vendredi 29 janvier 2010

Chapeau les Râteaux

C’est donc moi le petit nouveau, Greenwood pour les intimes, invité par ce cher Cassiu¨s à apporter ma très humble contribution à JNSPUF!, en espérant bien évidement, que cette collaboration sera fructueuse.

Bon, trêve de bavardages inutiles, nous commencerons donc par une petite rétrospective sur la fin de l’année 2009 et un événement qui nous a tous bouleversés : non pas l’hospitalisation de Johnny mais la dissolution d’un groupe marquant de ces dernières années.

Pas celui des frères Gallagher, mais bien des Rakes, qui, le 22 octobre dernier ont donc décidé d’un commun accord (et pas après un pugilat familial) de se séparer en pleine tournée après 5 ans de bons et loyaux services rendus à Sa Majesté. La faute à qui ? C’est eux qui en parlent le mieux :

"Nous n'avions plus le coeur à jouer ensemble [...] Si nous ne pouvons pas nous y consacrer totalement alors nous ne continuerons pas. Après beaucoup de discussions, nous avons tous été d'accord pour décider que nous ne pouvons plus nous y consacrer à 100% et nous regrettons d'annoncer que The Rakes se séparent".

Petite piqûre de rappel :

The Rakes - groupe de rock britannique on ne peut plus classique :
- Quatre membres (chant, guitare, batterie, basse).
- Un nom qui commence par “ The “ aux multiples interprétations (au sens propre “ Les Râteaux “ parce qu’ils sont minces, ou alors figuré “ Les Débauchés “, “ Les Libertins“).
Ils signent avec la maison de disques V2 Records (The White Stripes, Grandaddy, Bloc Party notamment) en 2004 et font les premières parties de Bloc Party ou Franz Ferdinand (excusez du peu) dans leurs tournées européennes jusqu’en 2005 où sort leur premier album.

Et c’est comme souvent dans ce genre de moment tragique qu’on se replonge avec une pointe de nostalgie dans une discographie peu fournie à notre grand regret. Avec trois albums au compteur : Capture/Release ( 2005 ), Ten New Messages ( 2007 ) et enfin Klang ( 2009 ) qui forment tout de même un triptyque assez cohérent.



- Capture/Release -

Acheté il y a maintenant cinq ans parce que je m’ennuyais ferme chez mes grands-parents, je n'ai pas tout de suite accroché mais en y mettant un peu de bonne volonté, on trouve en fait une jolie pléiade de petites bombes punk-rock ravageuses. En fait, la moitié des chansons ne dépasse pas les 3 minutes ce qui n’est pas un bon point pour moi à première vue, mais on ne peut que s’incliner devant l’efficacité des Retreat ( 2’58 ), 22 Grand Job ( 1’47 ) et autre Violent ( 2’35 ). Quelques chansons plus calmes et plus travaillées comme Binary Love ou Open Book que même ta grand-mère connaît (Oooh Oooh ! Oooh Oooh !), chanson qui a fait les beaux jours des pubs CanalSat. Le second CD de la version collector n’apporte pas grand chose de plus, mis à part All to Human, paradoxalement le premier single du groupe mais qui, comme We Are All Animals, annonce le deuxième opus.



- Ten New Messages -

Car cet album est celui de la maturité à mon sens ( et donc mon préféré ). Le deuxième album est toujours le plus compliqué surtout quand le premier a reçu un accueil favorable.

( À ce sujet l’article qui commence à dater d’Hugo Cassevetti www.telerama.fr/musique/16916-epreuve_du_deuxieme_album.php )

The Rakes se sont calmés, les guitare ne vont pas au placard à râteaux mais sont moins énervées. Le groupe bascule peu à peu vers un esprit plus new-wave. Les chansons s’allongent, se complexifient dans le bon sens du terme, notamment sur Suspicious Eyes (deux chanteurs en plus avec la jolie voix de Laura Marling et le flow de Raxstar) qui est sûrement la meilleure chanson de l’album (de leur discographie?). Dans cette veine plus sombre on peut distinguer Time Stop Talking, When Tom Cruise Cries ou encore Down With The Moonlight. Mais pas de panique pour les amoureux des sauts de cabris, l’album cache quelques tubes plus énergiques avec le single We Danced Together ou On A Mission.



