lundi 16 août 2010

Ayant décidé de tomber dans la facilité, et parce qu'une connexion wifi sous la forme d'un Starbucks me fait me souvenir qu'il est très appréciable de télécharger les pieds dans l'eau, parlons balearic music.

A peu près autant collée à l'image des vacances chaudes et oisives que son copain la chillwave, la musique baléarique me fait l'effet d'une nouvelle tendance indie que je tenterais bien de décrypter, quitte à en réiventer une histoire assez approximative.

Apparemment, le nom vient des années 80 à Ibiza, ce qui en ferait un genre très beau gosse, mais la vérité reste que le Balearic Beat dont il était question a bien évolué depuis. Les années 90 sont passées par là et avec elles les anglais très sous-estimés de Saint Etienne qui posent les bases d'un courant underground qui n'a plus ni moins que révolutionné la bande-son des méditations personnelles le soleil dans la tronche. Extension clean et démodulée de la chillwave, le genre connaît une seconde vie avec des groupes comme jj ou Air France. Car, de manière assez paradoxale, cette musique se développe fortement chez ce grand et beau pays qu'est la Suède, de par l'influence des grands espaces déserts plus que des belles plages ensoleillées de la Méditerrannée.
Les deux petites révélations de ce genre sont pour moi Wild Nothing et Cults, deux groupes qui ajoutent une certaine profondeur mystique chez le projet de Jack Tantum, un rien de musique world pour le duo new-yorkais.  Cela constitue un bon point car ce genre peut rapidement passer pour fade, et ne résiste parfois pas à plusieurs écoutes. Bien construites, les compositions s'enrichissent en revanche au fur et à mesure des écoutes. Parfait quand on lézarde des heures durant.




dimanche 8 août 2010


J'ai toujours réussi à passer au travers des mailles d'Arcade Fire. Quand leur premier album fut la révélation de l'année 2004 et la consécration pour Merge Records qui n'avait jamais vendu autant de disques, j'étais occupé par 4 écossais qui changeaient également ma vie. Pour Neon Bible, je m'étais laissé porté par les vagues éloges que j'avais entendu du groupe et acheté l'album. Un peu au hasard, j'ai commencé par là, avant de comprendre que j'avais posé mes oreilles sur quelques choses de bien plus grand et beau qu'un simple disque vendu par une multinationale de produits culturels.

Parcours atypique, donc, mais qui me fait aujourd'hui parvenir au même endroit que toutes les personnes qui croisent un jour ou l'autre la route du groupe : l'adoration. Un Funeral parfait d'un bout à l'autre, suivi d'un Neon Bible plus intimiste où il était question d'envoyer valser toutes les considérations stupides concernant les deuxièmes albums maudits ; on sait désormais qu'Arcade Fire est maître pour créer des atmosphères d'une intensité inégalable, des chansons qui sortent du plus profond de chacun et s'épanouissent au fur et à mesure des écoutes.


Pour toutes ces raisons, l'attente était énorme autour de ce nouvel album. D'autant plus encore que les chansons ont été distillées au compte goutte et que les quelques extraits semblaient être l'exemple parfait de pop music spirituelle, subtile, belle et puissante.

Les racines sont présentes dès l'ouverture (The Suburbs), ouverture qui laisse présager le meilleur avec un refrain imparable et une atmosphère familière qui permet d'entrer en douceur dans ce nouvel album. L'enchaînement rappelle Haiti/Rebellion (Lies) et en effet, on arrive comme sur Funeral sur un morceau qui se dégage très nettement, un Ready To Start qui compte parmi les meilleures chansons de l'album, des chorus exceptionnels et un crescendo final qui fait frissonner. Il est question pour Greenwood de second meilleur diptyque inaugural derrière l'inégalable airbag-paranoid android de OK Computer et pour Cassius de meilleure chanson de l'album.

Ce n'est qu'une fois avoir prononcé le mot de diptyque que l'on s'aperçoit à quelle point la construction générale de l'album célèbre la beauté du tracklisting et d'un enchaînement qui emmerde très clairement la génération mp3. 16 chansons, divisées en deux groupes de 8, avec une ouverture et une conclusion à chaque partie, une ouverture et une conclusion générale qui boucle l'album et nous fait retourner au début, des groupes fonctionnant par diptyques implicites et parfois explicites (Sprawl I et II, Half Light I et II), il y a de quoi avoir le vertige devant la maniaquerie de la construction et surtout devant tous ces nombres divisibles par 2.

