mardi 30 novembre 2010

Alors bon, trêve de blabla messieurs dames, je n'ai pas envie de me présenter, je n'ai pas non plus envie de vous présenter ce que je fais ici mais bon, pour vous éclairer un peu, je vous dirais que mon rayon à moi c'est les choses très très pointues.

Et oui, d'un côté il y a vous, gens qui aimez traîner sur myspace des jours et des jours, toujours à la recherche de "la perle" sur les blogs de gens que vous tutoyez comme si c'était des potes alors qu'eux sont à des années lumières de soupçonner votre existence. Et de l'autre moi, qui vous dévoile ce que vous ne voyez pas passer, ce qui est bien plus pointu que ce que vous imaginez. Des mauvaises langues irons jusqu'à dire que vous essayez d'oublier leur existence mais la richesse de ce blog doit être dans la diversité.

Alors, je me fais porte parole de cette contre-musique dont vous ne voulez peut être pas entendre parler et pourtant je ne suis là que pour vos yeux et vos oreilles.

Cela étant dit, rentrons maintenant dans le vif du sujet.
Il est vrai que choisir un premier sujet dans cette faune d'actualité musicale est difficile, mais mon choix s'est finalement arrêté sur le nouvel album d'Eddy Mitchell.

Alors oui tout d'abord vous allez me dire « Quoi mais c'est faux! », mais non, ce nouvel album est bel et bien réel. Oui il est vrai, nous avions tous cru à la fin de la carrière de ce cher Eddy Mitchell qui nous a tellement fait rêver avec son super slow Couleur Menthe à l'eau, qui nous a tous donné envie d'aller swinguer dans le Loir-et-Cher avec sa famille et bien sûr, personne n'oserait faire sa prière du soir avant d'avoir écouté Boogie-Woogie.

Et puis tout à coup, tout s'arrête. Monsieur Eddy nous annonce le 8 novembre 2009 qu'il arrête de nous faire rêver de sa douce voix de caillou. Drame, pleure, crise de panique, on se demande comment survivre sans un nouvel album d'Eddy à écouter en boucle dans les bouchons ou à emmener à notre cours de danse country.

Mais ne pleurez plus les amis, grâce au ciel, IL REVIENT !

Le choix judicieux du titre de ce nouvel album s'est alors imposé : Come Back.



Un album toujours teinté des sonorités américaines chères à son cœur. Alors enfilez vos santiags cowboys, on va danser ridiculement en ligne avec des vestes à franges. Son petit côté Lucky-Luke avec son Jolly Jumper qui vend du rêve, mais pas Clint Eastwood parce qu'il faut quand même pas abuser avec les durs des westerns.

Clairement dans cet album, Eddy est tantôt en mode j'ai 10 ans, (il nous dit qu'il aimerait avoir 16 ans aujourd'hui et nous raconte ses colonies de vacances) tantôt en mode Booba avec En garde à vue. On observe facilement que ce vieux monsieur qui avoue être vintage est un peu en crise de nostalgie. Il fait dans l'actualité pour faire genre qu'il s'y intéresse dans Surmonter la crise. Et il nous parle de l'Esprit grande prairie façon chaman de Walker Texas Ranger.

Il nous donne aussi un peu envie de sortir les briquets et d'aller chasser le bison dans le Farwest c'est vrai, mais pas tout le temps quand même. Il nous donne aussi envie d'être la greluche à bas résilles assise sur le piano du saloon où il a l'habitude de venir boire un whisky entre deux méchants attrapé au lasso.

Et d'un coup changement, on se voit en petit maillots de bain début 20eme sur les plages de Deauville, Carbourg avec des mioches partout. Les colonies de vacances c'est pas toujours rose surtout quand on n'est pas un gosse de riche.

Monsieur se permet de se vanter d'avoir fait du 230km/h sur l'autoroute des vacances après avoir trop bu et même d'avoir soudoyé des agents de police. Ha quel cowboy cet Eddy, un vrai dur ! Tout ça c'est un genre de mélange d'un peu de Yakary le petit indien, une bonne grosse dose de Lucky Luke, du rebelle, de la crise de la soixante-dizaine et beaucoup de nostalgie.

Enfin bref, ce qu'il faut retenir de cet album, c'est surtout qu'Eddy Mitchell est un garçon facile et qu'il n'a pas besoin de ça.

