vendredi 22 avril 2011



Après un premier album époustouflant et un second au mieux indigeste, Fyfe Dangerfield avait eu le mérite de revenir à beaucoup plus de simplicité avec son très bon opus en solo, dont on a parlé en bien ici et qui faisait accessoirement partie de mes albums de 2010. Beaucoup d'appréhension donc, avant d'écouter ce Walk the River d'autant que le premier single lorgnait plutôt vers Red que vers le doux lyrisme de Through the Windowpane.

Dès la première écoute on est cependant rassuré et au fur et à mesure que les chansons défilent on retrouve avec plaisir l'esprit du premier disque. Peut être de manière moins immédiate, sans doute l'effet de surprise est-il un peu passé, mais Walk the River reste un très bel album, exigeant (plus d'une heure), lyrique (un peu grandiloquent parfois), toujours très cinématographique mais surtout qui évite de retomber dans les travers du précédent.

Autant Red était vraiment "bordélique" par moment, autant Walk the River est soigné malgré le déluge de violons, chorales et clavecins. Se succèdent donc envolées lyriques et ponts enflammés que sublime la voix de Fyfe Dangerfield. Certaines chansons seraient d'ailleurs moyennes sans ses montées dans les aiguës, son timbre désabusé et ces chorales où sa propre voix se démultiplie. I Dont't Feel Amazing Now synthétise de très belle manière l'esprit de l'album et même plus globalement du groupe.

La chanson éponyme et premier titre Walk the River est définitivement un de mes coups de coeur de l'année :



On peut noter un petit coup de moins bien vers le milieu de l'album, que symbolise assez bien Slow Train, une sorte de anti-Trains to Brazil (un des tubes du premier album). Le groupe retourne parfois vers ses vieux démons mais sans en faire autant que sur Red ce qui sauve Ice Room, the Basket ou Tigers du mauvais goût que connaît bien Brandon Flower...


Les guitares de The Basket le premier single :


La plus grande qualité de gUiLLeMoTs c'est de savoir finir les chansons. Même quand un démarrage parait poussif ou que le refrain semble assez banal, on peut être sûr que Dangerfield nous réserve un feu d'artifice pour les deux dernières minutes. Il sait faire durer les chansons, il les rend interminablement parfaites, on s'en rend compte vers la fin de l'album avec le crescendo Sometimes I Remember Wrong et surtout le superbe Yesterday is Dead qui clôt magistralement l'album après huit minutes de lyrisme débordant ! Bravo !






À la revoyure avec demain un concert de PVT qui promet !

dimanche 17 avril 2011

Oui on sait, on vous parle sans doute trop de Quadricolor. Avec cet article, ils seront mentionnés autant de fois sur notre blog que Franz Ferdinand, ce qui constitue en soi une bizarrerie qui arrive assez peu dans la vraie vie, mais bon que voulez vous, pendant que les écossais se la coulent douce sans nous annoncer de nouveaux albums à sortir, les Niçois eux en profitent pour aligner les EP qui tendent de plus en plus vers la perfection musicale. En témoigne cet excellent Hide / Lie / Pretend / More / Than.

Hide / Lie / Pretend / More / Than by Quadricolor

Un EP surproduit, dans le bon sens du terme, où chaque son est réfléchi, parfaitement cohérent avec l'ensemble. On voit toujours assez clairement l'influence Radiohead dans les boîtes à rythmes, Grizzly Bear pour les harmonies célestes, le son de guitare phaser assez caractéristique, et surtout on y retrouve toute la folie et l'énergie d'un groupe qui n'a pas toujours pas fini de grandir et de nous proposer un univers musical inventif et radical. Everything Everything en plus énervé, plus abouti et avec de meilleures voix en somme.








