mercredi 17 février 2010

“ J'attendais en vain, Que le monde entier m’acclame “

Benjamin Biolay... Benjamin Biolay... Par où commencer...

Les gens qui n’aiment pas Biolay ne connaissent pas Biolay car on ne compte plus les idées reçues sur le bonhomme. Ne pas aimer Biolay c’est ne pas aimer Gainsbourg, Bashung, Damon Albarn, l’Olympique lyonnais et beaucoup d’autres.

BB bouge aussi mal qu’il songwrite bien. Le 23 janvier dernier, de retour sur mes terres natales, j’assiste à un concert de rodage pour le Casino de Paris à venir (du 4 au 6 février) et je vois se traduire devant moi la dialectique Biolay : on est en province, 1/3 de vieux qui pensent que BB fait de la variét’, 1/3 de familles + gosses et 1/3 de bobos branchés ni trop jeunes ni trop vieux (ceux qui rempliront le Casino de Paris).

Le problème c’est qu’au bout d’une heure on a plus l’impression de voir Archive qu’un chanteur de variét’ ( à ce sujet voir le lien pour un duo ) Biolay c’est trois types de chansons sur scène : des mélancoliques, seul au piano - tout le monde aime - des balades pop - les vieux bof bof et les parents cachent les yeux de leurs enfants car BB fume sur scène : Hou... le rebelle - et des délires trip-hop torturés guitares saturées : les vieux ont les yeux écarquillés, les mains sur les oreilles en pleine crise d’épilepsie.

Trois dates à Paris c’est le signe que le succès de BB n’est pas que critique et professionnel (parterre de guest à Paris) mais aussi public, cela pour la première fois : le vilain petit canard était un cygne ? La Superbe est disque d’or trois semaines après sa sortie (50 000) ce qui récompense l’un des meilleurs albums de 2009.

Pour décrire BB et convaincre les réticents, autant faire une sorte de compte rendu du live de Villeparisis (et oui ça vend du rêve) ce qui permettra de donner une playlist en même temps. Les chansons jouées étaient extraites des trois précédents albums (ça tombe bien vu que je connais ces trois là) et donc se divisaient grossièrement entre les trois catégories évoquées précédemment.

CQFR de BB :


La Superbe


Dernier album, donc privilégié au concert, d’ailleurs vu le poids du bébé de BB (22 pistes) les chansons jouées auraient toutes pu venir de cet opus. Que retenir de cet album ou plutôt que jeter ?
Pas le single éponyme en tous cas, la meilleure chanson francophone de l’année 2009 à mon avis. L’un des titres qui dès les premières notes de violon, fait réagir la salle entière.
Pas les trois tubes pop que sont Prenons le Large, Assez Parlé de Moi et Lyon Presqu’île (hommage flamboyant à la ville où il a passé son enfance et d’où viennent tous les - super - musiciens qui l’accompagnent, vivement que l’OL reprennent ça dans les tribunes, on peut toujours rêver...).
Pas non plus Sans Viser Personne qui tirerait des larmes à un rocher.
Enfin, le dialogue par post it interposés Brandt Rhapsodie en guise de conclusion, extrait de l’album en duo avec Jeanne Cheral mais joué sur scène avec sa harpiste ( et oui une harpe... La classe... )


Trash Yeye

Passons à Trash Yeye (Quel drôle de titre me direz vous ?).
À mon très humble avis, le meilleur album de Biolay, il est donc dur de faire une sélection je ne vous le cache pas. Très mélancolique, ça respire pas la joie de vivre : nostalgie, déceptions amoureuses etc.
Le très sombre Regarder la Lumière qui devient très rock sur scène et paradoxalement le beaucoup plus lumineux et désabusé Qu’Est-Ce Que Ça Peut Faire ("Il y a cette lumière, qui ne s’éteint jamais "). Le single Dans la Merco Benz devient vite dans la " Sarko Benz ", la " Ramayado Benz " etc. Je ne peut m'empêcher de citer Rendez-Vous Qui Sait qui n’a pas été jouée... Mais si vous ne devez garder qu’une seule chanson de Biolay c’est celle-la pour moi.


