mardi 30 mars 2010

Je brise exceptionnellement la sacro-sainte règle de l'auteur en alternance pour que le fantastique concert de Noah & The Whale d'il y a déjà deux semaines ne finisse enterré sous mes souvenirs les plus immédiats à base de saucisse, de grand n'importe quoi, et de sport un peu. Ce genre de Krit qui vous remue un homme.

Episode sûrement au delà de 10 : Ed Laurie + Noah & The Whale

J'avais décidé de faire un compte-rendu précis de qui a fait quoi et quand, a changé d'instrument, d'ambiance au fur et à mesure du concert et j'ai changé d'avis. Parce qu'honnêtement les détails importent peu pour un concert de Noah & The Whale.


Ce soir à l'Ubu tout était affaire d'harmonies. D'harmonies un peu spéciales entre un soir de printemps (au hasard), de sentiments qui s'échappent du passé, et des mélodies au spleen léger.

La première partie (Ed Laurie) était loin d'être exceptionnelle mais avait le mérite de nous faire entrer par la petite porte dans l'univers grandiose des londoniens à suivre avec ses histoires farfelues à base de solitude dans une cuisine et de guitare électrique épurée. Le public a su percevoir la force hypnotique discrète qui se dégageait de son story-telling très amusant (car en français approximatif très enthousiaste), mais il faut l'avouer, des fois, c'était un peu ennuyeux.


 Le spleen prend une toute autre ampleur avec l'arrivée de Noah & The Whale, qui entame le concert avec la chanson éponyme, la plus belle et également la plus lente, de leur dernier album, The First Days Of Spring donc. L'aspect quasi-cinématographique de leurs compositions est saisissant sur les premiers accords et le film de Charlie Fink nous revient aussitôt que décolle un violon d'un lyrisme que Sigur Ros ne renierait pas.

Il y a quelque chose d'étrange à voir un concert d'une lenteur inhabituelle pour un habitué de concerts plus énervés que je suis. On écoute plus attentivement les harmonies se faire et se défaire, la voix grave de Charlie Fink unir le tout. On observe le concert évoluer lentement, développer de beaux moments lyriques, parfois proches du post-rock, parfois très pop et légers, et conclure le tout sur les morceaux les plus dansants du groupe.

Je m'étais demandé comment ils allaient s'en sortir pour réunir les ambiances très différentes des deux disques, et ils le font de manière à la fois très naturelle et très artificielle. Par une évolution construite par la cohérence de la setlist, et par la drôle de déclaration du chanteur : "Maintenant, les morceaux les plus dansants, mais je ne vous en voudrai pas si vous ne dansez pas, je n'aime pas danser."

Mais toute cette review ne sert à rien sans écouter Blue Skies_, The First Days Of Spring_, et bien évidemment 5 Years Time_.

mardi 16 mars 2010

Le raz-de-marée évoqué par Greenwood dans sa chronique de Yeasayer des groupes de ces dernières années de pop psychédélique, majoritairement américaine, majoritairement de la côté Est, majoritairement de Brooklyn, m’a beaucoup interrogé sur la définition actuelle de critères du «cool». Simple inversion peut être : les geeks deviennent cools, et les rockers ringards ? C’est possible. Qui se revendique «rock» aujourd’hui, sans être franchement ringard ?

Le summum du cool actuel serait si on suit cette logique le math-rock, l’alliance parfaite des termes contradictoires, qui rendrait la calculette fashion, et la face blafarde (due à un excès de WoW) la tronche ultime à exposer en couverture du NME. 
Le style math-rock, on s'en souvient, a été popularisé par Foals, en raison d’une certaine adéquation du terme avec les guitares angulaires et les rythmiques désaxées qui sont fréquentes, si ce n’est quasiment systématiques chez nos Anglais préférés.

Mais le math-rock est en réalité beaucoup plus varié dans la signature rythmique et beaucoup plus complexe dans l’utilisation des synthétiseurs et des guitares que la musique de Foals, déjà pourtant bien tordue.
 