Et un petit 9/10, parce qu'honnêtement, si n'importe quel autre groupe un peu connu nous avait pondu un tel disque, on l'aurait tous acheté sans hésiter. Allez le buzz, allez allez, fait ton boulot, nous on fait le nôtre merde.

mercredi 13 avril 2011




Cassius

Etre méchant et critiquer négativement un album, c'est un truc hyper facile à faire et hyper rigolo en théorie. Mais moi en général j'aime pas tellement, parce qu'en vrai, je suis quelqu'un de très gentil, et j'aime pas dire du mal du travail des autres, alors je vais dire gentiment que ce nouvel album de Metronomy, il me déçoit quand même vachement.

De manière toute simple et toute égoïste, ce disque n'est pas ce que j'attendais d'un nouveau Metronomy. Alors certes, il est extrêmement bien produit, il se renouvelle joliment, il est très cohérent et habité par une ambiance très distinctive, mais malgré tout, je n'arrive pas à rentrer dans cet disque bien trop long et monotone pour moi. Mon dieu ces deux dernières chansons de 6 minutes qui ne disent rien de bien intéressant.

Je vais pas non plus vous mentir, j'aime bien les harmonies mais la lenteur de la chose me fait regretter le bon temps où Joseph Mount avait la gueule de bois, mais nous faisait danser malgré ça. Maintenant, non seulement il a la gueule de bois, mais visiblement il a plus trop envie d'en faire grand chose. Heureusement pour moi, la folie Metronomy est encore présente sur The Look, seule chanson vraiment géniale de l'album, où l'ancien sautillant et suranné cohabitent avec le nouveau minimaliste et tropical de manière vraiment dynamique et novatrice.

Pour autant, je ne dis pas que mon jugement est définitif et sans appel, loin de là. Je trouve désormais que She Wants est très chouette avec son bruit caractéristique de synthé/animal marin et son groove profond, alors qu'au début, je pouvais pas la supporter. Donc peut être que je finirais par changer d'avis, et je l'espère vraiment parce que je suis hyper frustré de ne pas pouvoir apprécier tout le potentiel de sympathie que ce disque semble porter. Et je vais pas me faire de copains, mais Everything Goes My Way a sans doute une des mélodies les plus insupportables que j'ai pu entendre depuis le début de l'année.


Greenwood

Alors pour le coup je ne suis pas d'accord mais alors pas d'accord du tout ! Je me fais une joie de faire partie de l'accueil unanime qui va entourer la sortie de ce disque. Cédons à l'euphorie collective : c'est bien sûr l'ALBUM pop de l'année. Dans le sens où il s'écoute tout seul : immédiat mais pas pour autant léger, imparable mais complexe. On connaît rapidement toutes les chansons mais leur force c'est qu'on ne s'en lasse pas : de la belle, de la grande Pop.

J'adore les mouettes. Elles mettent tout de suite dans cette ambiance si particulière que le groupe a réussi à créer. Il faut écouter cet album sur la plage, les yeux fermés avec le bruit des vagues pour apprécier chaque son. Chaque bruit, chaque note, chaque accord est parfaitement posé, cohérent, appliqué, d'une propreté synthétique incroyable, rafraîchissant, pétillant. Cette application dans la production me fait un peu penser à LCD Soundsystem (oui je n'arrive pas à faire le deuil...).

Et là où je suis encore moins d'accord c'est que Every Thing Goes my Way est tout simplement (au sens premier) parfaite : la voix pure, les "ouh ouh ouh" irrésistibles, les cuivres joyeux à la fin, on se sent apaisé quand on écoute cette chanson. La suite est un enchaînement de petites perles pop, electro ou dance avec comme facteur commun ce clavier entêtant au son extra-terrestre. Du très cinématographique Trouble au méga-tube Corinne, tout est réussi et très bien réussi.

Pour ce qui est des deux dernier morceaux "interminables" ? Moi je dirais aboutis, évolutifs avec une tension crescendo-decrescendo et un clavier daftpunkien sur Love Underlined qui en fait l'une des meilleures chansons de l'album à mon avis. Mais c'est tellement bien de ne pas être d'accord en musique que je n'en veux pas à mon collègue qui devait sûrement être accaparé par l'album des Kills... Sans rancune ;)








Marion

Une fois n'est pas coutume, je suis plus l'avis de Greenwood.
L'album est illuminé par quelques morceaux vraiment géniaux : The Look, She Wants, Corinne et The Bay sont en boucle sur mon ordinateur depuis un moment et toujours impossible de m'en lasser (ou de m'en passer d'ailleurs).