Si (jamais) vous écoutez l'album (un jour), vous verrez ce que je veux dire.

samedi 27 novembre 2010

Ce soir ce n'est pas un album qui rentrera dans vos tops 2010 parce qu'il date de 2009 et que je ne découvre The Phenomenal Handclap Band que maintenant. Mieux vaut tard que jamais car ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette "expérience".




"Ce truc est complètement fou", c'est ce qu'on se dit dès la première écoute. Ces huit drôles d'oiseaux américains (auxquels il faut rajouter la participation du bassiste de TV On The Radio Jaleel Bunton ou de musiciens d'Amy Winehouse) tentent de mélanger tous les genres et, ne ménageons pas le suspens, ils y arrivent avec brio. Le plus fort, c'est de réussir à faire un truc aussi bien avec une accumulation de trucs aussi ringards. Parce qu'ils brassent large : rock, electro, funk, disco, blues, world music et j'en passe... Ils prennent tout ça, les mélangent et inventent des pop-songs jouissives. Prenons la première chanson The Journey to Serra Da Estrela (et encore c'est un instrumental), les guitares rock à la Pixies succèdent à une intro atmosphérique, puis arrivent l'inévitable orgue, le son Metronomy voire des sonorités orientalisantes. Ça peut paraître effrayant à première vue, mais il faut écouter pour comprendre et inévitablement apprécier.

Je ne vois pas de chanson faible, elles ont toutes quelque chose, une étincelle, une idée propre. All of the Above et son intro digne d'une série des années 1980, ses rythmes disco, son improbable solo d'harmonica tout ça avec une voix langoureuse qui récite l'alphabet en fond, c'est extra ! 15 to 20 toute aussi hallucinante, une voix s'élève et compte de 5 en 5 jusqu'à 50, tu te sens chanter en même temps, on retrouve un esprit un peu latino à la CSS.



Give it a Rest arrive à marier James Brown et ABBA ! Refrain imparable, guitare funk à souhait, chorale disco... Dans le registre des mariages improbables il y a aussi l'excellente Tears entre rock américain triomphant et sonorités... d'un peu partout : flutes de pan, instruments asiatiques, un véritable melting-pot musical.

The Circle is Broken amène une autre touche bien particulière, plus froide, plus folk, ça pourrait être du Grandaddy ou du Gravenhurst avec une évolution vers un refrain mystique en crescendo, ce qui montre la diversité du registre des américains... Tout comme You'll Disappear, fulgurance electro-pop, très frais mais toujours avec "ce truc" bien à eux et difficilement identifiable.

Baby, 
une lovesong jazzy noyée sous les saxos et cuivres de toutes sortes et les claviers et chœurs de la superbe Testimony :





The Phenomenal Handclap Band c'est donc une grande claque et si vous les avez ratés en 2009 ne les manquez pas en 2010... J'en parle maintenant non sans une idée derrière la tête, ils passent aux Transmusicales de Rennes dans quelques jours, peut-être qu'on y sera...







Pour finir et en bonus deux lives (de très mauvaise qualité mais c'est juste pour la petite histoire) en duo avec les Franz Ferdinand au cas ou vous seriez encore sceptiques. Avec le final du concert des FF et I Been Born Again des Phenomenal Handclap.






A la revoyure.


mercredi 24 novembre 2010

"On est passé de l'appartement de la débauche à l'appartement du réconfort. Et de la sciure de bois."

mardi 23 novembre 2010

Quand on va à l'Antipode, il faut prendre le bus. Et quand on prend le bus, pas vraiment besoin de regarder l'arrêt où descendre, il suffit juste de suivre les gens qui analysent la cohérence de ton style vestimentaire rapporté à la valeur indie-cred de tes cheveux. Des gens au demeurant fort mignons et cool. Un peu le thème d'une soirée qui s'annonçait un peu différente du fest-noz géant prévu le même soir à Rennes : Team Ghost + Quadricolor + Jamaica. Il va de soi qu'on aurait bien voulu faire la danse avec les petits doigts et tout et tout, mais bon depuis le temps qu'on rêve de voir un concert (entier cette fois) des Niçois, il aurait été dommage de rater ça.
Team Ghost
Bon, donc Team Ghost, belle introduction au sampler, avec un démarrage hyper-efficace à base de saturation post-rock, la voix vient se poser et c'est un flop. Mais un flop très long, et très ennuyeux. Enregistrer deux accords, chanter d'une voix molle, s'énerver inutilement, et recommencer encore. Suivant ?