L’exemple le plus significatif est Battles, dont l’excellent Mirrorred sorti en 2007 n’a jamais vraiment réussi à percer médiatiquement, en dehors du single Atlas, la chanson de loin la plus accessible de l’album. Pourquoi, alors que le geek, qui n’a jamais eu sa cote de popularité aussi haute ces jours-ci, ne parvient-il pas à imposer le math-rock comme genre important ?

Bon, je vais pas me la jouer Hipster Runoff non plus, mais le math-rock est juste (si je ne me trompe pas et si Wiki mon ami non plus) une simple blague étymologique qui s’est diffusée et est venue se coller comme une étiquette sur la musique de Don Caballero, considérés comme les pionniers du genre. Ca n’aide pas à la reconnaissance du style.
 Le caractère hybride, à la fois mi-humain, mi-machine (très Bioman en fait) de la musique de Battles dérange également, parce qu’il ôte en partie le côté spontané de la musique, en le substituant à un schéma musical a priori, qui interdit le moindre écart un tant soit peu improvisé. L’idée de ressenti semble également malmené, pour les mêmes raisons. Une musique entièrement cérébrale qui fascine mais qui inquiète à la fois.


A ce titre, Battles est pour moi l’archétype de la musique de geek : expérimentale, ultra-pointue, cérébrale donc et surtout avec une inspiration comics et jeux vidéos évidente. Et ça, ça reste pas cool, mais bizarre voire ringard («Eh mais c’est la chanson des Umpah-Lumpah dans Atlas!»). Ce qui est réellement geek reste à l’écart, parce qu’il y a bien longtemps déjà que Hot Chip & co ne sont plus synonymes de geeks. Le vrai geek enregistre lui des albums expérimentaux, sans concessions, explore le plus étrange qui soit et ne se complaît nullement à faire triompher une esthétique pop résumée par des synthés, des lunettes et des barbes. Le geek ne sera jamais cool, c’est sa définition même, mais au moins, il peut continuer à créer des petits chefs d’oeuvre d’inventivité musicale.

Pour conclure en musique ca se passe là :
Battles - Ddiamondd_
Battles - Tonto_


vendredi 12 mars 2010

jeudi 11 mars 2010


Pour faire court, on définit fréquemment la hype comme une vilaine bulle qui ne demande qu’à éclater à la sortie d’un album. On était donc extrêmement curieux de voir comment les Two Door Cinema Club, soit le groupe ayant le plus buzzé ces derniers mois (avec notre modeste contribution, ça va de soi), allait se tirer des déceptions potentielles inhérentes à la sortie d’un album tel que ce Tourist History.

Comme l’Acolyte de Delphic quelques mois plutôt, l’album une fois sorti n’a pas suscité de réactions particulièrement vives dans le petit monde de la blogosphère, étant entendu qu’il a été énormément écouté depuis la sortie de Something Good Can Work, a leaké quelques semaines précédant sa sortie, et était en écoute en avant-première un peu partout. On peut même considérer que ne pas l’écouter avant sa sortie constituait une résistance très active de ma part.
 

Le topo avait déjà été fait sur ces mêmes pages concernant les tubes immédiats que sont Do You Want It All, I Can Talk, et autres Undercover Martyn donc l’idée serait plus maintenant de voir ce qui change véritablement sur ce premier album.
 Premier point : la production de Philippe Zdar (producteur du dernier album de Phoenix notamment) est immédiatement reconnaissable à la forme de glacis posé sur les morceaux des irlandais, qui se rapproche effectivement du Wolfgang Amadeus Phoenix des versaillais. Tout paraît plus léger, synthétique, et plaisant à écouter.
 Autre différence notable est le sentiment plus lâche qui se dégage de l’album dans son ensemble. Alors que les premières démos semblaient enchevêtrer les pistes comme si les irlandais jouaient les uns sur les autres, la nouvelle production fait de la place dans les compositions, laisse dialoguer les instruments sans pour autant en ôter la fougue nerveuse qui les caractérisent.
 Pour ce qui est des nouveaux morceaux, il reste dans la même veine de composition : rythmes fous, légèreté mélodique, guitares aériennes-saturées-clean. What You Know se démarque autant du lot que This Is The Life s’oublie bien vite.

