lundi 31 octobre 2011

mercredi 26 octobre 2011

En tant que défenseur acharné de Coldplay, c'est à moi qu'incombe la responsabilité de parler de Mylo Xyloto. Pour une fois, je pensais avoir toute la blogosphère et la presse musicale de mon côté. J'allais dire que cet album est celui qui me fait basculer du côté des détracteurs de Coldplay. C'est vrai que les premières écoutes m'ont un peu effrayé, surtout ce duo avec Rihanna, mon dieu c'est vraiment pas bien du tout : "Chris tu tends le bâton pour te faire battre". Et puis il y a eu cette chronique de Pitchfork, qui met 7/10 à Mylo Xyloto alors que Parachutes et A Rush of Blood to the Head ne recevaient que 5 et des poussières, qui m'a donné envie de réécouter l'album et de lui trouver des points positifs. Parce que quand même, Martin c'est un bon gars et que le commerce équitable c'est bien pour la planète.




C'est certainement le moins bon album des Anglais, mais est-ce pour autant un mauvais album ? Il ne finira pas dans les top-list de fin d'année, mais je pense que ce n'est plus vraiment ce qui les intéresse. Coldplay renonce totalement à innover ici et suit la voie dégagée par Viva la Vida (la chanson pas l'album - qui à mon sens était l'un de leurs plus ambitieux). Car ce ne sont pas ces sonorités un peu plus électro ni ces effets vocaux douteux qui vont marquer une profonde rupture musicale. Au-delà de cette stagnation, Coldplay a même perdu quelque chose avec les années, ce songwriting, cette innocence qui avait fait le succès de Parachutes et qui peu à peu a disparu et fait place à production au son dévastateur de Brian Eno...

Ce qui était leur fond de commerce, les "love-songs" (UFO, Up with the Birds, Us Against the World) sont d'ailleurs globalement assez faibles, sinon ratées sur MX ("Mylo Xyloto" c'est vraiment au moins aussi laid que la pochette de l'album), elles ont définitivement perdu l'étincelle de Trouble ou Amsterdam. Le reste est débordant de joie, à un tel point qu'on ne peut pas y rester totalement hermétique malgré les solos de guitares assommants de Jon Buckland...




Il ne faut pas tout jeter... Paradise, Charlie Brown, Don't Let it Break your Heart et même ETIAW (dont on avait parlé assez longuement ici) vont remplir nos oreilles pendant des mois ; et oui, je pense qu'on "turnera la music up" comme dirait Martin (ETIAW) à leurs milliards de passages-radio... Des chorales, des nappes, des paroles débiles, des mélodies racoleuses mais au final imparables c'est ce qu'il va désormais falloir attendre de Coldplay... Quoi que ?  Up in Flames, une merveille de sobriété et l'excellente Major Minus peuvent nous laisser espérer des lendemains qui chantent.










La rumeur parle de dernier album. Ce serait dommage de finir avec MX, car Coldplay et ses 50 millions d'albums vendus a marqué les années 2000 comme sûrement aucun autre groupe, en bien comme en mal à la différence d'autres... Mais le groupe a focalisé une grande partie de l'attention, de la presse et des fans devenus davantage "clients" qu'autre chose aujourd'hui. Car MX se consomme plus qu'il ne s'écoute au final, il n'a sûrement pas de grandes ambitions mais il atteint ses objectifs d'objet de distraction, au final très plaisant. Coldplay ne cherche plus à innover, les Anglais se complaisent dans la facilité : remplir des stades avec des hymnes pop plus ou moins grandioses et réussis. Le manque d'ambition et de profondeur est flagrant, on comprend où ils veulent en venir seulement après quelques écoutes... Mais pour les avoir vu cet été, on prend toujours un malin plaisir, peut être un peu coupable au début, à entendre les premières notes de Yellow, de Viva la Vida ou même celles de ETIAW et à voir Chris Martin sauter comme un cabri ou milieu de papillons en papier aux couleurs criardes... 










A la revoyure. 

lundi 24 octobre 2011

Alors que leur dernier album constituait pour moi une merveille de pop fantôme, qui fait peur, mais qui possède de sacrés refrains bien catchy quand même, les Sons & Daughters se sont renouvelés sur leur nouveau opus Mirror Mirror, un disque plus complexe.