Quadricolor
On vous l'avez déjà dit, on aime beaucoup les Niçois de Quadricolor, leurs reprises folles (un peu), leur très bon concert à Rock en Seine (beaucoup) et Euphony (énormément). Forcément dans de telles conditions, l'attente était assez énorme, mais même avec toutes ses attentes, ils s'en sont tirés haut la main. Des compositions tordues, personnelles, ultra-énergiques construisent un set où l'on voit passer tour à tour des breaks afro-pop, des guitares math-rock, des basses sursaturées, et autres batteries déchaînées, le tout en moins de temps qu'il n'en faut à un hipster pour te déclarer "so 2010". Et comme nous étions à Rennes et que les gandins nous avaient promis une surprise, on a donc vu Victor Zwolf débarquer sur scène pour leur (très très bonne) reprise de Stylo de Gorillaz. Oui, Victor Zwolf. Il y a eu un moment de flottement dans la salle, suivi de multiples "chanteur des Popopopops" prononcé sur à peu près tout les modes (Popopopops? Popopopops ! Popopopopops...) Le dude s'est visiblement bien éclaté à chanter avec ses copains, et a bien mis l'ambiance, donc le job était fait, rien à redire, on s'est bien amusé. Ils ont conclu sur Euphony, une vraie merveille qui redouble d'intensité en live. En résumé, leur concert était tellement exceptionnel qu'il vient un moment où tu te demandes vraiment ce que tu fous dans une salle aussi petite face à un truc aussi incroyable. Tu peux aussi te demander comment est-ce que c'est possible d'aimer autant des chansons que tu n'as jamais écouté. Si les maisons de disque pouvaient se réveiller, ça serait parfait.

Setlist :
No More Pain
In The Air
Unbalanced Funambulist
As A Ticking Clock
Devoid 
Stylo
Hopes & Fears
Euphony


Jamaica
C'était bien.

dimanche 21 novembre 2010

La fameux article du dimanche soir... Aujourd'hui au programme deux lives puis quelques mots sur le projet solo de David Sitek des excellents TV On the Radio.

Tout d'abord le concert de AIR à l'étage, LA bonne surprise de la semaine dernière. Un petit peu d'appréhension je dois l'avouer, clairement peur que ce soit chiant, et bien ces doutes ont été balayés dès les premières notes de clavier de Jean-Benoit Dunkel. Ils livrent un set aérien, ultra-propre. Ils tiennent la baraque à deux (+un batteur), Dunkel aux claviers, Godin à la guitare/basse. C'est millimétré mais cela ne les empêche pas de faire durer les morceaux, de réinterpréter leurs tubes avec notamment un Alpha Beta Gaga d'anthologie ("je crois que vous connaissez les paroles, elles ne sont pas très compliquées" nous lance Nicolas goguenard...). Leur look est parfait : ils sont habillés entièrement de blanc : des chaussures à l'écharpe négligemment posée sur les épaules... Tous ces éléments créent une ambiance bien particulière... Un fan des premiers rangs (un peu déchiré) en témoigne : "J'suis dans un rêve les mecs !! Je reste jusqu'à 5h du mat' !!".


Et puis vendredi soir, le concert d'un autre groupe français, les Syd Matters à L'abreuvoir à Musique de Noisiel (la Seine-et-Marne ça vend du rêve...). Belles chansons, super musiciens (ils changent tous d'instrument pendant le concert : de la flûte aux percussions en passant par la guitare ou le piano), super voix (tout le monde chante mais Jonathan Morali a vraiment un super timbre). Un bon petit concert entre folk et passages rock-alternatif à la Archive, leur dernier album Brotherocean est à écouter, même si je vous conseille plutôt celui de 2005 : Someday We Will Foresee Obstacles.


Et donc enfin quelques mots sur l'album de Maximum Balloon sorti à la rentrée, issu du "projet solo collaboratif" de David Sitetk. Ce disque révèle de jolies surprises, avec un son assez différent de celui de TV On the Radio. "Projet solo" est en effet une appellation qui ne colle pas au principe de l'album tant les collaborations sont nombreuses : Karen O des YYYs, Little Dragon, Theophilus London, et bien entendu de vieilles connaissances : Kyp et Tunde de TV On The Radio.