Le gros point noir de ce disque reste qu’il a été beaucoup surestimé, les Two Door Cinema Club étant effectivement l’essence de tout ce qui se fait de mieux en matière d’indie-pop, ce qui n’en fait pas d’eux le groupe parfait pour autant. A fortiori, leur disque n’est pas non plus parfait, malgré les nombreuses tentatives.

Les erreurs ne sont pas absentes, car Tourist History est un disque de control freaks, composé par trois jeunes gens en constante évolution, influencés chaque jour par leurs nouvelles découvertes musicales. Leur sens du détail les poussent d'ailleurs vers des compositions toujours plus extrêmes et complexes qui noient la mélodie innocente sous des superpositions parfois incroyables, parfois simplement déroutantes ou encore sous des tonnes d’écho et de réverbération.

Apprécier Two Door Cinema Club, c’est tout simplement ne pas se laisser prendre au piège de leur mélodie facile, de la légèreté de la production, de l’innocence de leurs sentiments, c’est se prendre dans la tronche leur folie créatrice, leurs délires parfois trop guimauve, parfois trop perfectionniste. Même les petits bruits de laser sur Undercover Martyn ont (parfois) du charme.








Bon, et pour conclure du bon vieux post-punk qui fait plaisir et un petit avant-goût de mon article sur les geeks et le math-rock, pour faire monter le suspense (ouh!) :

Gang Of Four - Damaged Goods_
Battles - Race : In_

mardi 9 mars 2010


Post-psychédélico-sidérale pop



On voit ressortir, depuis quelques années, les claviers du placard où on les avait enfermés. Et oui c’est comme ça, les “synthétiseurs”, sont à la mode et on entend de nouveau sonner les vieux coucous/joujoux/bijoux/hiboux des années 70-80. Le rock a tracé la voie avec par exemple des Kaiser Chiefs ou des Killers qui s’en sont donné à cœur joie... C’est parfois un peu pompier mais c’est assumé, pas toujours très délicat diront certains... Eh bien laissons les dire !

La pop s’est empressée de les suivre et d’élargir la voie jusqu’à la transformer en autoroute, en (re)créant quelque chose de difficile à classifier, certains parlent de pop psychédélique ? Je trouve que ça fait un peu hippie - sans aller jusqu’à penser comme Éric Cartman, je pense qu’il faut tout de même savoir tourner la page, j’opte donc pour le terme beaucoup plus minimaliste de post-psychédélico-sidérale pop pour moderniser un peu l'affaire et donner le ton : on fait pas dans l'acoustique ici Monsieur !

Alors que range-t-on la dedans ? Brassons large : de Animal Collective à Empire of the Sun, en passant par MGMT, Late of the Pier sans oublier bien entendu les merveilleux Passion Pit (et leurs innombrables claviers sur scène).



À côté de cela, un autre courant est en vogue, bourré de percussions sortis tout droit de la savane et n'ayant pas peur d'allier pop et african-beat avec les figures phares que l'on connait : Foals et Vampire Weekend.

Tout ça pour introduire le deuxième album de Yeasayer qui est sorti few days ago : Odd Blood, disque à la croisée des deux univers, et un album de geeks : ça en deviendrait presque lassant... Deuxième album donc pour les New-yorkais, après un All Hour Cymbals en 2007, il est comme son prédécesseur salué voir encensé par la critique : les Inrocks parlent d' "Une oeuvre d’art contemporain : à la fois mille-feuille et conceptuel." Rien que ça... A-t-il vraiment sa place parmi les noms cités au-dessus, dans le Panthéon de la post-psychédélico-sidérale pop et de l'afro-pop ?

Une fois n’est pas coutume regardons chaque chanson :

The Children :
Sorte de prélude un peu tordu, voix synthético-vocodée , rythme saccadé genre “pop industrielle“, on en sort un peu circonspect et on attend la suite avec prudence...

Ambling Alp :
Le single de l’album est vraiment agréable, on commence à voir pointer le style : des coeurs avec des relents de Bee Gees, des cuivres ; après le prélude, l’amuse-bouche dirons-nous.




Madder Red :
Une balade pop, on se laisse assez facilement prendre au jeu des Houhouhouhou, on va même jusqu’à fredonner, certains crieront “ c’est de la soupe “ j'opte pour le lait fraise... mais il est vrai qu’on est pas si loin que ça d’un Robbie Williams en forme.

