samedi 26 février 2011

Comme l'a justement souligné Greenwood dans son article précédent, l'an prochain, nous serons bel et bien forcé de délocaliser JNSPUF! en Ecosse et en Suède, deux grandes terres musicales aussi diverses qu'intéressantes. C'est pas trop dans nos habitudes de raconter nos vies comme ça, mais il faut reconnaître que lorsque tu te rends compte que tu iras passer un an dans un pays que tu ne connais quasiment pas, ça change beaucoup de choses. A commencer par ce que tu écoutes au quotidien. Coïncidence ou non, je vous fais un petit horizon de ma playlist écossaise du moment. Ca valait le coup de vous faire patienter un peu non ?


Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will

Un disque tellement bon qu'on en oublierait presque que Mogwai officie depuis déjà 16 ans, 16 ans de bonheur musical, de concerts surpuissants, de chefs d'oeuvres réguliers. On sent le groupe apaisé, quelque chose d'assez nouveau pour un groupe à l'univers aussi torturé. Il parvient même à se libérer des sacro-saintes structures post-rock pour lorgner du côté du krautrock et faire parler son imagination et son originalité. Le tout pour nous offrir leur meilleur contraste : la pureté atmosphérique contre la saturation brute. On ne sait pas franchement si ce disque ne mourra pas, mais il aura sans doute une longévité assez extraordinaire.


Sons & Daughters - This Gift

Un album exceptionnel par un groupe écossais également bien trop méconnu. Bien plus que de l'indie basique de seconde zone, ce troisième opus paru chez Domino Records - excusez du peu - témoigne d'une élégance rock vraiment incomparable. La promotion de cet album nous vantait le single Gilt Complex comme celui qui allait détrôner Kate Nash de ces Foundations, mais à la vérité, les Glaswegiens aiment beaucoup trop les refrains fédérateurs et les chorus entraînants pour en vouloir vraiment à la Londonienne. Il ne doit pas se passer une seule chanson sans que surgisse des ohs et des ahs de derrière les riffs cradingues de guitares et c'est ce subtil mélange entre pop et rock qui fait la magie du groupe, intransigeants d'un bout à l'autre des douze pistes. This Gift, Darling & Goodbye Service vous convaincront à coup sur de l'intérêt de les soutenir sans condition.



Camera Obscura - Underachievers Please Try

Une des spécificités musicales de l'Ecosse, sorte de produit local, c'est la twee-pop. Une pop mignonne, fraîche et légère, qui ne correspond pas franchement à l'image qu'on peut avoir des Ecossais, disons le honnêtement. Et pourtant la tradition est bien présente depuis Belle & Sebastian jusqu'à leurs copains de Camera Obscura qui nous offrait sur ce disque (qui date quand même de 2003) les plus belles compositions du groupe à mon sens. Alors oui c'est basique, approximatif et parfois un peu niaiseux, mais franchement, c'est irrésistible.


Errors - How Clean Is Your Acid House?

Il y a assez peu de gens au courant, mais Mogwai a créé un label : Rock Action Records. J'ai pas eu l'occasion de me pencher sur la totalité du catalogue, qui doit être très intéressant à n'en pas douter, mais j'ai quand même pu y découvrir Errors, également Glaswegiens (une grande famille visiblement).  Leur premier EP est consistué de 5 chansons aussi équilibrées que variées, qui font honneur à la richesse sonore de leurs patrons de label.


Et puis parce que les oublier lorsqu'on parle de l'Ecosse serait l'équivalent de manger du haggis végétarien, voici un petit cadeau pour la route qui vous rappelera sans doute le moment où on écoutait cette chanson fantastique sur le vinyl digital de leur site internet :

mardi 15 février 2011







Une petite parenthèse pour commencer et vous annoncer que JNSPUF! se délocalisera pour un an en 2011-2012. J'aurai le plaisir de vous écrire depuis Stockholm alors que Cassius sera notre envoyé spécial à Édimbourg.


Je continue dans ma thématique "Australie" en évoquant ce soir le nouvel album de Cut Copy qui s'est engagé dans une voix comparable à celle de Midnight Juggernauts ou Tame Impala. Encensé par Pitchfork, c'était aussi mon disque de ce début d'année même si j'ai bien peur que la surprise de Radiohead ne vienne l'éclipser un peu vite...


Comme les membres de Cut Copy se plaisent à le dire, Zonoscope n'est pas seulement une collection de chansons pop taillées mp3, le groupe s'est appliqué à rechercher une cohérence globale, une histoire suit l'album tout en laissant s'épanouir dans chaque morceau un développement propre, un monde caché. Il faut aussi dire que les Australiens ont parfaitement compris la recette du tube électro-pop et qu'ils l'appliquent à merveille tout au long de l'album.