Rococo et Empty Room sont deux chansons qui fonctionnent ensemble en opposition de violon, de voix et de ton. Un Rococo relativement sombre, lourd et dur, où la voix de Win Butler et mise en avant pour un côté très froid puis Empty Room pose l'antagonie avec un ton très joyeux, lumineux, plein d'espoir. Ce duo synthétise à merveille l'esprit d'Arcade Fire, extrêmement sombre, mais avec un espoir intarissable qui irradie l'ensemble de leurs compositions. Il est impossible de faire autrement que constater l'impressionnante maîtrise des arrangements de corde d'Owen Pallett : tantôt menaçant, tantôt virevoltant.

Entre ces deux dyptiques on trouve Modern Man et City With No Children, deux belles ballades-intermèdes relativement classiques d'un niveau plus modeste que le reste.

Pour Half Light I & II, on se croirait presque chez Sigur Ros, tant l'on frissonne, subjugué par la beauté des harmonies et par la profondeur des morceaux.


La deuxième partie fait penser à un second tour de périphérique, et est toujours habité par la dualité, les dyptiques et les chansons divisées en deux : Suburban War s'ouvre avec une première partie plutôt lente suivie d'une deuxième très lyrique et jouissive. On pense évidemment à Une Année Sans Lumière.

Le pêchu Month of May montre qu'ils savent aussi faire du très bon rock efficace, et renouvelle l'expérience antagoniste, en l'accolant à Wasted Hours, qui elle est loin d'être indispensable, mais qui a le mérite d'alterner avec l'énergie de la chanson précédente. Deep Blue est très plaisante mais fonctionne moins bien que We Used To Wait, une des meilleures chansons de l'album où les notes de piano staccato créent une tension fantastique, de même que son refrain glacial.

Le dernier diptyque Sprawl I et II présente lui des similitudes avec Rococo/Empty Room :
- Sprawl I, une très belle marche funèbre de Win Butler
- Sprawl II, Régine répond d'une voix absolument incroyable dans un registre très new wave et très surprenant, mais surtout très réussi, l'une des meilleures chansons également.

The Suburbs (continued) nous ramène au début, la boucle est bouclée, mais c'est avec un plaisir infini qu'on repart pour plusieurs tours de périphériques (à condition d'avoir une heure devant soi).

Il est donc possible de disserter des heures durant sur la sensation exacte que procure l'écoute de ce disque, d'analyser en détail la complexité de son organisation, la beauté mathématique de l'enchaînement et des diptyques, mais il faut surtout comprendre qu'il s'agit d'un très grand disque par un très grand groupe, modeste, et surtout délicatement subtil. Même les ballades sont conçues pour pouvoir laisser respirer, permettre de redescendre pour mieux remonter. Et si la beauté est dans les courbes, cet album est ce qu'il y a de plus beau depuis bien longtemps. Il n'y a plus d'accordéons, d'orgues moyen-âgeux, mais honnêtement, il n'y en a vraiment plus besoin. Meilleur album de l'année ? Les Foals ont placé la barre très haut, et Radiohead est en studio, donc surement un peu tôt pour l'affirmer.


co-écrit par Greenwood & Cassiu¨s.


mercredi 4 août 2010


Cassiu¨s parti au pays de la pop, j'ai les clés de la boutique pour la semaine... Alors en attendant de dire beaucoup de bien du nouveau Arcade Fire, j'avais envie de dire du bien des boss de la Coldwave, les mythiques Joy Division. Mais bon, un peu dur de trouver des vidéos ou des lives d'un groupe qui n'a existé que quatre petites années avant le suicide de Ian Curtis. Par contre on trouve pas mal de reprises surtout de Love Will Tear Us Apart d'ailleurs, je vous ai fait une petite sélection, on retrouve évidemment leurs plus grandes chansons... Enjoy(division) ! - Il le fallait -

Ceremony par Radiohead :



Shadowplay par The Killers :



Transmission par Hot Chip :



Not Love Lost par LCD Sounsystem :



Love Will Tear us Apart par New Order (quand on parle de Joy Division il ne sont jamais bien loin...) :



par Rodolphe Burger :



par Nouvelle Vague :



et par Broken Social Scene :



Et pour finir un petit extrait de Control (qu'il faut absolument que je vois soit dit en passant) parce que Disorder est vraiment la meilleure :



A la revoyure !