I Remember :
Explosion florale à la Animal Collective, des flûtes, ça commence à vraiment donner quelque chose de bien, MAIS ça ne se lâche pas encore complètement, on voudrait un grand crescendo à la In the Flowers (du groupe précédemment cité), on reste un peu sur sa faim.

ONE :
Alors là j’arrête toute critique, c’est parfait, tubesquissime, les refrains amènent parfaitement un couplet dévastateur, et quand commencent les rythme genre boîte de nuit synthétiques c’est encore mieux (écoutez vous comprendrez), on a qu’une envie c’est de se lever et de danser en tournant sur soi-même, enfin un crescendo avant le final en feu d’artifice : 5min26 de bonheur. LA MEILLEURE CHANSON DE LOIN.



Love Me Girl :
Un titre très électro, l’album manquerait-il d’unité ? Le patchwork c'est pas trop mon truc... Les claviers sont là pendant une super intro de 2 bonnes minutes puis une minute un peu space et ça repart comme l’intro et ainsi de suite... Un peu complexe : un 2 en 1. Personnellement j’aurais préféré plus court, un instrumental sur le thème de l’intro.

Rome
“ OhOh It’s gonna be mad “ comment ils disent, efficace petite bombe pop, toujours le clavier derrière qui donne tout son charme au genre, ça avance comme un train un peu fou vers l’Italie et ça disparaît à l’horizon, Tchou Tchou...

Strange Reunions
Chanson la plus courte de l’album, pas de grand intérêt à vrai dire, un peu japonisant ( et je suis pas trop fan sauf avec Air... ).

Mondegreen
Ça balance du lourd, nerveux, les cuivres super, les coeurs super, c’est carré, c’est efficace, des nappes, des claviers, un final en decrescendo alambiqué : on se rapproche de Late of the Pier.

Grizelda
En guise de conclusion, assez aérien, balade Animalcollectivesque, apaisant, on se réconcilie avec le disque si on a pas trop accroché, c’est joli, un bon point pour finir en espérant que le prochain album sera plus sur ce ton là...

En conclusion, assez inégal à mon avis, avec de bonnes choses mais aussi des chansons qu'on oubliera vite (malheureusement ?), attention au syndrome “album à trois-quatre tubes”... La suite devrait faire oublier cet album encore à la recherche de ses références... en attendant le troisième... Il faut dire qu'entre Passion Pit et Vampire Weekend, la concurrence est rude...








NB : Il faut dire que l'album a pâti de l'écoute simultanée du premier Hot Chip et de Beach House...

NB' : Enfin le plus important : je ne peux m'empêcher de signaler à ceux qui ne le sauraient pas encore que B. Biolay a triomphé samedi aux victoires : “ le monde entier l’a acclamé “ !



Je laisse Cassius publier sa chronique sur TTDC car il trépigne depuis quelques jours...

A la revoyure...

vendredi 5 mars 2010

Day 2
La deuxième soirée de la Route du Rock hiver commençait par Clues, des montréalais relativement discrets, mais nous faisant l'agréable plaisir de comporter nombreux dissidents d'Arcade Fire et des Unicorns. En toute honnêteté, il serait simple de comparer ce premier concert avec la soirée précédente et de constater qu'à la différence des Fiery Furnaces, la tempête canadienne avait emporté le public après à peine 30 secondes d'introduction, en grande partie grâce à des rythmes complexes, puissants (et pour cause, les deux batteurs y sont surement pour beaucoup) mais surtout maîtrisés. Car, les montréalais sont certes peu connus - la faute sans doute à des compositions tordues, malaisées, volontairement difficiles même - mais disposent d'un potentiel insoupçonné lorsqu'il s'agit de faire danser un public pendant une heure. Ils l'ont très largement prouvés, en mêlant des crescendos pop mélancoliques aux rythmes rock les plus fous qu'ils soient donnés d'entendre, le tout emmenés par un chanteur au falsetto parfait, d'autant plus surprenant de la part d'une personne ayant la particularité de ressembler à un expert-comptable en service. Les trois rappels furent exceptionnels, avec en final majestueux Ledmington, tout simplement la chanson la plus représentative de l'énergie/folie/mélancolie du quintette.