Sitek virevolte avec réussite entre rythme groovy, electro-pop voire dance assumée. Le single ultra-funk Groove Me fait démarrer l'album en fanfare puis les chansons s'enchaînent sans fausses notes. On navigue donc entre pop futuriste et épurée à la Chew Lips (Communion avec Karen O), postures lascives qui font parfois penser à La Roux (Pink Bricks) et voyages atmosphériques (The Lesson). Les fantômes de TV on the Radio ne sont cependant jamais loin comme sur Shakedown ou Absence of Light...

Tout cela donne donc un moment fort agréable, une jolie parenthèse pour David Sitek...









À la revoyure.

dimanche 14 novembre 2010

Haïku #2.

0 antidote(s)
"Sans parpaing, ça sert à rien."

vendredi 12 novembre 2010

C'est vrai, Nantes n'est pas Paris. C'est vrai, on a pas eu la chance de voir sans doute le dernier concert de LCD Soundsystem, et c'est vrai Anna Calvi coucou on t'aime. Mais en même temps, l'Olympic a une très bonne accoustique et des groupes sympas dedans quand même, et les Pays de la loirentais, c'est les copains des bretons. Alors quand le Teazine nous a offert l'occasion d'y aller, on s'est pas fait trop prier quoi. A l'affiche des choses très variées et très intéressantes (The Drums, Surfer Blood, Warpaint, Local Natives) et avec bien sûr une grosse cerise anglaise sur un gâteau majoritairement américain : Carl Barât, venu présenter son album solo (oooh le beau mensonge que voilà). 

(Sache que j'ai eu très envie de faire croire qu'on y était allé pour les échantillons gratuits de Black XS parce qu'on a eu la dose, mais même Chuck Norris arriverait pas à convaincre quelqu'un d'un truc pareil.)



Day 1

Bon. Donc comme entrée en matière, on a eu droit à la dernière chanson de Free Energy (et oui, un live report complet, c'est beaucoup moins drôle que de visiter le Grand éléphant mécanique de Nantes). C'était plutôt basique, assez sympathique, et ça ressemblait beaucoup à du rock alternatif australien des années 70. Un peu trop même des fois.

Et sinon ensuite Surfer Blood. Je suis plus mitigé sur ce groupe. J'ai d'abord détesté Surfer Blood et tout le retour des grosses chansons américaines à la Simple Plan (chanteur insupportable inclus), avant de me rendre compte que non, j'étais étroit d'esprit et c'était mal. Et depuis j'aime vraiment bien leur mélange afrobeat/punk-rock (ainsi que The Soft Pack que je met souvent dans le même sac, mais ça, on s'en fiche un peu). Même si le concert n'était pas tout à fait à la hauteur de leur excellent Astro Coast, j'ai vraiment aimé Take It Easy, Harmonix et Swim avec présence additionnelle (et assez incongrue vu la tête des gars de Surfer Blood) de Free Energy aux percussions. Il manquait peut être quelques ruptures, des breaks de batterie, des solos de guitares, des choses pour rompre la monotonie d'un concert finalement assez linéaire. Mais bon.



Après c'était Carl Barât, et je pense qu'il est superflu d'ajouter que c'était vraiment trop bien. Le dude peut marmonner du yaourt londonien entre les chansons, avoir plus de 30 ans, un marcel noir, et une violoncelliste qui craint pour son emploi précaire (eeeh oui tu es certes plutôt jolie, mais aussi extrêmement dispensable jeune fille), il arrivera quand même à faire remuer l'Olympic plus que n'importe quel autre groupe du week-end. Alors, c'est sur il se l'est mis dans la poche le public en jouant les classiques Bang Bang, Deadwood, Up The Bracket et autres Don't Look Back Into The Sun, mais en même temps comment lui en vouloir ? Cela permet d'alterner avec les chansons plus intimistes et vraiment convaincantes de son album solo (The Fall et The Magus notamment), et de réveiller le public qui plane un peu trop gentiment quand même.

Pour conclure la soirée, il y avait The Drums. C'est rigolo The Drums en concert, parce que quand tu écoutes le CD, tu vas pas nécessairement t'imaginer que les gars vont être aussi théâtraux et que le chanteur va faire aussi peur. Après Jacob Graham (alias Tambourin pour les groupies gentilles-mais-un-peu-flippantes-d'addiction du Tea Zine et de SPFV) qui virevolte avec sa guitare, c'est toujours sympathique à voir, mais la musique bon, tu fatigues un peu au bout d'un moment. Les chansons de l'EP sont très appréciables et très appréciées en live, mais celles tirées de l'album manquent d'inspiration, sont étouffées par un énervement assez laid du chanteur, et un jeu de guitare pour le coup vraiment minimaliste. C'est toujours frustrant de tomber d'accord avec les papas grognons du dernier rang qui t'ont pourri le concert à brailler : "Change de veste, et achète une basse ducon !" mais bon, c'est vrai qu'il faudrait penser à renouveler la formule les gars des fois.

