samedi 26 juin 2010

Je ne vous maintiendrai pas plus longtemps dans l'ignorance : à JNSPUF!, on a nos préférés parmi notre lectorat. C'est comme ça. Les personnes qui tapent des mots clés vraiment étranges pour nous trouver en sont une catégorie. Ceux qui habitent dans l'Ouest de la France, et qui sont chaque année fortement désappointés par l'excellent mais excentré sacro-saint festival des Eurockéennes en sont une autre. Et comme on choye la seconde catégorie, on a décidé cette année de vous concocter une petite activité spéciale pour bien commencer l'été.


Comme vous le savez tous sans aucun doute, depuis l'année dernière, il existe en effet une alternative à la presqu'île de Belfort, et surtout au fait de se préparer trois mois à l'avance, de louer un mini-bus et de devoir vendre la moitié de sa famille au marché noir pour assister à un bon festival le premier week-end de juillet : cette alternative, c'est le festival de Beauregard. (j'espère bien qu'au moment où j'écris, vous visualisez son nom illuminé en Comic sans MS avec reflets dorés et paillettes clignotantes).

On avait déjà tenté l'an passé de vous présenter nos petits préférés de la programmation pour valoriser ce festival qui ne demande qu'à grandir, et à programmer des artistes qui nous réjouissent. Cette année, nous optons pour la To-do List!

To-do list Day 1 :

- Comme dans tous les festivals, la ruse est de rigueur ! Faites bien en sorte que le liquide que vous tentez d'acheminer à l'intérieur ressemble à du jus de banane, ai la couleur du jus de banane, mais ne contienne finalement que peu de jus de banane. Parce que oui on aime bien Beauregard, mais c'est très propre/vert/chapeau de paille/éco-responsable/souriant. Il paraît même qu'on y trouve certains festivaliers qui ne sentent pas sous les bras.

- Second point pré-opératoire : les bouchons. Les bouchons sont la hantise des vigiles, ses ennemis naturels. Ils chercheront à les détruire, les brûler, ou vous les faire manger. Pour les en empêcher, voici une liste non-exhaustive des endroits où cacher des bouchons :
# Poche, chaussette, boîte de tampons, cheveux, oreilles, ami consentant.

- Penser à prendre des jetons-banques-fausse monnaie parce que le jus de banane, ça va bien deux minutes, mais un festival sans bière, c'est comme une bière sans festival.

- Aller voir Tremore, parce que c'est bien, que c'est nos copains, qu'ils jouent sur la scène 1 et que Tremore Football Club jouent contre Long Time To Lay A Track (et même qu'ils les défoncent).
 
- Se diriger vers la scène 2 pour écouter la cold-wave de Kim Novak qui réussit à être très dynamique avec une décontraction qui fait chaud au coeur.

- Citer Dikkenek et aller voir Ghinzu pour passer pour un connaisseur.

- Une fois le concert terminé, aller demander au stand de salade bio (tout en imitant l'accent belge) "s'ils ne font pas des moules-frites, une fois !?". Bien, à partir de maintenant vous êtes un gros lourdingue, et du coup notre ami.

- Il est déjà 18h30, et 64 dollar question joue sur la scène 2. Selon votre feeling vis-à-vis d'un live que nous n'avons jamais expérimenté, vous pouvez soit profiter de la verte pelouse pour poser vos fesses fatiguées et épuiser les dernières blagues belges qu'ils vous restent, ou alors si vous êtes d'humeur pugnace, profitez donc du gros pogo velu, et libérez votre délicate odeur de beurre rance.

(- Reprendre une bière , mais sans traîner, parce qu'après, c'est Rodrigo Y Gabriela.)

- Psalmodier des gros mots d'admiration, vous agenouiller, vous prosterner devant la scène 1, vous prendre dans la gueule la plus impressionnante leçon de guitare de votre vie.

- Là, c'est le moment où vous profitez d'un arrière-plan sonore tolérable pour manger, car Féloche est un poisson. Le point bouffe, c'est un gros point positif du festival. Ici, vous ne vous contenterez pas d'une barquette de frites trop grasse, trop froide et trop salée. Ce ne sera pas un, pas deux, pas trois, pas quatre, pas cinq, pas six, pas sept, pas huit, mais bien neuf restaurants pour manger aussi bien de la galette-saucisse que du tajin bio-dégradable.