- Klang -

On arrive donc au dernier album au titre “ onomatopesque “ sur lequel je ne m’étendrais pas, Cassiu¨s l’ayant déjà chroniqué. Mais bon, comme je ne suis pas complètement d’accord, tout de même quelques mots pour essayer de nuancer les accusations qu’on a pu entendre sur The Rakes qui seraient à la croisée de Franz Ferdinand, Bloc Party et The Strokes. Tout d’abord les références feraient plaisir à plus d’un groupe, mais surtout je trouve que le groupe londonien a su, tout au long de ses trois albums se forger une identité propre et ceci en dépit du fait qu'ils ne partâssent pas du bon pied en choisissant un nom commençant par “ The” comme les 3/4 des groupes de la scène anglaise, identité propre qui a indéniablement marqué les années 2000. Pour terminer on assiste plus sur l'album à un retour aux sources qu’à un approfondissement de Ten New Messages, on retiendra principalement le tube 1989 (clin d’oeil à l’enregistrement qui s’est déroulé à Berlin ?), la première chanson You’re In It (qui renoue avec Capture/Release) et la dernière The Final Hill, plus proche elle de Ten New Messages avec une ligne de basse inaugurale qui ferait pâlir Interpol (enfin ça reste une expression car les Américains sont déjà plutôt livide...).

J’ai eu la chance de les voir en concert à deux reprises à Rock en Seine ( fin de l’été 2006 ) et à l’Élysée Montmartre, à ce qui a du être leur dernier concert parisien le 13 mai dernier.

The Rakes en concert, c’est un bon moment assuré avec une ribambelle de tubes, toujours une reprise de Gainsbourg (Le Poinçonneur des Lilas devient Just a Man With a Job le temps d’une chanson), de superbes mitaines rouges écarlates, mais surtout les mouvements frénétiques et uniques en leur genre d’Alan - le chanteur - sur la scène qui compensent largement une voix parfois défaillante quand Matthew - le guitariste - ne le soutient pas.

Il est vrai que la deuxième prestation fut moins percutante, sachant qu’il est facile de dire aujourd’hui "On voyait qu’ils allaient droit dans le mur !“. Mais tout de même des signes qui ne trompent pas : seulement une heure de concert, sans rappel (de toute façon la batterie et nos espoirs avait été réduit à néant par un coup de pied d’Alan) c’est un peu léger quand on dit être “ amoureux de la France “...

Mais bon, on leur pardonne, sachant que dans dix ans - et je suis optimiste - tout le monde les aura oublié, et on leur souhaite bonne chance pour la suite !

Eh bien voilà, premier article terminé, je vous laisse à l’écoute de ces quelques morceaux que j’ai pioché dans les trois albums.

À la revoyure pour de nouvelles aventures.

CQFR( = Ce Qu’il Faut Retenir) de The Rakes.












mercredi 27 janvier 2010

Puisqu'apparemment l'hiver revient en force, il semble relativement approprié de se réchauffer les mains et les oreilles glacées auprès de tous les trésors que le plus beau pays du monde a à nous offrir. Je veux bien sur parler ce soir de la Suède, pays ô combien célèbre, autant pour ses températures extrêmes que pour ses ritournelles pop, plus anglaises que les Anglais eux même. Pour l'honnêteté intellectuelle, je précise ici que ma sympathie nocturne pour cette chère Nation de l'Etat-Providence n'a absolument aucun lien avec le mythe urbain concernant la plastique des Suédoises.

Pour commencer, on peut atterrir directement en case suédoise sans passer par les Hives, tellement cela serait inapproprié et quasi old-school. Mais quand même, un petit Little More For Little You pour se mettre en jambes, ne me dites pas que vous n'aimez pas ça. (1)

Non, pour vraiment rentrer dans le coeur du sujet, on peut s'intéresser par exemple aux légères compositions quasi-balnéaires de deux grands groupes suédois, respectivement Air France et jj, deux noms aussi mystérieux que leur musique est hypnotisante.
Air France rend un hommage à la Suède et à leur ville d'origine, sur le magnifique Gothenburg Belongs To Us. Air France fera sans nul doute office d'accroche facile avec leur contraste ville d'origine/nom qui ne l'indique pas, type Architecture In Helsinki, I'm From Barcelona ou encore FM Belfast, et on peut espérer qu'ils parviendront ainsi à faire connaître leur easy-listening fluide qui a de beaux jours froids devant lui. (2)

