit que la chanteuse de Superbus.

Mais outre ce léger souci, les 5 chansons qui tournent sont forts honorables, ils sont apparemment respectables en live, mais surtout, et c'est capital, ils sont amusants en interview et jouent dans des endroits à la con. En plus la couverture de leur EP, elle est drôle. Oui je sais, je suis très pointue dans mes analyses.



mercredi 29 avril 2009

En tant que grosse hypocrite qui loupera son bac par manque de sérieux, je m'arrache une fois de plus à des question telles que "mais c'est quoi un phagocyte bordel?" et vous présente ces charmantes petites sessions acoustiques avec quelques groupes qui étaient à St Brieuc pour Art Rock. Ce qui nous fournit une alternative digne au fait de se rouler par terre en pleurant parce qu'on a pas pu y aller. Guitare acoustiques, clappements de mains et jolis chevelus inside.

The Dodoz ne font pas que confirmer le bien que l'on pensait déjà d'eux, ils montrent également que le batteur a changé de coiffure, ce qui était d'utilité publique (nan mais c'est pitoyable, ne serai-je donc qu'une fille?)



The Wankin' Noodles, petit groupe de Rennes dont je n'avais jusque là qu'entr'aperçu l'affiche alléchante dans une très bonne école d'art appliqué de ma connaissance, confirment leur statut de groupe qui posent en tenue de chasse à courre, et de tout ce que cela implique.


The Popopops sont des lycéens de Rennes tout nouveaux tout beaux (je tiens par un soucis d'exactitude rappeler d'ailleurs que mon intérêt pour ce groupe est purement artistique et qu'il ne faut pas y voir une conséquence de la joliesse du chanteur, rappelons que je ne suis pas une fille et que j'en suis fière) et qui font de la musique très sympathique, dont cette version minimaliste de leur excellente Dance Tonight. Le reste des compositions est en écoute sur leur myspace, et il faut bien avouer que ces jeunes gens semblent avoir un gros potentiel.


Cage The Elephant dont la coolitude n'est un secret pour personne nous offre une performance aussi amusante que bestiale (ne faudrait il d'ailleurs pas élever ce houhouhouhau hahahaha houhouhouhou hahahaha au rang de monument musical?)



Coming Soon, encore un groupe dans lequel on va toujours au lycée, mais connus et reconnus (au moins par moi), aimés et adulés (au moins par moi) et qui font très plaisir avec un extrait de leur prochain album fiévreusement attendu (au moins par moi) pour la rentrée prochaine.




I am from Barcelona n'ont plus rien à prouver sur leur sympathie communicative en live, mais continuent de surprendre avec ce final qui peut cependant être perçu comme le luxe de parvenus possédant un accordeur électrique.

dimanche 26 avril 2009

C'est fortement influencée par une expérience professionnelle dans l'animation d'enfants en milieu rural se profilant à l'horizon, et d'un DS de Physique-Chimie prochain où il sera à n'en pas douter question de saponification et de chute d'une boule dans un fluide visqueux (je tiens à préciser que cette poétique formulation n'est pas de moi) que je vous propose un second diptyque de clips cette fois ci sur le thème du gore pour les moins de 36 mois.



lundi 23 mars 2009

C'est fortement influencée par une légère fièvre (voilà ce qui arrive quand on passe la moitié de sa nuit sur une plage) et une redécouverte de Scream, que je vous propose un petit diptyque sur le thème serial killer.

Notons que cela constitue par ailleurs un fantastique alibi pour attirer l'attention sur la petite bombe que Kasabian a récemment balancé sur internet et sur un clip de Primal Scream dont je ne parvient pas à me lasser.

lundi 16 mars 2009

C'est en écoutant 'Climbing Up The Walls' ce soir que j'ai trouvé mon sujet d'article, assez simple finalement, mais en même temps pratiquement indispensable. Donc rétrospective sur le monstre musical qu'est Radiohead, de ses débuts conformistes aux sommets d'In Rainbows; et pour cela, je pense qu'une critique albums par albums serait une bonne méthode, aux vues de la progression incroyable de ces artistes à l'état pur. Donc blabla sur leur formation à Oxford aux débuts des années 90, alors que le rock reste quelque chose d'extrêmement consensuel, soit vraiment punk soit pop. Le groupe, originellement 'On A Friday' se démarque finalement très rapidement, dès leur premier single. Je précise quand même qu'il n'est absolument pas possible d'évoquer toute la carrière de Radiohead dans un petit article comme celui-ci, qui plus est par un petit amateur comme moi. Je ferais donc d'énormes erreurs et des omissions à la pelle. Mais bon c'est mieux que pas en parler du tout (enfin j'espère).