À L’origine

Enfin quelques chansons tirées de l'antépénultième album de BB. Un À l’Origine titanesque de dix minutes, guitare et basse en folies, l’homme à la casquette qui s’occupe des claviers (et d’un drôle d’instrument électronique que je n’avais jamais vu en action : ça se joue avec les deux mains aux dessus de capteurs, une main l’intensité, l’autre rythme et harmonie ou quelque chose du genre) est en furie.
C’est à ce moment là que la salle est en décalage avec l’artiste : dommage... Ce sera le Casino de Paris la prochaine fois je l’espère (avec une salle remplie de guest : Nagui, Aznavour, Zazie, etc. ).
Même si tu Pars : le redoux avant la tempête... Mes deux préférées de cet album : pour les amateur de rock Ma chair est Tendre et L’Histoire d’un Garçon et ses paroles traumatisantes :

" Non ! est le premier mot que j’ai su, quand j’ai vu que j’étais un garçon, et que ma mère était déçue, et que mes cheveux n’étaient pas blonds, et quand je me suis aperçu que ce n’était pas ma vraie maison, j’ai su passer inaperçu, Écoutez l’histoire d’un garçon... "

Voilà si vous n’aimez toujours pas Biolay après ces écoutes et que vous le mettez toujours dans le même sac que Delerm (contre qui je n’ai pas grand chose en fait), sachez qu’au détour d’un morceau quelques accords de Gorillaz viennent pointer le bout de leur nez. Mine de rien.

À la revoyure pour de nouvelles aventures et Vive BB ! ( Benjamin Biolay bien sûr... ).



Benjamin Biolay / Archive (Hotel Particulier - Gainsbourg)


La Superbe - Benjamin Biolay

Benjamin biolay - rendez-vous qui sait (live)

lundi 15 février 2010

Excusez-moi, vous avez 10 minutes?

lundi 8 février 2010

Puisqu'il s'avère que le temps me manque pour aller acheter et écouter le dernier album des Sunshine Underground (oui, je suis un grand fétichiste des dates de sorties d'albums, il m'est impossible d'écouter un album sur un Myspace avant voir après sa sortie), j'opte donc ce soir pour une retrospective relativement brève sur les très importants à mes yeux Pete & The Pirates.

Morts médiatiquement depuis le pic de popularité situé le jour de la sortie de leur premier album (et encore), le quintet originaire de Reading s'est actuellement séparé en cinq projets solos finalement peu passionnants en comparaison du bouillonnant Little Death qu'ils nous avaient livrés il y a déjà pratiquement un an.


Avec Pete & The Pirates plus qu'avec aucun autre, on prend  en effet conscience des harmonies subtiles entre les membres d'un groupe, l'importance qu'à l'alchimie entre une guitare mélodique, une voix solo et des choeurs. En écoutant l'album, on a le sentiment - qui n'appartient qu'aux très bons disques - que l'originalité n'est même plus l'enjeu, tant le songwriting est irréprochable. Certes, ils n'ont pas fait et ne feront pas de chansons à tiroir, aux constructions alambiquées à l'extrême et faites de sons jusque là jamais entendus, mais construisent un sentiment de chaleur diffuse absolument parfait tout au long de leurs chansons. Chaque piste est un véritable bijou mélodique, certes difficile à apprécier parfois, mais qui une fois dévoilé ne lasse jamais. Bright Lights_ appartient à ce genre de chansons dont on ne se remet jamais vraiment, même après des centaines d'écoutes (j'ai testé pour vous).

Les autres tubes immédiats que sont Knots_ et Mr Understanding_ soulignent également l'aisance avec laquelle nos 5 anglais allient la pop lumineuse à un rock dérangé et sauvage. Car, le point fort des compositions de Pete & The Pirates restent les guitares, à la fois ultra-précises et complètement déglinguées, comme savaient le faire à merveille les Libertines de leur temps. 