Pour ce qui est de jj, c'est plus compliqué, ils viennent également de Gothenburg, mais ne veulent pas de toute évidence être connus. Ils refusent le myspace, et donnent de toute évidence dans la sobriété et la drogue. Ecstasy vous le prouvera mieux que tout mes mots. (3)

On quitte maintenant la transe psychotrope, et on se tourne vers du plus conventionnel avec le clip très drôle de ces 5 suédoises qui ont le mérite de se faire tirer par un groupe d'hommes apparemment tout à fait soumis. La voix est agréable, l'instrumental appréciable et cela met du baume au coeur comme la pop suédoise sait le faire. Entre courir et danser, on ne sait plus que faire. (4)

Et pour finir, un petit retour en 2007 avec le charmant Loney, Dear, tout simplement parcequ'il est impossible de se lasser de ce petit bijou de mélancolie pop. (5)

Je vous annonce enfin qu'à mon grand plaisir, le fameux train du bonheur qu'est JNSPUF! s'agrandit un peu plus et accueillera sous peu sieur Greenwood pour encore plus de mots et de musiques ! Si vous ne vous sentez pas aussi détendu qu'un chamallow grillé après ces belles chansons et ces sympathiques nouvelles, je ne vous comprend pas.

dimanche 24 janvier 2010

Mettons nous d’accord tout de suite : The Kabeedies, dont il sera ce soir question après avoir été procrastinés sans fin dans ma pure tradition personnelle, n’ont absolument rien d’original. Ils sont 4, sont anglais, ont une chanteuse dans la droite lignée de la pop anglaise post-Lily Allen  (Florence Welsh, Little Boots, etc.) ainsi qu’un trio instrumental des plus classiques : basse, guitare, batterie. Leur son ressemble d’ailleurs à ce que ferait Kate Nash si jamais elle décidait de se mettre à chanter dans Operator Please : une pop dynamique, fraîche, sucrée et ultra-enfantine.



Pourquoi donc s’intéresser à ces jeunes gens, a priori trop banals et trop influencés pour être honnête? Tout simplement parce que les Kabeedies ont sorti récemment leur debut album Rumpus, et qu’il a été injustement laissé de côté par une trop grande majorité de gens. Certes il n’est pas d’une technicité musicale à vous couper le souffle, mais il reste une incroyable collection de petits singles (2 minutes de moyenne) tous plus sympathiques les uns que les autres. Autre chose qui mérite l’intérêt voir le respect : leurs harmonies à trois voix, d’autant plus surprenant que l’on attendait pas plus des Kabeedies qu’un refrain agréable et un chorus entraînant.

Sur ces sympathiques considérations, je vous laisse comprendre avec ces deux chansons pourquoi ils ne se sont pas encore fait détroner dans mon compteur iTunes par I Felt Stupid des Drums et plafonnent quand même à plus de 100 lectures (cumulées sur tous leurs petits singles) :
- We Make Our Own Adventures_
- Palindromes_

Sinon, il y aussi ceci que je trouve vraiment bien en ce moment :

Sky Larkin - Fossil, I
The Leasure Society - Save It For Someone Who Cares

Coming soon, une playlist spécial Suède (yiha) !

vendredi 22 janvier 2010

Après un mot puis un paragraphe, JNSPUF! déroule désormais le tapis rouge sous les pieds des trois irlandais de Two Door Cinema Club en leur consacrant un article entier. C'est sûrement trop pour un seul groupe, et ca ne fait que retarder le moment où je parle d'autres choses mais c'est le minimum que l'on peut faire pour les derniers protégés de Kitsuné, trois jeunes gens d'une classe incomparable.
Soyons honnête, il y a eu de vraies bonnes choses ces derniers temps, d'excellents albums (cf. article précédent) et d'excellentes découvertes, mais les groupes qui arrivent à me tenir en haleine avec aussi peu de chose (quelques chansons), je n'en avais pas croisé depuis les premières demos de Cajun Dance Party ou d'Operator Please.