Le single "Creep" est donc en soi une petite révolution, une fusion qui vaut au Radiohead des débuts d'être qualifié de noise-pop, en soi assez drôle aujourd'hui, les nombres de groupes pop crades grouillant par milliers aujourd'hui (même si l'expression fait un peu ver de terre. Ou zombie.). Les distorsions punk d'un Jonny Greenwood alors déjà bien énervé forgent un début de "son Radiohead" qui sera le leur pour les 3 albums à venir. Un son en constante opposition/fusion entre l'esprit folk de Thom Yorke et la hargne de Jonny Greenwood. C'est à ca que ressemble Creep, le malaise de vivre, la déprime en dernier facteur unifiant l'identité sonore de Radiohead. Grossièrement, leur premier album ressemble à cela : peu de titres échappant à la règle précédemment décrites, et un songwriting envoutant qui pointe déjà son nez sur les excellents Anyone Can Play Guitar et Blow Out. Voilà pour Pablo Honey, vite débarassé car c'est toutefois le coup d'essai d'un groupe encore jeune et que les chefs d'oeuvres qui suivent méritent que l'on s'y intéresse plus longuement.

(Pochette du premier album, dans le plus pur style photoshop 1.0 et surtout peu révélatrice de la musique qu'il y a dedans.)

Sur The Bends, le groupe poursuit son chemin, choquant les critiques les plus réac' à la sortie du disque, avec une sonorité qui évolue déjà bien que rétrospectivement, ce ne soit pas des plus flagrants. Il est vrai que la complexité est déjà plus au rendez vous sur cet album et même si l'ambiance reste très folk-rock, on aperçoit une originalité qui fera de Radiohead ce qu'il est aujourd'hui, un groupe d'exception, modèle de songwriting de la scène anglaise, et modèle de carrière pour tout groupe de rock un minimum indie. Les hymnes foisonnent de plus en plus sur ce deuxième album dans un style tantôt dépressif et sombre (Street Spirit (Fade Out)) tantôt plus joyeux (High And Dry) tantôt bizarre et punk (Just, Planet Telex). Ce n'est sans doute pas le meilleur album de tout les temps (puisqu'on peut parler en termes littéraux pour Radiohead) mais malgré tout les éléments du succès du disque suivant sont pratiquement tous en place.


(Toujours pas une pochette des plus somptueuses, mais plus en accord avec leur musique en tout cas. Ca évolue au même rythme que leur musique.)

Ne manque plus que l'électronique. OK Computer, go. Et c'est la consécration. Le meilleur album de la décennie, de tout les temps, peu importe. Sans doute le meilleur de Radiohead, avec Kid A, en tout cas. Mais les jugements ne valent rien sans justifications. Si je dis cela, c'est précisément parcequ'OK Computer, en plus des tubes qui font que même les mamies connaissent Radiohead (No Surprises, Karma Police, etc..) est parfait d'un bout à l'autre. Même l'ordre des pistes est parfaitement cohérent. C'est une oeuvre artistique, totale et absolue, chaque élément, de la pochette à la voix électronique et angoissée de Fitter Happier (quelqu'un avait dit à juste titre que l'on ne pouvait comprendre le disque que lorsqu'on appréciait cette chanson, ce qui est vrai je dois l'admettre) en passant par les textes d'une beauté torturée encore inégalée, participe d'une ambiance spectrale de paranoia, de pertes de repères dans le monde post-moderne qui est le nôtre. C'est rare que la musique puisse aller aussi loin, les Pink Floyd l'avait sans doute fait, mais je n'étais pas né. Je suis pleinement conscient d'arriver juste un peu trop tard pour tout saisir de l'ère 2000s, et qu'il est par conséquent possible d'être encore plus en adéquation avec ce disque.

(Enfin du joli et du en accord avec leur musique. Rien à dire, OK Computer, c'est le meilleur et c'est un tournant dans leur carrière.)