Je ne vous conseille donc que trop d'écouter les chansons qui sont citées là, plus surement Come On Feet_ et vous aurez tout compris. Ah non, il vous restera à regarder leur live dans un taxi (de Knots justement) pour devenir définitivement fan d'eux et là, ce sera bon.

Je tiens aussi à dire que l'album de Two Door Cinema Club sera excellent quoi qu'en dise ceux qui l'ont déjà écoutés. Non mais.

Du post-electro-rock danois et de la shitpop de surfeur californien pour la route, c'est toujours bien. 

Efterklang - Modern Drift_
Dum Dum Girls - Jail La La_

jeudi 4 février 2010

Hi,

Ce soir c’est bref : une petite playlist avec quatre petits liens et en plus aucune unité de genre : on va brasser du folk à l’électro.

Avec pour commencer un mariage détonnant entre les Franz Ferdinand et notre Marion Cottillard nationale qui se prend pour Scarlett Johansson en sortant des studios d'Hollywood et s’essaye à la chansonnette avec The Eyes Of Mars.

Chanson composée par les écossais sautillants pour la belle dans le cadre d’une pub Dior dont la française est l'égérie. Enfin ça on s’en fiche ! Ce qui compte c’est que ce mariage nous délivre une petite bombe qui commence tout doucement... Mais quand Marion s’énerve ça envoie du bois avec Kapranos aux chœurs...
Dior J’adore.

The Eyes Of Mars - Franz Ferdinand ft. Marion Cotillard_

On continue avec la Normandie chère à Cassiu¨s qui en plus de son "Bocage et son ennui" (comme dirait Benjamin Biolay : vous noterez l’habilité avec laquelle j’introduis les chroniques à venir) possède un petit groupe nommé Belone. Quand on écoute leur single To The West - qui commence à dater - on est bien loin de la piscine municipale de St-Lô (ils viennent de cette magnifique ville qu’est la préfecture de la Manche ) qui du reste m’est plutôt sympathique.

C’est plutôt du genre plage australienne en plein été, ou californienne pour aller avec le titre de la chanson et pas trop plage du débarquement.

Ils nous proposent un cocktail à la croisée de la pop-folk et de l’électro, du genre Phoenix période United. On annonçait un EP pour janvier, alors je ne sais pas s’il est sorti mais il serait temps.



Puisqu'on parle d’électro, restons dedans avec la sortie d’un fake de Justice qui a animé les derniers jours. Les mauvaises langues diront que ça prouve que la recette est simple : trois notes de trompettes et le tour est joué... Toujours est-il que l’info d’un nouveau single a été démentie par le groupe peu après. Voilà Beginning of the End, à vous de juger...

Beginning Of The End - Justice (Mega Lolz)_

On fini avec l'inévitable Owen Pallett qui a perdu son petit nom de Final Fantasy (référence non-cachée au jeu culte) pour des raisons de droits il semble, et qui sort donc un album sous son nom véritable. Cela s'avère être une bonne affaire commerciale puisque tout le monde en parle et que des gens comme moi se mettent à écouter.

On retrouve ici le génie du violon, arrangeur d'Arcade Fire et Grizzly Bear, entre autres. C’est toujours aussi propre, aussi arrangé, aussi gracieux. En amuse-bouche de l’album Heartland, un petit live surréaliste de Lewis Takes Off His Shirt : sous le déluge, il ne s’arrête pas, la classe.

À la revoyure pour de nouvelles aventures.

mardi 2 février 2010

Episode 6 : Mangez donc de la brioche.

Après pratiquement deux mois et demi sans concerts notoires pour JNSPUF!, la diffusion de la série reprend avec cet épisode essentiellement consacré au concert d'Arctic Monkeys et des Mystery Jets. Peu de mystère donc, la soirée s'annonçait très bonne.