Two Door Cinema Club, c'est un exemple probant pour montrer qu'on peut avoir des milliards de bonnes idées, des influences variées, un son particulier et une voix juste, il en faut bien plus que ça pour convaincre à 100%. Il faut un je-ne-sais-quoi d'inexplicable, une écriture élégante et sobre, une aisance mélodique et sûrement un enthousiasme dance pour faire la musique de Two Door Cinema Club. Toujours est-il que cette musique parle à tout le monde, et risque de leur faire un très grand succès à la sortie de leur premier album le 1er mars. C'est pourquoi je vous propose une petite playlist de leurs 6 chansons qui tournent en boucle dans mes oreilles.

I Can Talk
Déjà évoqué, I Can Talk s'ouvre tout simplement sur le sample vocal le plus absurde/génial/drôle que je connaisse. Et contient l'essence de la musique des irlandais : légèreté euphorique, recherche de complexité, guitares complètement déglinguées vs. ultra-précises et angulaires.

Something Good Can Work
Leur premier single est déjà assez ancien mais n'échappe pas pourtant à leur légèreté mélodique ni aux sonorités originales. Même si le morceau en lui même est une ballade plus tranquille, les guitares saturées travaillent un songwriting qui se montre ici absolument sans faille.

Undercover Martyn
Déjà évoqué également, Undercover Martyn ajoute à leur songwriting miracle une bonne dose de chorus fédérateur "To the basement people!" ainsi qu'un refrain tout en backing vocals subtils.

Do You Want It All
Ne vous y trompez pas, l'introduction au charleston est la même que celle de You Bring Me Down des Blood Red Shoes, mais pour le coup l'ambiance est légèrement différente. Do You Want It All est la chanson la plus calme des six, mais ne perd pas en élégance avec le ralentissement de tempo, bien au contraire.

Costume Party
Sorte d'hybride de Foals, Passion Pit et Phoenix, la b-side d'I Can Talk, c'est de la bonne.

Cigarettes In The Theatre
Les guitares énervées prennent un peu le pas sur ce dernier morceau, qui vieillit malheureusement un peu mal et dont la force mélodique s'use au fil des écoutes. Dommage, mais le solo de guitare à 1.50 est absolument magistral, donc on pardonne.

Pour les écouter, ça se fait ici, et tout d'un coup. Et ouais.

mercredi 20 janvier 2010

S'il y a une chose que j'ai appris en lisant les articles au sujet de Vampire Weekend, c'est combien il est facile de chroniquer un disque et surtout combien il est facile de le descendre en flèche. J'aurais donc pu très facilement moi aussi, à l'instar de tous les blogueurs hype, les présenter comme les U2 de l'ère 2010, comme le fine fleur des fils à papa qui s'essayent à l'indie-rock, comme les pourcentages écoeurants de discrimination positive qui valorisent l'ethnique-chic jusqu'en dans l'industrie musicale. En bref, les taxer de groupe pour bobos attardés et m'arrêter ici. Je m'en serais ainsi retourné à des groupes bien moins exposés et aurais eu l'air tellement plus sympathique. Mais il n'est plus à souligner que Vampire Weekend est indubitablement un groupe qui divise et que (spoiler alert !) je ne me range pas de ce côté précédemment décrit. J'assume par ailleurs entièrement le consensuel mainstream mou autour du groupe au point même de trouver excellent leur deuxième album. Concrètement, je trouve d'ailleurs assez surprenant qu'un disque aussi simple et ouvert d'esprit puisse susciter une telle virulence.



Sur Contra, il n'y a pas de heurts, pas de violence, tout est contrôlé (même la toute fofolle "Cousins") et rien n'incite à agresser E. Koenig dont la voix semble plus forte et peut être encore plus démonstrative (White Sky notamment). Les influences africaines se font à la fois plus discrètes et plus nombreuses, deux points qui sembleraient tenter de mettre tout le monde d'accord sur les qualités musicales indubitables du disque. Contra fait donc indéniablement progresser le son de Vampire Weekend, nous donne à voir leurs influences qui se mélangent de manière plus floue que sur le premier disque, et incorpore par petites touches de l'électronique très bien dosée (California English, Diplomat's Son).

Leur deuxième disque devait révolutionner leur son, on se contentera de penser qu'il le fait évoluer, ce qui est déjà un pas que peu de groupes parviennent à franchir avec succès pour leur deuxième album. Je me suis beaucoup interrogé sur le fait de savoir s'il était meilleur que leur premier. Question évidemment beaucoup trop subjective pour être honnête, mais je crois pouvoir dire qu'un album qui parvient à demeurer aussi bon qu'un debut album sans se doter de l'effet de surprise est fatalement un disque sans doute musicalement plus abouti.