Que faire après pareil chef d'oeuvre se demandent alors critiques, membres de Radiohead et fans du groupe? Prendre une direction radicalement opposée à leurs précédents choix de carrière. Autant dire qu'il y a eu un avant et un après Kid A. Même si les groupes qui courent après la gloire de faire "leur" Kid A sont nombreux, ce disque ne pouvait arriver qu'avec Radiohead et qu'après OK Computer. Plus la peine d'essayer, un mythe reste un mythe. Mais qu'y a t il donc dans ce disque qui suscite tant d'admiration? Au début, et c'est là le paradoxe, rien. Du vide, que tentent d'emplir boîte à rythmes et samples. Ah oui ok, on passe à l'electro. Mais pas n'importe laquelle, de l'electro lente et déchirante comme le pouvait laisser supposer les singles dépressifs précédents. Habitée, l'electro de Radiohead est une accumulation de détails insignifiants et expérimentaux qui forment une grande machine complexe. Les sons apparaissent comme jamais entendus jusqu'à présent, et c'est sans doute le cas. Thom Yorke, maniant d'ordinaire aussi bien le grave que l'aigu en plus de sa guitare, se trouve quelque peu déformé sur de très beaux titres, angoissants à souhait comme Kid A ou encore l'excellentissime Idioteque (peut être l'une des meilleures chansons que je connaisse). L'expérimentation n'est pourtant jamais gratuite et tout a un sens, parfois caché. C'est ainsi qu'il est possible de mettre deux copies du disque à lire avec 16.8 secondes d'intervalles et avoir l'impression sur chaque chanson d'une auto-symbiose parfaite qui soutient les passages importants et en révèle d'autre (avis aux ados en quête de loisirs incongrus). L'art de Radiohead sur ce disque c'est d'avoir réussi à faire un chef d'oeuvre qui n'en a pas l'air, un disque fait de rien, qui est tout ce qu'il faut pour aimer Radiohead.

(Kid A, pochette aussi belle que le disque, aussi belle que celle d'OK Computer, tout ca concorde plutôt bien dans ma démonstration du fait que ces deux albums sont, je pense, les meilleurs de Radiohead. Le virtuel et le réel se recoupe dans un très bel effet.)

L'album suivant, Amnesiac est la seconde partie expérimentale de l'entreprise Kid A(l'enfant d'A_mnesiac)/Amnesiac, "l'incendie vu du dedans et plus du dehors" selon les propres mots de Thom Yorke. Ce disque poursuit donc l'exploration de pistes expérimentales et intimistes. On a l'impression en l'écoutant d'être en effet plus au centre. C'est indescriptible mais Amnesiac nous a emmené plus loin, et plus au coeur du feu. Il faut écouter, pour comprendre, les deux versions de Morning Bell, celle de Kid A et celle d'Amnesiac et les comparer. Ce disque frôle malgré tout l'excès et des titres comme Pulk/Pull Revolving Doors ou Hunting Bears font défaut et masquent mal un souhait trop violent de se radicaliser.

(Amnesiac, encore plus expérimental et plus étrange. Oui ça se voit.)

Sur Hail To The Thief, Radiohead a souhaité réintégrer de la spontanéité. C'est un choix judicieux au vu du résultat. 2+2=5 en ouverture, message politique+guitare électronisée=renouveau de Radiohead. Les samples et boîtes à rythmes sont toujours là mais cohabitent désormais avec les guitares dans un style que l'on n'avait plus beaucoup croisé depuis OK Computer. L'album reflète une vraie capacité de synthèse du groupe qui puisent dans ses influences, en y ajoutant sans cesse de nouvelles, comme sur We Suck Young Blood, mélange de Kid A et du free jazz, ou Where I End And You Begin, mélange Kid A/OK Computer très convaincant et prenant.

(Hail To The Thief, retour à des trucs moins concepts, des mots et tout, avec une dimension politique plus marquée, comme en témoigne cette très belle oeuvre d'art, peut être la plus belle pochette avec In Rainbows)

Et In Rainbows, le seul album que je n'ai pas acheté trois ans ou quinze ans après sa sortie, pour terminer cette rétrospective Radiohead, probablement le sujet sur lequel tout le monde devrait tomber d'accord, pour reprendre je sais plus quel critique à propos du disque. C'est vrai que je vois mal comment on peut ne pas aimer les chansons de l'album qui sont à la fois épurées et denses, uniques et universelles. 15 Steps et la magie du 5/4 et du son de guitare, Bodysnatchers et le grunge partiel, Nude et le 3 temps mélancolique, Weird Fishes/Arpeggi et la composition à la King Crimson dans un voyage véritablement surréaliste ; échappatoire improbable, All I Need et la nostalgie du passé musical de Radiohead et du passé tout court, Faust Arp et la beauté de l'accoustique, Reckoner et la simplicité d'arpèges sur deux cordes et du tambourin, House Of Cards et le rythme soul et lent, Jigsaw Falling Into Place et la réécriture de Radiohead par Radiohead, Videotape et le piano, lent, froid, douloureux et simple, comme Erik Satie.

(Synthèse du groupe, de leur musique, de toute les couleurs, l'arc en ciel n'est en fait qu'une tache de peinture ou de je sais pas trop quoi dégueu'. Comme quoi, ils sont plutôt modestes.)

Bon après cet article très long il faut le dire, je m'accorde une pause méritée d'au moins 3 ans. Mais au moins j'ai dit beaucoup de choses. Donc ca va.