(- Reprendre une bière.)

- Il est temps de gambader après son sérieux en finissant de se lécher les doigts en direction  de The XX. Cela va de soi qu'il est préférable de se pointer minimum un quart d'heure avant, ne serait-ce que pour leur témoigner de votre gratitude auditive. De toute manière, il y aura déjà le JNSPUF! crew à la barrière, encore frustré de l'annulation à la Route du Rock.
- Ce fut magique à n'en point douter, mais il est temps de :

(- Reprendre une bière.)

- Hop hop hop, on élimine le tajin, et c'est sur la scène 2 que ça se passe, avec Luke, un des rare groupe francophone aimable.

- On espère qu'il vous reste également de la galette-saucisse dans la bedaine, et qu'elle est WILD. Dans le doute, reprenez deux bières. IGGY & THE STOOGES, nous manquons de superlatifs pour le qualifier. Si on vous avait en face, on tenterait bien de traduire notre émotion viscérale par un bruit animal, mais là vous vous débrouillez.
- A vos moustaches ! C'est l'heure de reprendre une bière. N'importe quel groupe aurait pu finir anéanti par la prestation précédente qui s'annonce déjà spectaculaire, Local Natives, groupe testé et approuvé par nous en live (et pas que), s'en sortira haut la main. L'indie cred de Beauregard a au moins gagné trois points.
Ajouter une image
- On ne mollit pas. 00h50, c'est l'heure de renaître de ses cendres (pouet). Vous pouvez essayer d'embrasser le chanteur de Phoenix, ca se fait bien, selon nos ouïes dires.

- A présent, c'est le moment de secouer la tête avec un sourire débile (même si Local Natives vous aura déjà bien entraînés) et de nous montrer que vous connaissez par coeur les paroles des mégatubes Lisztomania, 1901, Consolation Prizes & co.

- Pour vous achever, vous pouvez toujours vous trémousser sur Yuksek, musicalement, c'est assez sympathique (cela n'engage que Cassiu¨s). C'est l'heure de faire sa pouffiasse pseudo-hype car c'est putassier, c'est club, mais c'est efficace.

- Ca y est vous êtes sales, puants, fatigués et passablement beurrés (en Normandie, pouet).

(- Reprendre une bière.)

- Courir après la navette qui est déjà en train de partir sans vous.

- Courir dans la navette.

A demain !

Co-écrit par Cassius, Marion et une grosse barque.

mardi 22 juin 2010



The Ghost of a Saber Toothed Tiger c'est Sean Lennon et Charlotte Kemp Muhl, à la vue du myspace c'est certes vachement bien mais quand même très brumeux, la vidéo qui suit dissipe tout risque de prise au sérieux.



The Goastt

dimanche 20 juin 2010

Attardons nous un instant sur Jonsi et son pays l'Islande, dont on n'entendra pas beaucoup parler jusqu'au 11 juillet – les islandais de Eidur Gudjohnsen ne se sont en effet pas qualifiés pour la Coupe du Monde ! Le drôle d'oiseau qu'est Jón Þór Birgisson (dit Jonsi) a abandonné sa colonie quelques temps pour voler de ses propres ailes. Le chanteur de Sigur Rós, a en effet sorti récemment son premier album solo Go : l'oiseau a quitté son nid.


Le dernier album des Islandais - le fameux Med Sud í Eyrum Vid Spilum Endalaust - laissait présager une éclaircie dans le ciel brumeux du groupe : (presque) joyeux, (presque) radieux... Avec Go, le « presque » est superflu. Comme Thom Yorke l'avait fait avec The Eraser, Jonsi donne libre cours à ses envies, et Go apparaît comme un Med Sud í Eyrum Vid Spilum Endalaust en plus accompli.

Go est un album avant tout indéchiffrable. La voix tout d'abord est plus un instrument qu'autre chose, car quand Jonsi ne chante pas dans un dialecte connu de lui seul, et qu'il s'essaye à l'anglais, on ne voit pas de grande différence dans le chant du rossignol islandais. Une voix d'ange donc, accompagnée par un millier d'oiseaux : on s'imagine un studio d'enregistrement rempli d'oiseaux chanteurs aux ramages envoutants (Go Do). En dehors des passereaux, Jonsi compose principalement avec des clochettes et des flutes... parfois des cuivres (Tornado) et des violons qui nous rappellent Owen Palett (Kolnidur).