Comme beaucoup de groupes aujourd'hui, Cut Copy a su s'émanciper de la structure refrain-couplet. Le groupe à tendance à l'appliquer uniquement pour la forme avant que la chanson ne démarre vraiment. On pense à beaucoup de chose évidement, au côté "aquatique" d'Animal Collective, au groove de Wave Machine, aux envolées électro de Yeasayer et bien sur à tous leurs cousins australiens dès que les synthés démarrent et que les nappes prennent la place des guitares. Plus frais que Midnight Juggernauts (on retrouve par contre le même côté clair-obscur), moins psychédélique que Tame Impala, Cut Copy a vraiment un son.


C'est dans l'application portée aux rythmes et au moindre petit son qu'on comprend la richesse et la qualité de chaque chanson. On trouve un peu la même application que dans LCD Sounsystem, son par son, comme un mille-feuilles. On retrouve également le parlé-chanté de James Murphy sur certains titres.


Mais comme on l'a dit c'est surtout sur la structure des morceaux que le groupe s'est appliqué. Pharahos and Pyramids (un des tubes de l'année assurément) est le symbole de la "formule Zonoscope". La chanson est coupée en deux, une première partie au rythme répétitif, aux basses profondes, où l'accent est mis sur les percussions et la voix, puis le pont arrive aérien, la voix s'élève à nouveau et le tube électro est lancé. Cut Copy joue vraiment sur le contraste entre passages bruts, monocordes et envolées lumineuses, aériennes et surtout ultra-efficaces. Sun God longue montée de quinze minutes qui flirte entre pop atmosphérique et électro french-touch vient clôturer ce Zonoscope qui finira sûrement dans les tops de fin d'année...
















Le premier extrait du nouvel album de Radiohead pour ceux qui seraient passés à travers les mailles du filet...



À la revoyure.

samedi 12 février 2011


Belle soirée en perspective avec le vainqueur de CQFD Young Michelin et le très convaincant groupe écossais The Phantom Band. Après une bonne demi-heure d'attente, dans une salle quasi vide, due à une confusion entre horaire d'ouverture de la salle et début du concert, les clermontois ont fini par monter sur scène.


Je ne partais pas convaincu par le dernier chouchou des Inrocks mais ils ont été séduisants pendant quelques chansons avant que le charme de la découverte de s'évanouisse. Il sont gentils avec leurs Copains en ouverture mais c'est un peu enfantin et en cela ils contrastent bien trop avec le Phantom band. Le très vintage Je suis Fatigué est vraiment sympa mais le côté Indochine me gène un peu, tout comme les paroles, le choix du français est toujours dangereux. L'attention a baissé tout au long du concert surtout qu'aucun des membres n'a fait l'effort de parler à la salle, un peu dommage pour des français... Surtout quand le Phantom Band s'est donné cette peine. Young Michelin (dont les membres ne sont pas si jeunes que ça, ils tournent autour de 35 ans) a pour le moment tout ce qu'on attend... d'une première partie.






Comme vous l'avez compris je venais surtout pour voir la traduction sur scène des deux excellents premiers albums de The Phantom Band. C'est donc le grand écart avec Young Michelin puisque le groupe écossais se caractérise par son rock adulte, mature, sombre, dans la même veine que leurs cousins de The National outre-Atlantique. Ils réussissent à faire tenir sur la petite scène de l'Ubu leurs trois claviers, leurs trois guitares et une multitude d'instruments moins communs comme des pianicas et même un balafon. Très pros, ils ont livré un set très propre à l'image de leurs deux albums en alternant morceaux folks lumineux comme l'excellent Folk Song Oblivion, guitares saturées, "happy birthday" (anniversaire du chanteur oblige) et pop songs avec un joli moment de grâce guitare-voix sur Come Away in the Dark. Légèrement déçu qu'ils ne jouent pas leur magistral instrumental Crocodile, j'ai été ravi qu'ils l'aient en réalité gardé pour le rappel, quinze minutes de tension avec un final en feu d'artifice. Au final un concert tout en contraste, Young Michelin a eu au moins le mérite de faire ressortir la qualité du concert des Écossais.



En attendant un article sur l'Album de début 2010... À la revoyure.

jeudi 10 février 2011

On dit souvent qu’une tendance musicale poussée à l’extrême annonce toujours la tendance inverse.

Les années 90 ont amené leur lot de grosses guitares distordues et rageuses, et les années 2000 ont vu se développer un sous-genre au départ ironique : le math-rock. Oui je sais, je vous en ai déjà parlé à l’occasion de l’album de Battles, mais en vrai c’est juste que j’écoute l’EP des parisiens de Sarah W. Papsun en boucle en ce moment. Et déjà qu’à l’écoute de Furs j’avais eu envie d'écrire cet article, cet EP m’a véritablement donné envie de vous parler un peu de l’influence de Foals aujourd’hui.


