mardi 25 mai 2010

Enfin remis de deux semaines dantesques où j’ai été dans l’impossibilité chronométrique d’écrire une ligne, je reviens dans la place beaucoup plus apaisé et ayant échangé les enjeux géopolitiques contre des préoccupations tennistiques propres à tout mois de mai qui se respecte. Ce n’est cependant pas une excuse satisfaisante au regard de l’effort (surhumain ?) fourni pas Cassius pour approvisionner et rafraîchir notre inestimable outil de publication (avec en plus une page facebook à son nom pour couronner le tout !).

Bref, après avoir chanté les louages de mon collègue je tiens à rappeler que dans des temps immémoriaux il avait entrepris à juste titre de lancer une série d’articles sur les deuxièmes albums “ratés“. J’avais à l’époque décidé d’évoquer le cas de Guillemots et du pour le moins surprenant Red, rattrapons donc le temps perdu.

Mais c’est là que le bât blesse, en effet ces deux semaines de “repos forcé“ m’ont permis de réviser ma première impression sur cet album. Il faut rappeler que la bande de Fyfe Dangerfield avait précédemment réalisé l’inoubliable et peut-être inégalable Through The Window Pane, un de mes albums préférés (d’ailleurs si cet article doit avoir une utilité, elle sera de vous donner envie d’écouter le chef d’oeuvre que représente le premier album de Guillemots). Effrayé par les critiques de ce Red, je n’avais jamais cherché à l’écouter, jusqu’à ce que l’idée naisse de faire cette fameuse série d’articles.




Il s’avère qu’à la première écoute on se demande si on parle vraiment du même groupe, de ces mêmes envolées lyrique à couper le souffle, de ces cuivres, de cette grâce. Essayent-ils de devenir grand public ? On se demande s’ils ne nous ont pas fait les Muse en accéléré : une dégringolade subite vers le mauvais goût en mêlant tout et n’importe quoi : de la pop au R'n'b en arrosant le tout de cordes orientales, de chorales et autres bruits insolites. Il semble que Dangerfield ait essayé d’enrichir (de rentabiliser !) au maximum chaque mesure de chaque piste.

Le Kriss Kross inaugural donne le ton, on se demande assez vite où on est arrivé, au milieu d’une fanfare de guitares FM et de sirènes de pompier... Suit un mélange hétéroclite : le mauvais Keane (Big Dog) côtoie le rock pompier (Last Kiss et ses bruits de perceuse est à oublier) et des sonorités orientales omniprésentes (de Cockateel, à Clarion qui après une intro avec R2D2 en guest star se termine par un solo déchaîné d’un IANI - instrument asiatique non identifié - ). Quand on retrouve la grâce (Falling out of reach) ou la fougue (Get over it au demeurant très réussi) du premier album, Dangerfield croit bon d’ajouter des chorales et des chœurs à n’en plus finir.

Les quatre dernières chansons gagnent en simplicité comme si le groupe avait déjà tout donné. On retrouve ce qui a fait la force de Guillemots : ses cuivres (Words), ses structures “crescendo decrescendo” (Don’t look down), la voix cristalline de Dangerfield (Standing on the last star) sur ces trois chansons. Le très dépouillé Take me home (percussion-voix) vient conclure cet album bigarré en s’opposant sur tous les points au premier morceau Kriss Kross.

Ces drôles d’oiseaux (Guillemot est le nom d'un oiseau de mer) nous ont donc pondu un drôle d’oeuf... Dieu sait que j’ai tendance à aimer le pompeux et le dégoulinant des Killers par exemple mais là, trop c’est trop.

Il s’avère cependant qu’au bout de quatre ou cinq écoutes, on arrive à apprécier la plupart des morceaux, mêmes les plus surchargés (même Kriss Kross, je vous l'assure). C’est la force des Guillemots et c’est pourquoi on peut tout de même qualifier Red d'album raté réussi...








À la revoyure...







samedi 22 mai 2010

JNSPUF! est tombé amoureux de l'accent québécois avant le concert des We Are Wolves à l'Inrocks Indie Club (qui featuré nos chouchous énervés les Russian Sextoys et les mystiques et mystifiantes californiennes WarPaint). Du coup, on a renommé la catégorie "entrevue", en leur honneur.

(Les peaux de bête, c'est la vie.)

JNSPUF! : Salut les We Are Wolves, alors dites nous, comment se passe le début de la tournée Inrocks Indie Club avec Surfer Blood & Warpaint ?

Vincent (synthé, voix) : Ca se passe très bien, ca tourne pas mal, hier il y avait Surfer Blood avec nous, et le soir d’avant The Drums en plus !