On est très vite emporté dans les plaines islandaises, où les geysers pop et autres envolées lyriques côtoient les chevaux lancés au galop. Jonsi est un peu un Fulgor des temps modernes. Comment ? Vous ne connaissez ni Fulgor, ni le dessin animé Insektors dont il est le héros ? Armé de sa « guitare à couleurs », il luttait contre les méchants Beurks sombres et déprimants... (cf. vidéo à partir de 1min30 pour un petit cours de rattrapage... )


Go peut paraître léger mais il garde une certaine gravité, même dans son lyrisme le plus exacerbé. Jonsi sait se transformer en barde/druide et invoquer à nouveau les esprits nordiques (Grow Till Tall, Kolnidur) de Sigur Ros mais de manière plus « digeste », dans des morceaux de cinq minutes et pas de quinze. Les chants de sirènes et odes funèbres (Tornado, Hengilas) se font ainsi leur place au sein de l'album. Jonsi a réussi avec ce Go un grand album, il a continué sur le chemin qu'avait commencé à emprunter son groupe Sigur Ros sans rien perdre de la mélancolie et de la gravité propre à cette « arctic pop » islandaise.





A la revoyure.

jeudi 10 juin 2010

Oui, cher ami lecteur, tu as remarqué toi aussi que la transition de mon titre avec une précédente entrevue publiée sur JNSPUF! est très habile, et cela me fait chaud au coeur, mais ce n'est point la question. La question est plutôt aujourd'hui de savoir combien de temps mettront quatre jeunes gens new yorkais aux patronymes relativement peu communs (ni plus ni moins qu'Iddo Arad, Jorge Elbrech Myles Matheny et un quatrième sans patronyme) avant de devenir quatre jeunes gens new-yorkais aux patronymes relativement peu communs, mais cette fois reconnus et admirés de tous pour la talentueuse musique qui est la leur. Je veux parler ici de Violens, décrit tout simplement comme "le groupe que l'on attend des anglais depuis plus de vingt ans". Rien que ça.


Quand ils sortent un nouvel EP, vous vous dites donc déjà que c'est trop la fête, parce que bien sur, vous me faites confiance, et vous avez raison, c'est trop la fête. Mais quand en plus le dit EP contient quatre chansons aussi variées qu'inventives, aussi mélancoliques qu'énergiques, aussi légères que nostalgiques, là, vraiment, vous vous enthousiasmez en coeur, et encore une fois, vous avez tout compris.

Tout ce que je viens d'écrire s'applique dès les premiers accords de Spectators & Pupils,  tout simplement la meilleure chanson de l'EP, qui donne envie de passer devant Factory Records pour taper la bise à Tony Wilson et écouter pleins de groupes obscurs de new-wave (genre les Feelies). Mais après c'est peut être juste moi.
 


Pour ce qui est du reste de l'EP, on y trouve un joyeux bazar d'où surgit tour à tour l'orgue fou des Doors, les mélodies illuminées des Shins, l'écho vocal claustrophobe d'un Ian Curtis et la légèreté des Pale Fountains. Le tout restant qu'en groupe capable de réconcilier aussi simplement Angleterre et Etats-Unis, on a pas vu mieux depuis les Drums.

Mais le chanteur des Drums est blond et ne fait pas de SGINNED à mourir de rire d'un clip de Justin Bieber avec la chanteuse de Chairlift. Et honnêtement, ça, c'est deux point en moins pour le chanteur des Drums.

(N.B. Je ne suis pas spasmophile, SGINNED c'est juste le terme pour décrire le type de vidéo qui se trouve juste en dessous)
(N.B. 2 : Big up au bruit de mouette)


samedi 5 juin 2010

Comment James Murphy allait-il assurer la relève de l’excellent Sound of Silver ? C’est la question qui me taraudait au moment d’entamer l’écoute du troisième (et dernier ?) album de LCD Soundsystem : This is Happening. Murphy est en effet plus qu’évasif quant à la suite de l’aventure LCD, crise de la quarantaine ou retraite anticipée : le gros nounours est las.