 
Assez sous-estimé dans son ensemble (aux Etats-Unis notamment), car à mi-chemin entre le post-punk et le math-rock plus radical, Foals représente pourtant une nouvelle idée du rock indépendant. La question de base est simple : comment faire du rock aujourd’hui quand on trouve des musées du rock, des Guitar Hero à la pelle et quand les guitares saturées sont monnaies courantes, y compris dans les pubs les plus dégueulasses ?

L’origine du succès de Foals me semble être tout simplement d’avoir pu répondre à cette question et combler ce vide. Sans doute un peu involontairement, mais avec un brio certain, le groupe est parvenu de cette manière à influencer toute une poignée de groupes français, autant séduit par le son particulier que par l’univers quasi-surréaliste des petits chevaux, alternative sans doute assez crédible au branleur-rockeur-poseur, difficilement tenable aujourd’hui. Comme le disait je sais plus très bien qui, «C’est plus du tout cool aujourd’hui d’être rock et de faire des conneries, ce qui est cool c’est d’être vraiment bon.»

J’accorde sans doute beaucoup d’importance, peut être même trop, à un groupe comme Foals, mais il me semble que je ne suis pas le seul lorsque j’entend les premières notes de Bye Bye Teacher. De Quadricolor aux Popopopops, il est clair qu’Oxford fait rêver depuis Antidotes (et peut être même depuis The Edmund Fitzgerald, le groupe pré-Foals).

Le truc c’est aussi que Foals est un groupe tellement identifiable qu’il suffit de caler des notes de guitares aiguës jouées staccato sur un rythme une croche deux croches et hop ça ne manque pas : «Ca fait penser à Foals». Oui ça fait penser à Foals, mais est-ce que d’autres groupes peuvent réutiliser ces éléments en parvenant à s’en détacher ? En écoutant l’EP entier des parisiens, on se dit que oui. Dans un sens, le fait d’être en présence d’autant d’éléments connus force l’oreille à écouter les différences : constructions d’avantage fragmentées, utilisation de samples vocaux, voix  sans doute plus apaisée. Apparemment taillé pour le live, où ils ne jouent qu'un seul [long] morceau, les parisiens gagnent à être connus, autant pour danser que pour apprécier la beauté mathématique de leurs morceaux. La tête et les jambes tout ça, tout ça.



Bye Bye Teacher - Sarah W. Papsun
 

No Footprints Please - Sarah W. Papsun

mercredi 9 février 2011

LCD Soundsystem - Tribulations.



Bonus consolation : ici

(valable 48 h).

À la revoyure.

samedi 5 février 2011





Il fallait bien que ça arrive, on finit par se pencher sur un album sorti cette année : Mine is Yours des Cold War Kids. À l'écoute des premières chansons on a du mal à reconnaître le groupe de Long Beach : exit le rock rugueux, plein d'aspérités, hanté et les guitares lancinantes. On a plutôt l'impression d'écouter le nouvel album de The Killers. Apparemment les Californiens veulent changer de dimension et remplir des stades désormais. Ils sortent donc l'artillerie lourde et malgré mon goût prononcé pour le rock triomphant, il faut avouer que le résultat est finalement assez inégal...

Au bout de deux ou trois écoutes, on connaît déjà la plupart des chansons, je ne suis pas sûr que ce soit bon signe pour un groupe qui avait fait de l'enchevêtrement mélodique sa marque de fabrique. Le problème avec ce genre c'est qu'il faut assumer à 200% les hymnes franchement pompier pour que ça tienne la route ; là, les Cold War Kids ont une fâcheuse tendance à dérailler, à ne pas assumer totalement le mauvais goût... Il faut le dire, certaines chansons sont vraiment mauvaises - à commencer par Mine is Yours - mais s'il est facile de trouver tous les défauts du monde cet album, avouons tout de même que quelques titres sont assez irrésistibles, notamment Louder than Ever et Royal Blue.



Mine is Yours n'est donc pas le Bulldozer qu'il voudrait être (allusion subtile à un des titres) mais plutôt une expérience assez inattendue de la part des Californiens qui, on l'espère, reviendront vers plus de subtilité. Comme quoi, et contrairement à ce que certains pensent, n'est pas The Killers qui  veut...







À la revoyure.

mercredi 2 février 2011


PVT - Church With No Magic - Remix by Midnight Juggernauts.


Midnight Juggernauts - Cannibal Freeway - Remix by PVT.



Bonus australien :

The Temper Trap - Fader - Remix by PVT.


À la revoyure.