lundi 28 novembre 2011

Et puisqu'on va finir par croire que 2011 c'est vraiment pas la crise du disque, à la longue liste des sorties de l'année s'ajoute le retour des californiens de The Dodos.

Petit rappel: les Américains avaient sorti en 2008 un excellent et inclassable premier album, Visiter, un petit chef d'oeuvre de folk psyché bancale, avec guitares mal accordées qui grincent, percussions qui s'emballent sur des rythmes inventifs et chant lumineux. Le deuxième album était plus homogène mais sans doute un peu moins réussi, la faute d'une production trop lisse et méticuleuse qui avait troqué les Dodos brut de décoffrage contre un modèle plus sage, façon Fleet Foxes. Et si le songwriting était toujours impeccable, le lissage faisait indéniablement perdre du charme à ce très bon groupe.



Les voici donc de retour avec leur premier producteur (oui!) pour l'album No Color. Non seulement on est satisfaits de ré-entendre les guitares buzzer de partout, mais on est également soulagés de constater que ce nouvel album marque malgré tout une véritable évolution du groupe. Black Night ouvre à ce titre l'album de la meilleure manière qui soit puisqu'on peut déjà se dire que la chanson fera indéniablement partie d'un classement futur qui répertorie les meilleures chansons de l'année (au pif comme ça sans rien révéler du tout). On retrouve sur cette ouverture tout ce qui nous avait séduit à la base, l'esprit néo-psyché fait de guitares et de percussions qui réveillent les voisins. 

Les Dodos innovent néanmoins sur ce nouvel album par un changement tout simple mais qui peux bien souvent faire la différence : la distorsion. Oui, les Dodos nous refont le coup de Bob Dylan en 1965 et électrisent leur folk sur ce troisième album, ce qui est bien plus surprenant que cela en a l'air pour les habitués de la rugosité très accoustique de l'ex-duo (une rugosité qui leur permet de faire tout un tas de merveilleux concerts à emporter notamment). Ex-duo car, autre innovation intéressante, une voix féminine et une deuxième guitare viennent s'immiscer dans le duo et ajoute de la complexité au moulin autrefois un tantinet binaire des Californiens. Dernières innovations notoires, l'utilisation de cordes subtiles et d'un marimba qui se fait sa place sur l'excellente Hunting Season.

Si l'album perd donc de son côté brut et rugueux, il le perd d'une bien meilleure manière que le deuxième opus. Il y a quelque chose d'extrêmement fascinant chez les Dodos à les observer créer du beau avec du moche. Pour expliquer la chose, on peut se référer à Compagnions, qui commence comme du bon Visiter, puis mue en quelque chose de supérieur, une vraie chanson pop déglinguée qui possède des mélodies d'une richesse incomparable et une grâce quasi-mystique très rarement atteinte par les Dodos auparavant (The Season présente sur le premier opus peut malgré tout rivaliser)

Et si toutes les chansons ne s'en sortent pas aussi bien que les sus-mentionnées, on ne peut que saluer ce retour qui augure de très bonnes choses pour la suite de leur discographie.





samedi 26 novembre 2011

J'M83

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Aujourd'hui M83 c'est un homme, un petit Frenchie d'Antibes exilé à L.A. depuis quelques années. Car aux US, à l'image de Phoenix au Madison Square Garden, la French Touch séduit, triomphe même, alors qu'Anthony Gonzalez, en France c'est davantage un mec qui a construit ta terrasse qu'une pop star en puissance. Il a quitté la côte d'Azur pour la West Coast : M83 c'est le rêve américain et HurryUp, We'reDreaming c'est mon album de l'année




Phoenix on les connaît depuis leurs débuts et leur premier album United reste pour moi leur meilleur. Je ne vais pas être hypocrite, M83, il y trois semaines, je connaissais de nom, pas plus. Mais à la fin d'un épisode de la dernière saison de How to Make it in America, il y avait ce truc qui "sonne tube" dès les premières notes : 

Note à moi même : How to Make it in America + M83 + "je préfère le premier album de Phoenix" ça fait beaucoup trop de hype pour trois lignes.