Plus qu’une rupture, cet album est avant tout un retour aux sources et au premier album. Alors que Sound of Silver révélait des influences plutôt new wave, This is Happening revient (au galop) vers des rythmes beaucoup plus électroniques que le groupe avait explorés précédemment.

On reconnaît dès le premier morceau (Dance Yrself Clean) la LCD touch, une voix, des percussions, deux trois notes de clavier et pis c’est tout ! D’aucuns diront que ce n’est pas assez "riche", que ça manque de... de quoi d’ailleurs ? À mon avis de rien. De temps en temps, il est bon de quitter les claviers rutilants à la Passion Pit ou les refrains foufous à la Two Door Cinema Club pour quelque chose de plus cru, de moins spontané. James Murphy n’hésite pas à faire durer ses morceaux (est-ce vraiment des chansons ?) sept ou huit minutes, mais jamais pour rien. Il prend le temps de poser chaque son, de l’exploiter au maximum, il enrichit ses compositions progressivement, couche par couche pour en faire un mille-feuilles qu’il sait rendre digeste (Home).



La force de Murphy, c’est de réussir à déconstruire les morceaux, à les distendre : il fait durer une introduction au clavier trois minutes (You Wanted a Hit), il fait évoluer une chanson sans toucher à la boite à rythme, uniquement grâce à sa voix (I Can Change), il nous hypnotise à coup de sons électroniques, répétitifs, lancinants (One Touch). En concert, il doit déclencher à n’en pas douter une transe collective à la National Anthem : vivement Rock en Seine ! Parfois c’est un peu extrême, à la limite du slam (Pow Pow), parfois c’est plus court, plus efficace comme sur Drunk Girls entre punk, rap et électro, mais toujours avec ce côté hypnotisant (on se surprend à répéter ♬ drunk girls, drunk boys ♪♫ toute la journée...).



La seule chose que l’on pourrait reprocher à cet album, c’est son manque de bon gros tubes, surtout au regard du précédent où ils se bousculaient (North American Scum, Someone Great, All my Friends), seule la petite perle pop qu’est All I Want, plus accessible, semble avoir le format adéquat (elle dure tout de même six minutes !). C’est ce qu’on peut regretter, c’est pourquoi ce disque est moins marquant que le précédent, à défaut d’être un excellent disque, This is Happening est un très bon disque. S'il doit s'avérer être le dernier, James Murphy peut considérer son devoir comme accompli, la boucle est bouclée...








À la revoyure je vous laisse en bonne compagnie... ( cette chanson est une @#§%$£ de tuerie ).

mercredi 2 juin 2010

Il est amusant de constater l'évolution musicale de ces dernières années : comment, en une décennie, les années 2000 ont re-parcourues à leur sauce les courants musicaux principaux du vingtième siècle depuis les années 60. Après avoir réinventé la pop 60s (Fleet Foxes), le rock 70s (The Strokes), le punk (The Kills), et même le post-punk (Art Brut), la toute fin noughties a vu se développer le revival 90s, pour faire suite au retour fulgurant des synthés et des beats electro.


Boosté par la reformation et le split de groupes cultes comme Pavement ou Oasis, le son crade et agressif des guitares énervées de l'époque MTV  retrouvent une nouvelle vie avec des groupes pitchfork-approved tel que les Japandroids ou encore Cymbals Eat Guitars. Cela n'empêche pas qu'il se passe aussi de bonnes choses à Rennes,  avec les très bons Glassberries, qui ne sont pas notés au centième près, mais qui, s'il l'était, mériterait au moins un best new reissue, pour tout le souvenir mancunien que les guitares cradingues et la gouaille du chanteur nous ramènent.

 
© Louise Poulain _ 2010.
Plus varié, les Angevins de DJAK ajoutent une touche de sunshine pop au mélange nineties et ça fonctionne à merveille. Rythmiques malicieuses, refrains ensoleillés, et guitares saturées : on tient l'un des candidats au poste de BO officielle des vacances. De l'art de marier habilement l'horchata au Gin & Tonic.

Et pour finir, vous avez droit à deux chouettes morceaux des 1990s, histoire de rester dans l'ambiance, et, parce que leur deuxième album était mauvais (on y revient toujours), je me dois de continuer à faire vivre l'excellent Cookies du mieux que je peux. (Fuck Google DMCA, jusqu'au prochain edit)

1990s - You Made Me Like It_
1990s - Switch_