Pour en revenir aux détracteurs, Vampire Weekend, il faut le comprendre, c'est avant tout une tension entre deux gros risques : celui d'une trop grande légèreté mélodique (Exemple de critique s'inspirant de ce risque : "C'est tellement niaiseux...") et celui d'une complexité musicologique très ennuyeuse (Autre exemple peut être plus fréquent : "Ils sont tellement snob"). Vampire Weekend navigue à vue entre ces deux écueils et ceux qui ne parviennent pas à suivre ce chemin un peu tordu manquent de toute évidence beaucoup de belles choses. Genre Horchata.








Bon et puis sinon, vous pouvez toujours investir la piscine privée de votre voisin pour essayer de faire exploser l'eau chlorée, on sait jamais ça peut marcher :

mardi 12 janvier 2010

Ce qui est embêtant ce soir, c'est que j'attend impatiemment de pouvoir acheter le nouvel album de Vampire Weekend pour pouvoir l'analyser longuement, mais pour l'instant, c'est pas le cas. Du coup, je me suis décidé à vous filer 9 chansons pour bien démarrer 2010. 9 seulement, histoire de pas avoir l'impression de faire un truc qui serait complètement convenu quand même. Donc ca va du plus mainstream au plus indie, du plus foireux au plus prometteur. Have fun kids.

1! White Sky - Vampire Weekend

Pas vraiment très original ni très surprenant, vous l'avez compris, mais tellement sympathique et mignon. Si Ezra K. continue de chanter comme ça, sans nul doute que je vais me mettre à danser dans la rue comme dans (500) jours ensemble. Et que demande-t-on de plus à Vampire Weekend, chers méchants détracteurs?

2! Undercover Martyn - Two Door Cinema Club

Ces trois irlandais n'avaient pas encore eu droit de notre part à la couverture médiatique qu'ils méritent (haut la main), seulement un laconique 'porte' en guise d'introduction à cette splendide vidéo d'I Can Talk postée l'an dernier, où ils nous montraient combien leur fringues de Kitsuné étaient aussi cool que leur musique. Donc, ils sont de retour, vont sortir bientôt leur premier album et cette nouvelle chanson laisse présager quelque chose d'exceptionnellement incroyable.

3! MCs Can Kiss - Uffie

Disons le très honnêtement : j'ai jamais vraiment pu blairer Ed Banger Records. J'ai essayé vraiment pourtant, mais la hype electro trash à deux balles, ca m'éclate pas, malgré ce que je souhaiterais. Alors leur princesse prostituée pseudo-punk, je ricanais d'avance. Jusqu'au jour où je suis tombé sur cette chanson, espèce d'ovni musical dans ma culture musicale sectairement indie pop. Et que je l'ai étrangement bien aimé. Et étrangement écouté 27 fois d'affilée selon mon compteur iTunes. Alors que c'est produit par Mr. Oizo. Tentez le coup et passez outre les frissons de terreur qui parcourent votre échine à la première écoute, on sait jamais.

4! Creeper - Islands

Leur pop guimauve ultra-produite m'a été gentiment présentée par Marion, et depuis je ne me lasse pas des ces canadiens, décidément extrêmement doués pour les mélodies entêtantes, et à l'univers kitschissime. Comment en être autrement quand on forme Islands après avoir quitté les Unicorns, et que l'on porte de surcroit des chaussures vernies violettes, je vous le demande.

5! MERP - Savoir Adore (w/ Phantograms)

Puisqu'il faut au moins un groupe de twee pop et un groupe de Brooklyn pour égayer votre semaine, voici la solution ultime. Un très bon mélange entre l'electro américaine que tout le monde a déjà écouté au moins quatorze fois dans sa vie de hipster (sous quatorze formes différentes) et les hymnes légers des excellents Camera Obscura ou des plus excités Los Campesinos!

6! Photoshop Handsome - Everything Everything

Un nom amusant, un flow rigolo, un bruit de pélican au début de la chanson, je n'en dis pas plus, la relève musicale mancunienne vous tend les bras les amis.