Ceux qui avaient l'habitude de nous offrir une pop légère avec des paroles flippantes donnent maintenant dans le psychédélisme froid d'influence clairement gothique. Alors sur c'est plutôt sympa d'écouter ça à quelques jours d'Halloween (qui en a encore quelque chose à foutre de ça d'ailleurs ?), mais c'est pas non plus la meilleure idée du monde. Explication :

Si certaines chansons supportent bien ce changement de forme (Rose Red, et l'ouverture Silver Spell, malgré quelques longueurs), c'est essentiellement grâce à la science du songwriting dont fait preuve le quatuor glaswégien, capable de tirer chorus et refrains entêtants d'à peu près n'importe quoi (peut être pas du haggis ceci dit). Le groupe ne semble pas tout à fait à l'aise avec l'univers très étrange qu'ils souhaitent inspirer, apparemment proche de The Birthday Party, un groupe certainement culte, mais surtout très flippant. Ca donne donc un album mitigé, avec des chansons parfois vides et parfois molles, qui forcent trop l'hypnose pour qu'on puisse y croire véritablement.

On retrouve donc parfois les excellents refrains qui avaient l'habitude de foisonner auparavant, mais on reste avant tout un peu frustrés, face à tant de potentiel gâché. Quatre très bons titres (The Orion, Red Rose, Silver Spell, The Model) ne suffisent pas pour sauver le lot.

A trop s'enfermer dans un revival précis (sans y apporter franchement de grande nouveauté, au passage), les Sons & Daughters se sont un peu auto-asphyxiés. Dommage.



vendredi 14 octobre 2011

Premier concert suédois dans une salle suédoise avec des suédois mais encore des Australiens derrière le micro... C'était la semaine dernière à Strand, une des salles cool de Stockholm. Strand ça veut dire "la plage", c'est certes au bord de l'eau mais on a pas fini en maillot de bain pour autant, ça commence à cailler sévère dans le nord. Le concert c'était Architecture in Helsinki qui présentaient leur dernier album Moment Bends, ça promettait d'être sautillant mais au début on venait surtout pour le "support band" les danois (c'est presque des suédois...) de Treefight for Sunlight dont on avait déjà parlé en bien ici.

Sur le ticket de caisse qui fait office de place de concert ici, on avait lu 19h donc on a fait nos petits suédois sages... la porte était fermée. Même en Suède, il ne faut pas croire les horaires de concerts. Bon apparemment les Suédois sont pas super copain avec les Danois parce que la salle était un peu vide pour les Treefight for Sunlight. Dommage parce que leur album de pop triomphante et verdoyante rend bien en live. Ils ont fini par demander à tout le monde de se rapprocher mais j'ai tout de même eu l'impression qu'on était trois dans la salle à connaître les chansons...
Heureusement, les Suédois ont l'air de bien aimer les Australiens avec des noms finlandais et la salle était pleine pour Architecture in Helsinki. Une bière à 5€ plus tard et une fois les ennuis auditifs du chanteur résolus ("I'm sorry, my ears are bleeding"), ils ont livré une prestation plutôt sympa, très dance. Les tubes du dernier album (Escapee, That Beep) ont mis pas mal d'ambiance, au moins autant que les lunettes de soleil du chanteur, les chorégraphies hyper-synchros du groupe et les mouvements désarticulés à la Alan Donohoe du keyboarder... Ils ont promis de revenir bientôt à Stockholm, une fois leur prochain album enregistré et ça a calmé le public qui aurait voulu plus de "old songs".

C'était the first concert in Stockholm, au programme des prochains mois: The Antlers, Foster the People, John Maus et peut-être bien un groupe suédois... La Suède c'est pour la prochaine fois.

Séance de rattrapage:





A la revoyure.  

mercredi 12 octobre 2011

Il y a quelques jours, j'ai malencontreusement mis mes doigts dans la prise. Non, pas au sens littéral, bien évidemment j'ai arrêté d'avoir 5 ans il y a longtemps déjà, mais lorsque j'ai écouté la première chanson de ce groupe qui m'était alors complètement inconnu, les We Were Promised Jetpacks. Pourtant, à Edimbourg depuis un mois, j'avais bien compris que quelque chose se tramait de ce côté là (les campagnes de com' sur la sortie du nouveau disque, le concert du groupe au Liquid Room, ce genre d'indices subtils). 


Un coup de coeur sur un disque de rock, j'avoue que je ne m'y attendais pas franchement. (Quoi !? Y'a même pas un petit synthé de temps en temps? Ah si quand même.) Il m'a quand même fallu un certain temps d'adaptation pour comprendre dans un premier temps qu'il ne s'agissait pas là d'un mauvais groupe de pop-punk à l'américaine, mais bien d'un vrai groupe de rock extrêmement malin et pleins de richesses. 

Car si l'énergie et les riffs de guitares explosifs sont puisés chez les américains (on pense à Sonic Youth notamment, ce qui n'est pas une mauvaise chose loin de là), les quatre écossais ont également pris soin de travailler les structures de leurs morceaux afin d'emprunter au post-rock des constructions alambiquées et progressives, ce qui fait constamment osciller leurs chansons entre explosions sonores et mélancolie latente.