On pouvait malgré tout s'étonner de voir la pop-rock plutôt douce et joyeuse des 4 londoniens en première partie des plus sombres mais néanmoins sympathiques gaillards de Sheffield. Il n'en fut rien, et nos avions mystérieux firent gentiment bouger la salle aux rythmes de leur trois albums, plus ou moins electro, mais toujours très agréables et parfaitement interprétés, bien que j'ai personnellement déploré l'absence de Laura Marling pour leur mini-tube Young Love. Dommage, mais compréhensible, je la vois assez mal se pointer sur scène en plein milieu de la chanson, chanter un couplet, harmoniser un coup pour le fun, et s'en aller. Rien de plus à ajouter, concert qui a surement permis de faire connaître leur musique à un grand nombre de personnes, ce qui est toujours une bonne chose, surtout quand la musique en question est d'aussi bonne facture, et que le groupe est aussi injustement méconnu. Bon, Eagles Of Death Metal aurait surement été différent, mais au moins la première partie a chauffé convenablement la salle, et n'a pas dépassé la performance d'Arctic Monkeys, pour le coup très attendue après le set très court des Mystery Jets.

Derrière un écran de fumée apparaissent donc les 4 chevelus qui posent d'emblée une atmosphère très stoner avec l'excellente Dance Little Liar, et son solo final qui en a fait frissonner plus d'un. L'enchaînement se fait au pied levé et Brianstorm est lancé à toute berzingue (comment en être autrement de toute manière avec cette batterie-cavalcade, je pose la question.) déchaînant un public qui n'attendait de toute manière plus que l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Suivent ensuite des morceaux plus modestes dont une reprise de Nick Cave & The Bad Seeds inconnue à mon bataillon et un inédit un peu superflu à mon goût (Catapult). Puis c'est à nouveau du bon Whatever People Say I Am, That's What I'm Not qui revient sur le devant de la scène, et l'on ne peut que constater l'importance de l'album aux yeux de la quasi-totalité du public présent qui connaît (et crie) toutes les paroles par coeur. Quelques morceaux de Humbug plus tard (notamment le très surestimé Cornerstone ainsi que la beaucoup plus drôle Potion Approaching), survient ce qui fut à mes yeux l'un des pics du concert : When The Sun Goes Down, au démarrage absolument classique, mais néanmoins absolument irrésistible. Le chorus de Secret Door est prétexte à une explosion de confettis en tout genre et le public se donne à coeur joie : "Foooools on paraaaaade!" Le concert se termine sur deux rappels, extraits de Favourite Worst Nightmare : Fluorescent Adolescent et 505, qui scotchent définitivement le public au plancher, public pourtant à terre depuis bien longtemps.

Le point noir habituel d'un concert d'Arctic Monkeys n'est donc pas leur setlist maîtrisée d'un bout à l'autre, alternant stoner mélancolique et dynamique à ressort, mais leur réputation de rock-star blasées (selon bon nombres de critiques). Je tendrais à penser pour ma part que si j'ai également ressenti ce détachement, c'est surtout leur cheveux qui sont en cause, le batteur, seul membre qui possèdent encore des yeux non dissimulés, distribuant ses sourires à qui mieux mieux. A débattre donc.

Ah. Et j'en profite pour dire que JNSPUF! a eu un an le 24 janvier dernier, et que ca m'a fait chaud au coeur de constater avec le recul à quel point les débuts étaient mauvais. Et aussi, puisque l'heure est aux annonces, que la nouvelle catégorie "retrospective" qui a vu le jour en même temps que Greenwood sur ces pages tentera de faire le point sur un artiste ou un disque décédé effectivement ou médiatiquement. Je vous promet, ca sera moins glauque que ça en vrai.

Bon et puis j'ai vraiment pas le choix, je vous file le lien pour que vous alliez admirer la vidéo très créative de Young Love et un petit peu de cosmopop de Brooklyn déjà has-been.

Young Love - Mystery Jets_ 
Surprise Hostel - Fool's Gold_