HurryUp, We'reDreaming est donc le sixième album de M83, pour la première fois Anthony Gonzalez est seul aux manettes après le départ de Nicolas Fromageau, pour la première fois il se met au chant, pour la première fois l'effort a donné un double-album de 22 titres. M83 suit cette tendance qui atteint beaucoup de groupes électro cette année: se mettre à la pop avec un certain succès (au hasard : JUSTICE, Yuksek, Metronomy, Cut Copy...). 

22 titres c'est (souvent trop) long. Il faut du temps pour digérer 2x 11 morceaux. Si ça tient la route c'est un grand disque, sinon on écoute jamais le CD2. Résultat, c'est un grand disque, un disque de pop totale, complet, cohérent, simple, dont on ne se lasse jamais, la quintessence de l'électro-pop. Les 22 chansons se succèdent sans temps mort, sans morceau faible, ils rayonnent tous, chacun avec son ambiance et son étincelle propre. 

De l'Intro magistrale à l'Outro majestueuse on vit une chevauchée fantastique vers les sommets de la pop musique. Tout est là (certains diront un peu trop d'ailleurs) : les super-tubes (Midnight CitySteve McQueenOK Pal), les love-songs délicates (Wait), les pop-songs psychédéliques (Claudia LewisYearOne/OneUFO) ou emphatiques (Soon my FriendMy Tears are Becoming a Sea), les morceaux concepts (Raconte-moi une HistoireEchoes of mine) ou les transitions chatoyantes (Train to PlutonFountains).

Les détracteurs ont argué du fait que Gonzalez avait réalisé un album d'une grandiloquence insupportable, aux accents 1980's douteux. Je n'étais pas né dans les années 1980, pour moi cet album est simplement grand

Je ne trouve rien à redire, tant cet album synthétise tout ce que j'attends. 




Je vous laisse avec la Grande Évasion :




À la revoyure. 

mercredi 23 novembre 2011

Le patron de Ryan Air étant prêt à vendre sa propre mère pour remplir ses avions, l'aller retour Edimbourg-Stockholm se trouvait suffisamment peu cher pour me permettre d'aller admirer la capitale suédoise pour quelques jours. Et de profiter de l'occasion pour voir John Maus dans une étrange salle au bord de l'eau et sous les ponts, le Debaser Slussen. Tout ceci en compagnie de mon hôte que je rebaptiserais Greenwoodsson pour l'occasion.

Première surprise à l'entrée de la salle : le monde qui afflue et qui ne peut que surprendre lorsqu'on sait à quel point l'homme est confidentiel. L'effet Pitchfork sans doute, qui a eu la bonne idée de classer le deuxième opus, We Must Become The Pitiless Censors of Ourselves, parmi les best new albums.

On ne s'étendra pas sur la première partie Gary Way, qui nous a servi une sorte de bouillie sonore même pas parfumée à la menthe. Une bonne heure s'est écoulée sans que l'on puisse vraiment comprendre quoi que ce soit. Du phaser, chorus et écho à n'en plus finir, il était impossible d'identifier ce que faisait la guitare et la voix par dessus la piste enregistrée très agressive qui était jouée. Alors pour le concept de mélodie, on repassera.


Entendons nous ensuite sur le cas John Maus. Lorsqu'on écoute l'album, qu'on regarde les photos et qu'on se documente un peu sur la personne, on imagine un docteur en sciences politiques - prof de philo à Hawaii bien propre sur lui nous jouer une new-wave dramatique mais distante, hypnotique à souhait avec pleins de musiciens et d'effets visuels derrière. Oui mais non. Un concert de John Maus, il faut le savoir, c'est exactement l'inverse.

Le bonhomme entre sur scène, règle le micro puis se met à s'arracher les cheveux, crie, saute sur place, se frappe violemment le visage. OK. Il enchaîne les chansons sans aucune pause et semble même passer volontairement les fins de chanson qui suscite moins de réaction du public qu'espéré. On ne sait pas très bien ce qui est souhaité, et ce qui est fortuit. Une chose est sûre, à trop intellectualiser un concert pareil, on passe à côté d'un grand moment de n'importe quoi, peut être une vraie performance artistique et sans doute surtout un bon gros exutoire. Alors c'est sûr, le spectateur n'en a pas pour son argent quantitativement parlant, 25 minutes c'est un peu court pour un concert, mais on a sans doute croisé la route d'un OVNI du concert, un artiste qui s'acharne à détruire systématiquement en live ce qu'il construit méticuleusement en studio. Un mec qui ne donne décidement pas dans la musique de top 40.