Day 2

Pour ce deuxième soir, on comptait pas se faire avoir et arriver trop à la bourre, même si ça incluait de finir sa bière en quatrième vitesse sur les quais de la Loire (oui bon on a vu pire comme histoire quand même). Surtout qu'en ouverture c'était La Patère Rose, qu'on vous en avait déjà un peu parlé, et qu'on aime bien ce qu'ils font. Et donc La Patère Rose, un croisement impressionnant de genre, entre chanson franco-québécoise ironique, expérimentations électroniques, et rythmes à ressort survitaminés. On sent le goût des musiciens de Misteur Valaire pour les claviers oldschool et autres vinyls vintages sur plusieurs compositions. Et bien sûr, La Marelle reste une chanson excellente.



Warpaint, c'était beau, grand et mystique. Une batteuse déchaînée (un peu le thème de la soirée d'ailleurs), des guitares hypnotiques et un chant torturé, les californiennes nous avait déjà conquis au dernier Inrocks Indie Club de l'an dernier, mais là, elles ont pris une dimension toute autre avec leurs compositions tirées de The Fool, leur album paru récemment. Un peu contenu sur CD, les morceaux prennent toute leur ampleur en live et transporte le public dans un univers merveilleux composée de drogues psychédéliques et de torpeur sombre et moite. Et je ne dirais rien de leur beauté folle, parce que merde, on est pas là pour ça.


Local Natives, on en a déjà beaucoup parlé, c'est le concert parfait, dansant, impressionnant, millimétré, nerveux et aérien à la fois. Et Sun Hands en conclusion, c'est une très, très bonne idée.


Et pour conclure ces deux jours de festival, il y avait les anglais de The Coral. De la pop anglaise très basique, avec de jolis solos de guitares, et des refrains tout mignons. Pratique pour chanter autour du feu avec une cabine de plage et une bouteille, et sûrement assez proche de ce que les Beatles avait commencé à faire au début des années 60 (d'ailleurs leur reprise de Things We Said Today était vraiment bien), mais bon, loin d'être culte quand même. 

mercredi 3 novembre 2010

L'objectif de JNSPUF! étant de compléter son bestiaire pour la fin de l'année, ce nouveau groupe à découvrir vous est introduit sous la forme charmante d'un jeune bovidé.

On le sait depuis bien longtemps, les Québécois sont toujours les plus forts quand il s'agit de nous faire rire en français dans le texte. Et les nouveaux venus de Misteur Valaire ne déroge pas à la règle. 5 beaux et jeunes montréalais qui se présentent à nous vêtus de coiffes qui feraient palir We Are Wolves, il n'en faut pas beaucoup plus pour nous intéresser. Et lorsque la musique qui suit se révèle aussi extravagante, riche et intéressante, je m'enflamme personnellement et crie au génie.

Cela dit, l'ennui du groupe nominal "mélange des genres", c'est qu'il est beaucoup trop fréquent aujourd'hui pour être pris au sérieux. Un peu comme l'histoire du mec qui criait au loup, en fait. Allez quoi, je suis sûr que vous aussi vous avez eu une enfance heureuse ? Non ? Bon, donc, pour faire simple le mec qui crie au mélange des genres à tous les groupes qu'il rencontre (au pif : moi) finit au final bien embêté quand il tombe sur un groupe de la trempe de Misteur Valaire. Parce qu'effectivement, il y a du fil a retordre pour définir ce groupe qui tord lui même les conventions, passant en éclair d'une intro jazzy avec crépitements vieillis à un break new-wave appuyé par des beats hip-hop. Changements de rythmes et de tempo, Misteur Valaire s'amuse avec des morceaux-labyrinthes, où chaque partie suivante est toujours plus dansante et groovy que la précédente. Ca finit même parfois dans un solo épique à base de trompette.