7! Counterpoint - Delphic

Bien, il s'avère que je n'ai pas encore spammé l'ensemble de JNSPUF! de propagande pro-Delphic, l'honneur est sauf. J'ai l'impression de me retrouver avec ce groupe dans la même situation qu'avec Vampire Weekend il y a quelques temps déjà, tant ça commence à balancer sévère sur leur premier album. Ok, il y a une tendance à la répétition chez Delphic, mais il me semble qu'ils ne doivent pas être réduit à un simple plagiat de Bloc Party (pour moi, les points communs sont quasiment nuls à part peut être l'utilisation des arpeggiator en folie, mais ça c'est assez fréquent dans la musique électronique). Que ce soit Doubt ou Counterpoint, on sent bien qu'ils sont super fiers de leur gimmick et qu'ils l'exhibent à qui mieux mieux pendant toute la chanson, mais pour moi Delphic ressemble plutôt à des grandes montagnes russes : c'est un peu kitsch, parfois franchement ringard (comme un manège de fête foraine pour toi qui n'avait pas vu la métaphore hyper pointue) mais ca fait quand même pleins de frissons partout quand ça monte et ça descend. Donc tout ca pour dire, que je les défendrais malgré tout, car je les trouve assez doués.

8! Who Do You Love - Museum Of Bellas Artes

Allez, un peu de glo-fi ne peut pas vous faire de mal. Mais si ! la glo-fi ! Vous savez bien, le nouveau genre musical trop hype, à corps perdu dans les 80s mais la tête ailleurs, genre  dans la crise ou la gueule de bois, enfin des vrais problèmes actuels qui touchent les français quoi. The XX en sont les représentants les plus sombres peut être, mais ces Suédois nous avait quand même caché ce talent pour la dance music qui a conscience des crises des 00s.

9! Ellie Goulding - Under The Sheets

Et pour finir, encore une nouvelle tête pour la "trend you wish would go away" n°1 selon le sondage effectué auprès des lecteurs de Pitchfork, à savoir la pop anglaise post-Lily Allen. Sachant que pour moi, les chanteuses pop anglaises constituent une raison de vivre majeure, je ne suis pas près d'enterrer cette soit disant "mode". Et je vous prie donc d'écouter Ellie Goulding, à la voix tellement appréciable. Comme quoi, certaines daubes des années 80 peuvent passer tout naturellement quand elles sont bien soutenues par une voix digne de ce nom.

Par contre, niveau tendance musicale pourrie, si on pouvait brûler tous les groupes qui tentent de faire revivre les 90s en faisant basiquement saigner mes oreilles sans but mélodique (Japandroids & Co), ça serait une bonne idée.

lundi 4 janvier 2010

Bonne nouvelle les amis : le groupe anglais dont tout le monde se fout en France à part moi, Sound Of Violence, et quelques gens très sympathiques va sortir un nouvel album le 1er février, soit dans un peu moins d'un mois ! The Sunshine Underground a en effet dévoilé l'artwork du nouveau disque et ça ressemble à ça :



Une sympathique inspiration constructiviste sur fond vaguement politique et une nouvelle touche artistique sur des convictions déjà présentes sur le premier album.

Pour ce qui est de la musique, quatre chansons sont déjà en écoute sur le Myspace du groupe, et je suis pour l'instant relativement partagé. Ils ont changés, c'est indéniable, mais explorent deux directions un peu contradictoires : d'une part les beats electro sont plus présents et les dissonances plus nombreuses, ce qui constitue un très bon point mais ils semblent malheureusement tomber plus fréquemment dans l'écueil ennuyeux qui consiste à faire des chorus inspirés des meilleures daubes commerciales, ce qui est problématique, genre musique triomphante mais un peu mélancolique dans le style de Coldplay.

Globalement, les chansons sonnent encore plus disco-funk et sont peut être d'avantage produites ce qui leur suppriment le côté un peu crade-indie qui me plaisait beaucoup sur leur premier album. Mais malgré tout, les dissonnances et l'énergie qui se dégage du tout sauve l'ensemble qui m'intrigue au final plus qu'il ne m'attriste. Attendons le 1er février pour juger en toute liberté donc.

Allez, on écoute/regarde ça sans prêter attention aux petits tracas du quotidien que je viens de développer plus haut :