dimanche 24 juillet 2011

C'est pas la guerre, y'a des barrières #3

Avec beaucoup de retard et toutes nos excuses de mollesse,
Festival Beauregard, Day Three !
16h15
En ce dimanche 3 juillet, nous n'avons loupé qu'un seul concert (bel effort...), celui de Lull, petit groupe de pop-folk de la région du festival Musilac, à Aix-les-bains...
C'est donc pendant Anna Calvi que nous sommes entrés dans le parc du château de Beauregard. Sa voix douce et grave était plutôt canon, on peut le dire. On n'est pas rentré dans la foule normande parce qu'on voulait rester sur le qui-vive pour Eels une heure après, mais vraiment, c'était joli, assis dans l'herbe.
Très belle voix, très belle guitare, très belle mise en plis. Pas vraiment la claque promise par une bonne partie de la presse musicale, mais c'est tout de même vraiment bon.


17h05
A ce moment précis du dimanche après-midi, on a assisté à un concert de fou, et mes aventures dans les loges me rendent peut-être pas très objective, mais vraiment, Eels, c'était merveilleux. La cohésion parfaite entre tous les membres du groupe se faisait ressentir, même si tous les musiciens ont changé depuis la création du groupe en 1995, par Mark Olivier Everett. C'est à la fois rock'n'roll et un peu électro comme on aime. Fresh Blood et Novocaine for the soul restent évidemment mes préférées, mais j'ai aussi énormément apprécié Mr. E. Beautiful Blues et Saturday Morning.
J'aurais bien tempéré l'enthousiasme aveuglé de Blou, mais rien à dire super concert.


18h10
Le concert de The Kooks était essentiellement un bon gros moment de nostalgie de années lycées, mais on a bien aimé avoir 15 ans again, d'autant plus qu'il faut souligner que les Kooks restent d'excellents musiciens, et assurent bien sur scène. On a pas tellement compris pourquoi ils nous avaient joué la moitié de leur nouvel album inconnu au bataillon, parce que pour mettre l'ambiance, on a vu mieux.
Effectivement, l'ambiance lycéenne était au rendez-vous, mais je n'ai vraiment pas trouvé ça désagréable. Je n'avais pas dansé et sauté comme ça dans un concert depuis longtemps (sans doute les Wombats à Arras en 2008...), et ma foi, c'était plutôt cool. Il y avait, certes, toutes ces adolescentes folles du chanteur, qui couvraient les guitares avec leurs cris aigus, mais on le savait avant d'y aller, ce sont les Kooks, quand même... On aurait bien sûr préféré plus de vieux morceaux, histoire d'y aller à fond dans la nostalgie pré-adolescente.


19h15 - 20h20 - 21h25 : nous ne vous parlerons pas de ces concerts pour plusieurs raisons.
Comme je n'ai rien à foutre ni de Keziah Jones, ni de Zazie, ni de Patrice, je vais en profiter pour parler d'autre chose. J'éprouve beaucoup d'affection pour Beauregard, mais il fait reconnaître que l'ami John ne manque jamais une occasion de s'embourgeoiser. OK, l'herbe est verte et on est dans le parc d'un château.
OK, il y a des bars à huitres, c'est rigolo. OK, les prix des stands nourriture et boisson te ramènent durement aux réalités de ton budget étudiant. Mais il reste une poche de résistance pour le festivalier primaire qui sommeille au fond de chacun d'entre nous. Car s'il n'est pas franchement envisageable de se bourrer la gueule à la bière tiède et cheap (puisqu'à Beauregard, les bières se font fraiches, souvent normandes et donc chères), il reste un dernier endroit où les instincts sauvages ont droit de cité : LA NAVETTE.
Dans un premier temps, grosse déception : alors que l'an dernier la cohue était totale et sanguinaire pour rentrer dans les bus mis à dispositions par l'agglomération caennaise, cette fois çi, horreur : c'est pas la guerre, y'a des barrières. (Impossibilité donc de sauter sur les gens, de doubler tout ce qui bouge et de s'agripper au bus jusqu'à ce qu'il démarre.) Mais, finalement, une dégénérescence salvatrice a redonné progressivement aux navettes leur vrai rôle : une zone de non-droit où les activités pratiquées sont :
a) Boire des bières,
b) chanter des chansons paillardes (dans les battles sales normandie vs bretagne, on fait quoi nous, on est les deux !),
c) le air-vomi, discipline qui surpasse souvent dans son exécution le air guitar.
Et moi, pendant ce temps, je travaillais. Enfin, exactement, je buvais des bières avec Mark Olivier Everett des Eels en regardant les autres membres du groupe jouer au badminton... Parler de Radiohead avec ce mec est plutôt hallucinant quand on y pense. Encore aujourd'hui en y repensant, je n'arrive pas à réaliser comment j'ai pu converser tout naturellement un peu moins de deux heures avec ce type. Pétasse.
J'ai également pu observer Keziah Jones faisant une merveilleuse battle de Air Guitar sans musique, avec Gunther Love (ou visiblement sa doublure, selon les propos d'un des prétendants au titre de Champion du monde de Air Guitar 2011... Info ou intox ?). Bref, tout cela confirme vraiment le caractère exceptionnel d'un boulot comme celui-ci, animation et jeux des artistes...


22h40
Après cette large plage horaire de pose-tes-fesses-dans-l'herbe-admire-le-paysage-achète-toi-un-sandwich-biodégradable-et-reprend-une-bière-normande (et cette parenthèse de première nécessité), arrivait la tête d'affiche de la dernière soirée, les Anglais d'Archive. Leur concert était comme on peut l'imaginer, immense et sombre, alternant passages surpuissants et mélodies en apesanteurs. Un bon compromis entre Mogwai, Massive Attack et Radiohead.


00h35
Et pour conclure ces trois jours de festival, les Ting Tings nous ont joué leurs tubes tapageurs, et le public a soulevé la poussière une dernière fois.
Rien de bien exceptionnel dans ce concert, mais c'était agréable de terminer Beauregard joyeusement...
Mine de rien, une des rares occasions de danser comme des décérébrées sur de la musique putassière. C'est toujours mieux de finir avec une anglaise blonde en short.


End of Beauregard,
à l'année prochaine pour trois fois plus de résumés de festival !

Bonus : On a bien aimé les gentils bénévoles,
+ discuter rock de papa avant Archive (moi mon père il a vu Trust 17 fois).
+ croiser Katerine tout perdu dans le festival
+ tenter de gagner un iPad et récupérer des bonbons pas bons
+ aussi, proposer au groupe, et surtout les navettes air-vomi et Space Mountain
(Nous nous sommes aperçus à nos dépends que parfois les chauffeurs de bus répondent aux provocations. Et qu'ils n'ont aucun scrupule à vous jeter contre les parois du véhicule au péril de votre vie. Derrière leur apparente bonhomie, ces mecs sont des grands malades).

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Ici en fait c'est un texte caché. C'est un peu comme une chanson cachée, tu sais pas trop pourquoi c'est caché et tu sais pas à quoi ça sert, mais c'est plutôt sympa. Et puis au moins, cette bonne parole sert de récompenses aux aventureux prêts à braver la tempête et poster un commentaire.
Bonus maxi inédit : "Il est plus facile d'attraper les oreillons par contagion qu'un moustique au lasso par occasion et par surprise." (P.Dac)