Venait ensuite les Texans de Shearwater, qui sont à ranger sagement pour tous les hipsters dans le tiroir des genres sous le label "dreampop", soit dans le même sac que les Beach House de la veille, à ceci près qu'il n'y a vraiment pas de rapport entre les deux groupes, si ce n'est un certain goût pour la rêvasserie moite, qui semblait de toute manière être partagée par la majorité des groupes du festival. Tout cela pour dire que Shearwater est un groupe sympathique, mais qui ne m'a convaincu qu'assez modérément, la faute peut être à une voix à la Chris Martin, peut être à une overdose de mélancolie justement. Je ne sais pas, mais ce n'était pas le concert du siècle.

Le truc qui était bien avec The Tallest Man On Earth, c'est que c'était un mec qui, à la base, n'avait pas trop de pression. Non, c'est pas vraiment comme s'il avait du remplacer au pied levé le groupe censé remplacer la tête d'affiche du festival, ayant annulé l'ensemble de sa tournée pour aller à des funérailles en Angleterre. Je pense que ça se gère à l'aise ce genre de situation. Bon, il faut dire qu'il était un peu aidé dans sa lourde tâche, puisque sa folk épurée à l'extrême (guitare/voix) ne ressemblait ni de près ni de loin aux groupes qu'il avait pour mission de remplacer. Pendant que d'autres faisaient leur deuil autour d'une bière apparemment plus réconfortante que notre suédois sur scène, j'en profitais personnellement pour apprécier le talent du charismatique jeune homme à composer d'habiles chansons folks dans la droite lignée du jeune Bob Dylan. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la Route du Rock venait de me surprendre par deux fois ce soir-là.

(On signalera au passage le très bon goût des DJs qui a eu le culot de passer un remix de Crystalised entre les deux concerts. Big up les gars, les gens ont du bien kiffé je pense.)

Bon c'est pas tout, c'était sympa les petites ballades à la guitare et tout et tout, mais Local Natives se faisait quand même sacrément attendre après tout ça. Et pour cause : ce qui était un recueil de pop-songs aussi illuminées qu'inventives sur CD (l'excellent Gorilla Manor) s'est métamorphosée sur la scène de l'Omnibus et sous mes yeux ébahis en une monumentale claque dans ma tronche. Je ne suis toujours pas véritablement remis mais le mélange harmonies à trois voix,  percussions  montées sur ressorts et habiles mélodies était absolument divin.

Il restait Clara Clara pour conclure, et je dois dire que je n'ai pas véritablement d'avis sur la question. La voix de François Virot est très agressive, la batterie est très mise en avant, ce ne sont pas les Animal Collective français (je sais plus où j'avais lu ça, mais s'ils me lisent, ils se sont TROMPES), et je ne réécouterais pas en boucle les chansons, mais dans l'idée, le concept a priori, j'aime presque bien.

The End

Et puisque c'est la fête ce soir, Kate Nash a ressorti une autre chanson pour aller avec le printemps qui arrive, avec un clip délicieux retro-nunuche à souhait. Et autre message personnel : les danois d'Efterklang ne sont pas aussi bizarres qu'ils en ont l'air, donc allez voir ce que ça donne, peut être que vous aimerez vous aussi. Ou réécoutez l'album de Two Door Cinema Club, il est bien si vous vous donnez la peine de bien l'aimer.

Kate Nash - Do Wah Doo_
Efterklang - Allke_

mardi 2 mars 2010

Avant-propos : La Route du Rock collection hiver est un festival à majorité de vieux. Pas de vieux croûtons mais plutôt de vieux lecteurs Télérama-Inrocks. En conséquence, l’ambiance y était chaleureuse et conviviale mais loin d’un festival digne de ce nom, d’ordinaire riche en détérioration de membres contre les barricades et autres accolades fracassantes. L’avantage, c’est qu’il devient très facile de déceler les groupes qui remportent l’adhésion du public, et l’on peut sans conteste affirmer qu’il y en a eu quatre à susciter l'enthousiasme, répartis sur les deux jours du festival.