JNSPUF! : Et ce soir, il y a les Russian Sextoys qui ouvrent, c’est un jeune groupe super chouette !

Vincent : C’est le groupe qui est jeune ou c’est les membres qui sont jeunes ?

JNSPUF! : Un peu des deux en fait. Et sinon qu'est ce que vous pensez du public français en particulier ?

Alexander (voix, guitare, basse) : Il y a clairement une différence, mais j’arrive pas à savoir exactement comment la décrire. En général, j’ai l’impression que quand on fait un spectacle, on se pose la question : tu donnes ton show et tu sais pas trop comment ça se passe. Mais une fois que c’est terminé, c’est là que les gens sont vraiment dingues, il te le font savoir. J'ai pas l’impression qu'en France, le public soit particulièrement démonstratif pendant les chansons, comparativement à Montréal, la ville d’où on vient, où les gens nous connaissent bien. Là bas, ils sont fous dès qu’ils reconnaissent la chanson qu’on commence à jouer. J’ai quand même l’impression que ca se passe très bien avec la public français jusqu’à maintenant.

JNSPUF! : On a lu que le nom du groupe vous était venu grâce à un chandail qu'avait tricoté Alexander. Est-ce que tu continues à tricoter des chandails à inscriptions philosophiques ?

Vincent : On s’est mal fait comprendre je pense, parce qu’un chandail pour nous, c’est juste un t shirt.

Alexander : Ouais, non c’est pas le vrai chandail pour aller faire du ski avec capuche, manches longues, tout ca. Ca aurait été vachement bien, mais non là c’était juste un t-shirt peint à la bombe de peinture.

Vincent : Ceci dit, Alexander serait vachement bon en tricot.

Alexander : J’aimerais bien apprendre.

JNSPUF! : Vous avez aussi beaucoup joué dans des lieux improbables genre galerie d’art, qu'est ce que vous attendez de lieux comme ça, par rapport à des salles de concert traditionnelles ?

Vincent : Rien de très spécial, le truc à l'origine c'était que le groupe était une forme d'exutoire à l’école, comme une façon de faire quelque chose d’un peu plus énergique, par rapport à nos études qui étaient très intellectuelles. Et puis bon c’est complètement notre milieu, on se sentait à l’aise dans ces endroits, avec un public d’artistes.

JNSPUF! : Vous étiez tous les trois en études d’arts plastiques ?

Vincent : Non, seulement Alexander et moi, Antonin (batteur) faisait une fac de cinéma.

Alexander : Notre tout premier spectacle, c’était d'ailleurs à l’université d'arts plastiques, mais depuis, on a joué dans pleins de lieux différents, le musée d’art contemporain de Montréal, etc.

JNSPUF! : Et ca se passe comment dans ces cas là ? Enfin, vu la musique que vous faites, on a du mal à vous imaginer dans un musée, on verrait plus un quatuor de violons, ou ce genre de choses.

Alexander : Ca se passe très bien en général, c’est à dire que les institutions sont de plus en plus ouvertes à accueillir ce genre de choses, à diversifier leur activités.

JNSPUF! : En France ou au Québec ? Parce que on a l'impression que ca reste plus marginal ici, où tout est plus normé, quand même.

Vincent : Ouais c’est vrai, chaque chose a l’air d’avoir sa place ici.

Alexander : Tu peux quand même avoir des problèmes avec la police au Québec, mais dans l’ensemble, tu es quand même plus libre de jouer où tu veux, effectivement.

JNSPUF! : Bien, c'est l'heure de la question sponsorisée par le cours de philo : Dans le groupe c’est plutôt guerre de tous contre tous, ou il y en a un qui joue le rôle de Léviathan officiel ? (rapport à Hobbes, l'homme est un loup pour l'homme)

Vincent : Chacun mène un peu le groupe à sa façon, mais c’est pas la guerre non plus.

Alexander : Il n'y a clairement pas de dictateur.

Vincent : Dans la plupart des groupes, le chanteur parle tout seul, et dirige. Pour ça, We Are Wolves est assez spécial, parce qu’il a été créé par des gens qui ne jouaient pas de musique à la base, et qui avaient des intérêts ailleurs. C’est un groupe qui était plutôt un lieu de rassemblement pour nous trois, avec pour but de créer quelque chose de différent. Une démarche plutôt qu’un groupe vraiment.

JNSPUF! : Et alors est ce que vous considérez que c’est un moyen d’expérimenter des choses, ou plutôt de faire danser les gens ? Quelle priorité vous vous donnez ?