Mais loin de donner dans la répétition, In the Pit of the Stomach, leur nouvel album, sait parfaitement doser les explosions, pour procurer divers degrés de puissance, parfois au sein d'une même chanson. Si on se concentre un peu sur l'ouverture Circle & Squares, on remarque qu'en à peine une seconde, les oreilles sont déjà saturées de cymbales crash, et de distorsions en tout sens, puis le tout retombe avant de repartir sur une cascade de guitare apaisées qui construisent un build-up immense que ne renierait pas Sigur Ros. Un titre très varié, donc. Medicine enchaîne lui sur un note clairement plus post-punk que post-hardcore, avant d'emporter le tout dans un refrain puissant et irrésistible. Et si l'ensemble est très bon (avec parfois quelques longueurs, avouons le), certains morceaux se distinguent nettement, comme Boy In The Backseat ou Picture Of Health, sans doute mon titre préféré. Pour les amateurs de Danananaykroyd et Mogwai.




vendredi 7 octobre 2011

Breton n'est pas breton. D'ailleurs Breton est plusieurs et Breton est assez vieux (enfin leur EP quoi). Breton, c'est un collectif londonien apparemment très copain avec Tom Vek, dont on vous parlera peut être un peu plus tard. Breton font de l'électronique comme très peu de gens. Et en plus, c'est bien.

Prenez RDI par exemple, le titre qui ouvre leur premier EP Counterbalance paru l'an dernier. Si quelqu'un un jour se ramène et me dit "Tiens vas y tu veux écouter ce que je fais, c'est un mélange de math-rock et de dubstep, et je chante par dessus", bah honnêtement j'aurais très, très peur. Mais aucun problème pour Breton qui lance par dessus un beat puissant et arythmique sans se poser la question.

La cohérence musical n'est pas le point fort des Breton, car si le reste de l'EP se partage entre un trip-hop minimal qui n'a rien à envier aux expériences de Four Tet (Popdeath, Counter Balance) et une pop protéiforme et synthétique (Hours Away, December), le point commun des 5 morceaux n'est pas franchement évident. Un EP à la fois riche et déconstruit, qui reste très accessible et qui garde un excellent côté pop, on dit oui.











Et en plus ils passent aux Transmusicales, et JD Beauvallet il a dit que c'était bien, donc vous voyez j'ai raison. Il dit aussi que Juveniles, c'est le futur, mais ça on savait déjà.

mardi 4 octobre 2011

Non, je n'ai pas été mangé par un ours, oui, mon avion a bien atterri dans la capitale suédoise depuis un mois. Je suis juste un peu feignant, je remets donc le couvert pour cette nouvelle saison... (je risque surtout de me faire virer avec toute cette pression salariale émanant de la direction). Je lance finalement mon année suédoise de JNSPUF!ien-expatrié en parlant d'un... Australien. La Suède c'est pour la prochaine fois. On commence la saison 2011-2012 avec Making Mirrors de Gotye.




Avant, quelques mots (auto-spoiler) sur le festival Popaganda de Stockholm qui aura droit à son article (avant Noël). Il y avait Arcade Fire en tête d'affiche, les voir deux fois en un été c'est lassant... (Pour de vrai c'était super). Il y avait Likke Li qui n'est pas si cool qu'on le dit. (Elle est encore mieux...). Et le reste, c'était - entre autres - The Go! Team, Is Tropical, Delorean, des piscines et des gros canards en plastique...

Donc Gotye est un Belge-Australien qui s'appelle Walter. Mais sa maman l'appelait Gauthier (Walter en français) ce qui donne donc Gotye à l'Australienne. Mais quand je suis allé sur son MySpace, tout était en suédois (parce que je suis en Suède...) donc je croyais qu'il était suédois. Bref... (contaminé par Canal même en Suède). 

Ça commence et ça finit de très belle manière avec en ouverture une double chanson Easy Way Out/Eyes Wide Open dans le genre pop survitaminée suivi d'un Save Me à faire pâlir Elbow. Entre les deux c'est globalement réussi mais un peu le bazar : des balades emphatiques (j'ai eu le temps de trouver des nouveaux mots pendant mon hibernation), un son parfois très rétro, une soul très réjouissante (I Feel Better) mais aussi quelques ovni en fin d'album notamment un Give Me a Chance très Chillwave.

Souvent catchy avec vraiment quelques pépites, ça mérite amplement 7.

À retenir: Eyes Wide Open, I Feel Better, Save Me.





A la revoyure.