Day One
Le festival s’ouvre sur les Fiery Furnaces, groupe réputé pour ses performances lives aussi déroutantes que leurs albums. On ne peut effectivement qu’être surpris voire désorienté par la complexité des morceaux, qui contrastent avec le caractère très brut du "matériau sonore" utilisé. La voix d’Eleanor Friedberger associée aux tonalités de la guitare de son frère Matthew donne une tonalité plutôt blues à l'ensemble, mais la structure des morceaux rebute plus qu'elle ne fascine (au contraire de Clues le jour suivant pour faire un petit flashforward). Le problème est à peu près similaire à ce que rencontre le math-rock le plus expérimental, style Giraffe Giraffe!, où le public se contente d'opiner du chef, ne pouvant faire guère plus avec un enchaînement arpèges en 12/8, refrain 3/4 et accélération de tempo en 5/4. C'était ici le même problème, même si un peu moins radical.

Vient ensuite ce qui fut l'un des moments les plus flamboyants de la soirée, si ce n'est du festival entier, les très impressionnants Beach House. Le décor est immédiatement planté avec une ambiance sapins en mousse et paillettes argentées qui ravit le public, dont la moyenne d'âge a subitement rajeuni face au fond proposé. Le duo s'installe, augmenté de leur batteur de concert, et leur pop stratosphérique s'installe dès les premiers accords plaqués par Victoria Legrand sur son piano électrique. Les morceaux s'enchaînent avec un naturel impressionnant et transportent à chaque fois un public de plus en plus béat d'admiration devant la force mélancolique des trois américains. Les Inrocks en sont tombés amoureux, et nous aussi, beaucoup.

Ensuite vient Jackie-o-Motherfucker, concert que l'on peut décrire comme un long réglage des balances de 45 minutes, avec à peu près le même effet léthargique sur le public, et où on y trouve également à peu près le même genre de réactions hors-sujet : " - (roadie) One, Two, One, Two, Test, Test - (public) WOOHOO ! ONE TWO !", sauf que J-o-M ne chantent pas. Ils font du gribouilli arythmique. Je me suis ennuyé puis je suis parti parce que honnêtement, il y a des groupes qui ne donnent strictement rien à voir en concert.

Heureusement, la suite s'annonçait intense, sombre et méchante. The Horrors rentrent en scène, et lancent la machine garage bien huilée par un Mirror's Image d'anthologie. Les ténébreux londoniens emmenés par le très impressionnant (et très illuminé) Faris Badwan déroulent ensuite la quasi-totalité de Primary Colours (à l'exception d'un Whole New Way très honorable), balançant avec autant de noirceur et d'énergie le krautrock de Three Decades que le shoegazing de Scarlet Fields. Le final absolument superbe Sea Within A Sea fut apocalyptiquement incroyable ce qui fait beaucoup de qualificatifs pour une seule phrase, mais quand même.

Malgré la lessive assez intégrale du concert précédent, on était quand même curieux de voir ce que pouvait donner un concert de Beak>, projet de Geoff Barrow, producteur du dernier album des Horrors sus-décrits (best new transition : 9.8 !), aussi connu pour être le bassiste de Portishead.  On apprécie l'originalité de la formation (basse au centre - batterie - synthétiseur-modulateur), même si les premiers morceaux restent trop expérimentaux pour remporter un franc succès. Au fur et à mesure, on parvient malgré tout à rentrer dans leur univers complexe et à suivre les cavalcades rythmiques du projet, à défaut d'en saisir le sens mélodique. Pour faire une comparaison un peu plus éclairante, on peut comparer  le concert aux jolies choses qui arrivent sur le Dashboard de Tumblr, parfois on ne comprend pas le sens de la photo qu'on a sous les yeux, on est juste ébloui par les paillettes, on les trouvent un peu superficielles, mais on aime  bien quand même.

Turzi, ça devait être bien, mais on l'a joué papy-style-dodo-2h, et on a pas vu.
Day 2 coming soon !

Oh et j'allais presque oublier, mais en fait, Foals et Kate Nash ont tout deux sorti un extrait de leur nouvel album, et ca fait très très plaisir à écouter :
Spanish Sahara - Foals_
I Just Love You More - Kate Nash_