Alexander : C'est un peu facile de répondre ça, mais je crois qu'on essaye vraiment de cultiver l'ambivalence, la contradiction. Parfois on veut faire quelque chose qui fasse danser les gens, un gros succès, total pop. Et l’instant d'après, c’est complètement l’inverse, on décide de se lancer dans l’expérimentation la plus poussée, avec des sons ultra abrasifs.

Vincent : Oui, quelque chose de complètement inaccessible, un morceau pour oreilles musclées.

Alexander : On est très souvent à l’écoute des groupes qu’on découvre, on se donne souvent  une direction comme point de départ, du genre : "Tiens, si on essayait de partir vers ce style-là", mais au final, c’est toujours très libre.

Vincent : On aime quand même vraiment faire danser les gens, parce que c’est super quand les gens bougent sur ta musique.

JNSPUF! : Vous définissez votre musique comme "un paysage post-punk avec des arbres analogues" mais on imagine qu'il y a des groupes qui vont influencent au delà de ça ?

Alexander : On écoute tellement de trucs différents, c’est difficile de savoir. J’ai quand même l’impression qu’un groupe qu’on revient constamment à écouter, c’est le Velvet Underground, je me demande à quel point ca transparaît dans notre musique.

JNSPUF! : Ca transparait pas forcément dans votre musique, mais ca peut transparaître aussi dans votre état d’esprit.

Antonin : Totalement.

JNSPUF! : Et du coup, vous avez tous les mêmes goûts ?

Vincent : Oui, généralement quand il y en a un qui adore un truc, on se donne la peine de l’écouter.

Alexander : Ca se contamine comme ça, quand on voit dans le visage de l’autre qui aime vraiment un groupe, on cherche tout simplement à comprendre pourquoi.

JNSPUF! : Est ce que il y a un 4e en route ?

Alexander : Un quatrième membre ?

JNSPUF! : Plutôt album, en fait.

Vincent : Ah oui, ça il y en aura un. On a commencé à écrire des chansons, mais ce qui est plutôt drôle, c’est qu’au début on était un groupe complètement live, on composait tout sur scène. Plus ça va, plus on apprivoise le studio. Ca n’a vraiment rien à voir, jouer de la musique et enregistrer de la musique.

JNSPUF! : Vous avez une préférence pour le live ?

Alexander : Comme on vient de dire, au début surtout, on préférait le live, c’est beaucoup plus simple, tu te ramènes dans une salle, tu joues, et c’est terminé.

Vincent : Alors qu’en studio, le langage est pas du tout le même. Quand t’entend des trucs dans ta tête, ca prend un temps fou avant d’arriver à faire sonner l’enregistrement de la même manière, surtout qu'on aime bien tout faire nous même. Il faudrait trouver un moyen comme ça, genre une clé usb, tu la branches, et ca te download directement ta musique, ca serait vachement bien.
JNSPUF! : Ce serait l’évolution majeure sur le 4e album ?

Vincent : Oui, essayer de développer un état d’esprit studio, parce que plus ca va, plus on a de moyens techniques et plus nos capacités de musicien augmentent.

JNSPUF! : C'est quoi votre pire souvenir de concert ?

Alexander : On essaye de l’oublier. Et je crois que j'ai réussi.

Vincent : Tout devient pitorresque avec le recul, au final.

Alexander : Ah si, ca me revient maintenant ! C'était quand on avait joué avec Aids Wolf, on avait joué une chanson et demi, c’était n’importe quoi, tout le monde était soûl comme pas possible, le son était dégueulasse. On avait joué genre à deux heures du matin, c’était le bordel total, je me souviens être en train de jouer de la basse, puis m’être tourné vers eux, genre "C’est de la maaarde !".

Antonin : Mais c’était il y a très longtemps, genre en 2004-2003.

JNSPUF! : Et à l'opposé, le concert le plus marquant ?

Vincent : A chaque fois qu'on franchit une étape supplémentaire, c'est toujours très marquant. La première fois qu’on a joué en dehors de Montréal, par exemple, c’était hyper important, pour un groupe qui ne se considérait même pas comme tel.

Alexander : On a ouvert pour Death From Above à Toronto, c’était génial, il y avait plus de 1000 personnes, on avait jamais vu ça.

Vincent : Il y a aussi la fois où on a joué au Fillmore à San Francisco, c’était assez mythique. En même temps, on avait pas joué super bien, mais c’est juste de jouer dans cette salle là, quand tu sais tout les artistes de légendes qui y ont joué, genre Jimi Hendrix, c'est dingue.

Alexander : Les concerts c'est toujours super marrant, des fois, tu peux donner un concert incroyable, un truc de malade, mais il y a 8 personnes dans la salle et tu es dans un trou paumé.  Et des fois c’est l’inverse, tu donnes un show médiocre, dans une salle complètement bondée, au bord de mer, et tu en gardes un souvenir impérissable.