Donc voilà un aperçu. Et là il est sage en fait si l'on compare avec ce à quoi on a eu droit.

lundi 21 novembre 2011

On vient de déterrer des inédits de Radiohead (qui s'appelait alors encore On a Friday) datant de 1986.

T. Yorke à 18 ans, J. Greenwood n'est pas encore là, épatant.



mardi 15 novembre 2011



Ca sera tout pour aujourd'hui.

dimanche 6 novembre 2011

Oui, les Transmusicales c'est une belle chose comme on vous l'expliquait ici, parce que la programmation est toujours éclectique, pointue, et souvent très bonne, mais il ne s'agirait pas d'oublier les petits frères des Bars en Trans, qui chaque année s'acharne à démontrer que la France a aussi des groupes dont elle peut être fière. Petit guide des trois jours, avec les choix numérotés, parce qu'on est comme ça.

Jeudi 01 Décembre
Ce jeudi là, c'est un peu le tour de chauffe, les concerts au Liberté ont l'air chouette mais rien de transcendant à l'horizon. Heureusement (choix n°1) le Sambre fait notre bonheur et programme La Femme, ce qui rend tout le monde content, car avouons le, les paroles débiles et les mélodies kitsch au croisement de la new-wave et de la surf-pop, c'est un peu la base. En deuxième partie de soirée, il y a Fangs, des Ecossais (on y revient souvent) un peu flippants, mais apparemment très bons sur scène.



Mais bien évidemment, le choix est vaste, et si vous vous sentez d'humeur plus légère, vous pouvez (choix n°2) opter pour le cru normand présenté par le Cargö au Ty Anna le soir, le combo All Cannibals/Chocolate Donuts qui s'annonce très chouette également.

Autre choix (choix n°3), Appletop à l'Artiste Assoiffé, un groupe aixois dont on avait parlé déjà ici en bien. Ils ont bien grandi et développé un son très prometteur, un son  qui serait un peu comme écouter The Drums défoncer leur planche de surf, qu'on vous disait. Meltones programmé le même soir donne dans la pop synthétique Philippe Zdar-style, donc du bien aussi dans ce coin là.

Enfin, le jeudi soir est également le soir de l'Inrockuptibles Party, donc c'est une dernière option à considérer si l'on souhaite se trémousser salement sur Britney Spears et/ou danser respectablement sur Franz Ferdinand car les rédac chefs des Inrocks sont des gens très éclectiques. (choix n°4!)

Vendredi 02 Décembre

Soyons honnêtes, le deuxième soir, c'est plutôt la programmation du Parc Expo qui nous parle plus pour l'instant (choix n°1). Mais si besoin est (crise financière tout ça), il est encore possible de passer la soirée à l'Artiste Assoiffé (choix n°2) qui programme un excellent groupe d'indie-pop cradingue à souhait, les parisiens de Beat Mark qui savent y faire pour composer des chansons pop négligées comme un vrai fan de Nirvana. Accent pourri, choeurs radieux, et mélodies sursaturées sont au programme.


On retrouve également Yan Wagner au milieu de la programmation (chargée!) du vendredi au Museum, un monsieur qui s'est fait remarquer récemment en remixant le We Are Young des Juveniles façon double moderne de Blue Monday. Un grand monsieur donc.

Samedi 03 Décembre

Enfin, le dernier jour, en choix n°1, il y a les excellents Hyphen Hyphen qui vont sans doute remplir aisément La Place (oui c'est le nom du bar, j'y peux rien moi) et qu'il ne s'agirait pas de louper tant leur musique est diverse et prometteuse (comme on vous le disait ici) accompagnés pour l'occasion par les rois français de l'afropop, les Golden Age of Yachting qui font des musiques de pub, mais pas que.


Et pour les mous du genou, éreintés par trois jours de concert, de pisse et de bière (oui c'est le glamour breton), il y a (choix n°2) l'option folkeux transcendant au Déjazey, le bordelais enchanteur Botibol.

That's all, folks !