Mais on ne va pas réduire ce très bon disque aux titres les plus tubesques, l'album parle autant à la fille facile musicale que je suis (mais si, toi aussi qui me lit je sais qu'une part de toi est cette personne binaire qui trouve une musique soit géniale soit naze, avec comme critère objectif les oscillations de ta tête et ton aptitude à la chantonner en yaourt), mais n'oublie pas pour autant d'élever le débat.

La couleur n'est pas la même que dans Nights Out, mais je trouve que ça marche de la même façon (on va dire qu'on passe de la mélancolie sautillante à l'optimisme évaporé) avec un genre de lumière d'ambiance (ouais, je me la joue métaphore visuelle aujourd'hui) qui unifie l'album et encourage l'écoute en boucle.
Et puis bon y'a des mouettes quand même.





lundi 4 avril 2011


Le dernier live des géniaux LCD Soundsystem en intégral, 3 heures, 41 minutes et 14 secondes d'adieu (avec Arcade Fire aux choeurs au bout de 2h04 sur North American). Si comme moi, vous auriez vendu un rein pour y être... Enjoy !









À la revoyure.

samedi 2 avril 2011

Vu que c'est un petit peu l'avalanche des sorties d'albums en ce moment, je me permets de vous faire part de mon amour pour un autre disque sorti récemment, celui des New-Yorkais de The Pains Of Being Pure At Heart. (Eh non, pas les autres New-Yorkais beaucoup trop galère à chroniquer).


The Pains Of Being Pure At Heart est aussi simple à définir que difficile à écrire. Ils sont majoritairement influencés par le style indie-pop au sens premier du terme, c'est-à-dire par tous ces groupes en The révélés par la compilation C86 du NME (parue en 1986 justement). L'indie-pop au sens premier du terme, WTF me direz-vous sans doute ? L'indie-pop c'est surtout un nom un peu obscur utilisé pour désigner des lignes mélodiques légères, des guitares claires, et des chansons deux accords idéales pour parfaire le doux spleen printanier. Leur premier album mariait habilement cette pureté du coeur à des guitares cradingues (= shoegaze) qui nous faisait encore plus plaisir que leur romantisme très mignon. Oui mais voilà, c'eut été bien trop facile de copier bêtement et de ne jamais évoluer. Surtout qu'en 2011, c'est assez simple, tu évolues dès le deuxième album ou tu dégages.

Et heureusement pour eux, les New Yorkais ont choisi la deuxième voie. Dès les premières notes, Belong surprend par sa production et ses guitares pour le coup plus orientées années 90, et nous rappellent d'autres New-Yorkais peut être moins romantiques mais tout aussi sympathiques (Sonic Youth, oui, c'est ça). Si c'est possible, il semblerait que nos quatre adolescents aient encore améliorés leur songwriting, et il est désormais absolument impossible d'échapper à leurs immenses chorus (Heaven's Gonna Happen Now reste en tête des heures durant), ainsi qu'à la perfection de leur pop-songs taillées pour les walkmans et les B.O. de teen movies vraiment trop cools (Anne With An E notamment, mais l'album entier aussi quand même).

Alors oui, ça va encore faire râler les partisans de "l'original", les fans hardcore de Slow Dive, Ride, My Bloody Valentine & co, mais contrairement à leur source d'inspiration, The Pains Of Being Pure At Heart ont de leur côté l'actualité, le présent, et l'immédiateté d'un album qui parviendra sans doute à dépasser le cercle des initiés passéistes, tant les chansons sont parfaites et teintées d'un romantisme qui évite (on ne sait trop comment) l'écueil niaiseux de la dream-pop. Comme dirait leur maison de disque, Play it again Sam.