Vincent : Ca fait réfléchir sur l’expérience du live et ce que tu as comme priorité : si c'est le monde, la performance ou le paysage. Pour moi le paysage, c’est hyper important.

JNSPUF! : Pour finir, est-ce que vous pourriez vous poser une question et y répondre ?

Vincent : Une bonne question j’imagine ?

JNSPUF! : Oui, plutôt.

Vincent : On est un peu pris au dépourvu là. C’est hyper intéressant ce genre de truc, mais là du coup, il faut trouver un truc qui fasse genre on réfléchit vachement. J’aurais envie de me poser : "Comment ça va ?" et me répondre "Oui, ca va bien." mais c’est pas forcément très profond.

Alexander : Moi, j’aurais envie de me poser la question : "Est ce que vous avez élaboré un concept particulier pour composer votre prochain album ? Une vision, une thématique, un leit-motiv pour donner une vision particulière ?" Et nous de répondre : "Non, pas encore."

JNSPUF! : Vous trouvez que vos trois albums ont chacun une vision conceptuelle différente ?

Vincent : Faut peut être pas exagérer, c’est pas des albums conceptuels non plus, des trucs super classes et tout.

Alexander : Ben pour moi, Invisible Violence est le prolongement conceptuel de Total Magique, ca reste dans la même lignée mais à un degré supérieur.

Alexander : Mais sinon pour répondre à la question qu’on s’est posée, j’aurais envie de répondre que pour le prochain album je vois bien un truc qui serait quand même plus new age, plus spirituel.

Vincent : Moi je vois plus de couleurs.

Alexander : Visuellement, j’ai envie de décrocher de notre base hyper graphique, hyper léchée, pour mettre une photo à la place, une photo de gitan avec une dent en or, par exemple.

Vincent : Voilà vous venez d’assister au premier brainstorming ever pour la pochette du prochain album.

JNSPUF! : Cool.

Et si vous avez lu tout bien comme il faut jusque là, alors vous avez le droit à toute notre sympathie, et à ce clip totalement magique. Mais si vous êtes hyper malin et que vous avez fait défiler la barre sur le côté comme un pro, vous y avez droit aussi du coup.

mardi 11 mai 2010

Après Hey Hey My My et The Sunshine Underground/Operator Please, c'est au tour de Foals de nous livrer Total Life Forever, un deuxième album très attendu, puisque fini d'enregistrer depuis bien longtemps déjà. Bon, en vrai il a leaké il y a plus d'un mois, mais on s'en fout, on va faire comme si.


Pour comprendre la logique de Total Life Forever, il faudrait dresser un parallèle avec Congratulations, le deuxième album de MGMT. Ce nouvel album est comme celui de MGMT, un disque qui tente d'échapper aux reproches traditionnels du deuxième album, un disque extrêmement complexe qui n'offre que très peu d'immédiateté, et axant sa démarche artistique sur une grande recherche musicale, pour faire chier ceux qui ne comprennent pas l'univers Foals/MGMT, et qui veulent juste gueuler et danser sur Kids/Hummer. Le disque abrite donc des centaines de sons différents, d'échos en cascade et autres superpositions de couche à l'infini.

Et pourtant, impossible de se tromper, ce nouveau disque sonne comme Foals. Un Foals down-tempo et avec un changement de voix, mais quand même. On retrouve les guitares claires et aiguës, les mélodies qui se complètent et tout pleins de belles choses du même style. Le disque gagne en richesse d'ambiance, c'est indéniable, mais sa vraie richesse résulte surtout dans l'harmonie entre les passages les plus lents et les rythmiques à ressort typiques de Foals qui surgissent à la moitié voire au deux tiers de la chanson (là où Antidotes nous les balançaient à cent à l'heure et en guise d'introduction). Les trois plus belles chansons (Blue Blood, Spanish Sahara et After Glow) adoptent  d'ailleurs ce schéma.

Pour les autres chansons, le parallèle avec MGMT peut être repris, car il y a sur Total Life Forever un défaut qui est commun à Congratulations, c'est la construction des morceaux, faite de succession de petits moments fantastiques disséminés tout au long des chansons les plus rythmées, sans parvenir à faire vraiment cohésion, d'où l'absence de "tubes". L'introduction de Total Life Forever (chanson) est absolument fantastique, puis le morceau retombe, repart, etc. jusqu'à la fin. Il en va de même pour Miami.
Mis à part les morceaux qui remportent toute mon adhésion (et au delà dixit iTunes) et ces morceaux pour lesquels je suis donc plus mitigé, il y a un entre-deux très intéressant, des morceaux très bons qui dévoilent du coup des ressemblances troublantes avec Bloc Party (This Orient) ou Radiohead (2 Trees). Comme si le sentier de Foals était tellement balisé, qu'en dehors de leur style extrêmement resserré, il y avait une mise en lumière des influences que l'on retrouve sur TLF.