Ils sont au final assez proche de ce que prophétisait Pitchfork (pour l'horizon 2097, certes) dans la chronique de Jess Harvell à propos de l'album de Battles : une machine hybride, mi-électronique, mi-humaine, 50% samplers, 50% "vrais" instruments, et où "les processeurs et les amplis Marshall marcheraient main dans la main". Et en vrai, c'est juste complètement incroyable à voir et à écouter.



En plus, et je ne suis pas vraiment certain de ce que j'avance, mais il semblerait bien que certains membres de Misteur Valaire soient également membre de La Patère Rose, un excellent groupe tout aussi décalé qu'on ira voir au festival des Inrocks à Nantes ce week-end, et tout ceci grâce au merveilleux Tea Zine (on vous aime les gars) !

lundi 1 novembre 2010

Bon c'est vrai cet article a mis du temps à sortir de terre et j'ai pas trop d'excuse (le changement d'heure ?) mais pour la peine vous avez droit à deux albums et un concert...

Un petit aparté déjà pour signaler que le concert de Crystal Castles vendredi dernier à l'aéronef de Lille fut assez scotchant, épuisant, transpirant. Avec deux premières parties, tout d'abord les très réjouissants suédois de Slagsmålsklubben et leur électro-pop déjantée qui ferait pâlir les compositeurs de la bande de Pokemon... Puis un set de Beat Torrent assez classique et un peu trop long... quand on attend la tête d'affiche depuis 3 heures. Crystal Castles a fini par arriver pour un live survolté d'un peu plus d'une heure, à voir avant de mourir...

Slagsmålsklubben - Malmö Beach Night Party (avec un clip un peu space).



Crystal Castles - Doe Deer (live à l'Aéronef Lille).



Voilà pour l'activité récente, revenons donc à des considérations plus PVTiste. Alors pour éclaircir les choses ils se l'ont joué à la MGMT en enlevant les voyelles après leur premier album, Pivot est donc devenu PVT mais ils sont toujours australiens, ils font toujours de la musique et ils sont toujours sur le très select label Warp Records. Mis à part ça, beaucoup de choses ont changé et le fan de Pivot n'est pas assurément fan de PVT et inversement... Écoute croisée pour choisir son camp : je vote PVT à vous de faire votre choix.

Pivot - O Soundtrack my Heart - 2008.
PVT - Church with no Magic - 2010.



































On peut résumer mon sentiment ainsi : dans O Soundrack my Heart, Pivot se cherche, dans Church with no Magic, PVT commence à se trouver. C'est intéressant d'écouter les deux albums ensemble pour voir l'évolution du groupe en avance rapide. O Soundrack my Heart est un instrumental avec tous les inconvénients du genre, trop froid, trop artificiel, souvent surfait, il veut dire beaucoup mais ne dit finalement pas grand chose... Il navigue entre Metronomy-bis (Epsilon), électro-rock rutilant (In the Blood), morceaux atmosphériques (Fool in Rain), voire touche New-wave (Sweet Memory). Il y a tout de même de bonnes intentions, une volonté ambitieuse de faire évoluer chaque morceau (O Soundtrack my Heart, Sing You Sinner) mais aussi des choses à oublier (Didn't I Furious, My Heart Like Marching).

Nothing Hurts Machine évolue à bon escient, sans démonstration de force, une des plus prometteuses :



In the Blood très efficace.



Première belle surprise, une voix vient se poser sur les notes de Church with no Magic. C'est comme si Animal Collective avait troqué sa pop contre un post-rock torturé. PVT est plus sombre mais canalise mieux cette énergie. On retrouve des basses saturées (Light Up Bright Fires, Crimson Swan) mais elle servent d'avantage le morceau, sa progression. La noirceur sourde cotoie les explosions lumineuses (Crimson Swan) ou aquatique (Church with no Magic). Les morceaux sont entêtants, parfois hypnotiques (Timeless), on pense inévitablement à Radiohead... Toutes les chansons sont soignées (parfois surproduites), une chanson de milieu d'album sans prétention comme The Quick Mile se finit en feu d'artifice. On frôle parfois le mauvais goût sur Window mais le morceau fini par nous emporter si on accepte de jouer le jeu... Même les transitions sont justes (Community, Wave & Radiation).






Contrairement à O Soundtrack my Heart, Church With No Magic apporte quelque chose de nouveau, une étincelle d'énergie noire, un son très personnel, on attend le troisième opus de PVT avec impatience... Enfin en espérant d'ici là qu'ils n'aient pas changé de nom...

O Soundtrack my Heart :







Church with no Magic :








À la revoyure.