Par où approcher Wu Lyf ? Par leur modèle économique particulier, l'aspect total de leur oeuvre artistique, leur manière de repolitiser la musique, la notion de collectif et de démarche participative, leur dénomination géniale heavy pop, ce nouveau style musical lourd/léger ?
On va quand même éviter de s'embarquer trop loin, et regarder le tout à travers le prisme de la musique, comme incarnation de toutes les facettes d'un groupe pour le moins original.
De la part de ce collectif mancunien, on ne peut que saluer leur tentative de réintroduction du militantisme et d'un univers poétique et singulier dans un monde austère et désabusé. Je vois Wu Lyf comme une réponse positive aux XX d'il y a deux ans, le minimalisme détruit et reconstruit. L'intérêt de ce disque provient pour moi de tous les bons sentiments qu'il sait susciter. On peut leur contester certains choix artistiques, faire un blocage sur la voix ridée et reconnaissable entre milles du chanteur, critiquer leur fougue flamboyante, dénoncer la hype violente qui s'apprête sans doute à les dévorer tout cru, mais on ne peut pas fondamentalement détester Wu Lyf.
De l'orgue suprême qui introduit l'excellente ouverture L Y F, jusqu'au roulement de batterie final d'Heavy Pop, je n'ai pas décroché un instant. Le fait est suffisamment rare pour être mentionné. Les chansons s'enchaînent parfaitement, les ambiances alternent sans que l'on puisse dénoter de vraies incohérences. Pop lunaire fantastique, rapprochements avec les univers mortifères de Salem (Such A Sad Puppy Dog), on ne quitte jamais cette guitare mélodique et claire, cet orgue immédiat et profond et cette ambiance paradoxale d'espoir perdu dans un univers désenchanté qui accompagne les meilleurs moments de Neon Bible d'Arcade Fire. (Je ne sais pas si la coïncidence des enregistrements dans des églises est fortuite). Le disque comporte de vrais cris du coeur, sincères, brisés mais justes, comme sur Spitting Blood, Concrete Gold ou Heavy Pop. En résumé, Go Tell Fire To The Mountain est le disque ultime pour danser sur les ruines.
Ce disque n'est pourtant pas aussi original que l'on pourrait le penser, parce que même si Wu Lyf force l'admiration et les superlatifs, on y retrouve les tendances sonores les plus actuelles, les guitares cristallines que Foals usent depuis bientôt 5 ans, les percussions tribales de l'afropop (Local Natives, Vampire Weekend, and co.) et les claviers vieillis bien évidemment. Mais si le son n'est pas totalement nouveau, il y a quand même une sacré différence dans la manière de jouer de ces sonorités, une exigence et une sincérité artistique qui ne peuvent qu'impressionner. L'intransigeance et le lyrisme de Go Tell Fire To The Moutain ne peuvent avoir qu'un seul effet : diviser les gens entre défenseurs acharnés (et enchantés) et cyniques désabusés. Go Tell Fire To The Moutain est tout simplement ce qu'un disque parfait signifie pour moi.


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Ici en fait c'est un texte caché. C'est un peu comme une chanson cachée, tu sais pas trop pourquoi c'est caché et tu sais pas à quoi ça sert, mais c'est plutôt sympa. Et puis au moins, cette bonne parole sert de récompenses aux aventureux prêts à braver la tempête et poster un commentaire.
Bonus maxi inédit : "Il est plus facile d'attraper les oreillons par contagion qu'un moustique au lasso par occasion et par surprise." (P.Dac)