L'album semble tellement stratosphérique, ambitieux et novateur (même pour Foals) que cela donne toujours du fil à retordre avec l'envie que chaque morceau soit parfait, ce qui n'est pas le cas ici (loin de là). Néanmoins bien plus de risques sont pris, la recherche est aboutie, fonctionne très bien voire même au delà sur une grande partie de l'album. 

Toujours est-il que je comprend maintenant l'engouement autour de Congratulations, en me référant à mon propre engouement.








Mon engouement va aussi à l'electro au summum du revival 80s qui me fait rire : 
Mecanico - Barcelona_

mardi 4 mai 2010


On parle souvent, et à juste titre, des groupes qui "passent le cap du deuxième album" avec brio. Surtout cette année, où bons nombres de groupes s'engagent dans la voie difficile du "sophomore", tantôt retour de bâton d'une hype vengeresse (Cajun Dance Party, Mumm-Ra) ou tantôt éclatement au grand jour d'un talent caché (The Horrors, qui ne sont pourtant pas des adeptes du grand jour). Dans le second cas est ainsi mis en avant l'extraordinaire capacité du groupe à se réinventer, ou alors à renouveler une formule éprouvée mais qui apporte son lot de nouveauté nécessaire à faire vendre l'album/reconnaître la crédibilité du groupe. On peut ici citer Total Life Forever ou Congratulations, deux récents albums qui méritent d'être reconnus pour ce qu'ils sont : des oeuvres musicales accomplies, riches, et en accord avec les groupes qui les ont produits.

Et qu'en est-il des groupes qui n'ont pas réussi à passer ce cap ? Ce genre de groupe qui sont retombés dans l'anonymat le plus complet une semaine après la sortie du deuxième album, les années 2000 en regorgent : 1990s, The Fratellis, CSS, etc. Plus récemment, j'ai été déçu par le deuxième album de deux groupes laissant pourtant présager de grandes choses : les sautillants Operator Please, et les plus funk-cool The Sunshine Underground.

(Ils ont l'air quand même moins drôles que quand ils s'entretuaient dans un bain de peinture n'empêche.)

Sur Nobody's Coming To Save You, le deuxième album des lads de Leeds, TSU donc, il y a certes quelques chansons qui renouvellent l'esprit du groupe, leur approche à la musique, qui pousse l'expérimentation sur le sample de guitares et de batteries un peu plus loin, mais rien qui suffise à créer un album vraiment intéressant. De manière plus générale, ce qui agresse les oreilles, c'est la production beaucoup trop lourde, complexe, pour des groupes qui nous avaient habitués à un son très sale, beaucoup moins poli. Pour un peu, on chercherait les caractères S U M 41 au dos de l'album, en petit, quelque part, pour expliquer le caca qui vient d'entrer très douloureusement dans nos oreilles (charmante métaphore, vous en conviendrez). 

C'est le défaut majeur, qui souligne la complexité qu'il y a dans l'appréciation d'un disque, une sorte d'équilibre très fragile entre les différentes pistes, et surtout une affaire d'urgence sonore indispensable chez des groupes comme Operator Please ou The Sunshine Underground. C'est ce son "commercial" qui freine, et ne parvient ni à séduire les fans de la première heure, ni les grosses radios, trop perturbés par les tics de musique indie qui persiste sous la production aux gros sabots. On espère en tout cas ne jamais croiser Operator Please ou un quelconque extrait de Gloves sur NRJ un jour.

Il y aussi parfois un sentiment particulier, associé à un groupe lui aussi très particulier, qui peut expliquer une déception musicale. Un songwriting, des mélodies, un processus d'écriture qui, s'il est modifié, peut risquer de détruire ce qui avait fonctionné à merveille sur le disque précédent.

Heureusement, il y a parfois un troisième album qui peut tout rattraper. Et il y a de toute manière beaucoup de bonnes surprises et d'excellents deuxièmes albums pour ne pas s'attarder sur les mauvais albums et bien vite se remettre Crash Tragic_ ou Borders_.



Operator Please





The Sunshine Underground



Et il y a les mecs qui n'ont que 400 écoutes sur leur Myspace, malgré une élégance de suédois à tomber par terre :

Simian Ghost - Star Receiver_